ACTE Iir. SCÈNE IX. f3l
LATRO
Je suis le fils, moi, d'une louve.
Elle, mon père et moi, nous étions des bandits. Et c'est la vérité, tu sais, ce que je dis.
JOHANNÈS, debout.
Et c'est la vérité quand même que nous sommes
Deux frères, ô mon frère, étant tous deux des hommes.
Explique-toi donc mieux, d'un ton moins violent.
Tu souffres, je le vois. Or, moi, te consolant,
Si dans ton mal obscur j'étais d'intelligence,
Je t'y pourrais peut-être offrir quelque allégeance.
LATRO
Tu le sais, mon mal.
Non.
LATRO
J'aime Flammeola.
Et tu l'aimes aussi, toi.
JOHANNÊS,
Ne crois pas cela.
l3a L\ MARTYRE.
LATRO
Ahî...
(II échange un regard avec Thomrys, puis laisse choir son glaive.)
Alors, donne-moi la preuve du contraire,
JOHA?î>'ÈS.
J'y suis tout prêt. Comment?
LATRO
Toi qui te dis mon frère.
N'éloigne pas de moi son cœur dont j'ai besoin. Songe combien déjà, moi, si bas, j'en suis loin. Que je suis son esclave et qu'elle me méprise. Que me resterait-il, si tu me l'avais prise?
Tu ne le dois pas. Toi, si tendre aux malheureux. Sois pitoyable au plus misérable d'entre eux. Fais-leur ici l'aumône à tous en ma personne. Je n'ai que cet amour au monde, moi! Raisonne, Réfléchis! Je t'avais menacé. J'avais tort.
Regarde! A tes genoux je me courbe, moi, fort, Sûr, si je le voulais, d'une vengeance prompte. Mais non! Des mots pareils, avec toi, j'en ai honte Maintenant. Et les mots qu'il faut, je les dirai : C'est qu'à mon triste amour, déjà désespéré, Si lamentable, si souffrant, payé de haine,