‹ La massière; comédie en quatre actesChapitre 103 sur 118 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

MADAME MAP.ÈZE.

Je ne dis pas que vous l'ayez voulu... bien qu'il me soit difficile de croire que Jacques en fût venu là, si vous ne vous y étiez pas un peu prêtée... Mais enfin voilà les faits... Nous étions tous les trois bien tranquilles... Malgré vous, je le veux bien... et par un charme que vous ignorez sans doute vous-même... vous m'avez pris d'abord mon mari... A présent vous méprenez mon fils... C'est tout de même un peu fort, vous en conviendrez... Autrement dit, vous m'avez pris tout le meilleur de ma vie et vous êtes certainement la personne par qui j'ai le plus souffert.

JULIETTE , se levant et saluant pour sortir.

Madame...

MADAME MARÈZE.

Non! non! non!... Restez!... Je suis si maladroite!... Je ne voulais pourtant pas vous blesser... !i;iss<;\ez-vous... il le faut... je vous en prie... (Juliette se rassied.) Je ne vous reproche rien, je sais m*- ii lettre à votre place, entrer dans vos intérêts. . . C'est la faute de Marèze et de Jacques. Il était bien naturel que vous ne les rebutiez pas... Mais

quelle est la victime là dedans? Moi. Il est donc bien naturel aussi que je cherche avec vous comment nous pouvons sortir d'une situation si triste. . . Vous êtes intelligente... vous ne devez pas être méchante, puisqu'on vous aime tant... Nous chercherons la solution ensemble et nous la trouverons.

JULIETTE

Vous avez tout dit, madame ?

MADAME MARÈZE.

Oui., je crois.

JULIETTE

Eh bien, madame, je suis obligée de vous répondre que vous vous êtes absolument trompée... Je ne sais pas si je vous ai pris votre mari; je n'ai du moins rien fait pour cela, si ce n'est de lui témoigner l'affection la plus respectueuse et de lui être profondément reconnaissante des bontés qu'il avait pour moi... Et quant à monsieur Jacques... jamais, madame, il ne m'a dit qu'il voulait m épouser... jamais il ne m'a même dit qui] m'aimait...

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