ACTE III. SCÈNE IX. l
Toi, si bon, lu ne dois pas faire de la peine.
C'est qu en Taimant aussi tu serais mon bourreau,
C'est que tu ne peux pas, toi, dépouiller Latro,
Ce gueux, fils de gueux, fils de tous les gueux de Rome,
Et lui voler son bien, le seul bien d'un pauvre homme!
JOHANNÈS
Relève-toi, mon frère, et tâche, te calmant.
De bien entendre en quoi tu fais erreur, comment
Rien n'existe entre nous du duel que tu supposes.
Et qu'à Flammeola, pour de plus hautes causes,
Si je dois renoncer, tu dois le faire aussi.
Ton âme, dont le noir regard s'est éclairci.
Va comprendre qu'il faut, sans en être jalouse.
Voir en Flammeola celle qu'un autre épouse,
S'il est vrai que bientôt, comme c'est mon devoir.
Je puisse aux saints autels enfin la recevoir.
Pour qu'elle y soit, non plus la mienne ni la tienne.
Mais l'épouse de Christ en devenant chrétienne.
LATRO
Tu mens, traître, tu mens! J'y vois clair dans tes vœux. Oui, j'ai compris. Et mieux que tu ne crois. Tu veux Me la prendre. Tu veux la garder.
l34 I.A BfARTYRE.
JOHA?î>ÈS.
folie î Ecoute !
LATRO
Je l'étais, fou ! Moi, qui te supplie, Qui pleure! Je l'étais, fou! Je ne le suis plus.
JOHA:f?ïÈS.
Ecoute !
LATRO
Non! Assez discuté! Je conclus.
J'aime Flammeola. Je la veux. Je l'enlève A toi comme à ton Christ.
(Il dégaine son second glaire).
Ne tremblé plus, mon glaive. î Mais frappe droit.
THOMRYS, voulant rarrêtcr.
Non !
LATRO, frappant.
Tiens! Meurs!
JOHA^^NÈS, tombant.
Ah!