‹ La massière; comédie en quatre actesChapitre 111 sur 118 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

MADAME RIARÈZE, JULIETTE-

M A I) A M B M AHEZE.

S,ivez-vous, mademoiselle, quelle serait la solution ? la bonne? la vraie? la seule?... Mon pauvre Jacques vous aime pour de bon. Vous dites que vous n'avez pour lui que de l'amitié... Peut-être le dites-vous par un sentiment de délicatesse... ou de fierté, que j'apprécie, croyez-le bien. Mais enfin, si je vous disais : Épousez-le ! je vous le donne !

JULIETTE

Je serais très touchée... très reconnaissante... très heureuse surtout que vous ne vous mépreniez plus sur moi... Mais je vous répondrais : Non, madame.

MADAME MAIIEZE

Permettez à mon amour-propre de mère de s'étonner un peu de la réponse... Jacques est bon; il n'a rien de déplaisant, il aura du talent, ses parents ne lui font point tort... du moins son père... On ne se marie pas toujours à cause d'une grande passion... L'affection, la tendresse suffisent... Alors, bien vrai? vous ne l'aimez pas du tout?... pas même un peu?... Vous devez répondre avec une sincérité égale à la mienne... c'est bien le moins... Vous ne l'aimez pas?... Vous ne l'aimez pas?...

JULIETTE

Ah ! madame, vous me faites mal.

Elle fond en larmes.

MADAME MARÈZE.

Voilà qui est fort bien répondu... Et vous ne voulez toujours pas de lui?... Vous voyez que je n'y mets pas de vanité... C'est moi qui vous l'offre, qui même, il me semble, vous le jette à la tête... Vous ne voulez pas?

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