PRÉFACE XXV
Un autre groupe bien curieux est constitué par ce qu'on nomme les terres rares. Les minéraux d'où on les extrait contiennent, étroitement associées, deux familles voisines de métaux dont les poids atomiques s'échelonnent dans un très large intervalle, mais dont les propriétés générales sont si voisines que toutes les ressources de la chimie analytique se seraient trouvées impuissantes pour opérer leur séparation complète, sans l'aide et le contrôle continu des méthodes physiques les plus délicates. C'est surtout à la Science française que revient Fhonneur d'avoir su caractériser tous ces éléments, sans confusions ni doubles emplois, et cela grâce à un travail fort subtil d'où sont sorties les découvertes du gallium par M. Lecoq de Boisbaudran, du lutécium et du celtium par M. Urbain qui n'a sans doute pas encore épuisé la liste.
Voici une autre famille de corps remarquables, cette fois, par leur inertie, leur impropriété à prendre part à une réaction chimique quelconque. Ce sont les gaz rares dissimulés dans l'air que nous respirons. Ils s'y cachaient si bien que l'un d'eux, l'hélium,