ACTE PREMIER. SCENE II. II
Sois navré; mais ce n'est pas bon.
GLAUCUS, qui a goûté aussi et recrache.
Pouah !
ZïTHOPHANÈS, même jeu, puis gravement.
Très mauvais.
BDELLA, tragique.
Faut-il aller m'ouvrir les artères? J*y vais.
ZYTHOPHANÈS, le retenant.
Non, mon petit Bdella, non. Le plus fort se trompe. Mais nous gardent les dieux qu'une erreur interrompe La carrière de gloire où la palme t'attend!
Tu prendras ta revanche. A ce propos, pourtant, Souffre qu'on t'en instruise, et sans que tu t'en blesses : Depuis peu, ton génie a comme des faiblesses.
BDELLA, indigné.
Oh!
ZYTHOPHANÈS.
Tiens! Flammeola ne mange presque plus.
C'est ta faute.
12 LA 1IA,RTTRE.
BDELLA.
Ma faute!
ZTTHOPHATlèS.
Oui. Raisonne, et conclus.
Flatter le goût, bien! Là, je te proclame un maître. Mais Texciter, ce goût, l'encourager, le mettre En éveil, malgré lui, voilà le fin du fin; Et tu ne le sais pas, puisqu'elle n*a plus faim.
BDELLA.
Je suis troublé.
ZYTHOPHANÈS.
C'est grave, en effet. Autre chose!
Tes plats, même excellents, dis-moi pour quelle cause Ils ne nous donnent pas, comme à toi, la santé, La sereine rondeur d'un corps bien sustenté.
Le sang épanoui qui sous ta peau rougeoie.
Et cette face en fleurs dans un soleil de joie.
BDELLA.
Pour quelle cause? Ohl simple. Elle tient en ce point. Que je vous fais des plats dont je ne mange point. Car, si nul, mieux que moi, ne combine et n'invente