‹ La massière; comédie en quatre actesChapitre 59 sur 118 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

c fiance t'est venue, et la réputation, et les honneurs, et tout. J'avais bien le droit d'en jouir tranquillement, de le garde! tout entier, moi qui t'avais encouragé e1 soutenu dans les jours pénibles. Et c'est juste au moment où tu es devenu célèbre cpie celte fille m'a pris le meilleur de toi. Je ne sais pas dire, mais il me semble qu'elle me vole ta gloire. Tiens, je la déteste ! je la déteste ! je la déleste !

Mais c'est odieux, ce que tu dis là ! Comment ! Voilà une pauvre petite... pardon! une pauvre jeune fdle qui n'a pas le sou, qui a une mère et un petit frère à nourrir, qui est honnête...

ma !> ami: marèze.

Pfui!...

MAKÈZE.

Ne dis pas e pfui ! » et ne hausse pas les épaules... Qui esl honnête, j'en suis sûr; délicate e1 lirrr.ji; t<- l'affirme; qui est intelligente, qui est courageuse; qui n'a pas trouvé, elle, en venant au monde, une bonne existence bien grasse dans

une bonne ferme du Morvan ; qui a toute sa vie à faire (et Dieu sait que ça n'est pas facile pour une jeune fille isolée)... et tu trouves mauvais que je l'aide, que je lui tende la main, moi, son maître, moi, arrivé, moi, presque riche, moi, bientôt vieux ! Et tu te mets dans la tête des idées... dont je rougis pour toi et que je te défie d'exprimer tout haut, si tu es encore une brave femme ! Vraiment, c'est abominable et ça ne te ressemble pas ; car, en somme, ce que tu me reproches, c'est une bonne action, c'est peut-être ce que j'ai fait de mieux dans ma vie.

MADAME MARÈZE.

Eh bien... eh bien... je ne lui veux pas de mal, moi... Laisse-moi m'occuper d'elle moimême... Elle n'y perdra rien... Tu ne veux pas?

MARÈZE.

Ah ! non, par exemple !

MADAME MARÈZE.

Pourquoi?

.M AliEZE

Mais... parce que... du moment que lu la détestes... tu ne peux rien pour elle... que de lui offrir de l'argent... du sale argent dont elle ne voudrait pas. C'est de moi qu'elle a besoin, de mon amitié, de mes conseils, de ma direction...

Alors, c'est fini... fini... Elle est plus maligne que moi... plus rusée... plus jeune aussi...

Mais c'est toi qui imagines stupidement entre elle et toi cette espèce de rivalité... qui ne repose sur rien du tout... Tout <;a n'a pas le sens commun... Enfin, j'ai charge d'elle, je continuerai à faire mon devoir, n'en parlons plus.

MADAME MARÈZE.

J'en parlerai si je veux !

MARÈZE.

Je ne l«; répondrai pas.

LA MASS1EUK.

MADAME MAHÉZE.

Ali ! Elle le tient bien, la coquine

MARÈZE.

Tu as dit?

M A 1) A M E MARÈZE.

J'ai dit la coquine.

MAREZE.

Tu vas retirer ça !

Non

Non ?

MADAME MAREZE

MAREZE

MADAME MAREZE.

Gifle-moi donc, tu en meurs d'envie!

Jacques est entré par la porte de droite et s'arrête, surpris.

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