ACTE IV , seiNE vni
CLARASSE.
£coutez!moi qui n'entends rien, absolument rien à la^ vertu , et qui ne suis qu'un samaritain y un pauvre Pécheur, je vais cependant vous indiquer une bonne œuvre. La vérité sort quelquefois de la bouche des petits.
Voyons,
CLARASSE.
C^est de faire rembourrer vos tabourets et votre canapé : ^ ^at-ce pas là de Tamour du prochain ?
Que vous méritez peu celui qu'on a pour vous ! que de
P^PSîfflages! que de méchancetés! que d'impertinences
'^^^me pour me punir de voe» *vow 6it attendre quel-
^t^es minutes, lersquemoi, pentlant des années entières...
^i je vous dfeflîs tout ce que fai souffert , v«fw ne le ct<m-
^'i^z pas.
C^ARASSS.
Je fi»fà s^oiblant y dites toujours.
Ah! Chevalier , j'ai pu être légère, inconsidérée, mais ^ès l'instant que je vous vis, mon cœur fut fixé pour jamais, ^n changement subît s'opéra enmoi.Si j'ai quelques vertus, tî'est à vous senl que je les dois.
Madame, fahes-moi le plaisir de répéter cela de tems en
tems dans le monde , pour faire rougir les méchants qui
^ne calomnient, et engager les dames légères, inconsidérées,
étourdies même , à venir a moa école prendre quelques
\ertus.
Oui, Chevalier, on vous calomnie. Par combien d^ )E)elles qualités ne rachetez-vous pas quelques défauts. Si
^2 LA MAKQUISE DE MO^NTALLE.
VOUS n'étiez qu'un homme ordinaire^ auriez-vous pu m€ fixer? Ne le croyez pas. Je sais vous apprécier ; malgré les propos du monde , je l'ai toujours su , je vous l'écrivais dans un tems où déjà trop sûre de votre inconstance. . . ( Elle soupire-) M'avez-vous rapporté mes lettres?
CLARASSE.
Je suis homme de parole.
Donnez donc?
CLARASSE.
Un moment ! savez-vous que j'agis comme un écolier et que je fais une sottise.
N'ètes-vous pas sûr de mon cœur, n'est-il pas tout à . vous ? Cher Clarasse , on n'aime "qu'une fois , et c'est vous qui avez allumé dans mon cœur le véritable amour.
CLARASSE.
C'est galant , très-galant. Ce sont vos lettres qui me valent cela. N'est-ce pas être bien fou que de me défaire d'un talisman qui fait dire de si jolies choses et par une si jolie bouche,
Remettez-moi mes lettres 5 tant que vous les aurez ^ vous ne croirez pas à la sincérité de mon attachement. •
CLARASSE.
Les voici. (// les lui montre) Mais j'exige encore une peiîte condition.
Laquelle ?
Un baiser.
Etes-vous fou ?
Je le veux.
CLARASSE.
CLARASSE.