‹ La matière médicale chez les ChinoisChapitre 23 sur 39 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

On fait usage des os de quelques poissons, juy-czen-iju , Tatarinov, 241.

Ichthyocolle , yu-Mo ; iu-ka; yuy-bao, Tatar., 240.

Les Chinois l'extraient des vessies natatoires de plusieurs pois-

sons, et en particulier du my-yu} Sciœna lucida , Richards., trèscommun dans toutes les mers de la Chine ; du ta-houang-yu, Otolithus maculatus, C. Val., qui habite également la mer, et du mung-yu, Anguilla pekinensis, Basil., qu'on trouve abondamment dans les rivières, et en particulier dans celle de Ning-po. On se procure la vessie natatoire des deux premières espèces en arrachant par les ouïes les entrailles et tous les organes internes; on en sépare soigneusement la vessie , qui est assez développée , et on la fend longitudinalement en deux ; puis on en extirpe la membrane interne pour ne conserver qu'une matière blanche , cornée , très-extensible , qui est recherchée comme aliment et donne une gelée assez fade. Pour obtenir la vessie du mung-yu, on ouvre longitudinalement le ventre , et on la traite comme nous venons de le dire ; on met ensuite les vessies tremper dans l'eau pendant environ deux heures, puis on les fait ramollir, sans eau, au bainmarie. Quand elles ont acquis la consistance convenable, ce qui est assez difficile à saisir, disent les Chinois, on les bat avec un marteau de fer ; on les malaxe à la main et on en fait des masses , sur lesquelles on fait des incisions pour en activer la dessiccation. Ainsi préparées , elles sont aptes à faire facilement une colle excellente.

L'ichthyocolle de my-yu est en petites plaques cornées, longues de 0m20,, larges de 0m10 et épaisses de 0m002 ; celle du la-houang-yu , de même aspect que la première , est ordinairement en plaques arrondies, ayant 0m25 de largeur sur 0m10 de longueur, et 0m002 d'épaisseur; l'ichthyocolle de mung-yu est en longs rubans blanchâtres, longs de 0m40 à 0m50 sur 0m03 de largeur et 0m002 d'épaisseur ; souvent on soude ensemble deux vessies.

Nous avons vu aussi de la colle de poisson de Chine, sous forme de boules jaunâtres, ayant environ 0m02 à 0m03 de diamètre ; mais nous n'avons pu nous procurer aucun renseignement sur ce produit.

Ce n'est du reste pas des espèces indigènes que provient la plus grande quantité d'ichthyocolle consommée en Chine, et la

quantité en est considérable ; mais la majeure partie provient de l'Inde, où on la retire de diverses espèces dePolynemus, P. telradactylus, quadrifilis, etc. Il est à noter que cette exportation, qui se faisait depuis un temps immémorial, n'a été connue des Européens qui habitent l'Inde que vers 1839. (Royle. )

L'ichthyocolle est largement consommée dans l'alimentation : elle est recommandée dans les hémorrhagies , les pertes, et dans certaines affections puerpérales ; elle passe pour faciliter l'accouchement; on en fait la base de plusieurs médicaments externes et agglutinatifs ; mélangée à de la suie , elle constitue un médicament, yen-Mao, employé contre la lèpre et le psoriasis.

L'ichthyocolle est d'autant plus estimée qu'elle est plus transparente ; elle est ordinairement en baguettes cannelées , transparentes, jaune terne clair. On lui substitue souvent la gélatine en tablettes grosses, longues, opaques, brun foncé, et qu'on fabrique avec la peau de divers animaux.

Huile de poisson , yu-san, F. P. S., 784.

Elle est préparée avec les entrailles de divers poissons. L'huile jaune du houang-hu-yu a une forte odeur de poisson; elle sert à tuer la vermine et dans les affections cutanées, mais elle est plus employée dans la vétérinaire qu'en médecine.

Cyprin doré, kin-yu.

Ce poisson passe pour délétère et est employé par les Chinois dans quelques cas de suicide ; pour cela on le pile frais avec un peu d'eau et on avale le tout ; la mort est certaine surtout si l'ingestion a été faite après avoir mangé de l'opium. Un des meilleurs traitements à suivre consiste à faire boire au malade le jus d'excréments humains ; on peut aussi les lui donner torréfiés et pulvérisés !

Hippocampe, mo-yu; hoey-ma, Carey, 96.

Cette espèce a la réputation de faciliter les accouchements ; il

suffit d'en tenir un individu dans la main pour que l'expulsion du fœtus se fasse.

Requin, cha-iju, Pen-tsao.

Ses nageoires préparées servent comme aliment.

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