PRÉFACE XXIII
monde moléculaire. Nous n'assistons à rien moins qu'à la destruction spontanée d'un élément métallique bien défini, et à toute une hérédité d^éléments les uns gazeux, les autres solides qui se résolvent les uns dans les autres, donnant, après de longs siècles, une sorte de réalité aux rêves tant caressés par les alchimistes : la transmutation des métaux et Félixir de vie. Il est vrai que le terme ultime des transformations du radium n'est pas de l'or, mais, semble-t-il, du plomb; et que, si la médecine fonde sur l'emploi du radium de grandes espérances pour la guérison de quelques-uns des maux qui nous affligent, ce n'est pas à la façon d'une source de vie qu'il se révèle, mais plutôt comme un formidable agent de destruction et de mort, aussi dangereux pour nos tissus que pour les végétations parasites dont il les délivre.
La destruction du radium s'accompagne de l'émission de rayons «, 1^ et y. Les premiers sont formés de particules d'hélium électrisées positivement, les seconds d'électrons négatifs animés de vitesses comparables à celles de la lumière. Et voilà la théorie de l'émission qui