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XX PRÉFACE

dont les longueurs et les directions varient au hasard, dessinant les figures les plus compliquées. C'est ce qu'on nomme le mouvement brownien, du nom d'un naturaliste anglais qui, à l'aide d'un microscope ordinaire, reconnut de tels mouvements à l'intérieur des cellules vivantes et jusque dans des inclusions liquides, au sein d'échantillons de divers cristaux.

Ce mouvement brownien est l'image du mouvement moléculaire imaginé par les physiciens pour interpréter la pression qu'un gaz, supposé formé d'un très grand nombre de molécules indépendantes, exerce sur toute paroi qui le limite. Chacune des molécules vole comme une flèche, vient heurter une autre molécule et rebondit dans une direction et avec une vitesse différentes, pour rebondir encore et encore. Telle une balle qui serait l'objectif d'une multitude de raquettes aux mains de joueurs parfaitement inintelligents. Si, parmi ces molécules irrégulièrement bondissantes, dont la vitesse moyenne dépasse celle de nos projectiles les plus rapides, nous en disposons une de très gros

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