ACTE V. SCENE Vil
ARUNS et LES CHRÉTIENS.
Pitié, Christ!
JOHANNÈS
Non ! Souffrir ! Je veux encor souffrir.
C'est le seul don, mon Christ, que je puisse t' offrir.
(Avec égarement.)
Oh! devant mes yeux lourds quelle ombre tourne, noire!
(Avec un geste palpant douloureusement sa poitrine.)
Oh! dans ma chair, partout, ce fer rouge!
(Avec un profond râle.)
Ah!...
(La tète ballottante.)
A boire!
Frère, nous sommes là.
FLAMMEOLA, d'une voix tremblante et de loin.
Johannès, je suis là.
JOHAN?îÈS.
Qui me parle?
ARU?ïS.
C'est nous.
9(>8 LA MARTTRE.
FLAMMEOLA, faisant un pas vers le fond.
C'est moi, Flammeola.
ARt>S, à Flammeola.
N'approche pas de lui!
FLAMMEOLA, de loin, d'une voix tendre.
Flammeola qui t'aime.
JOHANΫÈS.
C'est Christ, qu'il faut aimer, Christ,
(D'une voix entrecoupée.)
Aruns, son baptême Était... mon rêve... Toi, tu la baptiseras.
Oui, pour que Christ aussi me reçoive en ses bras!
Oui, je le veux. Je sens sa grâce qui m'attire.
martyr de sa foi, j'ai soif de ton martyre.
Vers les concerts divins, vers le haut palais d'or,
Et mourant avec toi je vais prendre l'essor.
C'est toi, mon Johannès, mon aimé, qui m'emportes
Au beau ciel dont je vois déjà s'ouvrir les portes.
Au ciel fleuri sans fin d'éternelles amours.
Ensemble au sein de Christ! Avec toi pour toujours!
Avec toi !.. . Dans mon rêve ! . . . Ensemble ! ... A jamais tienne î