‹ La matière médicale chez les ChinoisChapitre 24 sur 39 · MOI, JUSQUE · texte numérisé non relu

MOI, JUSQUE

Coquilles, p'oh-fen; hai-ko-fen, F. P. S., 179; ko-fen, Pen-tsao.

Les coquilles d'un grand nombre de mollusques terrestres, fluviatiles ou marines, sont pulvérisées et lixiviées avec le plus grand soin par les Chinois , qui en préparent une poudre absorbante , employée dans les éruptions , et plus souvent pour la toilette.

Les coquilles marines du littoral du Chàn-tong sont calcinées et pulvérisées pour préparer des médicaments contre la fièvre, l'apoplexie et les hémorrhagies.

Nous avons reçu aussi sous le nom de ko-fen les valves d'un Unto.

La coquille d'huître, li-za, calcinée et pulvérisée, est mêlée au suc de quelques plantes contre les maladies charbonneuses.

On fait aussi usage des valves d'un Arca, que M. Debeaux rapporte à Y Arca granosa , et qu'il nomme hat-ko-siao-tchou.

Perles, yang-chu, F. P. S., 1034; tchin-chou, Pen-tsao.

On en recueille une certaine quantité sur les côtes de la Corée

et du Sse-tchuen , dans l'huître perlière, tchin-tchou-mou.

Elles sont employées quelquefois en médecine. (Dr Williams.)

Il faut rappeler ici que les Chinois emploient beaucoup de

perles obtenues artificiellement des Unto et Anodonta , qu'ils

parquent dans ce but, et qu'ils obligent à produire la matière

nacrée jusqu'à complet épuisement de l'animal.

La nacre de perle est préconisée contre les ophthalmies.

Limage, ouo-nieou; ko-nieou-che-iju , Pen-tsao; ivo-niu, Tatar., 480.

Les limaces, qui portent le même nom que les Hélix, sont employées contre la rétention d'urine; elles passent pour avoir un peu de poison.

Haliotide, che-Mue-ming , Pen-tsao; tse-clme-ming , Deb., szi-tsio-min , Tatar., 416; shih-kiueh-ming , fuh-yuhiahy F. P. S., 503; sae-hut, Carey, 61.

Les coquilles d'haliotide, rapportées par quelques personnes à Y Haliotis auricularia , paraissent être celles deVHalwtis funebris.

On enlève la partie rugueuse pour ne conserver que la nacre, qui est broyée et lavée avec le plus grand soin. Elle a une saveur salée ; elle est employée contre les ophthalmies et contre la chaleur du ventre et des os.

Porcelaine, hai-po.

Le Cyprœa cauris est préconisé comme amulette contre la peste.

Seiche, ou-tsee-yu, Pen-tsao; wu-t'sch-yu, meh-yu, F. P. S. , 338; wu-tse-yu, Tatar., 490.

Ce mollusque , qu'on trouve abondamment sur les côtes du Tche-kiang, où il sert, sur une grande échelle, à l'alimentation, est aussi employé en médecine. Sa chair passe pour tonique et emménagogue.

La quantité de seiches qui est recueillie dans les eaux des îles Chu-san est énorme, près de 60,000 piculs (6,000,000 de livr.), et encore ce chiffre est-il loin d'être exact , car il s'en fait sur les lieux une consommation considérable , et d'autre part une grande quantité est apportée à la côte par les embarcations des indigènes sans qu il soit possible de s'en rendre un compte exact.

On emploie l'os de seiche, ou-lsee-kou [chay-piao-siao , Tatarinov, 40; hai-piao-siao ; hia-p'ûtu-siu, F. P. S., 339), comme

astringent, styptique et anthelmintique. Sous le nom de meh-yukuh, F. P. S., 929, on fait usage de l'os de seiche pulvérisé pour arrêter l'écoulement du sang des blessures ; c'est un remède domestique.

L'encre de seiche, wu-tsih-meh, F. P. S., 1037, mélangée de vinaigre, est donnée dans l'angine de poitrine; la légende dit que c'est l'encrier de Tsin-che-houang tombé à la mer qui s'est métamorphosé en seiche.

Huître.

La culture des huîtres , en vue d'assurer la reproduction et la conservation du naissain , paraît avoir été mise en pratique depuis un temps immémorial par les Chinois. Dans le détroit de Nimrod (Chu-san?), ils élèvent des murs de vase hauts de deux pieds, au-dessous du niveau de la basse mer, et les recouvrenl de pierres grossières sur lesquelles le naissain se dépose et se développe. On a soin d'enlever ces pierres au bout de quelques mois , pour éviter qu'elles soient recouvertes par la vase. La plus grande partie des huîtres recueillies ne sont pas consommées fraîches, mais elles sont desséchées pour l'exportation. La pêche des huîtres est abandonnée pendant les mois de printemps et d'été pour celle des seiches, du maquereau et des poissons du large; du reste, la pêche est, d'une manière générale en Chine, subordonnée aux travaux de l'agriculture et alterne avec eux.

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