ACTE PREMIER. SCÈNE IV. 3l
En annonciateur extratriomphatoire !
Mais à quoi bon, d'ailleurs? Il est assez connu.
C'est lui, sans bouclier, sans casque, poitrail nu,
Qui, dans les derniers jeux, fit mordre la poussière
A Frons le Myrmillon, Sciphros le réliaire,
Alexander le Thrace, Angorix le Gaulois,
Et, sublime inventeur d'ambidextres exploits,
Car sa droite et sa gauche, à lui, sont isocèles.
Mit deux fers d'un seul coup au creux des deux aisselles
De Porphyrophoros l'hoplomaque géant.
Si bien que l'Empereur en personne, béant.
Pour faire de ce Mars le roi de ses quinquerces,
En offrit six cents fois six cent mille sesterces!
FLAMMEOLA .
Quoi ! Ce gladiateur. . . !
SPHORAGMAS.
Invincible, inouï, Prodigieux, unique, uniquissime ! . . . Eh! oui, Lui-même. Et si, devant des trouvailles pareilles. Ta stupéfaction n'en croit pas tes oreilles.
Crois-en tes yeux, du moins, et tous, de tous vos yeux, Regardez !
(U a brusquement, en prononçant ce dernier mot, tiré le voile de la grande litière, où Ton voit, debout, les bras croisés, le casque clos, un gladiateur encadré dans un large éventail de palmes.)
3a LA MARTYRE.
FLAMMEOLA.
C'est lui ?
SPHORAGMAS, au gladiateur.
Viens !
(Le gladiateur sort de la litière et s'avance d'un pas. Les esclaves suivent ce mouvement, et font cercle autour de lui, mais a distance respectueuse, et avec des mines d'enthousiaste curiosité.)
L AL AGE, à la seconde servante.
Vois!
LEUCOTÏOË, à une troisième.
Vois!
(Sphoragmas ôte le casque du gladiateur.) TOUS.
Lui!