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ACTE PAEMIËR. SCÈNE IV

SPHORAGMA.S, au gladiateur, qui a toujours les bras crois-'s.

Ouvre l'arche De tes épaules. Fais jouer tes muscles. Marche.

(Le gladiateur obéit, étend ses bras, fait quelqucâ paî, puis reprend sa première posture, sombre, et les bras croisés.)

SPHORAGMAS.

Qu'en dites-vous? Est-ce un spectacle!

THOMRYS, d*abord de son coin, puis rampant ver& le gladiateur.

Comme il a L'air triste!

(Montrant la chaîne qui relie les deux chevilles du gladiateur.)

Cette chaîne aux pieds! C'est pour cela.

Pauvre homme! Si tu veux, toi, tu seras mon frère; Et si mon petit corps dansant peut te distraire. Je danserai pour toi, grand, tant que tu voudras.

SPHORAGMAS, écartant Thomrys, et faisant, du bout de sa baguette, la montre détaillée du gladiateur.

Est-il beau! Tout! Col! Flancs! Jambes! Poitrine! Bras!

ZYTHOPHANÈS.

La perfection même! Un de ces purs athlètes

En qui, splendeur des dieux d'FIellas, tu te reflètes.

(A Flammeola.)

Phidias en eût fait un marbre au Parthénon.

SPHORAGMAS, au g^ladiateur.

Dis-leur, comme tu sais, ton histoire et ton nom, Héros, prince des plus héroïques milices,

LATRO

Ce prince est un esclave, évadé des supplices.

Longtemps je fus brigand, l'effroi du voyageur.

Combien de gens sont morts sous mes poings d'égorgeur.

Je ne m'en souviens plus, tant la liste en est grande.

Comme il faut au destin que le plus fort se rende,

Une nuit que j'étais ivre-mort, il advint

Que des hommes m'ont fait captif. Ils étaient vingt.

Les fourches m'attendaient, et leur lente torture.

Mais le préteur m'admire, à la gladig^ture

Il m'envoie; Adrastès le lanistc m'instruit;

Et six mois de leçons, pas plus, ont eu pour fruit

La victoire à laquelle applaudit Rome entière,

Ces palmes dont je peux me faire une litière,

Ces médailles, la gloire, et d'être maintenant

Ceci, que Sphoragmas t'amène en l'enchaînant.

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