‹ La matière médicale chez les ChinoisChapitre 21 sur 39 · OISEAUX · texte numérisé non relu

OISEAUX

Les Chinois font usage en médecine de la fiente et du sang desséchés de plusieurs oiseaux.

Le sang de canard ou de poulet passe pour alexipharmaque.

Ils élèvent des poules , des canards et des oies comme races domestiques; ils mangent beaucoup de jeunes canards, souvent même à peine éclos.

OE\jY§yJi-tsze; tan.

Les Chinois font avec des œufs battus, du sucre, de l'eau et quelques aromates, une boisson (ta-tang-t'ang, F. P. S. 399) qui est très-usitée par leurs ivrognes pour se remettre de leurs débauches; quelquefois ils y ajoutent une certaine quantité d'eaude-vie, pour faire le yen-ming-yin, F. P. S., 156, boisson qui est très-utile dans les convalescences , et surtout celles des dyssenteries graves.

On fait un fréquent usage en Chine d'œufs conservés pendant un temps assez long , plusieurs mois , et qui ont pris une odeur sulfhydrique assez prononcée; le jaune de l'œuf est devenu verdàtre et l'albumine s'est coagulée ; ces œufs avaient été enduits

d'une pâte homogène faite avec un mélange de chaux vive, de sel marin et de cendres de bois de chêne dans une décoction de thé assez concentrée. (E. Simon.)

Si nous en croyons le Père Hue, les Chinoises font un grand usage d'œufs de faisan comme cosmétique , pour donner à leurs cheveux un lustre et un brillant magnifiques.

Vautour , tiao , Pen-tsao.

On emploie les pattes, tiao-tchoa, desséchées ou torréfiées.

Moineau , kia-niao-eul.

La fiente, kung-ma-tsioh-fen, F. P. S., 395, du moineau, Passer montanuSy est mêlée à des grains de poivre, pulvérisée et infusée dans de l'esprit-de-vin ; on applique la masse épaisse sur la peau des abcès pour en rendre l'ouverture moins douloureuse ; on en fait aussi des applications sur les blessures de flèches ou d'armes à feu, pour diminuer les douleurs de l'extraction des corps étrangers.

On fait encore usage de la fiente de plusieurs autres espèces , sous les noms de pe-ting-hiang , hiung-lsioh-she , et de tsing-tan, F. P. S., 455, et qui passe pour peptique , détergente et bonne pour les ophthalmies; mais le plus souvent on lui substitue la fiente du moineau commun.

Pie, chan-tcho.

Le nid calciné fournit des cendres qui sont préconisées contre les affections nerveuses et les hémorrhagies.

On fait aussi usage de sa fiente, ou-ling-tche ; wu-lirirczzi, Tatarinov, 487 {han-hau-ch?ung , wu-ling-chï , F. P. S., 396), ainsi que de celle d'un Loriculus. Elle passe pour cordiale, sédative, antipériodique, astringente, anthelmintique et vulnéraire, etc., etc. On en fait des applications sur les membres affectés de lèpre.

On mange la cervelle de pie pour augmenter la force de la pensée.

Salangane, Ichou; yen.

Les salanganes, Salangana fuciphaga, Bonap., font sur les rochers escarpés leurs nids en forme de quart de sphère , à saveur très-salée, happant fortement à la langue, toujours humides, qui paraissent produits par une matière visqueuse que les oiseaux dégorgent de leur estomac , car jamais on ne les voit ramasser de matières gluantes ou rien becqueter au bord de la mer. (Jouan.)

Les nids de salangane sont constitués par une matière particulière que Payen a décrite sous le nom de cubilose; ils ont la forme de petits bénitiers, longs de 0m05 à 0m07 sur 0m03, à 0m04 de large; ils sont jaunâtres, translucides, et ont la consistance de la gélatine sèche; le bord libre est un peu épaissi; ils sont formés de languettes longitudinales superposées et imbriquées.

Le Père Camelli les a décrites sous le nom de Tragacanthum, sans que rien puisse expliquer la raison qui l'y a conduit.

M. W. Williams a donné sur les Salanganes et sur leurs nids les renseignements suivants , que nous empruntons à un de ses rapports :

Les nids d'hirondelle portent le nom générique de yen-ouo et se distinguent en kouan-yen, ou nids de mandarins, appelés aussi jt)£yen, nids blancs; tchang-yen, nids communs, et mao-yen, nids de poils. Toutes ces espèces sont apportées principalement de Java et de Bornéo, quoique la plus grande quantité soit trouvée sur les îlots rocheux de l'Archipel. Le nid, qui est la demeure d'une petite hirondelle (Calloealia brevirostris) , est composé d'une substance gélatineuse prise par l'oiseau sur une essence d'herbe marine (Gelidium)y et qui ressemble à une mousse (caragahen) croissant sur le rivage. D'autres auteurs prétendent que cette substance gélatineuse est une sécrétion de l'animal. Les nids ressemblent extérieurement à un morceau de colle de poisson fibreuse, mal cuite, de couleur blanche inclinant vers le rouge. Leur épais-

seur est un peu plus forte que celle d'une cuiller d'argent, et leur poids varie d'un quart à une demi-once. Quand ils sont secs, ils sont fragiles et rudes à la surface. Leur dimension est un peu plus considérable que celle d'un œuf d'oie. Les plus estimés sont ceux qui sont secs, blancs et propres.

La qualité des nids varie suivant la situation et l'étendue des grottes d'où ils ont été extraits , et du temps où ils ont été recueillis. Les meilleurs spécimens sont ceux qu'on peut se procurer avant que les petits se soient envolés; s'ils ne contiennent que des œufs, ils ont encore de la valeur; mais si les petits sont dans le nid ou l'ont quitté, ils ne sont plus estimés, à cause de leur cou ■ leur noirâtre, mélangée de sang, de plumes et d'ordures. Les nids sont récoltés en avril, août et décembre; des postes établis par les rajahs empêchent de pénétrer dans les grottes ; les Hollandais interdisent également qu'on prenne ceux qui se trouvent sur leur territoire. Les nids se trouvent dans des grottes profondes, humides, et dont quelques-unes sont à cent milles du rivage de la mer. Elles produisent à l'inGni quand elles ne sont pas abîmées. La vente des nids est un monopole du gouvernement. Cinquante nids desséchés pèsent environ une livre. Sept mille représentent un picul (100 livres).

La méthode pour se procurer ces nids ressemble à celle qui est employée pour prendre les oiseaux dans les îles Orkney. Quelques-unes des grottes ont une pente si précipitée, que personne, à moins d'y être habitué dès sa jeunesse , ne peut y pénétrer. « L'accès, dit Crawfurd, n'est souvent possible que par une descente perpendiculaire de plusieurs centaines de pieds, qui n'est franchissable qu'au moyen d'échelles de bambou ou de rotin, audessus d'une mer se brisant en mugissant avec violence contre les rocs* L'entrée de la grotte franchie, reste encore la tache périlleuse de pénétrer, la torche à la main, dans les anfractuosités du roc, où la plus légère glissade serait fatale aux aventuriers, qui ne voient au-dessous d'eux que des flots tout prêts à les engloutir, a

Les nids une fois obtenus sont nettoyés, puis séchés à l'ombre et empaquetés. Ceux de première qualité valent de 2,500 à

2,300 piastres le picul (les 100 livres) , c'est-à-dire près de deux fois leur poids d'argent. Les qualités moyennes se vendent de 12 à 1,600 piastres. Quant à ceux qui sont encore remplis d'impuretés, telles que plumes, boue, etc. , ou que Ton s'est procurés après que les petits se sont envolés , ils ne se payent pas au delà de 150 à 200 piastres les 100 livres. Une grande partie des meilleurs nids est envoyée à Pékin pour la consommation de la cour. Ce curieux aliment est un article de luxe très-dispendieux pour les Chinois, qui en font seuls usage. Ils considèrent le potage aux nids d'hirondelle comme stimulant et tonique , quoique sa première qualité soit peut-être de ne pas faire de mal. Il faut un assez grand travail pour approprier le nid de manière à le rendre présentable. Chaque plume, bâton, impureté, est enlevé avec soin au moyen de pinces et de ciseaux. Il est ensuite lavé avec soin et réduit par la cuisson en gélatine ressemblant à de la colle de poisson , qui doit son goût en grande partie aux ingrédients qu'on y ajoute. Crawfurd estimait, en 1825, que la valeur des nids exportés annuellement en Chine était de 1,263,570 piastres, représentant 243,000 livres. Java seul en envoyait 27,000 livres, estimées 60,000 piastres. Quelques centaines de livres viennent de Caltura, sur la côte occidentale de Ceylan, où les Chinois ont loué des grottes au gouvernement anglais. (W. Williams.)

Poule, M; chu-ye, F. P. S., 451.

La chair de coq, ki-kong , passe pour malsaine, principalement pour ceux qui ont les yeux malades ou sont affectés de plaies.

Les poules négresses , yoh-ky , donnent des soupes recommandées pour les malades atteints d'affections pulmonaires , de débilité suite d'hémorrhagies.

Les œufs , Ji-tsze , chil-wan, ou ki-tan, passent pour cordiaux et toniques ; on fait des applications de l'albumine sur les brûlures et les éruptions. Les coquilles, M-koh, calcinées et pulvérisées, sont employées dans la dysurie.

La membrane externe du gésier de la poule est extraite et desséchée pour faire le ki-liu-hn , Mn~iuei-king , ou chun~pi, F. P. S., 452, qu'on prescrit dans le Jian des enfants, la dyspepsie, la diarrhée, la spermatorrhée et les affections urinaires. Le médicament doit provenir d'un coq pour une femme, d'une poule pour un homme. C'est tout à fait l'analogue de la Pellicula stomachi gallœ interioris , indiquée dans la Pharmacopée de Londres de 1721, qui était prescrite dans les mêmes cas. (F. P. Smith.)

La fiente de poule passe pour guérir la tympanite.

Pigeon, pe-ko-tsee.

La colombine (tso-pw'an-lung, F. P. S., 397), ou fiente de pigeon blanc , est employée comme anthelmintique , antiscorbutique et vulnéraire. On en fait surtout usage en vétérinaire.

Faisan, chan-ki; Pen-tsao.

On fait une assez grande consommation de la chair de diverses espèces de faisan. .

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