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PRÉFACE XXI

calibre, mille fois, cent mille fois plus lourde, cette masse imposante, sollicitée par les chocs innombrables des petites molécules, devra elle-même se mouvoir d'une façon irrégulière. Capricieusement ballottée par tous ces chocs, elle les fondra dans un mouvement résultant de même caractère mais d'autant moins ample, d'autant plus lent et apaisé qu'elle est elle-même plus grosse. Tel un gros navire désemparé, assailli par des vagues folles, reproduit avec un rythme élargi dans le temps et raccourci dans l'espace les mouvements individuels de toutes ces vagues. On conçoit donc comment le mouvement des molécules, à la fois beaucoup trop rapide et trop ténu pour tomber sous nos sens, se transforme en un mouvement à notre échelle que nous pouvons désormais étudier. Et comme nous connaissons la masse des gros mobiles, grains de gomme gutte ou de mastic employés par M. Perrin, simples poussières pour nous, masses monstrueuses à l'égard des molécules, on comprend que, par l'application des principes de la mécanique, nous puissions descendre jus-

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