MERCURE
Mercure, choui-yn, Pen-tsao; chuy-yin, Àlérat, Delens; shmj-yin, Hanbury, 47 ; shwui-yin, hung, F. P. S. , 7 1 1.
Le mercure (argent-eau) jouit d'une très-grande renommée auprès des alchimistes chinois, qui pensent qu'il est la source de X or philosophai; ils le rapportent au principe femelle ying. On le prépare en Chine par le traitement du cinabre. Il passe pour très-
délétère, et une grande quantité est employée à faire du vermillon. Il jouit d une grande réputation comme médicament, bien qu'on ne remploie guère qu'en pommade pour détruire les parasites. Les prostituées s'en servent quelquefois pour ne pas être imprégnées.
Cimbre, mercure sulfuré, tan-cha; tchou-cha, Pen-tsao; czzu-sza, Tatar. , 132; choo-sha, Hanbury, 50; tansha, chu-sha, shin-sha, F. P. S., 248.
Le mercure sulfuré naturel , dont on distingue de nombreuses variétés suivant la couleur et la forme , est surtout celui dont on doit faire usage en médecine. Les Chinois en distinguent trois sortes : 1° celui de roche, qui est le plus estimé et le plus beau; il est en petits cristaux très-purs, le plus souvent fragmentés, de couleur rouge brillant; il provient des montagnes du Sse-tchuen et du Kouang-tong ; 2° celui de terre, qu'on trouve dans les mines en morceaux non cristallisés , de volume variable , pur ou mêlé de corps étrangers ; 3° celui d'eau, inconnu aujourd'hui, qu'on retirait de puits desséchés du Chan-si, dans lesquels on mettait le feu.
Le cinabre le plus estimé doit être écailleux comme du talc et de couleur rouge clair. Pour l'employer, on doit prendre les précautions suivantes : on le lave dans une eau parfumée, après avoir eu soin de parfumer la chambre pour en chasser le mauvais air. On le sèche par le beau temps; on le pulvérise par un temps chaud , et on le lave avec une eau dont la composition varie suivant les médecins , puis avec de l'eau de rivière ou de fontaine ; on le place ensuite dans un alambic avec différentes plantes, pour évaporer jusqu'à ce que toute l'eau ait disparu; on laisse refroidir. On l'emploie pour fortifier les viscères et les parties molles. C'est une sorte de panacée ou de pierre philosophale.
(P. ClBOT.)
On en met dans des sachets qu'on fait porter aux enfants affectés de chorée. On en fait un grand usage dans toutes les affections syphilitiques ; on le mêle au camphre de Bornéo ou à de la graisse pour tuer les Pediculi.
Vermillon, yn-tehou; yin-tchou; yin-choo, Hanbury, 517; iîi-czzu, ïatar. , 228; yin-chu, tsze-fen-shwang, F. P. S. , 1236; wong-toong , yui-wong, Carey, 60, 52.
On le prépare par le mélange de deux parties de soufre et d'une de mercure qu'on sublime dans un vase clos , recouvert de linges mouillés ; la portion qui reste au fond du vase est le vermillon impur; on recueille avec soin les parties cristallisées en aiguilles fines , rouge foncé , qu'on pulvérise , qu'on lessive et fait dessécher sur des tuiles; on les met ensuite en paquets d'une once dans du papier noir glacé. Le produit de la partie en aiguilles est d'autant plus beau qu'il a été pulvérisé avec plus de précaution, et que sa lixiviation a été plus soignée. Le meilleur vient du Fo-kien.
Le vermillon passe pour plus actif que le calomel ; on en fait des fumigations dans les affections syphilitiques ; à l'intérieur , on l'administre sous diverses formes.
Le papier d'enveloppe est brûlé , pour que sa fumée tue la vermine de la tête.
Le ling-sha, rhk'i-sha, heh-sha, F. P. S., 716, est un mélange de soufre et de sulfure de mercure , brun-marron ou rouge pourpre, cristallin, plus ou moins pulvérulent. Il passe pour jouir de qualités merveilleuses, car il réunit les propriétés mâles du soufre et les propriétés femelles du mercure. On l'emploie dans le pyrosis , la dyspepsie , le choléra , la dysménorrhée et l'impuissance dans les deux sexes. Il constitue la préparation mercurielle la plus fréquemment employée à l'intérieur.
Protochlorure de mercure, king-fen; choui-fen; king-fun; choui-fun, Hanbury, 49; liing-fen, hung-fen, shivuifen.F. P. S., 180.
En cristaux aiguillés , brillants, incolores et hyalins.
Il est composé de chlorure de mercure (trois parties) et de sulfate de chaux (une partie). Gleyer pense que c'est un produit naturel; mais M. Lockart a appris à M. Hanbury qu'il est fabriqué
dans la province du Chen-si ; il n'a pu lui faire connaître le mode de préparation. (Hanbury.)
Deutochlorure de mercure, king-fan; cin-fyn, Tatar. , 91; hiong-fen, Mérat, D elens ; peh-kiang , peh-kiang -tan, F. P. S., 305.
On l'obtient par un procédé très-compliqué, dans lequel on calcine et fond ensemble du nitre, du mercure, du borax, du sel ammoniac, du massicot et de l'orpiment. Le résultat est une substance cristalline dont on fait usage comme caustique à l'extérieur. Le plomb , d'après les Chinois; corrige la trop grande virulence du mercure.
Sulfate de mercure.
Les Chinois préparent quelquefois pour l'usage médical un turbith minéral, d'après M. Porter Smith.
Oxyde rouge de mercure, hong-fen, san-sien-tan, F. P. S.,
En écailles rouge brique clair, lisses et brillantes sur une face, rugueuses sur l'autre ; il est volatil , et ne donne aucune vapeur nitreuse par la chaleur.
Pour sa préparation , qui doit se faire hors de la présence ou de la vue de tout chien, toute poule ou femme, on fait fondre du nitre dans un vase , puis on y ajoute de l'alun ; on y mêle ensuite le mercure ; on recouvre le tout d'un plat et on chauffe environ une heure et demie, à une chaleur douce d'abord, et qu'on augmente progressivement.
Employé en poudre sur les bubons , les ulcères et les plaies , dont il enlève le poison , il passe pour résoudre les foyers purulents et activer la végétation des granulations.
Le hang-shing-yo , Hanb., 52, hung-shing-yo , hung-shing-tau , F. P. S., 712, est un mélange de peroxyde de mercure et de
nitrate. On l'obtient par la fusion d'un mélange de mercure sulfuré , de nitre , de réalgar , d'alun , de sulfate de fer et d'oxyde rouge de plomb, qu'on chauffe et fait sublimer. Il est en poudre rouge orangé , se sublimant facilement , et appliqué aux mêmes usages que l'oxyde rouge.
Mercure nitrate, hwang-shing-yoh , F. P. S., 714; hwangking-yo, Hanbury.
Jaune clair, plus ou moins mélangé d'oxyde rouge et de mercure métallique.
On le prépare en chauffant et sublimant un mélange d'oxyde de plomb, de mercure, de sulfate de fer et de nitre.
Employé seulement à l'extérieur sur les contusions.
Le spécifique des cinq tigres, wu-hu-tan, F. P. S., 715, est une poudre métallique composée de sulfate de fer, d'alun, de nitre, de mercure et de carbonate de cuivre, qu'on emploie quelquefois comme escharotique dans les affections cancéreuses et les ulcères spécifiques.
Préparation de mercure, fyn-szuarij Tatar., 189.
Amalgame de mercure, yn-kao; yin-kau, yin-ts*ui, F. P. S. , 47.
Cette combinaison de mercure, d'étain et de feuilles d'argent, est employée comme tonique dans les maladies du cœur et du système nerveux, dans les affections des reins.