GRAMINÉES
Oriza sativa, tao; tou; no; tie; mi, tau, tu, no, F. P. S., 984; mi, y-tze-gin, Debeaux.
Le Pen-tsao distingue une variété qui devient glutineuse quand elle est bouillie , no (c'est le kiang-mi de Pékin) , de celle qui ne le devient pas, king ; le riz de rivière porte le nom de choui-tao, le riz sec celui de kan-tao.
Le riz glutineux, no, dont le meilleur vient du Kiang-sou, moins digestif que le riz commun , kang-mi, est préféré pour la fabrication de l'alcool, du con-geey etc.
Le riz constitue la base de l'alimentation des Chinois , de même que de celle de tous les peuples orientaux; dans le Hou-nan, le Chen-si , le Chan-si et la province de Chan-tong , cependant , les indigènes lui préfèrent le froment.
11 passe pour adoucissant, stomachique et diurétique. La cendre de paille de riz, tau-kan, est administrée comme remède alcalin dans les maladies des voies urinaires.
La farine de riz , mi-fen, sert dans la cuisine et pour nourrir les petits enfants; on en fait aussi des cataplasmes.
Le riz germé [kiu-ya, kuh-ya, p'ih-mi) est usité, en guise d'orge germée, comme tonique et peptique.
Le gruau de riz [chuh, mi, hi-fan, F. P. Smith, 282) entre fréquemment , de même que les autres gruaux , dans la diète des
Chinois , qui le considèrent comme indiqué dans le traitement de toutes les maladies auxquelles le terme dys est appliqué.
L'esprit de riz (chao-tsieou ; shau-tsiu, F. P. Smith, 1086) est fait très-fréquemment avec du riz glutineux, mais on fait aussi de l'alcool avec les diverses sortes de céréales et en particulier avec le jus du sorgho sucré : il renferme toujours une certaine quantité d'huile de vin , qui lui communique son odeur et sa saveur.
Zea mais, yu-me; pao-kou; tchen~tchou-my ; yû-shuh~shu, F. P. Smith, 686; ko-liang , Debeaux.
Cette Graminée n'est pas indigène; elle est surtout employée pour distiller.
Coix lacrymalis et exaltata , yi-yi, y-jin-my ; i-mi-zen, Tatarinov, 219; i-yi-jin, y-y-jin, F. P. Smith, 274, 580; y-yn-gin, Debeaux.
Cette Graminée, dont on fait un gruau très-estimé, fournit, par la fermentation de ses graines , un alcool qui passe pour antirhumatismal ; on prépare avec ses semences des infusions rafraîchissantes, adoucissantes et nutritives, qui sont recommandées dans les affections des organes urinaires. Les médecins chinois en préconisent aussi l'emploi dans les affections pulmonaires et contre la phthisie.
Holcus sorghum, kao-leang ; kau-liang, F. P. Smith,
Connu depuis la dynastie des Han, Y Holcus Sorghum présente un assez grand nombre de variétés qui sont cultivées dans les diverses provinces de l'empire. On en emploie les fruits pour fabriquer un alcool, et le résidu sert à engraisser les porcs, à nourrir les chevaux, bœufs et autres animaux. La plante atteint dix pieds de haut; dans quelques localités, on la substitue au riz pour l'ali-
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mentation, en la préparant de la même manière; elle est plus nourrissante.
Le sorgho passe pour rafraîchissant, émollient, diurétique; on en fait usage contre la diarrhée et les affections urinaires.
Sorghum saccharatum , lou-sou; lu-mh, tih-che , F. P. Smith, 1080; kin-tsao-che , Debeaux.
Cette espèce se reproduit par graines qu'on sème en avril et par déchirement des tiges : elle fournit , par ses feuilles , un fourrage excellent , par ses fruits , un aliment très-nutritif et une matière colorante foncée. Elle est, du reste, assez peu cultivée en Chine , et sa grande renommée tient plutôt aux essais d'acclimatation qui ont été faits en France, en Angleterre et aux Etats-Unis.
Panicum miliaceum, chou; chou-me; shu; shu, F. P. Smith, 1040; ko-ye, Debeaux.
Très-employé comme aliment, il passe pour avoir une action salutaire sur le poumon ; soumis à la cuisson , il devient glutineux; sa paille nourrit les bestiaux.
Panicum italicum, mei-tsee.
Il ne devient pas glutineux à la cuisson ; il est du reste employé aux mêmes usages que le précédent.
Les diverses espèces de grains usités dans l'alimentation chinoise , et qui sont fournis par le genre Panicum et les genres voisins , sont encore assez mal connus ; il serait intéressant qu'un naturaliste placé dans des conditions favorables pût débrouiller cette question.
Pennisetum italicum, siao-my; liang; ku-tsu; ku; liang, siau-mi, F. P. Smith, 1040.
D'après M. Bretschneider, cette plante est cultivée sur une
très-grande échelle dans le nord de la Chine tandis que dans le Hou-pe on cultive surtout le Pennisetum glaucum. Le grain décortiqué est siao-?m.
Pennisetum spicatum, yu-ku; yu-kou.
Cultivé dans les jardins impériaux, car le grain en est réservé pour la table impériale.
Oplismenus crux galli , chouy-pai; pai.
Il est cultivé depuis longtemps et jouit des mêmes propriétés que le Coix.
Phragmites Roxburghii, ouei; ouy; tchou-ten-tsao ; lou, lu, tihj wei, F. P. Smith , 867; y-tsao, Debeaux.
Les jeunes pousses servent à l'alimentation ; elles passent pour diurétiques. Les feuilles sont réputées rafraîchissantes. Les cendres de la tige incinérée passent pour escharotiques. Les racines sont rafraîchissantes, stomachiques et astringentes.
Avena sativa, lin-tang-me; hiang-me; tsio-me; ye-me, fsing-ko; yu-mai; ling-tang-mai ; tsioh-meh, ye-meh, F. P. Smith, 768.
Elle passe pour émolliente, laxative et nutritive. On en prépare un gruau qu'on donne aux femmes en couche pour exciter les contractions utérines et favoriser l'expulsion du placenta. Cet effet ne tiendrait-il pas à la présence d'ergot?
Bambusa arundo, tchou1; hy-tcliao-tchou, Pen-tsao; yûhchuh, Hanbury, 96 ; chuh, F. P. Smith, 115.
Le bambou , dont les Chinois savent tirer un si grand parti, et qui est appelé à rendre des services incalculables partout où on
1 Le tchou est le Bambusa spinosa des missionnaires.
introduira sa culture , présente un grand nombre de variétés que les Chinois distinguent par des noms différents.
On mange les jeunes pousses des bambous (dan-czzu-te, Tatarinov, 150; chu-siuen, F. P. Smith; chou-ye, fan-ye, Debeaux).
Presque toutes les parties du bambou ont quelque usage dans l'art de guérir.
Les rhizomes (yu-tchou; yûh-chuh,y Hanbury, 96; yuh-chuh, tvei-jiu, F. P. Smith, 116), s'emploient comme rafraîchissants, arthritiques et antifébriles; ils se présentent sous la forme de morceaux contournés, longs de quelques pouces, jaune-brun pâle, à demi transparents, portant des anneaux concentriques à inégale distance et conservant des traces des fibres radicales. Assez flexibles, ces morceaux ont une saveur douce, mucilagineuse, et une odeur faible : ils se gonflent beaucoup dans l'eau. On donne aussi le même nom aux rhizomes de diverses plantes qui ont été rapportées à un Polygonum ou à un Momordica , et aussi à une plante voisine du Caragana jlava. On emploie aussi, sous le nom de tchou-jou (chuh-jû)y les racines de diverses espèces de bambou auxquelles on attribue des propriétés astringentes , styptiques et antifébriles.
La sève, tchou-li, chuh-lih, qui s'écoule des tiges vertes , exposées à la chaleur, est indiquée dans les affections catarrhales, bronchiques et cérébrales déterminées par le vent et l'humidité.
Les feuilles du bambou, kin-lchou, kin-chuh, sont réputées toniques, anthelmintiques , stomachiques et carminatives. Les rhizomes sont rafraîchissants , toniques et alexipharmaques.
Les feuilles du bambou tan-tchou, tan-chuh, servent à faire des décoctions dans les diverses affections de la tête et de la poitrine déterminées par une trop grande humidité : on en fait aussi des injections contre la chute de la matrice.
Les semences du bambou passent également pour jouir de propriétés médicales.
Mais les Chinois estiment particulièrement certaines excroissances, tchou-jou, chuh-juh, du volume d'un œuf de poule, qu'on
trouve sur les rameaux du bambou amer, et ces concrétions singulières que nous connaissons sous le nom de tabaschir (tien-tchouhouang , Pen-tsao; czzu-chuan, Tatarinov, 131; tchoti-houang , tien-tchou-houang , tchou-kao; chuh-hwang, iien-chuh-hwang , chuhkao, F. P. Smith, 1123).
Le tabaschir, qui se trouve dans les cavités du bambou , est une substance douce, froia^e, pénétrant le cœur, et qui est souveraine contre les catarrhes, les affections choréiques et épileptiformes des enfants, les phlegmes, la paralysie et l'excès de chaleur. Il se présente en morceaux durs, opaques, anguleux, fragmentés, fragiles et ordinairement parfumés.
Triticum vulgare, siao-me, Pen-tsao; mai, da-may , siaomay, Tatarinov, 145, 357; siau-meh, F. P. Smith, 1204, 145, 357; siao-may.
Le froment passe pour nourrissant , mais pour échauffant ; on le recommande contre les hémorrhagies , comme diurétique et on ajoute qu'il rend les femmes fertiles.
La farine de froment (houey-înien, pe-mien; hwui-mien , mienfen, F. P. Smith, 1259) s'obtient au moyen de pilons du caractère le plus prmitif, et est en général assez grossière; les Chinois lui attribuent des propriétés malsaines.
Les Chinois recommandent l'emploi du pain rassis (chin-ping , man-t'su, mien-pao, mo-mo, F. P. Smith, 158) contre la diarrhée, la dyssenterie chronique, la leucorrhée, les sueurs, etc.; ils connaissent aussi l'emploi des pilules de mie de pain , et font également des cataplasmes de pain.
Ils emploient, à l'extérieur, le son (me-fou; meh-fu, rneh-fu-t'si, F. P. Smith, 154) en cataplasmes après l'avoir mélangé à du vinaigre : à l'intérieur, ils l'administrent en infusion contre les flux , l'hématurie et les sueurs intenses : c'est une croyance populaire qu'un oreiller rempli de son frais arrête les progrès de la variole et des autres maladies graves chez les enfants.
Le levain (kiuh, F. P. Smith, 617) entre dans la confection
de gâteaux qui sont donnés comme stomachiques , peptiques et antidyssentériques .
On fait aussi des cataplasmes d'amidon (mien-fen, F. P. Smith, 1260) sur toutes sortes d'enflures.
Triticum repens, me-hou; meh-huh, F. P. Smith, 1203.
Les longs rhizomes de cette Graminée sont souvent mélangés aux diverses orchidées épiphytes; ils sont émollients.
Sous le nom de seaou-hwan-sai, M. Hanbury (114) indique un rhizome qui se rapproche du Triticum repens, de couleur jaune claire, sans saveur ni odeur, et qu'il n'a pu identifier; il proviendrait d'une plante aquatique de Cochinchine.
Secale, lay, F. P. Smith, 1004
L'existence de cette céréale en Chine ne paraît pas prouvée, ou tout au moins elle n'y est cultivée que dans une très-petite proportion.
Hordeum distichum, ta-me; ta-mai; meh, F. P. Smith, 120.
Connue des Chinois depuis les temps les plus reculés , l'orge sert à la nourriture des hommes et des chevaux, et est souvent aussi employée à la distillation ; on en fait, avec du miel et du gingembre, une infusion, ta-meh-chuh, qui est préconisée contre les affections des voies urinaires, et qu'on recommande aussi pour les petits enfants qu'on ne peut nourrir au sein ; l'orge sert encore à préparer des cataplasmes et des lotions anti-ophthalmiques; le son d'orge est fréquemment substitué à celui du blé. On fait un grand usage du levain d'orge, tsiu-mu. L'orge germée {may-ia, Tatarinov, 292; meh-ya, meh-nieh, F. P. Smith, 121), séchée au soleil , est très-usitée comme stomachique , lénitive et résolutive. On la fait entrer dans un grand nombre de prescriptions, surtout pour les affections puerpérales ou dans les maladies du jeune âge. C'est en particulier le remède souverain du
kan des enfants. L'orge passe pour arrêter la sécrétion lactée chez les femmes qui ont perdu leur enfant.
Hordeum hexastichon, tao-ya, Debeaux.
Saccharum sinense, kan-tche, Pen-tsao ; gan-czza, Tatarinov, 192; kan-che; F. P. Smith, 1108; kan-che, Debeaux.
On cultive en Chine une et peut-être deux espèces de canne à sucre, dont on distingue plusieurs variétés.
La mélasse (ou-tang; wu-t'ang ; tang-tsiang , t'ang-haa, F. P. Smith, 1196) entre dans la matière médicale , ainsi que le sucre (che-my, cha-tang, shih-mih, sha-fang , F. P. S., 1109).
Saccharum , lan-leang.
Les Chinois-Tartares le cultivent pour en manger les tiges encore vertes; ils tirent de Formose le sucre qu ils emploient.
Saccharum spicatum, mao-ken; mao-yen, Tatarinov, 291; mau-ken, F. P. Smith , 1006.
Cette identification a été faite par M. Tatarinov; M. Porter Smith dit que ce nom est donné indifféremment aux racines de Glaïeuls et de Graminées.
Andropogon schoenanthus , mao-hiang , Debeaux. Employé quelquefois comme parfum.