ACTE DEUXIEME
sommes venus à Paris... Toi, tu es devenu un peu Parisien; moi, guère... Je t'aime toujours de la même façon que là-bas. Je suis toujours « nature ».
MARÈZE.
Pourquoi diable me racontes-tu tout ça ?
MADAME MARÈZE.
Je ne sais pas... Pour me défendre.
MARÈZE.
Eh ! mon Dieu, ma pauvre femme, moi non plus, je n'ai pas changé. Seulement...
MADAME MARÈZE.
Seulement, je n'ai plus ton cœur.
MARÈZE.
Mais si ! Mais si !
MADAME MARÈZE.
Non, non, je ne l'ai plus... Oh! je suis raisonnable. Je sais que les hommes, ça n'est pas comme
nous... Veux-tu que je te dise? J'aimerais mieux que lu m\'iit's trompée avec les premières venues...
Tu dis?
MADAME MARÈZE.
Oui, à condition que je ne le saurais pas.
MARÈZE.
Ah ! bon !
MADAME MAREZE.
Même tes petites élèves... si tu les aimais toutes à la fois... vaguement... à cause de leurs petites mines... ça m'ennuierait bien, mais j'en prendrais encore mon parti. Le malheur, pour moi, c'est que tu n'en aimes qu'une. C'est pour elle, pour elle seule, que tu as refusé l'atelier d'hommes, qui m'aurait donné tant de tranquillité. Et c'est cela qui est cruel, surtout à cause du moment. Tu n'as pas toujours été ce que tu es à présent... Nous avons eu des années grises... où on ne te rendait pas justice. Et puis, tout d'un coup, la