FRANÇOIS-JOSEPH PERNOT
Interrogé en ventôse an IX.
Je m'appelle François-Joseph Pernot, âgé de trentehuit ans, natif de Lure, département de la Haute-
Saône, serrurier, demeurant à Paris, rue Neuve- Martin n° 81, division de Gravilliers.
— Depuis quand êtes-vous à Paris?
— Il y a environ douze ans.
— ■ Vous avés participé aux massacres des deux et trois septembre et vous vous êtes présenté chez le citoyen Glerget, horloger rue de la Boucherie, tenant encore votre sabre teint du sang des personnes que vous aviès massacré.
— Gela est taux.
— Vous avés assassiné un garde du corps et lui ayant volé son cheval et son équipement vous vous êtes fait faire un habit de son manteau par le nommé Autin, tailleur, rue Médéric.
— Je n'ay point assassiné un garde du corps, j'ay été effectivement avec le bataillon à Versailles et en revenant j'ay trouvé sur la route un cheval que j'ay arrêté, je suis monté dessus et je l'ay mis dans Fécurie du Grand-Cerf, rue du Verbois, et l'ayant conduit le lendemain à la ville, on m'a dit de garder le manteau et on m'a donné six francs.
GHARLES-FR'ANÇOIS-HONORÉ CORTETi Du 20 nivôse an IX.
Citoyen Préfet,
Il est étonnant que d'après les arrestations qui ont été faites on ait oublié le monstre nommé Cortay. Il
♦ Ou Gortey.
demeure rue Basville entre la cour de la Moignon et la cour neuve du Palais de Justice, section du Pont Neuf. Son état est planeur. Il s'est vanté à qui a voulu l'entendre, d'avoir massacré quatorze personnes dans la prison de la Conciergerie, dans la nuit du 2 et 3 septembre, et de n'avoir quitté que parce que son sabre était cassé. Sa femme est morte à la suite d'une maladie que la frayeur de ce crime lui avait causé, au reste vous pouvez faire prendre des renseignements sur sa section, vous verrez que les faits avancés sont véritables Salut et fraternité.