‹ La matière médicale chez les ChinoisChapitre 26 sur 39 · ARACHNIDES · texte numérisé non relu

ARACHNIDES

Araignée, pg-tsien, Pen-tsao.

On emploie une espèce contre les ulcérations de la gorge et

78 LA MATIÈRE MEDICALE CHEZ LES CHIXOiS.

l'odontalgie. On fait aussi usage d'une araignée maçonne, tche-tang, Pen-tsao, qu'on considère comme un poison, contre la maladie dite ting-tchong.

Les araignées des arbres, tsao-tche-tchou, Pen-tsao, marquées de dessins sur le corps, passent pour fébrifuges et sont administrées contre la maladie dite tin-tchouang .

Scorpion, kie, Pen-tsao; hiai; hia-mo; sie-tsy , Tatar. , 360; siai-tze, Debeaux; tsiuen-hieh, F. P. S., 1027.

Le Scorpio europeus passe pour avoir été acclimaté dans la vallée du Yang-tsee-kiang, ou tout au moins au sud de cette rivière, par un officier du temps de la dynastie mongole , qui en avait apporté dans un tube de bambou. Aujourd'hui on en trouve partout (F. P. Smith). Ceux qui sont destinés à l'usage médical sont recueillis dans le Chan-tong, le Hou-nan et le Hou-pe.

Quand une personne est piquée par un scorpion, le remède populaire est d'exposer la partie lésée à la fumée du soufre ; on emploie à cet usage des allumettes faites avec les résidus ligneux du chanvre.

On croit aussi à l'efficacité de l'impression sur la partie blessée du caractère 10 fait avec de la boue de ruisseau; cela équivaut au signe de croix de nos paysans.

Ilestâcre-doux, et renferme du poison ; onl'emploie torréfié contre l'apoplexie, les tumeurs de ventre et les écrouelles. Il entre dans la composition d'une teinture célèbre, le fung-liau-sing-siu, dont on vante les effets dans toutes sortes de maladies des plus dangereuses.

Crabes, pan-Ida; liai, Pen-tsao.

Les Chinois, qui consomment une assez grande quantité de crabes, ont remarqué que certaines espèces déterminent des accidents d'empoisonnement, qu'ils traitent par la racine de heou-nao (Nelumbium) dans une tasse de thé (Debeaux).

On fait usage des carapaces sèches ou torréfiées de plusieurs espèces de crabes du littoral.

Crevette, hia, Pen-tsao.

Ecrevisse, long-hia.

Cloporte, chou-fou, Pen-tsao; sou-fou; kia-pin, Carey, 54; pe-kio-tchong , ty-sse-pio.

Les cloportes passent pour favoriser la menstruation et dissiper les douleurs du ventre qui accompagnent la suppression des règles.

Sangsues, choui-tche, Pen-tsao; ma-houang ; shwui-chih, mah-hwang , F. P. S., 580; choui-tche, Debeaux; szuyczzi, Tatar., 421.

Les sangsues (Hirudo sinica, Moq.-Tand.; latrobdella sinica, Bl.) ne sont pas rares en Chine, mais on les emploie peu, car les Chinois sont convaincus que leurs morsures sont venimeuses. On ne les applique guère, dans un tube de bambou , que sur les érysipèles phlegmoneux et les anthrax , pour en sucer le sang empoisonné.

Desséchées, kan-choui-lche, elles sont avalées en poudre dans de Teau-de-vie dans les cas d'aménorrhée ou de tumeurs abdominales.

Lombric, ti-long.

On en fait usage après l'avoir torréfié.

Astéries , pang-tchia.

Oursins, tche-kiu, Pen-tsao; tsa-po-tai, Debeaux.

Holothurie, tai-pang , Debeaux.

Le Tripang edulis (Jœger) fournit aux Chinois un aliment qu'ils estiment beaucoup et qui est l'objet d'un commerce considérable sur les marchés de Manille et de Soo-loo , où on en distingue plu-

sieurs sortes. La préparation en est (rès-minutieuse : M. Cheyne va jusqu'à dire qu'on ne peut être assuré de la réussir qu'après une expérience de quatre années. Elle consiste dans la coction d'abord, puis dans la dessiccation des animaux. La coction, qui se fait dans de grands vases remplis d'holothuries, dure un temps variable pour les diverses sortes ; mais , quelle que soit sa durée , la dessiccation consécutive doit être aussi rapide que possible. On reconnaît que les animaux ont assez bouilli quand, en les retirant, leur surface se dessèche promptement comme celle d'un œuf à la coque bien cuit. Quand on a une très-grande quantité d'holothuries , il y a avantage à donner une première ébullition courte et à recuire quand les animaux sont à moitié secs ; on obtient ainsi des tripangs plus ridés et d'un aspect plus favorable pour la vente. La dessiccation, qui donne de meilleurs résultats quand elle est obtenue par la chaleur du soleil, s'opère presque toujours au feu de bois sur des claies, car elle peut se faire ainsi en quatre ou cinq jours au lieu d'une vingtaine de jours, laps de temps trop long quand on prépare une cargaison.

Les tripangs se récoltent à la Nouvelle-Calédonie, autour des iles du protectorat français, sur les côtes de la Cochinchine, autour des îles Loyalty et sur la côte australasienne.

Les principales sortes sont :

1° Bang-kolungan, longs de II à 15 pouces, bruns sur le dos, blancs et comme incrustés de chaux sur le ventre, avec une ligne de mamelons de chaque côté; rudes, rigides, peu mobiles, ils se contractent et se dilatent à volonté. On les trouve à l'inlérieur des bancs de corail par 2 à 10 brasses, sur un lit de corail ou de sable, où on les recueille en plongeant; cette sorte demande cinq minutes de cuisson , si le pot en est rempli, dix dans le cas contraire; on remue jusqu'à ce que l'animal devienne dur et ridé: il a alors la consistance du caoutchouc, et est bleu et ambré.

2° Keesliesan, long de 6 à 12 pouces, ovale, presque noir, uni sur le dos ; ventre gris noirâtre avec une ligne de mamelons de chaque côté ; contracté , il a la forme d'une tortue terrestre ; on le trouve sur le haut des récifs de corail , sur un lit de sable et de

corail, dans l'eau peu profonde; même cuisson que le précédent.

3° Talepan, long de 9 pouces à 2, pieds, noir rougeâtre, avec de larges piquants rouges sur le dos , caractéristiques ; se trouve partout sur les récifs par 2 et 3 brasses ; plus difficile à préparer que les précédents , il demande dix minutes de cuisson ; quelquefois on le cuit deux fois avant de le sécher, en raison de la difficulté de sa conservation.

4° Manang , petit, atteint rarement 8 pouces, ovale, presque noir, uni, sans papilles ni excroissances; se trouve surtout aux îles Fidji, où les Américains le récoltent; dix minutes de cuisson, sèche très-vite (valeur, 15 à 25 dollars le picul).

Outre ces espèces , on en distingue d'autres inférieures :

5° Sapatos china, mêmes dimensions que manang , brun rougeâtre, très-ridé; se trouve au sommet des récifs de coraux; demande quinze minutes environ de cuisson , mais sèche vite s'il a bien bouilli.

6° Lewlavan, dimensions variables, noir, ridé, étroit; se trouve sur diverses parties des récifs.

7° Balati blanco, long de 9 pouces, ovale, blanc et orangé, rejette une matière blanche adhérente aux doigts ; se trouve sur le sable en dedans des récifs; comme il s'enfonce le jour dans le sable , le meilleur moment pour le prendre est une belle nuit de lune : demande ébullition de trois ou quatre minutes si le pot est plein; la cuisson est indiquée par la contraction.

8° Matan ressemble à balati blanco, mais est brun, tacheté de blanc; demande deux ou trois minutes d'ébullition si le pot est plein; doit être retiré dès qu'il est contracté.

9° Haagenan, long d'un pied, gris ou verdâtre ; se trouve en dedans des récifs de corail ; demande une ébullition de vingt minutes ; on doit le récolter avec précaution , car il se brise aisément en plusieurs morceaux.

10° Sapatos grande, l'espèce la moins estimée, long de 12 à 15 pouces, brun et blanc ridé. (Capitaine Cheynk.)

D'une manière générale, les tripangs qu'on trouve dans les eaux profondes et qui sont noirs, sont de meilleure qualité que

ceux qu'on trouve dans les lais et relais de la mer ou dans une eau peu profonde; ces derniers sont en général moins bruns.

Méduse, hai-che, Pen-tsao; hai-seng , Debeaux.

On conserve dans du sel des méduses de très-grande taille qu'on emploie comme corroborantes ; on fait aussi usage de diverses espèces de rhizopodes , que les pêcheurs traitent par l'alun pour durcir leur corps gélatineux. (Debeaux.)

Le tsou-no~lsee , ou polype à vinaigre, est constitué par des portions du corps de Médusaires , qui jouissent de la propriété de changer en vinaigre l'eau alcoolisée. Signalé d'abord par le Père Hue, qui dit qu'on le recueille sur les côtes du Léao-tong , le tsou-110-tsee se place dans un grand vase rempli d'eau douce à laquelle on ajoute quelques verres d'eàu-de-vie ; après vingt ou trente jours ce liquide se trouve transformé en un vinaigre clair, très-fort et d'un goût très-agréable ; à mesure qu'on retire une certaine quantité de liquide, on la remplace par une quantité égale d'eau pure sans addition d'eau-de-vie. Dans le nord de la Chine, on emploie le tson-no-tsee desséché; on en fait aussi usage comme condiment.

L'existence du polype à vinaigre a été niée par quelques personnes, qui pensent que c'est une matière résultant de la fermentation acide du vin de riz ; on l'obtiendrait en abandonnant ce vin à lui-même pendant un temps très-long, et on trouve au fond du vase un précipité visqueux, blanchâtre, qu'on dessèche, et qui communique rapidement une grande acidité au liquide où on le plonge.

Il est cependant évident que la matière productrice du vinaigre est formée par le corps d'un animal voisin des Méduses.

Corail, chan-hou; hoey-siac, Carey, 93.

Le corail rouge ou rose, tiré de la mer, où il a l'apparence d'un arbuste plus ou moins rameux , est employé dans la médecine chinoise. 11 a une saveur douce et est sans poison. On en

fait priser la poudre dans l'épistaxis ; cette poudre fait tomber aussi les polypes des fosses nasales. Le corail est encore employé contre les ophthalmies et contre la maladie dite cheou-fong.

Les Chinois font également usage de divers madrépores et polypiers, cha-tc/iong-lo , qui sont importés de l'Inde.

Spongille, tsee-chao-hoa; lin-siao-chua, Tatar., 265.

Les Chinois ne font pas mention de l'éponge, liai-jong , qu'ils paraissent ne pas connaître. Ils emploient depuis longtemps les cendres d'algues brûlées aux mêmes usages que l'éponge brûlée chez les Européens. Nous avons reçu une certaine quantité de spongille d'eau douce sous le nom de siao-houa, mais il ne nous est pas possible de savoir si c'est la même espèce que celle indiquée par M. Tatarinov.

VEGETAUX

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