ACTE II. SCÈNE VIII
Cette femme prétend qu'elle cherche la foi ; Elle ment. Ce n'est pas Christ qu'elle aime.
LATRO, bondissant du fond de la popine vers les marches.
Tais-toi !
Si quelqu'un ment, chrétien à langue de vipère. C'est toi. Mais à ton tour prends garde à cette paire De glaives.
(Se ruant vers Aruns.)
A genoux! Rétracte! Ou de ce pas...
FLAMMEOLA, l'arrêtant d*un geste.
Laisse! Menteur ou non, il ne m'offense pas,
AUU5S.
Tu l'entends, Johannès! Elle insiste. Sois sage.
Fuis le péril prochain qu'un tel aveu présage.
D'ailleurs, un saint devoir envers nous t'est dicté.
Viens, en le remplissant, armer ta volonté. |
A ces blasphémateurs qu'aveugle leur folie
Tu dois une leçon, grave et qui t'humilie,
Par quoi cette clarté soit rendue à leurs yeux.
Que Christ est le seul Christ ici-bas comme aux cieux.
Viens, par les noirs chemins, jusqu'en notre chapelle.
Subir la pénitence où ma voix te rappelle.
Devant eux, devant Christ qu'ils ont mis à tes pieds^
Viens confesser leur crime et le tien expiés, Toi qui leur fus l'objet d'un culte sacrilège.
JOHANNÈS
Tu dis bien. Que le poids du lourd péché s'allège ^ Par cette pénitence exquise à mon remords!
Frères, allons chercher là-bas près de nos morts La source du pardon et des larmes sereines.
Psyllium, prends les clefs des portes souterraines. Prends une lampe aussi. Les degrés sont mauvais.
(Psyllium allume une lampe et elle se dirige vers la porte hassc qui mène aux caveaux.) -'
Allez, frères et sœurs. Je vous rejoins. J'y vais,
(Les pauvres sortent l'un après l'autre par la porto basse.) (A Aruns en désignant Flammeola.)
J'ai quelque chose à lui dire. Tu peux l'entendre,
(Aruns reste au seuil, un pied sur la première marche.)
femme, pour bien voir le but où tu veux tendre. Cesse de regarder dans mes regards. Il faut Chercher Christ sans aucune entremise, et plus haut. Car ton lys, ton soleil, c'est lui; car le seul maître Qui guérit tous les maux, c'est lui; qui sait remettre Tous les péchés, c'est lui; car le dieu mort pour nous. C'est lui, c'est lui ! Longtemps, chaque jour, à genoux, Sans fin, sans que jamais, jamais tu t'en reposes, toi qui veux l'aimer, répète-toi ces choses.