‹ La Marquise de SadeChapitre 8 sur 9 · UNE PETITE-FILLF-: DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

UNE PETITE-FILLF-: DE NAPOLÉON

cicusc, do sortir parfois de son isolement, le comte Léon allait, de temps en temps, causer avec lui, le matin, et ce lut à M. Penaud, précisément, qu'il fit sa dernière visite, parlant de jardinage et d'autres menues choses. Là vérité est qu'il avait quitté sa maison pour ('chapper aux reproches bruyants de sa bonne, une brave créature, assez dévouée, au fond, et qui est restée en bons rapports avec les enfants du comte Léon, mais qui avait ses moments de vivacité et qui, ce jour-là, avait pris à la gorge le vieillard, en lui réclamant ses gages. Ah! si du haut de son empyrée, il avait vu cette scène, le grand empereur, et cette pitoyable détresse de son fils, de celui dont la naissance lui avait été une joie, de celui qui, alors, était << chez lui )» aux Tuileries !...

Le comte était velu d'un méchant paletot, qui ne dissimulait pas une chemise effiloquée. Il s'aperrut, soudain, de ce que sa tenue avait de lamentable et, instinctivement, il croisa ses mains sur son cou.

— Excusez- moi, fit-il : je suis venu en voisin.

Il avait donné à M. Penaud quelques brochures le concernant, celle, notamment, qui relatait son procès avec sa mère... Autre ironie celle-là î La plupart des papiers laissés par le comte Léon, — et il devait, dans le nombre, s'en trouver d'intéressants, — ne sont pas possédés par ses enfants. Ils se trouvaient dans une malle qui, pendant un séjour de la comtesse Léon en Belgique, a été retenue en gage par un hôtelier impayé. Dieu sait ce qu'ils sont devenus ! Que pouvait-il faire, pourtant, de ces manuscrits, de ces actes d'état civil, de ces lettres, qui, pour d'autres, eussent constitué des documents précieux?

Dans les derniers jours, la misère était épouvantable dans la maison de la rue Beaujon. La privation de tabac était parmi les plus pénibles que le comte, — entre les mains duquel les centaines de mille francs avaient, naguère, si allègrement fondu, — eût à supporter.

Une fois, il n'y tint plus. Il n'y avait plus

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