FOSSILES
Ammonite, shih-shie, F. P. S., 63; che-hiai, Pen-tsao.
Les coquilles d'ammonite, surtout les sénestres, passent pour être un excellent antidote des empoisonnements minéraux et métalliques.
Os de dragon, long -hou , Pen-tsao ; lung-kvmh, Hanbury, 338; lung-kuh,F. P. S., 389.
Ces fragments d'os, trop détériorés pour être déterminés, nous ont paru cependant devoir être rapportés à quelque animal de l'ordre des ruminants ; nous y avons d'ailleurs été disposés à la vue du dessin du Pen-tsao , qui offre quelque analogie avec une tête de cerf ou autre animal à bois plus ou moins fantastique. M. Hanbury, qui en a fait l'examen microscopique, pense qu'on doit le rapporter, au moins pour quelques spécimens, à de l'ivoire fossile. M. Swinhoe dit qu'une partie des os fossiles importés du Sse-tchuen sont ceux du Stegodon orientalis, Sw. Les dents de cette espèce ,.lung-chi, F. P. S., 391, sont quelquefois employées , ainsi que celles de YHyla sinensis, les cornes de Chalicotherium sinense , Sw., les molaires d'éléphant, de mastodonte, (VHippotherium, qui passent pour agir sur le foie et avoir une bonne action comme cordial et sédatif.
Considéré comme antidyssentérique , le long-kou se donne dans les affections de l'estomac ; il faut éviter de l'administrer avec le cke-kao (chaux sulfatée). Il faut, avant de s'en servir, le soumettre à l'action du feu. Réduit en poudre et lavé, lelong-kou est employé dans la chorée, la spermatorrhée, les hémorrhagies et les flux.
Dent de mammouth, long-Uee, lun-che; luri-czi, Tatar . , 277 ; lung-che, Hanbury, 134.
Mêmes propriétés que le long-kou.
Bélemnites , tchun-chou-che ; czzun-szu-szi, lung-gu, Tatar. , 136, 279; lung-huh, F. P. S., 132; tchong-jou-che, Pen-tsao.
On trouve dans quelques parties de la Chine , et en particulier dans le Hou-pe, des bélemnites qui sont employées en thérapeutique aux mêmes usages que l'os de dragon , et que l'on confond quelquefois avec des stalactites de petite dimension qu'on leur substitue. C'est ce qu'indique M. Tatarinov dans son énumération des drogues chinoises.
Macrophthalmus Latreillei (Edw. ) ; che-ieou, Pen-tsao ; shihheae, Hanbury, 135; -$hih-hiai,T. P. S., 315.
Ce crustacé fossile de l'époque tertiaire , de l'île de Hai-nan , est quelquefois employé dans la thérapeutique chinoise comme cordial énergique et le meilleur des antidotes contre les fièvres et les pestes. On le réduit en poudre avec les sables endurcis de l'intérieur; on le mêle à du vin ou à de l'huile comme reconstituant et dépuratif du sang; on s'en sert aussi contre les ulcères et les blessures graves, même contre les morsures des serpents venimeux ; on le recommande également dans les dyssenteries opiniâtres et les fièvres pernicieuses les plus graves.
On emploie quelquefois aussi, d'après M. Hanbury, le Portunus leucodon, Desor, Scylla serrata, Edw.
Coquilles.
Sous le nom de che-yen , Pen-tsao; shih-yen, Hanbury, 136 (szi-ian, Tatar., 413; shih-yen, F. P. S., 1042), les médecins chinois emploient plusieurs fossiles très-durs, pesants, grisâtres. M. Tatarinov y a reconnu le Spirifer aperluratus.
M. Davidson a constaté que ces fossiles du terrain dévonien ont la plus grande analogie avec ceux de Ferques (Pas-de-Calais). Le nombre, qui en est connu depuis les travaux de M. de Koninck, s'élève à dix : 3 Spirifer, 2 Rhynchonella , 1 Productus, 1 Crania, 1 Cornulites, 1 Spirorbis et 1 Aulopora.
Les médecins chinois les recommandent contre les hémorrhoïdes et la diarrhée ; ils en insufflent la poudre dans les yeux , dans les opacités de la cornée. Placées dans les mains d'une femme qui accouche, ces coquilles augmentent ses douleurs.
Septaria, shih-pieh, F. P. S., 1215; che-pie, Pen-tsao.
Concrétions nodulaires de Septaria importées du Hou-pe, dont on pense que la poudre a une action efficace dans les affections urinaires.
MAMMIFERES.
Homme, jin.
On emploie plusieurs parties du corps humain dans la thérapeutique chinoise. Les cheveux torréfiés sont administrés en pilules contre la maladie dite ou-pe-lay, en poudre contre Thématémèse. (Debeaux.) Les urines des femmes et des enfants, tsieou-che, passent pour guérir les abcès, en amenant la résorption des humeurs. (Debeaux.) On recueille l'urine des jeunes enfants pour la faire évaporer, après y avoir ajouté du sulfate de chaux ou du sel commun , et en constituer des pains cristallins, jin-tchong-pe , de saveur salée, qu'on donne dans la débilité, la gonorrhée, et dans les affections des reins, de la vessie ou de l'utérus. On s'en sert le plus souvent dans les cuisines pour attendrir la viande fraîche. Ce produit vient surtout du Ngan-houei. (F. P. Smith.) Aussitôt après l'accouchement, on administre à la femme l'urine d'un enfant de quatre ans , en vue d'aider la nature à expulser les impuretés accumulées dans le corps pendant la grossesse et au moment des couches. (Dr Lariv-ière.) Le placenta torréfié est donné en pilules pour faciliter l'accouchement et favoriser l'expulsion du fœtus.
La vésicule biliaire, jin-che-tan, est considérée comme une panacée contre les maladies des yeux , à la condition d'avoir été recueillie sur un ennemi mort. (Dr Larivière.)
Il n'est pas jusqu'aux matières fécales, jin-tchong-houang ,
h\ LA MATIÈRE MÉDICALE CHEZ LES CHINOIS.
nouvelles ou torréfiées , qui ont pris place dans la matière médicale des Chinois ; on les administre contre l'hydrophobie et on en fait usage, délayées dans de l'eau , contre quelques empoisonnements, celui du kin-yu (Cyprtntts anralu) en particulier.
Chauve-souris , fou-y, Pen-tsao; pien-fuh, t'ien-shu, fuhyih,F. P. S., 122.
Les chauves-souris passent auprès des Chinois pour posséder de hautes propriétés thérapeutiques.
On emploie surtout leurs excréments, ou-lin-tse, ye-ming-cha (t'e-ming-sza , Tatar., 225; ye-ming-sha, tien-shiï-shi , shû-fah, F. P. S., 123) , qui se présentent sous forme d'une poudre grossière brun foncé , et consistant en débris d'insectes , qu'on donne à l'intérieur dans les ophthalmies, la carie, etc. On en fait des applications sur les ulcères. Cette poudre est presque toujours mélangée d'une grande quantité de débris de mylabres.
Tenrec, ouei; ouei-chou; wei, ivei-shu, F. P. S., 222.
Le tenrec, Centetes, est commun dans le Hou-pe, le Sse-tchuen et beaucoup de provinces de Chine. On croit que tous ses organes, ainsi que ceux du hérisson, jouissent de hautes vertus médicales; mais on fait surtout grand cas de la peau de sa tête et de sa face, wei-pi, ainsi que de son groin , qui passent pour astringents , styptiques, stomachiques, vulnéraires, etc. Sa graisse, dit-on, agit sur les métaux et les minéraux.
Hérisson, tsee-ouei; ouei; wei, F. P. S., 508.
Mêmes usages que le tenrec, avec lequel il est confondu.
Ours, hiong; lao-hiong; hiung.
La patte, hiung-fan, sun-tschan, passe pour avoir une grande catesse et pour renforcer la constitution.
La graisse d'ours a beaucoup de réputation en Chine comme favorisant la pousse des cheveux.
Le Gel d'ours [hiong-tan ; hiung-tan, F. P. S., 128; siun-dan , Tatar. , 370) est très-estimé comme rafraîchissant, anthelmintique et névrotique ; on en fait surtout usage dans les affections du foie et de l'abdomen.
Tigre, hou, Pen-tsao; lao-hou; hu-kuh, ta-chung, F. P. S., 150; chu-yu, Tatar., 60, 58; ta-hoong, Carey, 55.
Sous ce nom, les Chinois désignent le tigre muntjack (Leopardus brachyurus) et le lynx , dont ils emploient les os , dans leur thérapeutique, pour en faire des gelées qui jouissent de la renommée d'être corroborantes au plus haut degré. On les mélange souvent à la carapace de tortue et à la corne de cerf, pour préparer des médicaments. Du reste, toutes ses parties passent pour jouir de hautes propriétés thérapeutiques.
La gelée de la peau est souveraine contre la toux.
Les Chinois font aussi usage des os et des griffes d'un félin qu'ils nomment p'ao, ch'ing et shi-ts ze-sun ; ils les croient toniques au plus haut degré; le produit de leur calcination est employé dans les affections de l'appareil urinaire.
Chiex, keou.
Plusieurs races de chiens existent en Chine, mais n'offrent pas un grand intérêt.
On fait usage des calculs urinaires du chien, keou-pao ; gowbao, Tatar., 201.
Blaireau.
On en mange les jambons, qui sont préférés à ceux du porc. M. Swinhoe dit cependant que ce sont seulement les pauvres qui en font usage.
Paxgolix, tcliuen-clian-kia , Pen-tsao; tchin-chian-kiapp ,
, Lesson; czuan-szan-tsia , Tatar. , 119; tsuang-hiangkia, Deb.; lin-ly, lung-ly, F. P. S., 833.
Le Manis javanica, dont le corps est couvert d'écaillés jaune foncé , imbriquées , triangulaires , offrant des stries longitudinales un peu divergentes , est comparé par les Chinois à un petit crocodile.
1 On trouve le pangolin dans les montagnes du Hou-pe , du Kiang-nan, du Hou-nan et des provinces méridionales de la Chine. Il est nocturne et se nourrit des larves de ma-y (fourmi) , disent les Chinois.
Les écailles du pangolin, tchuen-chan-kia, passent pour douces, salées et un peu froides; elles ont du venin. Autrefois elles étaient indiquées dans toutes sortes de maladies, en nature ou même calcinées , pour prévenir le prurit ; elles ont été aussi préconisées contre les hémorrhoïdes , les ulcères, les bubons. Dans le prurit, si fréquent chez les Chinois, on en fait usage pour se gratter, et, dans ce but, on les fixe sur un manche de bambou.
Castor, wuh-nuh-shau, hai-kau; $hww-wu-lung , F. P. S., 208 ; choui-ou-long, Pen-tsao.
Le castor existait autrefois dans le Chan-tong et le Chin-king, mais il a disparu.
Le castoréum, wuh-nuh-tsi, F. P. S., 208, est quelquefois employé en pilules ou en teinture dans les affections nerveuses et contre la faiblesse des organes génitaux. On lui substitue souvent les reins d'un vieux chien.
Rat, lao-chou.
On en fait une soupe considérée comme exquise ; on fait une grande importation de rats salés du Scinde pour satisfaire à la gourmandise des Chinois , peuple qui , du reste , n'a de répugnance pour rien de ce qui se peut manger, dit sir John Bowring.
Eléphant; siang; kiang, Pen-tsao.
L'ivoire, siang-ya, F. P. S., 575; sian-ia, Tatar., 348, doit être pris sur l'animal vivant pour jouir de toutes ses propriétés thérapeutiques ; on en fait une poudre stomachique , vulnéraire et diurétique. On en fabrique aussi une gelée toute-puissante contre le rachitisme des enfants.
La peau de l'éléphant, siang-py; cheong-pee, Carey, 5; sian* pi} Tatarinov, 349, passe pour entrer dans la composition de certains emplâtres réputés vulnéraires et qui guérissent rapidement les contusions les plus fortes. On estime beaucoup aussi la trompe desséchée.
On emploie également le fiel d'éléphant, siang-tan.
Rhinocéros, si-koh, F. P. S., 980; si-Mo, Pen-tsao.
Les cornes, si-koh, Carey, 64, servent à faire des vases, et sont employées comme médicaments toniques indiqués dans une foule de maladies.
La peau, si-pi, F. P. S., 981, sert à faire une gelée, bai-sikau, très-estimée. On prépare également une gélatine très-estimée, sy-kio, avec les pieds du rhinocéros.
On se sert aussi de la raclure de ses os, si-tsio, Tatar., 340.
Cheval, ma.
On le mange , et la jambe reste entière chez le boucher pour bien indiquer l'animal.
Ane.
L'âne sauvage du Chan-tong, tsing-tai, donne le ngo-kiao (Aokiao, ho-kiak, Mérat, Delens; o-kiau, F. P. S., 106), colle de peau aromatisée avec du musc et qu'on emploie contre les inflammations du poumon. La colle d'âne se vend en morceaux aplatis, rectangulaires, rougeâtres, translucides, que les Chinois enveloppent, comme toutes les substances de grande valeur, dans un
papier rouge vermillon. D'après M. F. P. Smith, elle n'est pas due à la coction de la peau de Fane, mais elle est le produit de Févaporation d'une source du Chan-tong, qui renferme une grande quantité de glairine.
Quelle que soit d'ailleurs son origine , le ngo-kiao est une médecine excellente , comme la qualifie Si-lin-chin , et passe pour jouir au plus haut degré de propriétés toniques, emménagogues , arthritiques, diurétiques, etc.
On substitue fréquemment à la colle d'àne de la gélatine faite avec la peau de vache, houang-min-kiao. (Voir Bœuf.)
L'urine de cheval ou d'àne est ingérée dans les embarras gastriques.
Porc, tchou; ye-tchou; chii-jau, F. P. S., 917.
Le porc chinois est atteint quelquefois de mi-sin, trichiniasis ; mais il paraît que la maladie ne se communique pas à l'homme : tout au moins est-elle extrêmement rare. (F. P. Smith.) Tout dans le porc est bon, contre quelque maladie.
La panne de porc, che-kao (chi-kau , F. P. S.), sert à faire l'axonge, tchoii-yu, F. P. S., 606, qui est peu employée à l'époque actuelle par les médecins chinois et passe pour adoucissante, laxative, pectorale, etc.
On prépare avec les pieds bouillis une liqueur gélatineuse qui sert à laver les anthrax et les surfaces irritées.
Chameau, to, Pen-tsao; lo-to.
Le chameau rend les plus grands services aux Chinois des provinces septentrionales et aux Mogols comme .animal porteur; ils en mangent aussi la chair et font des cordes avec ses poils.
On emploie, d'après M. Debeaux, plusieurs parties de cet animal, telles que sa chair, ses poils et ses excréments torréfiés. On fait surtout usage de sa graisse, fong-kio-teou-mia , dans les affections rhumatismales.
Chèvre, yang, Pen-tsao; hoang-hiang.
Cette espèce est assez commune en Chine , surtout la variété sans cornes.
On emploie quelquefois le lait de chèvre, yang-yeou.
Les pieds de chèvre sauvage servent à préparer une gélatine estimée , le ling-yang-kio.
On fait usage du sang de la chèvre de montagne , chan-yang, comme substitut du sang de cerf, pour guérir les meurtrissures , dissoudre les ecchymoses; il a aussi pour effet de faire reparaître les règles supprimées et de dissoudre les caillots consécutifs des accouchements.
On emploie aussi quelquefois ses excréments, houang-tse-che , houang-xe-che ,
On emploie aussi les cornes des chèvres de la Tartarie , litige yeang-hok, Carey, 46; ling-yang-kio, Pen-tsao.
Mouton, yang-jah, F. P. S., 749; yang, Pen-tsao.
Les Chinois en connaissent deux variélés, dont ils mangent la chair.
Le bouillon de mouton est indiqué par le Pen-tsao comme excellent dans les maladies de poitrine, les obstructions intestinales , la faiblesse , et surtout pour les femmes en couche et les nourrices.
Le sang de mouton a été également proposé pour les mêmes usages que le sang de cerf ou de chèvre.
On fait avec la graisse du mouton [yang-yu, F. P. S., 1107) une boisson , yang-yu-cha , qui est un remède populaire contre la toux et la jïhthisie.
Boeuf, niii-juh, F. P. S., 129; nieou, Pen-tsao.
La chair du buffle, choui-nieou, shwui-niu, passe pour plus riche que celle du bœuf et pour exercer une action des plus utiles dans le traitement des hydropisies.
Les anciens médecins chinois recommandaient dans toutes les affections accompagnées de débilité , un bouillon de bœuf fait avec du vin, du ginseng, du Sophora flavescens , du Pachyma Cocos, etc.
La gélatine faite avec la peau de bœuf, kouang-kio, houangmin-kiao (niu-p'i-Mau , hwang-ming-kiau , F. P. S., 483), est fréquemment substituée à la colle d'àne ; on la prend à l'intérieur, comme tonique , vulnéraire et nourrissante ; à l'extérieur, on en fait des emplâtres et des appareils pour consolider les fractures.
Le beurre (nieou-naiyeou, Pen-tsao ; su-yu, niu-nai-yu, F. P. S., 169) passe pour pectoral, rafraîchissant, laxatif et lubrifiant; il fait la base de plusieurs pommades et est appliqué seul sur les piqûres et morsures de divers animaux.
Le fromage [ju-fu, niu-nai-ping , jii-p'ing , F. P. S., 233) est très-recommandé aux enfants délicats et dans la dyssenterie.
Le lait (nieou-yeou; niu-ju, niu-nai, F. P. S., 723) est recommandé pour les convalescents, dans l'indigestion, la jaunisse, la diarrhée, etc.
La crème (lah, tung , F. P. S., 318) est appliquée sur les éruptions de diverses natures.
Le bézoard de vache (nieou-hoang , niu-chuan, Tatar., 312; niu-hwang , cliau-pau, F. P. S., 314) est, à proprement parler, formé par des calculs biliaires.
On préfère celui qu'on trouve dans l'abdomen des vaches du Chan-tong ; on le réduit en poudre dans les catarrhes pulmonaires invétérés.
On fait aussi usage du fiel de bœuf, niuAan, F. P. S., 829, dans les maladies des voies digestives ; à son défaut , on lui substitue l'urine de cheval ou d'ane.
La graisse de bœuf (niu-chi, F. P. S., 1106) sert à faire des pommades et est prise à l'intérieur dans la jaunisse; on la mêle à la racine de bryone pour en faire un médicament rafraîchissant et résolutif.
Musc, che-hiang, Pen-tsao; sze-sian, Tatar. , 400; skiehiang , F. P. S., 747; tchang-yang-che (daim qui décoche odeur); che-he, hiung-tcliung , Mérat, Delens.
Le chevrotain porte-musc (Moschus moschiferus, L.; Moschus tonquinensis ou thibelanus , Per. ) se trouve dans les montagnes depuis le Lao-tong jusqu'au Pégu; les montagnards, qui lui font une chasse active à l'époque du rut, en distinguent deux espèces, Tune qui ne se nourrit que de cèdres et autres conifères , l'autre qui ne mange que des herbes odoriférantes : ils croient aussi généralement qu'il mange des serpents, qu'il stupéfie par son odeur. D'après eux, le musc le meilleur provient des animaux pris au filet , parce qu'ils ont été moins effrayés ; on préfère les chevrotains âgés à ceux qui sont jeunes; il faut, dès que l'animal a été capturé, lier immédiatement la poche, qui doit contenir une matière compacte, celle qui est grumeleuse étant de qualité inférieure.
Les Chinois en distinguent deux sortes, le teou-pang-hiang } qui correspond à notre tonquin, et le mi-hiang , grumeleux et toujours plus ou moins mêlé de matières étrangères.
Les Chinois, qui ont le génie de la falsification, fabriquent du faux musc avec des poches faites de la peau de l'animal ; mais il est aisé de reconnaître cette fraude à la disposition des poils, qui ne sont pas en cercle , à la membrane grossièrement fixée pour imiter la portion dénudée, à l'absence des restes du pénis, à l'absence d'ouverture au centre de la partie poilue , et à l'odeur ammoniacale : on prépare ces poches avec du sang et d'autres matières plus ou moins mélangées de musc vrai.
Le musc passe pour excitant, aphrodisiaque, antispasmodique, anthelmintique , vulnéraire, etc.; il purifie l'air, dont il chasse les miasmes , guérit la mélancolie , préserve de la morsure des serpents; il entre aussi dans la composition de diverses pommades contre les ulcères.
T. W. C. Martius a décrit sous le nom de che- hiang un faux musc. (Lehrbuch der Pharm. ZooL, p. 339, 1838.)
Cerf, lou, Pen-tsao; lou-jong, Hue; luh-jung, luh-koh , F. P. S. , 504
Les cerfs , dont plusieurs espèces existent en Chine , et où elles sont désignées sous divers noms, chou, lo-lou, sse-pou-siang } etc., occupent une place importante dans la matière médicale , à laquelle ils fournissent leur chair, leur sang , leurs cornes , leurs nerfs, leur moelle, etc.
Les Chinois distinguent les lou , qui perdent leur bois au premier été, des my , qui le perdent au premier hiver.
Les bois de cerf sont d'autant meilleurs qu'ils sont plus pesants (on préfère surtout les andouillers) ; on les soumet à une coction prolongée pour en faire une gelée, lou-kue-ktao (lu-tsiotsiao, Tatarinov, 276; luh-kioh-kiau , peh-Mau , F. P. S., 505), plus pâle que la colle d'àne et qui est recommandée dans les hémorrhagies, les contusions générales; elle prévient les fausses couches. Calcinée et pulvérisée, la corne de cerf empêche l'inflammation buccale des nouveau-nés; on l'emploie aussi, mêlée avec de la graisse, pour faire des pommades.
Les râpures de corne de cerf, lou-jong-pie ; lou-jung-pieh , F. P. S., 506, réduites en poudre grossière, entrent dans la confection d'un des remèdes les plus habituels de la spermatorrhée , de l'hématurie et de l'incontinence d'urine.
Les cornichons de cerf, surtout recueillis à la quatrième lune, alors qu'ils sont encore mous et abondamment remplis de sang , passent pour souverains dans l'appauvrissement du sang : aussi les conseille-t-on aux gens de cabinet et aux convalescents ; leur emploi prévient les fausses couches chez les femmes qui y sont sujettes. Le haut prix qu'atteignent ces cornichons, lou-jong , fait qu'à la quatrième lune les braconniers font une chasse active aux cerfs en vue de se procurer leurs nouvelles pousses ; un lou-jong se vend jusqu'à 150 onces d'argent (Hue). Pour les préparer, il faut, d'après le Père Cibot, les faire cuire à la vapeur de l'eau-devie et de certaines herbes aromatiques. On trouve les cerfs à loujoncj dans l'ile de Formose, le Sse-tchuen, le Chen-si, le Chan-
sou, le Pe-tchi-li, etc. Une des espèces qui le fournissent est YElaphurus Davidianm, A. M.-Edw. , mi-lou (chu, lo-luh, F. P. S. , 403) .
Un cerf du Fou-yo-eul-tsi , le kan-ta-han (han-ta-han , Cervus Alces, Mérat, Delens), de très-grande taille , et offrant une gibbosité sur le dos , fournit , d'après Kiang-hi , ses nerfs contre les affections rhumatismales et la sciatique. Mais le Père Amyot fait observer que ce remède de charlatan ne donne pas d'aussi bons résultats qu'une médication scientifique intelligente.
Le sang de cerf, bu chaud ou mêlé au vin, est un spécifique comme corroborant et pour arrêter instantanément les crache^ ments de sang. Le meilleur mode d'emploi consiste à prendre un vieux cerf au piège (poursuivi parles chiens, il ne vaudrait rien), à lui ouvrir la jugulaire et à y adapter un long tube par lequel le malade aspire autant de sang que son estomac peut en supporter ; cela fait, il monte à cheval et galope jusqu'à ce que son estomac soit libre et dégagé ; là-dessus il prend un réconfortant et se met au lit. Le sang de chevreuil, lou, fournit à la thérapeutique chinoise le véritable spécifique de la pleurésie.
La moelle du cerf est recommandée contre les maladies nerveuses ; ses ongles sont souverains contre les paralysies des bras et des mains, consécutives des apoplexies.
On emploie aux mêmes usages les diverses parties d'une espèce de chevreuil nommé pan-yang-kao-tsee.
Antilope gutturosa, ting-yang-ko, F. P. S., 72; lingijang-kio.
Cornes longues d'environ cinq pouces, d'un blanc sale transparent, avec des anneaux incomplets à la base, qui a le volume du pouce; elles se terminent en pointe avec une côte spirale.
Employées en poudre grossière après avoir subi une calcination incomplète , ces cornes sont recommandées contre les convulsions, l'apoplexie et les rhumatismes; les femmes ont surtout confiance dans leur action, dans diverses affections accompagnant la grossesse ou l'accouchement.
On les importe du Sse-tcbuen , du Hoiï-pe, du Chen-si et du Kan-sou.
Cachalot, kin-yu; king-yu, F. P. S., 1084; ngao-iju; pao-iju.
Les Chinois le connaissent comme le roi des poissons, mais ils ne font aucun usage du sperma-ceti; ils ne paraissent même pas le connaître.
Ils donnent le nom de long-y en-hiang ; lung-sin, F. P. S., 390, à une matière adorante qui paraît être l'ambre gris, mais qui le plus souvent n'est qu'un mélange odorant fait avec le musc et le camphre de Bornéo.