‹ La mascarade de la vie parisienneChapitre 2 sur 44 · H LA MASCARADE · texte numérisé non relu

H LA MASCARADE

Mais Auguste, la tenant serrée contre lui, murmurait :

— Je ne vivais plus sans te voir.

S'il eût fait clair, Auguste eut vu la rougeur poindre sur les joues de Claire.

— i\Iaintenant, continua-t-il, je pourrai venir toutes les nuits.

— Oh ! non, Auguste, nous serions découverts à la fin, et qui sait ce qui m'arriverait. Ne reviens plus, je t'en prie...

— Alors il faut que je dise mon projet.., je veux t'emmener au bal...

— Au bal, c'est impossible.

— Tu descendras par cette corde comme moi , tu laisseras la fenêtre ouverte et en accrochant la corde contre le mur, personne ne pourra s'apercevoir de ton absence.

— Ce serait bien mal, Auguste, de tromper mon père.

— Il ne faut qu'un quart d'heure pour aller dici aux Barreaux- Verts; avec deux heures de bal par semaine, tu en as assez pour apprendre toutes les danses... Tu verras comme tu t'amuseras...

— Si on me rencontrait !

— Personne ne te connaît dans ce bal. Vos chiffonniers n'y vont pas... Jeudi, je viendrai te chercher.

Claire lutta d'abord; mais le souvenir de la femme de chambre, les protestations d'Auguste , les sensations singulières qu'elle éprouvait en sa présence, firent qu'elle se défendit mollement du reudez-vous prochain. Quand Auguste partit, Claire jura que le lendemain elle fermerait sa fenêtre, et, qu'avec un peu de courage, elle saurait se défendre des poursuites du fils de la blanchisseuse.

Mais ce soir -là elle s'endormit le cœur content, la respiration libre et les oreilles pleines de la musique délicieuse que lui avait causée la conversation à voix basse de la soirée.

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