‹ La Mastite SyphilitiqueChapitre 9 sur 11 · I. Mastites syphilitiques au cours de la phase précoce · texte numérisé non relu

I. Mastites syphilitiques au cours de la phase précoce

de la syphilis secondaire

a) Un cas de mastite syphylitique apparue à la phase préroséolique.

Observation I. (inédite, due à l’obligeance de M. le D' Burner). — Femme de 22 ans, vient consulter pour un chancre induré de la grande lèvre droite, datant de 25 jours. Ultra positif. Wassermann positif. A l’examen complet, on constate, au niveau du sein droit, au-dessous du mamelon, une nodosité, un peu douloureuse, rénitente, de la grosseur d’une noisette, recouverte par une peau rouge, et apparue depuis cinq jours environ. Quelques jours après l'entrée de la malade à l’hôpital, la roséole apparaissait. Un traitement novarsenobenzolique amène la disparition de la nodosité mammaire en quelques jours.

b) Douze cas de mastites syphilitiques survenues au cours de la phase post-roséolique.

Obs. II (AmBrosorr). — Jeune fille de 19 ans. Quinze jours après le chancre, apparition de papules

génitales en même temps que d’une tuméfaction indurée du sein droit, dont le volume est augmenté du tiers environ. Sein légèrement douloureux à la pression ; peau normale. Dans l’aisselle droite quelques ganglions un peu douloureux à la palpation. Quelques jours après apparition d’une tuméfaction à peu près semblable au niveau du sein gauche.

Obs. IIT (AmBrosorr). — Femme de 24 ans. Apparition, trois mois après la guérison de papules génitales par le mercure, d’un iritis de l’œil droit ainsi que d’une tuméfaction des deux seins, analogue à celle du cas précédent.

Obs. IV (AmBrosorr). — Homme de 35 ans, forgeron. Trois mois après un chancre, apparition dans le sein gauche d’une nodosité, de la grosseur d’une noix, indolore spontanément et à la palpation. Le traitement spécifique fait disparaître assez rapidement cette nodosité.

Obs. Y (Lan). — Jeune homme de 18 ans. Dix semaines après le chancre, en même temps que des syphilides maculeuses, apparition, au niveau du sein gauche, d’une infiltration dure, bien limitée, grosse comme une petite noix, indolore. Pas de modification cutanée. Guérison au bout de deux semaines et demie à la suite d’un traitement spécifique.

Obs. VI (MarzenaUER). — Homme de 43 ans. Deux mois après le chancre, apparition d’une tuméfaction au niveau du sein droit. À l’examen, tuméfaction de

la grosseur d’une noix, légèrement douloureuse, peu mobile sur les plans profonds. Légère rougeur de la peau. Disparition assez rapide sous l’influence du traitement.

Obs. VIT (JraNseLME). — Homme de 73 ans. Deux mois après un chancre du nez, apparition de syphilides infiltrées généralisées (syphilis maligne précoce), d’une alopécie en clairière. Au niveau du sein gauche, dans la région rétro-aréolaire, présence d’une nodosité de la grosseur d’un œuf de pigeon, dure, bien circonscrite, lobulée, légèrement douloureuse à la palpation. Pas de modifications cutanées. Pas de ganglions axillaires.

Obs. VIII (ne SueT). — Femme atteinte d’un chancre du sein droit. Deux mois après sa cicatrisation, apparition d’une tuméfaction arrondie de 5 centimètres de diamètre, dure comme du cartilage, peu douloureuse à la pression, adhérente à la cicatrice cutanée du chancre.

En même temps, syphilides papuleuses et iritis. Guérison rapide par le traitement.

Obs. IX (Burnixr). — Homme de 48 ans. Deux mois après le chancre, apparition, dans les deux seins, au niveau de la région retro-aréolaire, d’une tuméfaction dure, de la grosseur d'une noix, légèrement douloureuse à la palpation, adhérente à la peau, mais mobilisable sur les plans profonds. Pas de ganglions. Guérison rapide par le traitement.

Obs. X (inédite, dûe à l’obligeance de M. le D° BURNIER). — Femme de 25 ans. Vient consulter pour une roséole syphilitique apparue il y à trois jours. Wassermann positif. Huit jours plus tard, elle se plaignit d’une sensibilité dans les deux seins. Ceux-ci présentaient des petits noyaux indurés, trois à droite, deux à gauche, de la grosseur d’un pois à une noisette mobiles à l’intérieur de la glande dont la peau était normale. Petits ganglions axillaires. Un traitement arsénobenzolique amena la régression des nodosités mammaires au bout de quatre injections.

Obs. XI (CLÉRET et MaLLorzELz). — Femme de 24 ans, enceinte de six mois. Présente en même temps qu’une roséole typique, une tuméfaction douloureuse de trois lobes du sein droit. Au niveau du mamelon, peau violacée, tendue, chaude, adhérente à l’un des lobes engorgés. Pas de fluctuation. Quelques ganglions axillaires gros et douloureux. On décide une intervention, mais auparavant, on donne à la malade des pilules de protoïodure qui amènent une disparition rapide des lésions.

Obs. XII (REJSEK). — Femme de 30 ans vient consulter pour des lésions cutanées de syphilis secondaire

Antécédents personnels. — Réglée à 16 ans. Mariée depuis 6 ans. Quatre grossesses dont une gémellaire (les enfants moururent l’un au bout de 3 heures, l’au-. tre au bout de trois jours) ; une fille de 4 ans bien portante ; une deuxième fille morte le huitième mois de la grossesse par circulaires du cordon. En février 1923, un enfant mort le troisième jour (placenta prævia).

Au cours de cette grossesse apparition d'une plaie vulvaire qui se cicatrise en quinze jours. Trois semaines après l’accouchement de cet enfant, augmentation de volume du sein droit dont la sécrétion lactée persiste et qui devient douloureux. La peau rougit. Au début de mars, incision du sein. La guérison survient en trois semaines.

Fin avril, apparition de céphalées rebelles, apparition également de petites taches rouges sur le cou, la poitrine et les bras. Le sein droit augmente à nouveau de volume et devient douloureux ; la peau rougit. En juin, ouverture spontanée d’un abcès, donnant issue à du pus grisâtre et épais.

A l’examen pratiqué à cette époque, on constate la présence de papules lenticulaires sur le front, le cou, la poitrine, les bras, des plaques muqueuses à la langue. Adenopathie généralisée.

Le sein droit est augmenté de volume au niveau du mamelon. Peau rouge, violacée, léger suintement d’une petite fistule. A la palpation, trois nodosités siégeant dans la moitié inférieure du sein, l’une plus grosse que les deux autres, de consistance ferme, à surface légèrement bosselée. Wassermann fortement positif.

La malade est soumise aux frictions mercurielles. A la deuxième friction, fermeture de la fistule. A la troisième, disparition des deux plus petites nodosités, diminution de volume de la troisième, qui disparaît après la quatrième friction.

Remarque. — Dans les deux observations qui précèdent, l’état puerpéral pourrait être invoqué comme favorisant l’évolution aiguë, vers la suppuration d’une mastite apparue au cours d’une syphilis secondaire.

L'observation suivante montrera que la mastite secon-

daire précoce peut prendre un caractère aigu en dehors de tout état gravidique.

Obs. XIII (Marzenauer). — Jeune fille de 17 ans, non enceinte. Deux mois après le chancre, tuméfaction indolore du sein droit qui a triplé de volume. A l’examen, infiltration indurée, diffuse, se continuant en haut insensiblement avec la glande saine ; en bas, quelques nodosités plus dures, de la grosseur d’une noisette. Quelques nodosités dans le sein gauche.

Par la suite, la peau rougit et la tuméfaction sousjacente devint fluctuante. L’incision permet l’écoulement d’un pus épais et grisâtre. G'uérison des lésions en un mois par les frictions mercurielles.

II. Mastites syphilitiques au cours de la phase tardive de la syphilis secondaire

Obs. XIV (JEANSELME et Tzank). — Femme de 22 ans. Au cours d’une syphilis secondaire en traitement, apparition d’une mastite bilatérale, constituée par trois noyaux indurés dans un sein et deux noyaux dans l’autre, noyaux bien circonserits, douloureux spontanément et à la pression, mobiles sur les plans profonds. Peau de coloration normale, non adhérente. Pas de ganglions axillaires. Disparition des lésions en un mois et demi après un traitement énergique.

Jeune homme de 22 ans.

Obs. XV (RrcxTER).

Deux ans après le chancre, apparition à droite d’une mastite à noyaux multiples, durs, dont le volume varie d'un pois à une noisette. Disparition rapide des lésions par le traitement.

Obs. XVI (RosenrHAL). — Jeune fille de 19 ans. Un an après le chancre, tuméfaction très douloureuse du sein droit. Adénopathie axillaire assez volumineuse. Sein du volume des deux poings. A la palpation, six à huit nodosités indurées et deux autres molles et fluctuantes. Guérison rapide par le traitement.

Obs. XVII (Srrmurr.). Jeune homme de 19 ans.

Douze mois après le chancre, apparition, au niveau du sein gauche, d’une tuméfaction douloureuse, dure, lisse, nettement limitée, large de 6 centimètres, épaisse de 2 em 5. Sein triplé de volume. Disparition de la tuméfaction en six semaines à la suite d’absorption d’iodure, et de frictions mercurielles au niveau de la tumeur.

Obs. XVIII (Rouaner). — Homme de 22 ans. Syphilitique depuis deux ans et demi. Au niveau du sein gauche, masse étalée, dure, grenue, située derrière l’aréole à laquelle elle adhère. Palpation douloureuse. Quelques douleurs spontanées, lancinantes. Infiltration mobile sur les plans profonds. Disparition de la lésion en six mois par l’iodure.

Obs. XIX (LANG). — Femme de 39 ans. Chancre il

y à quatre ans. Tuméfaction au niveau du sein droit

et de la parptide gauche. A l'examen : sein tendu, augmenté de volume. La palpation montre une tuméfaction de la grosseur d’un œuf. Peau légèrement rouge. Douleur à la pression. Disparition rapide de la tumeur après quelques frictions mercurielles.

Obs. XX (Lan). — Homme de 30 ans présentant des lésions de syphilis maligne précoce. Infiltration dure, douloureuse, au niveau du mamelon droit. Traitement spécifique. Guérison rapide,

Obs. XXI (Rouaner). — Homme de 30 ans. Apparition, six mois après le chancre, d’une mastite gauche, très légèrement douloureuse à la palpation, dure, adhérente au mamelon, mais mobile sur les plans profonds. Pas de modification de la peau de l’aréole et du mamelon. Pas de ganglions axillaires. Disparition des lésions sous l’influence du traitement spécifique.

Obs. XXII (Vox Zrissc). — Homme de 24 ans.

Neuf mois après le chancre, apparition de douleurs au niveau des deux aréoles mammaires. À l’examen, pas de modification de la peau ; à droite, petite infiltration irrégulière, longue de deux centimètres, épaisse de cinq centimètres, faisant le tour du mamelon. Atteinte du sein gauche un peu plus tard ; à l’examen, peau normale, non adhérente, petite infiltration mobile sur les plans profonds. Augmentation rapide de volume. Les frictions mercurielles et l’iodure amènent une guérison rapide.

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