ALGUES
Algues, hai-tai; chay-day, chay-Uao, kun-bu, Tatar., 39, 41, 252; hai-tsaij hai-Uau, teou-fa-tsay , fu-fah-tëai, F P. Smith, 24, 29.
Les Algues sont plus fréquemment employées par les Chinois comme aliment que comme médicament ; ils recueillent avec soin diverses espèces de Laminaria, d'Iridœa , de Rhodomenia , qu'ils trouvent sur le littoral, et importent en outre des quantités considérables d'autres algues, qui figurent avec honneur sur leurs tables sous forme de gelées, plus ou moins parfumées, car ils leur attribuent, ainsi qu'à toutes les productions marines, la propriété, très-appréciée par eux, de rendre l'homme plus vigoureux dans toutes les circonstances de la vie.
Les anciens auteurs chinois , sans connaître l'iode , qui donne aux algues une efficacité particulière contre le goitre, indiquaient dans le traitement de cette maladie une teinture et une poudre d'algues.
Fucus SAGGHARiNus (Laminaria saccharina), hay-tay; hai-tai; kouan-pou, hai-ouan; kwan-pu, hai-wan, F. P. Smith, 601 ; chin-choiij Debeaux ; yang-tsai; chay-day, Tatarinov, 39.
Cette algue , que les Japonais nomment kam-boa, est recueillie avec soin sur les côtes de Yeso, où on en trouve trois variétés,
rouge, noire et mince; elle fait, après avoir subi une préparation qui la débarrasse de ses impuretés, l'objet d'une importation considérable pour Chang-haï. (Noury.)
Plocaria candida (Gracilaria lichenoides), che-hoa~tsee ; chehoua-tsee; shih-htvU'ts'ai, F. P. Smith, 197.
La mousse de Ceylan, Agar-agar, à fronde cartilagineuse, cylindrique, filiforme, plus ou moins ramifiée, est importée en très-grande quantité en Chine, où, d'après M. Crawfurd, elle forme le chargement complet de navires; elle est très-recherchée pour faire des gelées alimentaires avec du sucre et pour divers usages industriels. Les Chinois l'emploient indifféremment en place du Sphœrococcus cartilagineus , var. setaceus.
Sous le nom à1 Agar-agar, hai-tsay , c'est-à dire végétal marin, les Chinois, dit M. W. Williams, désignent toutes sortes d'herbes marines (sea-weeds) comestibles.
V agar-agar préparé porte le nom de leang-tsay ou végétal frais ; che-hoa-tsay est le nom de nombreuses espèces d'herbes marines.
Agar-agar est le nom malais de l'algue marine (Plocaria [Fucus] tenax) qui croît sur les rivages rocailleux des îles de la Malaisie , et d'où l'on extrait par le feu une gelée glutineuse qui est préparée comme aliment.
Une gelée qui se rapproche beaucoup de celle-ci est également faite avec d'autres algues et appliquée à plusieurs usages utiles.
Le bambou avec lequel sont fabriquées les lanternes est couvert de papier saturé de cette gomme , qui , quand elle est sèche , est demi-transparente. On s'en sert également dans les manufactures de papier et de soie. Elle est incomparable comme pâte et n'est pas susceptible d'être attaquée par les insectes. Ses admirables qualités et la modicité de son prix la rendent digne de l'attention de nos manufacturiers. (W. Williams.)
Diverses espèces de Laminariées et de Floridées sont recueillies sur les côtes du Japon et du Chan-tong. On les nettoie et on les
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fait bouillir pour en former une gelée qui est très-employée en médecine et comme préparation culinaire. (W. Williams.)
Sph^rococcus cartilagineus, var. Setaceus; che-hoa-tsay ; shih'hwa-ts'aijF. P. Smith, 197; tsai-hoa, Debeaux.
Cette algue, qu'on trouve abondamment sur le littoral chinois, passe pour jouir de propriétés rafraîchissantes et antidyssentériques ; elle est fréquemment substituée aux nids de salangane que leur prix élevé ne rend accessibles qu'aux riches.
Helminthocorton , hai-tsao; hai-tsau.
Sous le nom de hai-tsao, les Chinois font un assez fréquent usage d'un mélange de plusieurs petites espèces d'algues , qui agissent comme vermifuges.
Le lou-jong-tsao est également un mélange d'algues , ayant des propriétés anthelmintiques.
Sargassum bacciferum, long-siii; chay-tsao, Tatarinov, 41; tsai-tze, Debeaux.
Passe aussi pour vermifuge.
Conferva, tsai-hoa.
Les algues d'eau douce sont quelquefois employées à faire des applications sur les engorgements.
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Les Chinois , qui savent tirer parti de toutes les substances alimentaires qu'ils rencontrent, n'ont pas manqué de faire un usage considérable des champignons, hiang -kouo ; mais ils donnent la préférence à ceux qui croissent sur les arbres (muh-rh, F. P. Smith, 459), bien que moins délicats que beaucoup d'espèces ter-
restres; sans doute leur abondance plus grande, et, d'autre part, le plus petit nombre d'espèces vénéneuses , les ont guidés dans cette préférence. Ils recherchent en général les Polypores, plutôt que les Agarics, et consomment aussi quelques Helvelles, koueikJai, ti-Kai.
Les Chinois , qui ont reconnu que certains champignons , tels que les Amanites, ti-tan, sont vénéneux, emploient contre ces empoisonnements l'alun et la chicorée.
Sclerotium clavus (Claviceps purpurea), meij-me; mei-meh, F. P. Smith, 415.
Les Chinois ne font pas usage, en général, de l'ergot, bien qu'ils aient constaté les propriétés abortives de ceux du riz et du maïs.
Sph^eria sinensis (Cordyceps sinensis), tchong-tsao ; hia-tsaotong-tchong ; siao-cao-dun-czuri , Tatarinov, 341 j hiatsau-tung-cliung, F. P. Smith, 300; hia-tsao-tomtchonij Réaumur; hia-tsao-tong-tchong , Du Halde; to-tsu-ka-sOj Thunberg; tong-chong-hacho, Reeves; hea-tsaou-taong-chung > Westwood .
Ce champignon, que les Chinois pensent être le ver-plante (plante pendant l'été, animal pendant l'hiver), est une espèce parasite de certaines chenilles , qui paraissent appartenir au genre Hepialus.
Il est rangé au nombre des lang-tan-ho (médicaments rares) et se vend en paquels réunis par un fil de soie, et dont chacun contient une douzaine d'individus, longs chacun d'environ trois pouces , et constitués moitié par la chenille et moiîié par le parasite.
On le dit abondant dans le sud du Thibet; mais presque tout ce qui est employé aujourd'hui vient de Kia-ting-fou, dans le Sse-tchuen. Il était autrefois beaucoup plus rare et était récolté dans le Hou-pe et le Hou-nan.
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Ce champignon passe pour être extrêmement réconfortant et pour rivaliser avec le ginseng ; aussi le paye-t-on quelquefois son poids d'argent. Pour remployer, on le place (5 grammes environ) dans le corps d'un canard qu'on fait cuire dans son jus à petit feu, et dans la chair duquel passe toute sa vertu ; le Chinois qui en a mangé deux fois par jour pendant huit à dix jours, est alors susceptible des prouesses génésiques les plus grandes.
On lui reconnaît d'ailleurs une action efficace sur la jaunisse, la phthisie, et nombre d'autres maladies graves.
Pachyma cocos, fou- lin, Pen-tsao; pe-fo-lim, Cleyer, 189;
fo-lin, Mérat, Delens; bay-fu-lin, Tatarinov, 9;fu-lin,
Tatar., 178-, fu-szen, T^tar. , 119; fùh-ling, Hanbury,
125; F. P. Smith, 832; fou-lin, pe-fou-lin, Debeaux,
Cette substance, dont les Chinois font usage aussi bien comme aliment, sous forme de gâteaux, que comme médicament, jouit auprès d'eux d'une grande réputation. Elle se présente sous forme de larges tubérosités, d'un volume très-variable, de quelques onces à plusieurs livres, et recouvertes d'une peau brune rugueuse; l'intérieur est dur, blanc, quelquefois tigré de brun ou de noir, quelquefois jaune-cannelle. Les plus estimées sont les plus blanches et les plus dures. On les recueille sur les racines de conifères, des vieux pins (Pinus sinensis et longifolia) , et du Cunninghamia particulièrement (E. Simon), ou quelquefois isolées dans le sol des terrains où peu de temps auparavant existaient de ces arbres. La récolte s'en fait dans le Pe-tchi-li, le Tche-kiang, le Koueitcheou et le Chan-tong. Les meilleures viennent du Sse-tchuen.
Les anciens auteurs, tels que Cleyer et Martini, ont comparé le fou-lin à la squine, ce qui est inexact, puisqu'on n'y trouve pas trace de fécule; d'autres (Loureiro, Endlicher) ont pensé que c'était une sorte de champignon parasite des racines des conifères ; mais les travaux plus récents de MM. D. Hanbury et Carey (Linnœan Society, t. XXIII, p. 94, 1861) font considérer aujourd'hui le foulin comme un état maladif des racines, occasionné très-probable-
ment par la présence d'un champignon dont le mycélium pénètre de toutes parts la substance ligneuse et en modifie profondément la structure ; ces bandes de mycélium se présentent au microscope sous la forme de fines bandelettes plus ou moins mélangées avec des corps irréguliers, qui sont sans doute les restes du tissu ligneux plus ou moins altéré.
Insipide et inodore , la partie interne du fou-lin est à peine soluble dans l'eau ou l'alcool froids ; elle se dissout plus facilement dans une dissolution faible de carbonate de soude, et la liqueur, traitée par un acide ou l'eau de chaux, fournit un léger précipité gélatineux , qu on suppose être de l'acide pectique ou du pectate de chaux. — Du reste, une production analogue qui se rencontre aux Etats-Unis , et qui est désignée sous le nom de pain des Indiens, a été trouvée par le professeur Ellett composée de pectine pure.
Le fou-lin est une substance insipide, douce, tempérée, qui pénètre les poumons , la rate , les petits intestins ; il passe auprès des Chinois pour très-réconfortant , et ils en font un grand usage dans les affections fébriles et la dyspepsie. Son effet le plus marqué est d'éteindre la soif et de provoquer la sécrétion urinaire.
M. 0. Debeaux pense qu'on doit le rapporter au Pachyma foehn de Fries.
Pachyma, tchou-ling ; chù-lim, Cleyer, 207; choo-ling , Berkeley, Hanbury; chu-ling, F. P. Smith, 871 ; chou-lin, Debeaux.
On trouve dans les provinces méridionales de la Chine, sur le tronc d'un Liquidambar, et aussi, dit-on, sur quelques autres espèces, des excroissances qu'on recueille au printemps et à l'automne. Ces corps tubériformes , qui ont été étudiés par M. Berkeley , sont .moins développés , moins réguliers et moins pesants que le pe-fou-lin. Ils sont recouverts d'une peau mince, brun foncé, généralement assez rugueuse; l'intérieur est jaune-brun,
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homogène, et a l'apparence du liège. Le tchou-ling est fréquemment mangé aux vers. Sa structure se rapproche beaucoup de celle du pe-fou-lin , mais les fibres qui pénètrent sa substance sont plus entrelacées et plus rameuses , et n'ont aucune apparence de mycélium. On y trouve aussi, mais avec des dimensions plus petites, les corpuscules irréguliers du pe-fou-lin ; on y rencontre quelquefois aussi des cristaux prismatiques. Les réactions du tchouling n'offrent rien qui les distingue dupe-fou-lin; on n'y trouve pas trace de fécule ou de cellulose , et tout porte à croire que ce corps n'est pas un champignon. M. Debeaux le rapporte au Tuber regium de Rumphius. Les médecins chinois recommandent le tchou-ling contre les fièvres et dans quelques affections des organes urinaires. On en fait des gâteaux qu'on vend dans les rues.
Mylitta lapidescens Horanino, loui-ouan; ley-wan, Tatarinov, 262; lui-hwan, F. P. Smith, 751.
Ce champignon souterrain se présente en globules irréguliers arrondis , longs de quatre à dix lignes , quelquefois accolés par un pédoncule mince qui se trouve aune ou aux deux extrémités; ce qui leur donne un peu l'apparence d'un cordon de pilules imparfaitement séparées. L'extérieur est brun foncé ou brun grisâtre, finement réticulé; l'intérieur a une cassure compacte, granuleuse, un peu farineuse, brun sale ou rougeâtre. Ces globules ont une saveur faible. On les recueille en terre dans le Hou-pe et dans divers cantons du Sse-tchuen et du Chen-si. On les préconise comme anthelmintiques et dans un grand nombre de maladies des enfants; la poudre est employée quelquefois à saupoudrer la tête dans quelques maladies du cuir chevelu. On lui attribue aussi une action magique puissante contre les mauvais esprits.
Lycoperdon giganteum, ma-po; ma-bi, Tatarinov, 281 ; mapeh, F. P. Smith, 671 ; ma-po, Debeaux.
Cette espèce, qui atteint quelquefois des dimensions énormes,
fournit à la thérapeutique sa poussière rouge-brun , qu'on administre, après l'avoir mélangée à du miel et à du sucre, dans les affections de la gorge, dans l'aphonie, et contre les hémorrhagies.
Lycoperdon squammatum, kiuen-py; kinen-peh, F. P. Smith,
On recueille aux environs de Ning-po cette espèce pour l'usage médical ; elle est employée comme emménagogue , cordiale et antitussique. Grillée et pulvérisée, elle passe pour astringente.
Exidia auricula JUD^E , nien-mao ; mo~y , Debeaux.
Ce champignon , assez commun à certaines époques à la Nouvelle-Calédonie sur les arbres en décomposition , y est récolté et desséché pour être importé en Chine, où il sert dans l'alimentation, suivant les uns, où on l'emploie dans la préparation de la laque, suivant les autres,
Phlebia mesemterica , mo-y, Debeaux.
Ce champignon est quelquefois substitué à Y Exidia auricula Judœ (Debeaux).
Polyporus anthelminticus , tchou-tan; chuh-tan, F. P. S.,
Ce champignon, qui se développe sur les ramifications des bambous, est brun et passe pour vénéneux; on en fait usage comme anthelmintique et astringent.
Polyporus igniarius, Ung-che-tsan; chi, ling-chi-tsan, F. P. Smith, 910.
Sous ce nom , on désigne diverses sortes de champignons qui jouissent de la propriété d'être phosphorescents dans l'obscurité, et auxquels les Chinois attribuent, par cela même, des propriétés
magiques ; ils leur reconnaissent , entre autres , la faculté de prolonger indéfiniment la vie.
Polyporus versicolor, houdrche , Debeaux.
Ce champignon est employé dans les maladies inflammatoires du poumon et des intestins.
Polyporus lucidus, tchou-lin-hoa , Debeaux.
Ce champignon , qui est usité dans la médecine vétérinaire , est quelquefois substitué au vrai Ichou-ling.
Sous le nom de hong-nieou-eul, nous avons dans notre collection un Polyporus remarquable par sa couleur rouge de saturne intense.