‹ La marquise de Clérol William De La RiveChapitre 9 sur 10 · LÉONIE DE BOIS-GUÉANT · texte numérisé non relu

LÉONIE DE BOIS-GUÉANT

Bois-Guéant, ce !0 septembre 1853.

Cabinet

du Juge d’instruction.

A monsieur le procureur impérial , etc.

Briancourl, ce 20 septembre 1853.

Monsieur le procureur impérial,

En me référant à ma précédente lettre, je vous envoie, ci-jointes, les pièces de l’enquête sur l’affaire fille Marion. Les susdites pièces vous paraîtront sans doute, comme elles me le paraissent, établir, d’une façon satisfaisante, la culpabilité du sieur Morgan (Michel). Je vous signale, entre autres, la pièce no 3 (déposition du prévenu). Vous y verrez que Morgan nie avoir jamais entretenu de relations intimes avec la fille Marion. Ensuite il attribue à un

tour qu'on aurait voulu lui jouer, sa présence à. lui et celle de sa maîtresse, par un temps affreux, à une heure indue, dans le lieu écarté qui a été le théâtre, à l’entendre, de l’accident, mais, selon ma conviction, du crime. L’absurdité évidente de cette version est telle, que je n’aurais pas hésité à vous proposer la mise en arrestation de Morgan, sans l’intervention officieuse du sous-préfet de l’arrondissement. Je dois également ajouter que le vicomte de Laita, avec qui j’ai eu ce matin un entretien particulier et qui parait avoir eu connaissance des relations existant entre le prévenu et la fille Marion, croit à un simple suicide et regarde Morgan comme un homme très-violent, il est vrai, mais incapable d’avoir commis l’attentat que l’opinion publique lui impute et dont les apparences le chargent. D’autre part, Morgan a de mauvais antécédents. Ainsi il a été tout récemment appréhendé pour délit de chasse et de pêche, et il s’est porté, à cette occasion, à des voies de fait sur un agent de l’autorité. Le père de la victime (pièces n° 1 et n° 5) n’hésite pas à le signaler comme l’auteur du crime. Vous comprendrez ma perplexité. J’espère que vous ne la partagerez pas et que vous voudrez bien m’éclairer sur la marche que je dois suivre. Dans l’attente de vos instructions, je demeure, monsieur le iprocureur impérial, votre très-dévoué et obéissant serviteur,

H. BASTRÉ.

Juge d’intlniction criminelle.

A madame Corbier, château de Varanne, par Briancourt.

Paiis, ce 2 0 septembre 1 853.

Madame,

D’après ce que vous me mandez des dimensions de votre salon, je me vois dans l’obligation de renforcer les instruments à vent. Il faut donc prévenir' la personne chargée d’expédier les voitures à la gare et de préparer les logements, que j’arriverai avec trente artistes. Ce nombre constitue le strict nécessaire.

Veuillez agréer l’assurance des sentiments de haute considération avec lesquels je suis, madame, votre trèshumble et obéissant serviteur,

FRÉDÉRIC STOFFER.

Chef d'orchestre.

A monsieur Bas tré, juge d’instruction criminelle, Briancourt-sur-Aulne. ( Écu impérial.)

Cabinet

du procureur impérial.

X 24 septembre <853.

Le parquet estime que, dans l’état actuel de la poursuite contre Morgan, il n’y a pas encore lieu à décerner un mandat d’arrêt contre l’inculpé, — vu l’insuffisance des preuves. M. Bastré recommandera ledit Morgan à la stricte surveillance de la police.

Pour le procureur impérial, actuelletnenl indisposé,

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