‹ La mathématique: philosophie-enseignementChapitre 18 sur 52 · VUE GENERALE · texte numérisé non relu

VUE GENERALE

UR L-E!VSEIG.\EMENT

"peu supérieures n'a pas d'autre cause ; et de ce fait on ue peut guère blâmer personne; c'est la fatalité mâme de l'organisation des concours qui amèue ces résultats.

' On pourrait cependant les atténuer.

Une autre calamité, à laquelle il serait plus facile de remédier, est la mobilité, l'inconsistance des programmes de concours, variant d'une année à l'autre, bouleversant tout, faisant des coupes sombres à travers la science, pour y ajouter le lendemain une théorie plus ou moins difficile qui y ligurait la veille ; tout cela sans suite, sans méthode, sans raisons données, souvent

Mans prétexte.

■■ Un programme est toujours mauvais, uniquement parce que c'est un programme. Mais comme c'est un mal nécessaire, il faudrait du moins, lorsqu'on a eu la < chance d'obtenir le minimum d'inconvénients, en rester là et ne plus toucher à ce programme idéal qu'avec une discrétion extrême et quand des raisons scientifiques y obligent impérieusement. Avec un peu de bonne volonté, il ne serait pas difficile d'en revenir là.

Une autre espèce de programmes, n'ayant d'ailleurs de commun que le nom avec ceux dont nous venons de |)arler, c'est celle des programmes trop souvent imposés aux professeurs de l'enseignement public avec une minutie manifestement exagérée. C'est de la sorte que chez un trop grand nombre d'entre eux se trouve amoindri, sinon détruit, cet esprit d'initiative sans lequel l'enseignement perd toute vie et toute flamme,

et que noua avons reconnu

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liêre des ver-

tus pédagogiques. Des indications générales très larges -seraient bien sufTisantes,

Si, malgré toutes ces entraves et tant de défauts de détail, nous obtenons encore en France les petits résultats que nous pouvons constater, cela révèle les belles qualités de conscience, de zèle et de connaissances acquises qui distinguent à un si haut degré le corps

m8 LA M.ITUÊ.^t.lTIIJCt:

onsei^iianl. Mais on s'altrislt! tiiiaïul m^iiie en pPOsâîF à lanl (le forre perdue; et l'nn regrette de ne pas voir toute cette enfance et celte jeunesse française recevoîj' dansja metfure où c'est possible la forte et solide éducation mathématique qu'il serait si facile de lui donner sans plus de frais, en se décidant tout siuipleiiient à laiss<'r agir les forces bienfaisantes dont on dispose, et à faire circuler la vie dans uneVégiontiii elle semble suspendue. Peut-r''tre, sil en était ainsi, aurait-on de la Mathématique une appréciiilioti généralf un peu moins inexacte.

Il mu resterait encore bien de» questions à indiquer, sur la fréquence et la durée des le»;ons, notammeul, el sur l'âge auquel peut être efficacement entreprise l'éducation mathématique. Les opinions sont variables sur ces divers points, et toute opinion absolue risquerait dYtre erronée. 11 faut bien du reste se plier, suivant les cas, aux nécessités des autres parties de l'enseignement, et aussi aux conditions extérieures, lesquelles ne permettent pas toujours de faire ce qui pourrait sembler théoriquement préférable.

Sur un point cependant, une observation me semble indispensable. Dans quelques classes oii se trouvent des commençants, on a imaginé d'introduire des leçons de mathématiques à raison de deux, quelquefois même d'une par semaine. Un pareil procédé est tout à fait irrationnel et représente simplement du temps perdu. Comment veut-on, à de très rares exceptions près, que le cerveau d'un enfant reçoive l'empreinte de ces notions, nouvelles pour lui, et les conserve pendant unu aussi longue période ? La continuité est un des facteurs nécessaires de l'enseignement scientifique. Avec la méthode dont nous parlons, l'enfant oublie d'une semaine à l'autre; ayant oublié, il ne sait plus, quand même il ferait tous ses efforts, et il cesse de prendre le moindre intérêt à des études auxquelles il serait indispensable de l'attacher chaque jour un peu plus. On peut dire aaiig

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crainte de se tromper qu'en Mathématique, trois leçons par semaine représentent un extrême minimum. Tant qu'on ne peut pas en arriver là, mieux vaudrait différer d'une année, de deux années au besoin, l'initiation mathématique, et occuper à autre chose ces jeunes esprits, plutôt que de leur donner ce premier enseignement sous une forme décourageante pour eux en même temps que pour l'éducateur, et fatalement stérile dans tous les cas.

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