‹ La massacres de SeptembreChapitre 19 sur 25 · FRANÇOIS-JOSEPH PERNOT · texte numérisé non relu

FRANÇOIS-JOSEPH PERNOT

Paris, le premier ventôse, an neuf de la République Française une et indivisible.

* Archives de la Préfecture de Police. Dossier de l'affaire du 3 nivôse an IX.

Par devant nous, Commissaire interrogateur est comparue Angélique Gauttier, femme Clerget horloger, rue du Petit-Pont, au coin de celle de laBucherie.

Laquelle nous a déclaré connaître le nommé Pernot serrurier, demeurant à Paris rue Neuve-Martin n** 81 division des Gravilliers, pour être du pays de son mari qui l'a fait travailler pour lui différentes fois : qu'elle se rappelle que, le deux septembre, vers cinq heures du matin, le d. Pernot s'est présenté chès elle, accompagné d'un autre particulier, qu'il a demandé à parler au G™ Clerget, qu'elle, comparante lui a répondu que son mari avait pris médecine et qu'il était hors d'état de parler à qui que ce soit; que sur les instances réitérées du d. Pernot la comparante a constamment refusé de le laisser parler à son mari : que le d. Pernot était dans ce moment armé d'un sabre qu'il tenait à la main et a dit qu'il venait à dessein d'emmener le C*" Clerget avec lui et a ajouté que depuis la conciergerie jusqu'au pont au change, la rue était couverte des cadavres des prisonniers qui avaient été tués, que le d. Pernot tenait ce discours de manière à faire connaître que cette expédition était de son goût, ayant entendu dire même depuis que le d. Pernot s'était vanté d'avoir mangé du cœur de la ci-devant Princesse de Lamballe, au surplus, ajoute la comparante, qu'elle a entendu dire beaucoup d'autres choses sur le compte du d. Pernot, mais qu'elle ne peut affirmer que ce qu'elle a vu et entendu de la part du d. Pernot regardant comme incertain ce dont elle n'a pas été témoin elle même.

Avons demandé à lad. femme Gierget si elle connaît quelques personnes qui puissent nous donner desrenseignementspositifssurlecompteduditPernot.

A répondu qu'ayant été menacée ainsi que son mari par le dit Pernot elle ne crois pas devoir en dire davantage, qu'au surplus elle attend son mari, qui esta la campagne, qu'il doit arriver aujourd'hui ou demain et qu aussitôt qu'il sera de retour il se présentera devant nous.

Lecture faite de la présente déclaration à lad. femme Gierget, elle dit icelle, contenir vérité, y per-

sister et a signé avec nous.

Fme Glebget.

Ce jour, trois ventôse an neuf, est comparu devant nous, G""^ interrogateur, le citoyen Gierget, horloger rue du Petit-Pont n° 6, d'après invitation à lui faite et lequel nous fait la déclaration suivante : quelques jours après le dix août, le déclarant rencontra Pernot, qui lui demanda s'il avait eu peur le dit jour dix août, qu'ayant répondu que oui, Pernot lui dit alors : on en a beaucoup tué, mais j'ai été dans la chambre dun officier suisse trois jours après, avec un de mes amis, nous l'avons tué, et nous lui avons pris sa montre et ses boucles lesquelles me sont restées. Je suis encore instruit par un citoyen Autin, tailleur, rue Merry, maison d'un tapissier, que ledit Pernot lui a dit avoir tué un scarde du roi à Versailles, lors de l'affaire des 5 et 6 octobre, et qu'il lui avait fait un habit avec le manteau de ce même Garde, dont il s'est également emparé du cheval, et de tout son

équipement, dont les pistolets ont été vendus au G®° Loviat, menuisier rue du Vert-Bois. Ce même tailleur vous instruira également que Pernot, gardien des scellés dans une maison, y avait tout pris et volé ; il est également venu dire à ma femme, à l'époque du massacre des prisons, qu'il venait me chercher pour aller avec lui et que son sabre était encore tout ensanglanté. Ajoute le déclarant, qu'un nommé Boufllers, marchand d'habits dont Autin ou Loviat pourront indiquer la demeure, lui demanda un jour, s'il voyait Pernot, et lui dit qu'un jour il était allé dîner chez Pernot avec sa femme et eue ledit Pernot s'était vanté d'avoir mangé sa part du cœur de Madame de Lamballe, que ce récit avait fait une impression à sa femme, si forte que la femme dudit Boufflers avait manqué en mourir.

Le citoyen Bernard, ofjBcier de santé, rue Honoré n° 1405 et son épouse pourront donner des renseignements sur Pernot, notamment comme étant venu pour le chercher dans la nuit du deux au trois septembre pour aller à la conciergerie.

Pour quoi a signé avec nous la précédente déclaration de ce requis aussi signé.

Glerget.

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