PALMIERS
Areca catëciîU; pin-tang; ping-lang; si-chang-tan , pinglang-Uze, F. P. Smith, 81; bin-lan, Tatarinov, 23; ping-lan, Debeaux; pim-lam, Mérat, Delens.
Les Chinois en distinguent plusieurs variétés et appliquent principalement à la médecine le chou-ping-lang .
Les meilleures noix d'arec paraissent provenir de Hai-nan. Ces fruits, ta-fou-tse [da-fu-tsy ', Tatarinov, 142), passent pour toniques, astringents, antipériodiques et an thelmintiques ; on en faisait une infusion théiforme contre la mal' aria et les vapeurs méphitiques. La poudre de noix d'arec est d'un excellent emploi contre le taenia.
Sous le nom de ta-fou-py (da-fu-pi, Tatarinov, 141), les Chinois désignent l'enveloppe, fibreuse et grossière comme de l etoupe, de YAreca chou-ping-lang , dont ils vantent l'action comme excellente dans les hydropisies, flatulences et obstructions de l'abdomen; ils s'en servent aussi en infusion pour déterger la peau dans diverses affections cutanées.
On fait également usage de la racine, qui contient un poison dont on la débarrasse par le procédé suivant : on la met à tremper pendant sept ou huit jours dans de l'urine d'enfant, qu'on renouvelle chaque jour; d'autres la mettent simplement dans l'eau. On la coupe ensuite en sept ou huit morceaux allongés, minces, qu'on place chacun dans un morceau de gingembre , et qu'on enveloppe ensuite de beaucoup de papier. On place les racines ainsi préparées sous des cendres chaudes; quand le papier est consumé, elles ont perdu leur poison, qui a été absorbé par le gingembre. Dans le cas où le mauvais principe n'aurait pas entièrement disparu, le corps se couvre de pustules. La racine de chou-pinglang ne doit jamais être administrée aux femmes enceintes.
Caryota(?), kouang-lang ; kouang-lang-tse; mien-mu; tiemu; tsung.
Une espèce de ce genre paraît fournir le Sagou , kouang-langmien .
Sagus (?), so-mu-mien; cha-cou-my, Mission.; cha-cou-mii , G. L. C. } si-liuh-mij so-muh-mien, F. P. Smith, 1011; tsi-choui-mia , Debeaux.
Le Sagou qu'on trouve en Chine parait être entièrement d'origine étrangère , et c'est avec doute qu'on indique l'existence dans
VEGETAUX. 129
les provinces méridionales , de Palmiers qui produiraient cette substance.
BORASSUS, tO-fo.
BORASSUS FLABELLIFORMIS , pe-tO-lo.
Il fournit une sève sucrée dont on peut faire du sucre , ou qui, par fermentation, donne de Tarack.
Chamj£rops fortunei , tsang-loûj pou-kouei.
Ce Palmier, dont l'acclimatation s'est faite heureusement dans plusieurs parties de l'Europe, est un bel arbre qui fournit des fibres excellentes pour la fabrication du papier.
Le Chamaerops pou-kouei est une variété à feuilles délicates du Chan-tong.
Rhapis flabelliformis , tsong-chou; hu-san; ku-san; tsungchu; tsun-szu, Tatarinov, 465; tsoun-ka, Debeaux.
La spathe (tsun, Tatarinov, 464) et les racines sont employées comme astringentes.
Calamus draco, tsy-lin-kiay ; hiue-kiai ; sie-tsy , Tatarinov, 359 ; ki-liu-kieh, hiueh-kieh, chuh-kieh, F. P. Smith,
Le Sang-dragon est employé comme astringent , styptique , tonique et vulnéraire ; presque tout celui dont on fait usage en Chine vient du Pterocarpus Draco.
Phoenix dactylifera, vou-lao-tsee ; wu-lou-tsa; po-sse-tsao; po-ssu-tsao; hai-tsao; tsao; Uau, F. P. Smith, 349.
Les dattes , vou-lao-tsee, fan-lsau, sont employées comme émollientes, pectorales et nutritives. Elles ne sont pas originaires de la Chine.
Cocos nucifera, ye-chou; tsi-kie; ye-tsù; ye-Uze, F. P. S., 271 ; yai-tze, Debeaux.
Ses inflorescences et celles du Palmier Palmyra (Borassus) fournissent une liqueur susceptible de fermentation, le yen-shii-tsiu du Haï-nan ; on fait avec le liquide des palmiers le sucre de Jagre.
La noix de coco , ye-tsu; sû-yû; yue-wang-fou, sert à faire des coupes dans lesquelles la présence de liquides vénéneux s'indique par effervescence ou chaleur ; elle passe pour un styptique puissant, de même que Técorce.
Le lait de coco est recommandé dans l'hydropisie et l'hématémèse.
Le brou du cocotier est très-employé pour faire des cordages.
ABOIDBEi.
Arisoema (dracontium) triphyllum, pan-hia, Pen-tsao; bansia, Tatarinov, 5; sang-pwan-heaj Hanbury, 115; pwan-Ma, F. P. Smith, 86, 100, 721.
Cette plante, que M. Tatarinov rapporte à Y Arum macrorum, tandis que le Dr Schott , de Vienne , l'identifie au Pinellia tuberifera, est très-caustique et très-rare, et entre dans la composition de plusieurs préparations destinées à obtenir l'anesthésie locale avant certaines opérations. Il est probable que plusieurs espèces voisines d'Aroïdées , du Hou-pe et du Kiang-nan , fournissent les petits tubercules desséchés, sphériques ou piriformes, larges d'un ou deux centimètres; leur surface est blanche ou blanc jaunâtre, avec de petites fossettes brunes qui se trouvent surtout autour de la partie ombilicale déprimée ; l'intérieur est parfaitement blanc , compacte et amylacé; leur saveur est faible, un peu amère; mais la plante elle-même a une saveur très-âcre quand elle est fraîche.
A l'état frais, on l'emploie comme émétique et diaphorétique.
Préparée, elle est donnée dans les lièvres, le rhumatisme, l'apoplexie et les maladies des reins ; elle passe surtout pour dis-
siper les phlegmes de toute nature. Son action, d'après M. Smith, se rapproche de celle du Colchique.
Arum PENTAPHYLLUM,w<m-sm, nan-sin-miao ;nan-sing ,Cleyer, 88; nan-sin, Hanbury, 116; tien-nan-sin , Tatar. 308, 430; nan-sing, t'ien-nan-sing , hu-chang, F. P. S. > 101.
Employé également dans la confection de certaines préparations anesthésiques locales, dont on fait usage pour quelques opérations chirurgicales, pour ouvrir les abcès, par exemple, Y Arum pentaphyllum se présente sous forme de tubercules durs, bruns clairs, d'un demi-pouce à un pouce et demi, aplatis ou arrondis, avec une dépression entourée généralement de plusieurs fossettes ; ils offrent une partie centrale ombiliquée, et portent plusieurs tubercules plus petits à leur base; l'intérieur est solide, amylacé, et donne, après avoir été mastiqué quelque temps, une sensation d'âcreté très-forte, de brûlure même.
Ce médicament, qu'on tire principalement du Sse-tchuen, est vénéneux et passe pour altérant, diurétique, apéritif et vulnéraire; les Chinois le préconisent contre l'apoplexie, l'hémiplégie et diverses autres maladies qui ont pour cause un excès d'humide. Réduit en poudre et mêlé à du vinaigre ou de l'huile , le nan-sin s'applique en cataplasmes sur les gonflements et les tumeurs. Cette racine, acre, amère, tempérée, a du venin, mais elle le perd par sa coction avec du gingembre contus et pan-hia (Dracontium triphyllum) déjà cuit; elle pénètre la rate et les poumons.
Uvularia grandiflora, pey-mou; pei-mu; hiang, ming, F. P. Smith, 1229.
Colocasia wmc\,fan-yu, Debeaux.
On préconise les feuilles fraîches contre la morsure des serpents venimeux; on fait aussi usage des rhizomes.
Colocasia esculenta, iju; yu-teou; iug-tou, Tatarinov , 244; yu-tu-tUj F. P. Smith, 173, 1133; teou-yu, Debeaux.
Les Chinois cultivent sur une large échelle cette plante dans le Hou-pe pour l'usage alimentaire ; elle y remplace le Colocasia macrorrhiza de l'Asie méridionale.
Caladium xanthorhizum , kouei-kieou; du-Uio-lun, Tatarinov, 166; hwei-k'iu, tuh-kioh-lierijY. P. Smith, 174.
Le tubercule arrondi et irrégulier de cette Aroïdée est souvent confondu avec celui de Y Arum penlaphyllum ; il passe pour délétère, anthelmintique , alexipharmaque , vulnéraire, etc. Les Chinois le préconisent dans les jaunisses graves et pour faciliter les accouchements difficiles.
Acorus c alamus , tchang -pou ; choui- tchang -pou; shihcliang-p'u; shui-chang-p'u, F. P. Smith, 18.
La racine, brune, ressemblant à une corde usée, à saveur acre, tiède , pénètre le cœur et les poumons ; on en fait usage contre les oppressions invétérées et contre les chancres , et comme un restaurant du corps et de l'esprit. Quoi qu'en dise le Pen-tsao, cette plante croît en Chine, où elle est abondante, et elle est recherchée pour sa saveur chaude et aromatique.
Acorus terrestris, che-tchang-pou; czan-pu, Tatarinov, 103; szi-czan-pu jTatar. , 409; chang-pu, F. P. Smith, 19. 1
11 est également employé dans la médecine chinoise.
Acorus gramuveus , che - tchang -pou; shili - chang -pu, F. P. Smith, 19; chan-po-tze, Debeaux.
Petite espèce cultivée par les Chinois.
VEGETAUX. 133
TYPHACÉES,
Typha bungeana, hiang-pou, pou-houang, Pen-tsao ; puchuan, sian-pu, Tatarinov, 322, 350; hiang-p'u, F. P. Smith, 1219; pou-houang, Debeaux.
Les Chinois en recueillent les étamines et le pollen, plus ou moins mélangés de débris sétacés des fleurs , pour en constituer le pou-houang (pJu-hwang , Smith; pu-chuan, Tatarinov, 322), poudre jaune, inflammable, qu'ils tamisent et emploient comme astringente, styptique et desséchante. On en fait aussi usage contre la blennorrhagie , et on en fait une confection usitée à l'intérieur et à l'extérieur.
Ils tirent des rhizomes une fécule pour en faire des gâteaux qui passent pour rafraîchissants , toniques , diurétiques et galactogogues; ils mangent aussi les rhizomes, en guise de légumes, et leur attribuent les mêmes propriétés.
CUPRESSINÉES.
Juniperus, tse-pe; tseh-peh.F. P. Smith, 584.
Bïota orientalis, pe-song , pe-c/iou ; bay-sung, bay-tsy, bay-tzy-zen, Tatarinov, 14, 18, 32; peh-mng , peh-shu, F. P. Smith, 1147; pe-song-tze, Debeaux. (Cupressus sempervirens.)
Cet arbre , qui est cultivé dans un très-grand nombre de jardins, y est soumis au caprice des Chinois, qui le taillent de façon à lui donner toutes sortes de formes d'animaux fantastiques. Son bois est très-recherché des ébénistes chinois.
Les feuilles servent à faire des décorations , des garnitures de présents, et sont données comme remèdes astringents et stypliques. On emploie les fruits comme stimulants et toniques ; dé-
pouillés de leur enveloppe, ils se présentent sous la forme d'amandes huileuses, petites, ovales, pointues, jaune rougeâtre, et à odeur forte , peh-tsze-fin.
Cupressus thuyoides, pe , Pen-tsao; pe-tsee> pe-tsee-jin; pien-peh> F. P. Smith, 344.
Les fruits , de saveur acre douce , pénètrent les poumons , la rate et les reins. On emploie aussi les feuilles, la résine et le bois comme astringent et antiarthritique.
Callitris sinensis , jou-yang; zu-sian, Tatarinov, 498 ; yunhiang , F. P. Smith, 1019; jong-hang-song , Debeaux.
La résine de Sandaraque , un peu plus blanche que celle du mastic, est employée, ainsi que les autres résines, comme stimulant dans le traitement des ulcères (elle fait la chair), comme déodorisant. Elle sert aussi à préserver les vêtements des attaques des insectes.
ABIÉTIXÉES.
Pinus sinensis, song , Pen-tsao; song-chou; ta-song, Debeaux; sung-shu,F. P. Smith, 345.
Diverses espèces de Pinus fournissent à la matière médicale de la résine , leurs feuilles , leurs chatons , leur pollen , leur écorce , qui passent pour stimulants , antiphlogistiques , anthelmintiques, et dont on fait en général des teintures.
La térébenthine, tuh-nau-hiang-yu , F. P. Smith, 1213, sert à faire des applications dans diverses affections de la peau.
Le goudron, teou-nao-hiang , obtenu par la distillation du bois des Conifères , est peu employé.
Le pollen [song-hoa-fen ; pe-hang-hoang , Debeaux) sert à combattre les inflammations des organes respiratoires.
Pinus , pe-go-song; pei-go-song .
Cet arbre, originaire des montagnes du Thibet, et qu'on trouve cultivé fréquemment autour des pagodes et des sépultures des grands personnages , a un bois impérissable et incorruptible ; on en recueille avec soin l'écorce blanc d'argent qui s'en détache , pour la pulvériser et la mélanger avec de l'huile et en faire un onguent très-estimé contre les dartres. (E. Simon.)
Cunninghamia sinensis , eh an; cha-moii ; san, sha-muh, F. P. Smith, 879.
Toutes ses parties sont employées comme stimulantes, toniques et sédatives.
On fait aussi usage de la résine qui exsude de son tronc, chang-song, Debeaux (sung-chi, sung-hiang, F. P. Smith, 978; sum-hiam, Cleyer, 190; sun-sian, Tatarinov, 381; song-hiang, Hanbury, 129), qui se présente sous forme de larmes jaune pâle, irrégulières , à surface externe dépolie par le frottement , mais à cassure vitreuse et à intérieur hyalin.
VAXIMÉBS.
Torreya NUCiFERbyfey-tchejfeiïfei-sse, Pen-tsao;^, haja, Kœmpfer ; fey-tsy, Tatarinov, 176; fe-shih, Hanbury, m<yfey-chi, F. P. Smith, 1189.
Cet arbre, qui croît dans le Tche-kiang , le Hou-pe, etc., porte des graines longues d'un pouce à un pouce et demi , ovoïdes ou oblongues, pointues aux deux extrémités, mais plus à l'extrémité supérieure ; le test est brun rougeâtre , avec des taches plus foncées, fragile, et offre des stries longitudinales profondes et larges ; il présente à la base une cicatrice auprès de laquelle sont deux proéminences oblongues opposées l'une à l'autre. L'amande, qui est profondément sillonnée, est couverte d'une membrane mince })run rougeâtre; sa base porte une cicatrice très-marquée. La sa-
veur de ces graines est peu marquée, aussi les mange-t-on en guise de noisettes ; on en fait usage en médecine comme anthelmintiques et laxatives. Au Japon, on en retire, par expression, une huile qui est employée dans la cuisine.
Taxus cuspidata , choui-song.
Salisburya adiantifolia , pe-kouo, yu-hing , Pen-tsao ; pe-kochou; gincko, Kœmpfer; pe~ko, Mérat, Delens; bay-go, in-siu, Tatarinov, 11, 231 ; pih-kwo , yin-hang, Hanbury, 66; yin-hang , peh-kwo, F. P. Smith, 477; ginko-tze, Debeaux.
Le Gincko, fréquemment cultivé en Chine et au Japon, porte des graines ovales, pointues, longues d'un demi-pouce à un pouce, sillonnées sur leur longueur des deux côtés, couvertes d'un tégument fragile, osseux, brun pâle. L'amande est enveloppée dans une membrane délicate rouge brun.
Ces graines, que Kaempfer indiqué comme servant à activer la digestion après un trop copieux repas, renferment de la pectine, de la gomme, du glucose, de l'acide citrique, delà chlorophylle, et un acide gras cristallisable , l'acide ginckoïque (Dr Schwarzenbach) : elles sont réputées acres, tièdes, et les Chinois les emploient pour dissiper les phlegmes et arrêter les vomissements; elles pénètrent le poumon, la rate et l'estomac. Elles passent aussi pour anthelmintiques, et on en fait des pommades avec de l'huile et du vin pour détruire la vermine.
Ephedra flava, ma-houang ; ma-chuan, Tatarinov, 232; ma-hwang , F. P. Smith ,411.
Les Ephedra, dont le fruit mucilagineux et acidulé est mangé par les Chinois, sont répandus dans toute la Chine. On fait usage
comme dérivatif, dans les maladies de la peau , par suite de leur action sudorifique prononcée, des tiges articulées, jaunes, quelquefois coupées en fragments très-menus. Les racines, qui passent pour plus énergiques, sont quelquefois substituées aux tiges. Le meilleur ma-houang se récolte dans le Hou-nan.
C III ORAXTIIAC KE*.
Chloranthus inconspicuus, tchou-lan-hoa; ki-tchao-fan-hoa, chû-lan, ki-chau-lan-hwa , F. P. Smith, 241.
Ses fleurs et ses feuilles servent à parfumer le thé chu-lan-cha ; on y mêle quelquefois des fleurs iïAglaia odorata,
PIPÉRACÉES.
Piper nigrum, hou-tsiao; hu-tsiao; chu-tsiao , Tatarinov, 66; hu-tsiau, F. P. Smith, 856; ho-tsiao-tze , Debeaux.
Les Chinois importent une très-grande quantité des grains de cette Pipéracée de l'Archipel indien et en font une consommation considérable , car ils les considèrent comme un stimulant énergique , diaphoi étique , carminalif et antipériodique ; aussi l'usage en est-il aussi habituel comme médicament que comme condiment; ils en font une infusion contre les fièvres intermittentes.
Le poivre blanc, qu'ils considèrent comme étant produit par une espèce distincte du poivre noir, est beaucoup plus estimé que celui-ci par les Chinois.
Le poivre ne croît en Chine que dans l'île de Haï-nan.
Cubeba officinalis, pi-chin-tze , Debeaux.
Sous ce nom, M. 0. Debeaux a désigné un fruit qui doit être rapporté au Daphnidium Cubeba; les Chinois ne connaissent pas le vrai cubèbe.
Piper futo-kadsura, fong-teng-man.
Chavica bétel, lao-ye-chou, kou-tsiang , tou-py-po; lu; kù; tu-pi-pa; tu-pih-poh, ku-tsiang, F. P. Smith, 139; lao-ye, Debeaux,
L'usage du Bétel comme masticatoire est assez généralement répandu dans les provinces méridionales de la Chine ; mais dans les provinces du Nord il est presque inconnu , sans doute à cause de la difficulté de se procurer les feuilles fraîches de ôette Pipéracée. On dit que les Cantonais qui vont dans le Nord emploient, pour suppléer à cet excitant qui leur manque , le tabac chargé d'arsenic.
Dans le Sse-tchuen , on prépare avec ses feuilles une liqueur enivrante.
On emploie aussi ses racines et son fruit comme carminatifs, stimulants et odontalgiques.
Chavica roxburghii, py-po-ly ; pi-po , Pen-tsao; pi-pa, Tatarinov, 318; pih-poh, F. P. Smith, 659; pi-po-tze, Debeaux.
Le Poivre long est importé de l'Inde en Chine, où il est employé comme stimulant, stomachique et astringent dans le coryza, le pyrosis , la dyssenterie , l'hypertrophie de la rate et les irrégularités menstruelles. Il pénètre le poumon, la rate, l'estomac et les uretères; il chasse les flatuosités par le bas, arrête les vomissements et dissipe les phlegmasies.
Les Chinois font aussi usage de la racine de ce Chavica, pihpoh-muh, qu'ils croient plus énergique et qu'ils font prendre aux femmes stériles , dont ils supposent que l'utérus demande à être réchauffé.
VEGETAUX. 139
SAURURÉES.
HOUTTUYNIA CORDATA, tsy-tSCiy.
Commune dans tout l'extrême Orient, cette Saururée passe pour augmenter les contractions utérines et être antileucorrbéique,
RÉTUIiACÉES.
Betula, houa-mou; hwa-muh, F. P. Smith, 170.
L'écorce, hwa-muh-pi, sert à teindre là barbe et les cheveux en noir; on en fait des applications sur les abcès du sein.
tlPULIlKRÉES,
Corylus, tsirij tche-ho; tsin, F. P. Smith, 507, On en mange les amandes.
Quercus, hou; hoh,huh,¥. P. Smith, 766,
On emploie aux mêmes usages qu'en Europe le tan, huh-p'i, 767, qu'on a soin de recueillir sur les arbres jeunes, et dont on se sert à l'intérieur et à l'extérieur comme astringent.
Les glands, siang-shih, lih-k'iu, F. P. Smith, 17, servent à l'alimentation des hommes et des animaux.
La cupule, siang-tauy est employée comme astringente,
Quercus mongolica, tsùh-shû, F. P. Smith,
Quercus castanetefolia,^-^-^, Debeaux.
Les cupules, les écorces et les feuilles sont astringentes.
Quercus serrata, tsin-kan-tze , Debeaux.
Cupules et feuilles astringentes,
Quercus cornea, tsin-li y king-lin-tse , Debeaux; ky-lin. Fruits comestibles.
Castanea vesc a , pan-ly , fong-ly ; li; lih, F. P. Smith, 236; lien-tze, Debeaux.
Les Chinois mangent plusieurs variétés de Châtaignes; ils en font quelquefois des cataplasmes; l'enveloppe des graines passe pour vulnéraire et résolutive.
UL1IACÉES.
Ulmus chinensis et pumila, tju-chou; iuy-szu, Tatarinov, 243; yu-p'i, F. P. Smith, 408; ou-pei, Debeaux.
Ces deux espèces, confondues par le Pen-tsao, passent pour lénitives, diurétiques et antiphlogistiques ; on fait avec le fruit, les feuilles et les fleurs , des pâtes mélangées à de l'huile ou du vinaigre et qu'on applique sur diverses éruptions. On fait aussi avec les parties internes de l'écorce une décoction, yu-p'i-tang , très-préconisée comme diurétique et adoucissante dans les maladies des voies urinaires et dans l'hydropisie.
MORÉES.
Morus, sang; san-pi; sang -chou; san-szu, Tatarinov, 328, 330; sang-ken-peh-p'i , F. P. Smith, 740.
Les Chinois en cultivent plusieurs espèces et de nombreuses variétés; ils donnent au Mûrier sauvage le nom de yen.
Us emploient le liber, san-pe-py, sang-pat-pi, comme purifiant du sang, dans une foule de maladies telles qu'hémorrhagie utérine, hémoptysie, convulsions des enfants, etc.; il pénètre le poumon , dont il chasse les esprits malins , et dissout les phlegmasies; les feuilles arrêtent les sueurs.
VEGETAUX. 141
Les fruits noirs des mûriers (sang-kin, tchang-pe-tze , tchingpe-tze, Debeaux) sont préconisés contre les affections strumeuses et l'hydropisie , car ils guérissent l'humide radical , corroborent les nerfs, etc.; le jus est indiqué contre les rhumatismes et le delirium des ivrognes.
Broussonetia papyrifera, keou-pij-cheou; tchou; kou-chou; tchou-che-tsee ; tchoo-shih-tsze , Hanbury, 60; chu, hausang, F. P. Smith, 835.
Cet arbre est assez commun en Chine et au Japon : on en distingue deux variétés, Tune à écorce blanche, l'autre à écorce tachetée; l'écorce des jeunes branches sert, après macération, à faire du papier de soie très-beau et très-fin , dont les Chinois enveloppent tous leurs objets précieux; elle servait autrefois à faire des vêtements.
L'écorce (tchu-ko-pi, Debeaux) est fébrifuge.
Les feuilles, lorsqu'elles sont jeunes, se mangent en guise d'épinards ; on les emploie comme lénitives et diurétiques , et on en fait une tisane antiblennorrhagique.
Le Broussonetia papyrifera donne des fruits globuleux et rouges recherchés par les enfants. La partie la plus fréquemment employée est la graine , qui se présente sous forme de petites semences arrondies, rouge clair ou brun clair, souvent brisées, plus petites que des grains de moutarde ; elles sont mucilagineuses et passent pour toniques et restaurantes.
Ficus carica, ou-hoa-ko; wu-hwa-kwo, F. P. Smith,
Les fruits, muh-man-fu, sont réputés nutritifs et relâchants. Les feuilles sont appliquées sur les hémorrhoïdes enflammées.
Ficus stipulata, mou-man-tou; man-t'u-to, muh-man-t'u, F. P. Smith, 444.
Ses fruits, desséchés, ligneux, non mûrs, sans saveur, gêné-
ralement portés sur leurs pédoncules , ou en étant privés et coupés en deux, sont bouillis pour faire des applications sur les hémorrhoïdes.
ARTOCARPÉES.
Artocarpus WTEGRïFOUAypo-lo-my; po-lo-mihjF. P. Smith,
Le fruit et les semences passent pour rafraîchissants, toniques, et pour dissiper l'ivresse.
URTICKE*.
Urtica dioica, sin-ma, F. P. Smith, 1226.
Cette Ortie passe pour arrêter les vomissements ; on en emploie le suc dans les affections herpétiques et contre la morsure -des serpents. (F. P. Smith.)
Urtica scorpionides , hie-tse-tsao ; hieh-tsze-tsau, F. P. S., 1227; sie-tsy-cao, Tatarinov, 361.
Cette espèce, qui n'est pas décrite par le Pen-tsao, passe, en raison de la puissante àcreté de ses poils , pour être formidable pour tous les animaux , à l'exception du chameau. (F. P. Smith.)
Urtica tuberosa, tien -ma; cheou-ma; tche-ma; tianma, Tatarinov, 427; tien-ma, ch'ih-ma, F. P. Smith,
On en mange les rameaux et les tubérosités, qu'on trouve quelquefois desséchées en morceaux plats , jaune brun , irrégulièrement oblongs , longs de deux pouces à deux pouces et demi sur un pouce et demi de large. La plante est prescrite contre les rhumatismes, les névralgies et le lumbago. (F. P. Smith.)
Urtica nivea, tchou-ma; pa-ma-tze, Debeaux.
On en tire des fibres , ts'ia-po, qui servent à faire des étoffes très-fines et très-résistantes.
Il donne une huile, tchu-ma-tze , agréable et douce.
SAIilCINÉES.
Salix, yang-lieou; yang-liu, F. F. Smith, 1264.
Plusieurs espèces de Salix croissent en Chine et sont distinguées par les habitants , bien que , en général , ils confondent sous les mêmes dénominations les Saules et les Peupliers.
Salix Ahm} pe-htang ; peh-yang , F. P. Smith, 1264
On en administre Técorce contre le goitre , la dyssenterie , le rhumatisme , les fractures.
Ses feuilles et celles de plusieurs autres espèces sont employées pour faire le thé t'ien-cha, et sont ouvertement mélangées à Chang-haï au thé destiné à l'exportation. (F. P. Smith.)
Salix pentandra, mou-hiang; muh-yang, F. P. Smith,
Une espèce , ou peut-être une simple variété désignée sous le nom de choui-hiang , tsin-hiang , donne le bois employé pour faire les flèches; ses feuilles, semblables à celles du Salix pentandra , mélangées à Fécorce de la tige et des racines, sont employées contre les furoncles, les abcès mammaires et les contusions.
Salix, kou-lieou; ku-liu.
Son bois est employé pour faire des boîtes ; son écorce est préconisée contre Thydropisie générale , la dyssenterie et les dérangements intestinaux.
Salix babylonica , tiao-lieou; lieou-pi, Debeaux.
On en préconise Fécorce dans la phthisie , et comme fébrifuge énergique. Les pieds femelles, inconnus en Europe, sont rares en Chine, où les Chinois les extirpent avec soin pour éviter la bourre qui sort de leurs capsules. (Bunge.)
Populus, yao-yang-ho ; in-ian-cho, Tatarinov, 229; yauhiang-hoh,F. P. Smith, 913.
On en emploie les feuilles comme toniques, aphrodisiaques, ophthalmiques et antirhumatismales.
Populus TT\EMULAyfong;fuij F. P. Smith, 914. Ecorce tonique et fébrifuge.