‹ La matière médicale chez les ChinoisChapitre 35 sur 39 · LABIÉES · texte numérisé non relu

LABIÉES

Mëntha, po~ho> Pen-tsao; bo-che, Tatarinov, 27-ypoh-ho, F. P. Smith, 728; jt)0-A0,Debeaux.

On fait usage de plusieurs espèces de Menthe, qui toutes sont très-aromatiques, et qu'on emploie comme carminatives , antispasmodiques, stomachiques et alexipharmaques. On en fait une

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infusion théiforme qui pénètre les poumons , le foie , facilite la digestion et enlève la chaleur due au vent.

On cultive dans plusieurs provinces les menthes indigènes pour en extraire une huile essentielle, po-ho-yo, très-estimée des Chinois, et quelles renferment en beaucoup plus grande proportion que nos espèces européennes ; mais elles sont en général desséchées sans soin.

Cette huile est plutôt une sorte de camphre qui se présente sous forme de masse blanche cristalline.

On emploie dans les névralgies de la face cette essence comme anesthésique local, en en faisant sur la partie douloureuse des onctions au moyen d'un pinceau. Les Chinois ont introduit cette médication partout où ils se sont établis.

Salvia plebeia, tsui-tsie, Tatarinov, 449; king-kai, F. P, Smith, 1017.

On l'emploie contre les rhumes , la dyssenterie et la démangeaison exanthémateuse.

Salvia multiorhiza , tan-seng ; dan-zen, Tatarinov, 152; tan-san, F. P. Smith, 1016.

Cette espèce, qui croît dans le Chen-si, le Chan-si et le Chantong, est très-estimée des médecins chinois, qui la rangent parmi les cinq quintessences ; elle correspond au sang rouge et au cœur, et jouit au plus haut degré des vertus antispasmodiques, toniques, cardiaques, sédatives et vulnéraires. On en emploie la racine, qui est en petits morceaux contournés, de couleur rouge brique, souvent munis de radicules, quelquefois à ramifications nattées ensemble; leur saveur douceâtre rappelle celle de la réglisse.

Melissa, sou-tsee; sou; su-tsy, tsy-su, Tatarinov, 377, 470; tsze-Mj F. P. Smith, 708.

Stomachique, carminative et tonique, la Mélisse fournit une

essence, su-isee-yu, employée par les peintres sur porcelaine et

comme vernis. On en broie la graine, puis on la chauffe avec de Teau à 70 ou 80 degrés; on presse pour obtenir l'huile; après avoir fait une première extraction , on expose le tourteau à Tac tion de la vapeur d'eau non bouillante et on presse de nouveau.

Melissa cluvopodium , fong-lien-tsee.

Employé aux mêmes usages.

Scutellaria viscidula , houang-kin , Pen-tsao; chuan-cin, Tatarinov, 72; hwang-kin, F. P. Smith, 1029.

Commune dans toute la Chine, cette espèce fournit à la thérapeutique chinoise ses racines, jaune clair, spongieuses, très-peu amères et un peu mucilagineuses ; elles passent pour émollientes, pectorales, anthelmintiques et fébrifuges.

On leur substitue quelquefois les semences.

Ocymum crispum , hiang-hoa-tsao ; kian-tsat-tsu , Debeaux. Plante stimulante; employée en cuisine.

Lophantus , sou-tsee, sia-ku-cao, Tatarinov, 342; kia-k'utsau, su-tsze, F. P. Smith, 662.

On en emploie les fleurs et les rameaux contre les affections du sang , les maladies des yeux et les accidents strumeux. Il pénètre le poumon , chasse les esprits tristes , dissout les phlegmes et dissipe la toux.

Lophantus rugosus, ho-hiang; cho-yen, cho-sian, chosian-ci, Tatarinov, 51, 54, 55; hoh-hiang , hoh-hen, F. P. Smith, 663.

Cette espèce, d'après M. Tatarinov, fournit à la matière médicale sa racine.

Ses feuilles sont employées pour faire des infusions théiformes omachiques contre les dérangements intestinaux résultant de la

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température élevée ; elles pénètrent le poumon , la rate , ouvrent l'estomac, et arrêtent les vomissements et les douleurs intérieures.

Leonurus sinensis, tchong-ouey-tsee ; i-mu-cao, Tatarinov, 220 (Leonurus sibiricus); ch'ung-wei, yïh-mii-tà au , F. P. Smith, 626.

Abondante dans toute la Chine , cette plante , à fleurs pourpres ou blanches , est employée comme tonique par les pauvres pour rétablir la menstruation ; on en fait aussi usage dans diverses affections de la peau.

Stacyhs artemisia, y-mou-ngay ; ye-mc/n-rigai, ke-hoei, Debeaux.

Tonique, astringent et reconstituant.

Betonica officinalis , ho-hiang; hoh-hiang , F. P. Smith,

Très-recommandée pour les ivrognes, dont elle dissipe l'ivresse, la Bétoine est aussi employée (sommités et feuilles) comme stomachique, antivomitive et anticholérique.

Brunella vulgaris, che-tchoui-hoa ; chou-ouy-tsao; yo-koutsao ; ye-kou-tsao > Debeaux.

Béchique.

Elsholtzia cristata, hiang-jou; sian-zu, Tatarinov, 351 ; hiang-ju, F. P. Smith, 420.

Plante odorante, cultivée dans les jardins, et qui est employée comme carminative, cordiale, tonique et astringente.

Nepeta glechoma, n 'go-po-che-tsao , Debeaux. Employé contre la toux.

Verbena officinalis, ma-pien-tsao; ma-pien-tsau, F. P. Smith, 1232; marpien-tsao , Debeaux.

Commune en Chine , la Verveine passe pour avoir une action sur le sang et être efficace contre les congestions et obstructions, les hydropisies, leshématocèles. On remploie, après avoir eu soin d'enlever la racine, qui est astringente, comme emménagogue, anthelmintique et antiscorbutique.

Vitex incisa, man-ktng , man-tsin-tsy , tsin-tiao, Tatarinov, 289, 455 ; houang-kin; man-hing, F. P. Smith, 1242 ; min-king, Debeaux. {Vitex cannabina.)

Les fruits, qu'on récolte dans le Pe-tchi-li, le Hou-nan, le Chensi et le Tche-kiang, sont globuleux, noirs, nucamentacés , ont deux ou trois lignes de diamètre; ils sont, en général, couverts des restes du calice et mélangés de feuilles sèches ; l'intérieur est blanc ligneux et laisse distinguer les quatre carpelles soudés ; leur saveur est presque nulle.

Les Chinois les emploient contre la céphalalgie et le catarrhe , et croient qu'ils ont la propriété de faire pousser la barbe, ce qui est de la plus grande importance pour tout habitant du Céleste Empire.

Vitex spicata, fong-hiang-ngay ; foun-hian-ngan , Debeaux.

Les sommités fleuries et les graines sont substituées à Canton

au Vitex incisa (Debeaux).

Callicarpa japonica , chou-li.

Écorce aromatique amère.

Feuilles préconisées comme diurétiques

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i( \v\Tii u ui;*.

Geudarussa (?), t'sin-k'iUj F. P. Smith, 473.

On fait usage, contre le rhumatisme, la dysurie, les furoncles et la jaunisse , des racines d'une acanthacée , très-amères , contournées , ridées , brunes , de dimensions très-variables , qu'on fait bouillir avec du lait.

Justicia paniculata , houang - lien ; tchuen - houang - lien ; chuan-lan, Tatarinov, 73; hwang-lien , F. P. Sinith, 65 , 585 , 624

La racine de houang-lieny que M. Tatarinov rapporte à un Léontice, paraît être, d'après M. F. Porter Smith, celle d'un Justicia indéterminé du Sse-tchuen et du Hou-pe, qui se présente en morceaux petits, ramifiés, longs d'un à deux pouces, de couleur jaunebrun. L'intérieur est dur et sec.

Justicia.

Une espèce du Tche-kiang fournit, d'après M. Fortune, beaucoup d'indigo.

Andrographis paniculata, houang-lien; hwang-lien, F. P. Smith, 65.

M. Porter Smith croit qu'il faut rapporter à cette espèce une partie des racines de houang-lien.

Ruellia, leou-tan-tan.

On en cultive une espèce dans le Tche-kiang pour la production de l'indigo.

BIGNONIACÉES.

Catalpa bungei, fto-tsieou; ciu-szu, Tatarinov, 97; ts'iu, hia,¥. P. Smith, 212.

L'écorce est stomachique , anthelmintique , et sa décoction sert à stimuler les plaies indolentes ; on en fait aussi un extrait qu'on donne dans la bronchite et l'emphysème.

Sesamum indicum, kou-ma; hu-ma; yu-ma; tsing-szen-tsy , Tatarinov, 463; tche-ma; chi-ma, ku-shing-tsze , F. P. Smith, 1039; ma-tze,tche-ma-Uee, chi-ma4ze, Debeaux.

Cultivé sur une très-grande échelle en Chine, le Sésame fournit beaucoup d'huile de ses fruits, qui servent dans les affections utérines, et comme rafraîchissant et purgatif. On en distingue deux variétés, une blanche et une noire.

L'huile, tche-ma-yeou , hiang-yeou , est très-employée par les Chinois pour cuire leurs aliments , en raison de sa saveur agréable.

Bignonia, Hn-siao; tsz-wei, ling-siau, F. P. Smith, 142; lan-ciao, tsy-tveij-chua , Tatarinov, 271, 471.

Les fleurs et les feuilles des Bignonia sont préconisées dans les affections puerpérales et contre la décomposition du sang.

OROB tXC'IIKES

Orobanche, zou-zan-cun , Tatarinov, 496.

D'après M. Tatarinov, on fait usage d'orobanches préparées.

l?Olt It \4.l \ Il S.

Anchusa tinctoria, tse-tsao; tsy-cao, Tatarinov, 466; tsz-

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ts'au, tsz-tan, ti-hiueh, F. P. Smith, 64; tsu-tsao, Debeaux.

La racine, très-usitée pour la teinture, passe pour favoriser Téruption variolique, en en neutralisant le venin. Comme toutes les matières rouges, elle passe dans l'esprit des Chinois pour avoir une action très-marquée sur le sang , et par suite elle est préconisée contre nombre de maladies.

ToURNEFORTIA ARGUSWA , tSU-tSdO.

Employé contre la fièvre et les ulcères.

Symphytum, ty-houang; sheng-ti, ti-huang.

Cultivé dans le Hou-nan pour ses racines coniques, longues de deux pouces, à épidémie brun, à cassure rouge-pourpre. D'une, saveur douce, mucilagineuse, il fournit un médicament fébrifuge et ayant une action plus marquée sur le sang.

On doit choisir des échantillons de couleur foncée, ne surnageant pas.

CUSCUTÉES.

Cuscuta europ *:a , tou-sse-tsee, Pen-tsao ; tu-su-ça, Cleyer, 9 ; tu-sij-tsy, Talarinov, 473; too-sze-tsze , Hanbury, 77; tu-sz-tsze, F. P. Smith, 382.

Les Cuscuta europœa, L., et chinensis donnent des graines arrondies, brun clair, du volume à peu près d'un grain de moutarde; elles ont à peine de saveur et d'odeur; elles sont faciles à reconnaître à leur long embryon filiforme, qui s'enroule autour de l'albumen charnu. Les Chinois accordent à ces graines des propriétés toniques, diaphorétiques et adoucissantes, et les administrent dans la blennorrhagie , la leucorrhée, l'incontinence d'urine, etc.

Les jeunes pousses sont acres et servent à faire des lotions dans les ophthalmies.

Sous le nom de nu-lo, M. F. P. Smith indique une plante parasite des conifères, quon récolte en Mandchourie et en Corée, et dont on fait usage comme émétique.

CONVOLVULACÉES.

Calystegia sepium, siuen-hoa, Pen-tsao; siuan-chua , Tatarinov, 366; siuen-hwa , F . P. Smith, 181.

Les rhizomes sont mangés bouillis et passent pour toniques , nutritifs, rafraîchissants et diurétiques.

Appliqués promptement en cataplasmes sur les fractures récentes ou sur les ruptures du tendon, ils passent pour en activer la consolidation.

Calystegia soldanella, hou-tong , Debeaux. Racines purgatives.

Convolvulus (?), tang-seng; dan-szen jTatSivmov, 149; tangsan, lu-tang , tchuen-tang , ming-tang , F. P. Smith, 285.

La racine de ce Convolvulus, quon récolte dans le Chan-si, est substituée au gin-seng; elle se présente sous la forme de morceaux longs, minces, coniques, jaune pâle, un peu tordus, longs de cinq ou six pouces; intérieur cassant, brun jaune, avec le milieu plus clair; saveur douce et un peu mucilagineuse.

On en récolte dans le Sse-tchuen une variété un peu plus grosse, cha-seng.

Convolvulus arvensis, pe-tsan-liotij Debeaux. Plante entière, laxative.

Convolvulus, tsze-yuen, ye-kien-niu, F. P. Smith, 386.

Racine fibreuse , flexible , brun-rouge , à odeur forte , à saveur faible, qu'on récolte dans le Chen-si, le Laos; elle est très-em-

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ployée contre l'hémoptysie , l'hématurie , les hémorrhagies consécutives de l'accouchement et la dysurie.

Cowolvulvs > fan-tsi , Tatarinov, 179 ; fang-ki , han-fanghi, muh-fang-ki, F. P. Smith, 284.

Racines tubéreuses , brunes , amylacées , avec des fentes longitudinales, à odeur agréable et saveur amère et mucilagineuse ; indiquées contre les rhumatismes et les affections graves des bronches et des voies urinaires.

Convolvulus reptans, po-ling ; pe-ling ,po-ts'ai, F. P. Smith,

287; tsan-liou-tze , Debeaux.

Originaire, dit-on, du Népaul, cette espèce est très -cultivée pour être mangée au printemps en guise d'épinards; elle est rafraîchissante et laxative

Pharbitis nil, tsien-nieou-tsee f Pen-tsao; kien-nieou-tse ; bay-czou, chey-czou, Tatarinov, 7, 48; k'ien-niu-Uze, F. P. Smith, 865.

Sous ce nom , nous avons reçu un mélange de graines triangulaires , brunes ou blanchâtres , à saveur un peu acre , et qui sont employées comme anthelmintiques ou comme purgatives et diurétiques dans l'hydropisie.

On fait aussi usage des racines tubériformes [tong-tsai, Debeaux) comme purgatives.

Batatas edulis, houang-che; kan-chou, pai-shu; hoan-tsai, Debeaux.

Il joue un grand rôle dans l'alimentation. Il passe pour pénétrer le poumon et la rate, et est un excellent réconfortant.

Phyteuma (?), tang-mn, F. P. Smith, 868.

On rapporte à ce genre une racine qu'on substitue quelquefois à celle du gin-seng.

PREMUIiACEES,

Lysimachia, tchang-chanjczûn-szanjTaiSTinoxr, \0A\ch9angsha-Hj F. P. Smith, 673.

Bien qu'elles aient été rapportées par M. Tatarinov à un Lysimachia, ces racines ne lui appartiendraient pas, d'après M. Porter Smith. Elles sont émétiques, altérantes, et très-employées contre la fièvre.

Lysimachia nummularia, houang-fan-lou; himng-fan-lu , F. P. Smith, 673.

Très-usitée pendant l'accouchement et contre les affections cutanées.

Cyclamen, hai-yu, F. P. Smith, 340.

Vénéneux, on le préconise dans les maladies pestilentielles et sur les œdèmes.

Androsace sAxiFRAGiEFOLiA , yu-tsin-tsao ', Tatarinov, 206.

Diospyros kaki, tche-tze ; sz\ t'sz, F. P. Smith, 376; cheytsao-czz, szi-tsy-dij Tatarinov, 410, 418.

Le fruit, orangé, à saveur douce, passe pour stomachique, et est souvent desséché et confit dans le sucre ; on l'administre contre les affections des voies urinaires et aux enfants qui ont des vers ou le ventre gros.

Diospyros vaccinioïdes , kiun-U' ien-Uze.

Il est fréquemment substitué au Diospyros Kaki.

Diospyros melanoxylon , ou-mou; wu-muh , wu-pi , F. P. | Smith, 378.

Le bois en est indiqué comme astringent.

Diospyros embryopteris , Ue-che; pi-Uz , ts'àh-U'z, F. P. I Smith, 275.

Indiqué comme antifébrile, adoucissant et comme dissipant livresse , ce fruit n'est plus employé qu'à fournir par expression une huile foncée, résineuse, usitée comme vernis, et qui remplace souvent l'huile d'Elœococca.

Diospyros lotus, Tatarinov.

SOIiANÉES.

Nicotiana chinensis, ye~yen; yen; yen-tsao; yen-ts}au,jints'aUj tan-pa-ku, F. P. Smith, 1187; y en-y e, Debeaux.

Le tabac fut introduit en Chine, du Japon ou de Manille, vers le seizième ou le dix-septième siècle , et son emploi fut prohibé par les empereurs Ming et Tartares ; mais depuis cette sévérité s'est singulièrement relâchée , et aujourd'hui on le trouve cultivé dans beaucoup de provinces. Ce n'est pas que les Chinois ne préfèrent le tabac étranger à celui du pays, mais ils en font un grand commerce avec les Russes.

Il est à noter que le Pen-tsao n'en fait pas mention , mais qu'il se trouve indiqué avec détails dans le Kouang-kioun-fang-pou de

D'après le docteur D. J. Mac-Gowan, on fait à Pékin une trèsgrande consommation de tabac mélangé de réalgar, ce qui lui donne une teinte rouge caractéristique ; les premiers essais déterminent des accidents et des étourdissements , mais bientôt l'accoutumance se fait , et on peut fumer ce mélange sans aucun inconvénient apparent.

Le tabac est employé comme narcotique, sternutatoire ; on en fait des applications pour détruire la vermine.

Datura stramonium, ko-yo ; jb-cie-czz , Tatarinov, \ll)fuhkia-rhj fung-kia-rh, F. P. Smilh, 352; ho-yen-hoa, Debeaux.

Les feuilles sont fréquemment fumées contre l'asthme.

Datura metel, nao-yang-hoa ; nau-hwang-hwa, F. P. Smith, 351.

Datura alba, wan-to-lo, Tatarinov, 477; man-to-lo-hwa , F. P. Smith, 350.

Les fleurs, tsui-sin-hwa , digérées dans le vin, servent d'anesthésique et sont indiquées dans la chorée des enfants ; on en fait aussi des lotions contre les éruptions de la face, l'enflure des pieds et la chute du rectum.

Les semences sont aussi officinales.

Atrom (?) belladona (?) , tien-kia, F. P. Smith, 133.

Atropa (?), tso-no-tsao; yah-puh~lu.

Décrit par le Pen-tsao comme déterminant une anesthésie suffisante pouf permettre de faire des opérations. On dit que l'action s'en fait sentir pendant trois jours; il aurait été employé pal* le chirurgien Houa-to, pour des opérations intéressant les intestins,

Hyoscyamus niger, lao-yang -hoa; jan-czi-czu, nao-ianchua, Tatarinov, 223, 309; nau-yang-hwa, yang-chih* chuhj F. P. Smith, 536.

Le lao-yang-hoa , qui passe pour narcotique, sédatif et anesthésique , entre dans la composition d'un remède chinois engourdissant. 11 a été rapporté par M. Tatarinov à un Hyoscyamus, ce

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qui est très-possible, mais les échantillons examinés par M. Porter Smith étaient constitués par des fleurs XAzalea et d'Andromeda polyfolta; les nôtres étaient formés uniquement de fleurs d'Azalea.

Physalis alkekengi, tsouan-tsiang ; hung-Iiu-niang ; tsoantsian, Debeaux.

La plante entière est laxative; les baies sont diurétiques.

Lycium chinense, kou-chi-tz ; di-gu-pi, go-ci-tsy, Tatarinov, 158, 202; hou-hy-tze, Debeaux; ty-hou-py.

Ses baies antinévralgiques sont récoltées en automne dans le Chan-si et le Kiang-sou, où elles atteignent quelquefois les dimensions de grains de raisin. La racine, privée de son écorce, s'emploie aussi en médecine sous le nom de ty-ku-py.

Capsîcum annuum, la-tsiao; ts'in-tsiao; tu-hu-tsiau, lahtsiaUj F. P. Smith, 190; la-tsiao, Debeaux.

Diverses espèces de Capsicum dont cultivées pour servir à l'usage alimentaire sous forme d'une conserve ou crues ; on doit les débarrasser de leurs graines pour prévenir la purgation. On s'en sert à l'extérieur comme dérivatif.

Solanum tuberosum, ho-lan-chou; yang-*yu} ho-lan-shu; shan-yao-tsu; yang-shûj t'u-lwan, F. P. Smith, 922 >

Introduit en Chine, où on le cultive pour l'usage des étrangers seulement.

Solanum nigrum, tien-pao-tsao ; t'ien-p'au-ts'auj lung-kwei, F. P. Smith, 1074.

Très-commune en Chine, cette plante est employée aux mêmeâ usages médicaux que la douce-amère ; les Chinois en mangent les jeunes pousses et les baies, après les avoir fait bouillir.

Solanum dulcamara , hou-yang-tsiuen; iïu-kia, shuh-yangtsiuen,¥. P. Smith, 1070.

Les Chinois en mangent les jeunes pousses; ils en emploient les rameaux , les feuilles , les racines et les fruits comme diurétiques , vulnéraires et toniques ; ils en font usage à l'intérieur et en applications contre les furoncles et diverses maladies de la peau.

Solanum melongena, kiue-tse; cie-tsy, Tatarinov, 88; kia, niu-sin-kia, Ma-tsze, F. P. Smith, 401, 1073.

On mange les fruits de plusieurs variétés de l'Aubergine , bien qu'on leur attribue la propriété de faire avorter; on en fait des cataplasmes sur les abcès , ouverts ou non; on les donne également dans la dyssenterie.

Solanum LYC0PERSic0N,y^/z-^m^ F. P. Smith, 1072. On en mange les fruits.

Solanum indicum, ko~houang-hai; hwang-Ma , F. P. Smilh,

11 passe pour rafraîchissant et laxatif, et est recommandé dans la chlorose et l'anémie.

SCROPHUIiARINEES.

Rehmamia chineîvsis, ti-houang ; ti-houang ; seng-ty-houang, seng-ty ; di-chuan ; szen-di-chuan ; szu-di-chuarij Tatarinov, 156, 402, 419; ti-hwang , sang-ti-hwang > shuhti-hwang, mau-ti, mau-yuen, F. P. Smith, 977.

Cette plante croît dans le Pe-tchi-li, le Kiang-si, et surtout dans le Hou-nan; sa racine, non préparée, porte le nom de sengly-houang j préparée, celui de chou-ty-houang . Cette dernière a été

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bouillie et desséchée au soleil à plusieurs reprises ; elle est en masses brunes, molles, plissées, plus ou moins aplaties, longues de deux à cinq pouces; l'intérieur en est noir, humide et mou. Cuite à la vapeur et séchée au soleil , elle prend le nom de chouty. Amère, tiède, elle pénètre les reins et restaure le sang, sur lequel elle agit comme altérante et tonique ; on la prescrit dans beaucoup d'affections chroniques des viscères, dans la débilité générale, la ménorrhagie et la leucorrhée.

M. Tatarinov, qui a le premier indiqué l'identification de cette plante, pense que le ty-houang (di-chuan, 156) est leRehmannia chinensis, le seng-ty-houang {szen-di-chuan , 402) étant la racine crue, et le chou-ty-houang [szu-di-chuan, 419) la racine préparée.

Ginseng noir, yuan-slien ; hiuen-san, he-seng; hiuen-seng,

Cleyer, 440; siuan-szen, Tatarinov, 368; heuen-sang,

Hanbury, 98.

Ce Gin-seng , qu'on trouve dans le Ngan-hoey et dans les provinces du nord, est sous forme de racines longues de trois à quatre pouces, larges d'un pouce environ dans leur partie médiane, en coin à leurs extrémités; elles sont brunes, très-irrégulièrement sillonnées et tordues, charnues, brunes à l'intérieur et molles. Très-facilement attaquables par les vers, elles ont très-peu d'odeur et de saveur. Ne doit-on pas les rapporter à un Rehmannia? La tige est carrée , les feuilles en scie , laineuses , et les fleurs blanches ou pourpres.

Siphonestegia chinensis, lieou-ky-nou ; kouy-yeou-ma; lu-tsinu, Tatarinov, 268; liu-ki-nu-ts au , F. P. Smith, 1057.

On emploie les tiges carrées et les semences contre les hémorrhagies.

Digitalis, mao-ti-houang ; mau-ti-hwang , mau-yuen, F. P. Smith, 453; mao-yuen.

Les racines du Digitalis du Hou-nan sont quelquefois préparées

de la même manière que celles du Rehmannia; elles s'en distinguent par leur volume moindre et leur apparence plus fusiforme.

Paulownia imperialis, hoa-tong; thoung; t'ung.K P. Smith,

Son bois est très-estimé pour Tébénisterie.

L'écorce est vermifuge et diurétique ; les graines fournissent par expression une matière grasse de qualité inférieure , utilisée par l'industrie.

Les feuilles servent en lotions sur les plaies et pour empêcher les cheveux de grisonner.

*■ YR AiÛK*.

Simplocos sinicAj chan-fan; shan-chi-kiah/ F. P. Smith, 1121; chan-tche-kia.

Il est employé comme tinctorial ; on fait des infusions théi- 'ormes de ses feuilles astringentes.

ÉRICACÉESu

Azalea, yang-tche-tchou; tjang-chili-chuh, F. P. Smith, 113.

Les Chinois ont confondu sous ce même nom de yang-chih-chuh, comme étant très-narcotiques, diverses espèces à'Azalea, (¥ Andromède et ftHyoscyamus, qui se ressemblent par la déhiscence de leurs anthères.

Azalea procumbens, lao-hou-hoa, lau-hu-hwa , shan-chih~ chuh; chan-tche-tchou.

Fleurs employées comme sédatives dans les rhumatismes, la paralysie et la contracture des membres. On les mélange à la poudre de racine d'Aconit pour obtenir Tanesthésie locale ; elles passent aussi pour alexipharmaques.

Azalea pontica , hwang-tu-kien.

Passe pour très-vénéneux.

Clethra barbinervis, ckan-tcha-ko.

OHEEIIJ III HIS.

Cicuta, kao-pen; kau-pen, F. P. Smith, 246.

L'espèce chinoise , qui croît dans le Chen-si et le Kiang-nan , ne paraît pas avoir l'âcreté de l'espèce européenne; elle a les feuilles petites, entières, découpées, les racines ramifiées, de couleur jaune brun, avec des radicules adhérentes , ainsi qu'une portion de la tige.

On utilise les racines et les semences comme stimulantes , antispasmodiques et arthritiques.

Apium graveolens, k'u-kin, k'tn-tsaij F. P. Smith , 218 j kin-tsai., Debeaux.

Quelquefois confondu avec d'autres Ombellifères vénéneuses, \é Céleri sert à la nourriture des Chinois, qui le mangent surtout cuit. Il passe pour rafraîchissant, laxatif et altérant.

Apium petroselinum , hu-sui; chu-suy, sian-cay, Tatarinov, 65, 343; hu-t'sai, hiang-tfsay, F. P. Smith, 1248.

Il entre dans l'alimentation des Chinois.

Apium, tchuen-kiang ; chuen-heung , Hanbury.

On tire du Sse-tchuen et du Chan-si les racines d'une Ombellifère qui fleurit en été et dont les feuilles servent, dans le Sse-tchuen, à faire des infusions; ses racines sont coniques ou pivotantes. C'est bien à un Apium qu'il faut rapporter cette racine, que Hanbury pense être un Angelica;\\ est identique au Céleri d'Europe,

avec cette différence qu'en Chine on pousse au développement des racines et qu'en Angleterre on pousse à celui des feuilles.

Ordonné pour les refroidissements, maux de tête, accouchements difficiles, et en embrocations sur les ulcères et les blessures.

Anisum, ta-houey-hiang ; siao-houei-lriang ; htvui-hiang , t'urhwui-hiang,sian-hwui-hiang,¥. P. Smith, 71.

Employé comme aromatique.

Sium sisarum, var. Ninsi, chouy-kin; kouei-tsin; nin-tsin; Debeaux.

Bupleurum octoradiatum , tchay-kou ; czay-chu, Tatarinov, 108; Uz-hu, ts'ai-hu, F. P. Smith, 164.

La souche passe pour antiarthritique et dérivative , et est prescrite dans les inflammations puerpérales et la diarrhée.

Feniculum officinale, huei-siang ; siao-houy-hiang, siaoliouei-hiang ; chuy-sianj siao-chuy-sian, Tatarinov, 57, 353; siau-hwiu-hiang , hicai-hiang, F. P. Smith, 449; kouei-kiang , Debeaux.

On mange en Chine les tiges et les feuilles de cette plante, qui est diurétique, tonique et anticéphalique. On emploie comme condiment le fruit , qui est gris-brun , un peu courbé , avec cinq côtes proéminentes ; c'est une semence âcre-douce , tiède , apéritive , qui pénètre l'estomac et les reins , et qui est usitée contre les douleurs des viscères, la dyspepsie, la colique. On substitue quelquefois les feuilles aux semences.

Le Pen-tsao ne paraît pas avoir fait de distinction entre le Fenouil et TAnis.

YiDiuM monmeri, che-tclioang-tsee, Pen-tsao; xe-choam-çu, Gleyer, 37; sze-czuan-tsy , Tatarinov, 397; shay-

chwang-tsze, Hanbury, 64; shie-chwang-tsze , F. P. Smith , 266.

Cette Ombellifère , qu'on rencontre presque partout en Chine, fournit à la médecine ses fruits petits et ovoïdes , munis de côtes très-saillantes, égales , séparées les unes des autres par une bandelette; la commissure offre deux bandelettes. On prétend que ces méricarpes ont une action sur les reins , et qu'ils agissent comme aphrodisiaque, antirhumatismal, vulnéraire, etc. On en fait des applications, après les avoir broyés et pulvérisés, dans la chute du rectum, les fistules anales, et dans les éruptions de lèpre ou de gale.

Libanotis, fang-fong ; fan-fyn, Tatarinov, 172; fangfung y F. P. Smith , 631.

Les Chinois mangent cette Ombellifère, et en emploient la racine, qui est en morceaux brun-jaune, irréguliers, ramifiés avec quelques restes de la tige, et d'une saveur douce, aromatique; on l'administre contre les rhumes, le rhumatisme; la décoction en est préconisée contre les sudations intenses , l'hémorrhagie utérine et l'empoisonnement par la racine d'Aconit.

Les fleurs , les semences et les feuilles sont officinales.

Les Chinois font usage d'un assez grand nombre de médicaments qu'ils empruntent à la famille des Ombellifères , et principalement à des plantes du groupe des Angélicées. Ils tirent ces drogues, tang-{u-pau, qu'ils estiment beaucoup et qui ont une valeur assez élevée, du Sse-tchuen, du Hou-pe, etc.

Levisticum chinense, tang-kouey ; czuan-siun, da-czuansiun, dan-guy, Tatarinov, 118, 139, 148; tang-favei F. P. Smith, 630; chuen-keung , Hanbury, 108.

Racines en masses globuleuses d'un pouce ou deux de diamètre, à surface externe irrégulière, raboteuse, brune. L'intérieur est brun jaunâtre pâle, caverneux.

L'odeur rappelle celle de YAralia (Dimorphantus) edulis, avec lequel on peut peut-être l'identifier.

La racine est donnée en décoction quelques jours avant l'accouchement, pour prévenir les dangers de cet acte physiologique.

Angelica officinalis (?), Mang-lou-ho ; tsiang-ko; kiang-ho; tchuen-kiang-ho ; cian-chu, Tatarinov, 85; ts'ien-hu, F. P. Smith, 68; tchuen-hong, Debeaux.

Cette espèce , qu'on tire du Sse-tchuen , du Hou-pe et du Hounan, est en racines irrégulières, ramifiées, pivotantes, à surface brune , très-ridée , et portant des radicules et du chevelu ; l'intérieur est d'un blanc sale , la saveur amère et aromatique , l'odeur agréable et douce. On l'emploie comme stomachique, tonique et carminative.

Angelica (?), tou-ho, du-cho, Tatarinov, 164} tu-hwohj F. P. Smith , 69.

Les racines de cette Angélique sont en longs morceaux contournés, profondément ridés en long et en travers. Elles portent des restes des gaines des feuilles; l'extérieur est brun foncé et jaunâtre; l'intérieur, peu dense, est blanc sale; la saveur et l'odeur sont faiblement aromatiques. On les tire du Kan-sou.

Angelica (?), kiang-hwoh, F. P. Smith, 70; kiang-ho.

Cette sorte, qui provient aussi du Kan-sou, est plus foncée et présente de distance en distance des nodosités ou sortes d'articulations; l'intérieur est jaune, ligneux, très-cassant, et a quelque analogie de structure avec les Ménispermées.

Angelica (?), tchiûen-kiang.

Ressemble au précédent , mais a une odeur un peu musquée , est plus petit et porte des radicules.

Ombellifère (?) , yu-shuk, Hanbury, 107.

Racines contournées, charnues, épaisses d'un pouce environ à la base , se gonflant au sommet en tubercules noueux d'un ou deux pouces de diamètre ; l'extérieur est brun et ridé ; l'intérieur est jaune pâle; l'odeur en est douce et aromatique.

Scorodosma foetidum, ouo-ouey ; keou-kij ; io-eul, Mérat, Delens; e-wei, Tatarinov, 171 j o-wei, Mng-ku, F. P. Smith, 105; rigo-houei, Debeaux.

Importé des parties méridionales de la Perse , où on l'obtient par des incisions faites au collet, YAsa-fœtida, hah-sih-ni, est très-recherché des Mongols, qui en saupoudrent leurs mets. On l'emploie en Chine comme antiscorbutique , antihystérique , après l'avoir fait infuser dans de l'eau de riz ; on s'en sert aussi pour le mêler à l'eau destinée au lavage et au pansement des ulcères.

Tout YAsa-fœlida qu'on trouve en Chine est de qualité très-médiocre, et on lui substitue souvent une affreuse mixture faite avec de l'ail et un placenta de femme récemment accouchée. A défaut de cette dernière substance , on se sert d'un fœtus mort.

Coria\drum sativum, ouan-souy-tsay ; che-lo; shi-lo, siauhwei-hiang, F. P. Smith, 301; hong-yu-tze, Debeaux.

Ses fruits aromatiques sont quelquefois substitués à ceux du Fenouil : on s'en sert aussi comme condiment. D'après M. Debeaux, on le remplace à Chang-hai et à Tien-tsin par le hong-kin-yu (Ant/iriscus cerefolium) .

Daucus carotta, hou-lou-po; hong-lo-po; chun-lo-bo , Tatarinov, 80; hu-lo-peh, hung-lo-p'eh, F. P. Smith, 198; hong-lo-pe , Debeaux.

Très-digestible , tonique , laxative , cette Ombellifère a été in-

troduite de l'Asie centrale, sous la domination mongole. Elle pénètre les reins et les uretères.

Les fruits sont indiqués dans la diarrhée chronique.

ARILIACKEN,

Pamx gin-seng, jin-seng; i-gin-ci, pe-tsi, G. L. C; j indien, Mérat, Delens; zen-szen, Tatarinov, 494; jinsan, hwang-san, shin-ts'au, F. P. Smith, 478; jinsang, Hanbury, 110; gin-seng , Debeaux.

Le Gin-seng, qui jouit auprès des Chinois de la plus haute renommée, et qui passe pour la panacée par excellence, est une plante haute de cinquante centimètres à un mètre, à tige rayée, sans rameaux, rouge dans la partie qui avoisine la racine; elle porte quatre à six feuilles , à cinq divisions ovoïdes , vert pâle , réticulées, dentées en scie sur leurs bords, et ayant un pétiole dilaté à la base.

Le Gin-seng qu'on rencontre dans le commerce est variable d'aspect, suivant les provenances. On trouve cette plante en Mandchourie, en Daurie, en Corée, en Chine, dans le Pe-tchi-li , le Chin-king, le Chan-si et au Japon. La sorte la plus estimée est celle de Mandchourie (giian-dun-zen-szen , Tatarinov, 211 ) , mais elle est l'objet du monopole de l'empereur de Chine. On en recueillait autrefois une très-grande quantité dans la province de Ghi-rin , alors partagée en districts que devaient explorer les familles mandchoues ; mais il y est devenu très-rare.

Le Gin-seng de Corée (gao-li-zen-szen, Tatarinov, 197), qui vient après celui de Mandchourie comme qualité, est le meilleur que fournisse le commerce , où il est fréquemment adultéré avec la racine du Japon ( elle -même falsifiée avec des racines de Campanule). Sa récolte est faite par des soldats tartares qu'on envoie parcourir les districts où il croît pour en arracher les racines; ils les raclent avec un couteau de bambou, le con-

VEGETAUX. 201

tact du fer passant pour très-préjudiciable, puis ils les trempent dans de l'eau chaude avec du millet , ou les soumettent sur des claies aux vapeurs d'eau de millet. Quand elles sont devenues transparentes , ils les font dessécher; elles sont de couleur jaune ambré, demi- transparentes, bifurquées de façon à prendre une apparence humaine grossière ; leur saveur est sucrée d'abord et rappelant celle de la Réglisse , puis elle devient un peu amère.

Les sortes qu'on recueille en Chine sont en racines généralement plus petites, longues de cinq ou six centimètres, opaques, grises ou blanches , à surface couverte de rides et de sillons , et souvent chargées d'une couche pulvérulente blanche. Elles sont très-facilement attaquables aux insectes.

Il paraît que la rareté du Gin-seng est devenue telle que l'on a commencé, par ordre et avec un privilège exclusif, à en faire des cultures dans plusieurs localités.

Le véritable Gin-seng est très-rare et atteint une valeur énorme ; aussi n'est-il. pas étonnant de constater pour ce médicament un grand nombre de sophistications au moyen des racines de diverses Ombellifères et Campanulacées. Les Chinois importent aussi une très-grande quantité de l'espèce américaine, Panax quinquefolium; ils font aussi un grand usage du Panaquilon , substance brune, translucide, à poudre jaune, soluble à un haut degré dans l'eau et dans l'alcool, et qu'on obtient en traitant les racines du Panax américain.

Le Gin-seng pénètre le poumon, restaure les esprits et le sang; on l'administre en décoction ( 1 à 12 grammes) le matin, pendant plusieurs jours, de trois à huit ; on en répète quelquefois l'emploi le soir avant de dormir. Aucune précaution n'est indiquée dans son usage, que de s'abstenir de thé pendant un mois au moins. Ce médicament n'est presque jamais administré aux vieillards ou aux enfants ; if semble réservé aux hommes faits qui désirent profiter de ses prétendues qualités aphrodisiaques.

Il n'est pas rare de trouver du Gin-seng qui , après avoir été déjà employé, est desséché et offert de nouveau au consommateur.

Les divers faux Gin-seng se trouvent aussi dans la matière médicale chinoise. Voir Campanula , Adenophora , Angelica, Platycodon, Rehmannia, etc.

Gin-seng, tang-seng.

Doit-on rapporter à un Panax le Gin-seng de la province de Chan-tong, qui a été longtemps plus estimé que celui de Corée et même de la Mandchourie , et qui est aujourd'hui uniquement employé par ceux qui ne sont pas assez riches pour se procurer du vrai gin-seng ?

Dimorphantus (Aralia) edulis, tang-kouei , Pen-tsao; do-huquatz, dos-jen, Kœmpfer; tang-huei; dan-guxj, Tatarinov, 148; tang-kwei, Hanbury, 109; tang-hwei, F. P. Smith, 78.

Cette plante, qui croît dans le Sse-tchuen, le Yun-nan, le Kan-sou , fournit à la matière médicale ses racines charnues , brunes, formant une masse de radicules et offrant une grande analogie de forme , de dimension , de couleur , avec la racine de Gentiane ; l'intérieur en est jaune blanchâtre ou un peu plus foncé ; elles ont une saveur douceâtre , chaude , aromatique , qui rappelle celle du Persil, et une odeur forte se rapprochant de celle du Céleri et de l'Angélique. Ces racines ne paraissent pas être employées comme aliment en Chine, comme elles le sont au Japon, où on les mange en guise de Salsifis , ainsi que les jeunes pousses. Les racines de tang-kouei sont très-employées par les Chinois dans les maladies des femmes (menstrues , affections puerpérales , chlorose) ou contre les hémorrhagies , les pertes, les maladies du cœur, etc.

Ce médicament , qui est d'un emploi presque aussi général que celui de la Réglisse , est très-fréquemment usité par les femmes chinoises pour augmenter la stimulation génératrice, car Y Aralia edulis passe pour attacher la femme à son mari. (Voir Levisticum chinense.)

Aralia palmata, ou-kia-pij ; wu-tzta-piij Tatarinov, 491; wu-kea-py,F. P. Smith, 79.

L'écorce de la racine de cet Aralia, qu'on trouve dans le Chen-si, le Hou-pe, et dans la vallée du Yang-tsee-kiang , est en morceaux bruns de dimensions différentes , plus ou moins roulés et contournés, mélangés de fragments de racines et de tiges; leur saveur est nulle , et leur action paraît peu marquée. On en prépare cependant une teinture antirhumatismale , qu'on emploie aussi quelquefois dans les affections tertiaires syphilitiques. C'est une écorce froide, qui fortifie l'estomac et en chasse les vents.

Aralia papyrifera, tong-tsao; den-cao, Tatarinov, 155; tfung-toh-muh , t'ung-tsau, F. P. Smith, 80.

Cette plante, qui fournit à l'industrie chinoise sa moelle pour en fabriquer le papier dit papier de riz, passe pour diurétique, pectorale, galactogogue.

Les copeaux de moelle, t'ung-p'ien, sont employés comme charpie ou pour maintenir ouverts les bords d'une plaie.

Le pollen est appliqué sur les ulcères strumeux et sur la surface des plaies.

LOK %\ ■ Il A Ci; F*.

Viscum album (?) , chan-ki-seng ; san-tzi-tzen , Tatarinov, 331 ; sang-shang-ky-sang , F. P. Smith, 741; tchang-kitsirij Debeaux.

Une espèce, qui croît en parasite sur le Mûrier dans le Ssetchuen et le Kiang-nan, est très -estimée des Chinois dans le traitement des maladies des femmes enceintes ou des suites de couches. Elle a des feuilles arrondies et pointues vers l'extrémité, épaisses, glabres en dessous, des fleurs jaunes et des fruits assez gros.

Viscum (?), lij-hou; lih-huh, F. P. Smith, 729.

Cet épiphyte , qu'on recueille sur les chênes en Mandchourie , passe pour tonique.

Viscum (?), lieou-ki-seng ; liu-ki-sang , F. P. Smith, 1265.

Cette espèce , qu'on recueille sur les Salix, est recommandée comme carminative, antispasmodique et sédative.

Cotylédon serrata, tao-chang-yo ; tau-shang-yoh , F. P. Smith, 313.

On en applique les feuilles sur les coupures; on les emploie aussi contre Fépilepsie.

Umbilicus malacophyllus , tso-ye-ho-tsao ; wa-sun, wu-iuy, Tatarinov, 474, 486; tsoh-yeh-ho-tsau, wa-sang, uhyu,F. P. Smith, 1221.

Très-commun sur le toit des vieilles maisons, il passe pour avoir des vertus rafraîchissantes , altérantes , emménagogues et lithontriptiques. On s'en sert pour nettoyer la chevelure; on le préconise aussi contre la morsure des chiens enragés, et on en fait des applications sur les tumeurs et blessures.

Sedum acre, fou-kia-tsao ; fuh-kiah-ts au , F. P. Smith,

La plante contusée est un remède populaire pour appliquer sur les brûlures et rougeurs.

Sedum sieboldii , fey-tsai.

Appliqué sur les brûlures et les engorgements.

VEGETAUX. 203

SAXIFRAGÉES.

Saxifraga, che-hou-oueij ; szi-chu-suy, Tatarinov, 406; shih-hu-wei, rigo-pu-s/rih-ts'au, F. P. Smith, 1023.

Plante à fleurs jaunes, qui passe pour émétique et diaphorétique, et qui est recommandée contre la fièvre et les ophthalmies.

Saxifraga sarmentosa, ho-poU'Che-tsao ; lio-rigi-tsao, Debeaux.

Elle passe pour astringente, d'après M. Debeaux.

Dichroa febrifuga, chang-chan ; tchang-kan , Debeaux; thuong-son, Annamite.

Fébrifuge excellent, qui est employé surtout en Cochinchine. Les feuilles et les racines sont très-amères ; le suc des feuilles est émétique.

Cocculus palmatus, kin-nin , Debeaux.

Racines en petits fragments circulaires jaune pale, très-amères.

MYRISTICÉES.

Myristica aromatica, jou-teou-ko ; jou-teou-keou; sou-doukou, Tatarinov, 497 ; juh-t' au-k' au ; juh-k'wo, F. P. Smith, 763; yo-hoan-tze , Debeaux.

Les noix muscades, importées de Singapour et, dit-on, de l'Asie centrale, sont très-rarement usitées comme épices; bien que souvent attaquées par les insectes , elles sont employées en médecine comme astringent, stomachique, antispasmodique, et surtout pour combattre l'ivresse.

AMOMACEBi.

Anona squammosa , fan-ly-tche ; fan-lih-chi , F. P. Smith,

Introduit il y a environ un siècle pour son excellent fruit.

Vitis vwifera, pou-tao ; ye-pu-tao ; pu-tao, Tatarinov, 324, pu-t'au, kan-pu-t'au, F. P. Smith, 489, 968; bu-angur, Mérat, Delens; ying-yu; pou-tao-tze, Debeaux.

La vigne fournit aux Chinois des raisins qu'ils dessèchent et dont ils font quelquefois une liqueur sucrée , mais ils ne fabriquent pas de vin , et ce qu'on désigne sous ce nom de vin , tsiu, n'est que le produit de la distillation de diverses sortes de grains, qu'ils préfèrent aux produits de la vigne; ces liqueurs ne sont jamais rectifiées et renferment toujours une certaine quantité de fusel oil ( éther amylique) qui leur communique une saveur particulière, laquelle est encore rendue plus sensible par la constante habitude de boire chaud. C'est à la présence de ce principe qu on doit rapporter la rapidité avec laquelle la face des buveurs chinois s'injecte et devient écarlate.

Les Chinois ajoutent fréquemment à leurs esprits de grains divers parfums, tels que du bois de Santal.

Les feuilles, les vrilles et les râpes de la vigne sont recommandées contre les rhumatismes, Fhydropisie, la dysurie, etc.

Le raisin passe pour nutritif, antifébrile, antiscorbutique et diurétique.

CORAKE*.

Cornus officinalis , tchou-yu-ju; chan-tchou-yu , Pen-tsao;

szan-iuy-zou, Tatarinov, 395; shan-chû-yu. F. P* Smith , 303.

Les graines, acides, tempérées, pénètrent le poumon et les reins et restaurent l'estomac; elles renferment une certaine proportion d'huile.

Les fruits, jau-tsau, sont astringents, fébrifuges et vermifuges.

Cornus sinensis, hou-toai-tse ; hu-t'ui-Uz\ F. P. Smith,

On en emploie comme astringents les fruits et les racines ; les feuilles sont données contre la toux et l'asthme.

Curtisia (Sideroxylon) cantoniensis , chan-lan-chou; shanlan-shu, F. P. Smith, 1047.

Passe pour tonique et astringent.

SCHIZANDRACÉES.

Kadsura chinensis, ou-oey-tsee , Pen-tsao; wu-wei-tsze , Tatarinov, 492; ivu-wei-tsze , F. P. Smith, 587.

On tire du Chan-tong , du Chen-si et du Ngan-hoey les fruits de cette espèce ; ils sont petits, rouges, ridés, réniformes, et présentent, dans une pulpe acide, deux graines courbes, d'un jaune rougeàtre , acres et amères ; on emploie ces fruits comme toniques, pectoraux et laxatifs, et comme aphrodisiaques.

On fait aussi usage des branches , qui sont riches en principe visqueux, contre la toux, la dyssenterie et la gonorrhée*

Magnolia yulan, iju-lan; sin-y, yn-tchun-hoa, Pen-tsao;

sin-i, Tatarinov, 362; $in-i, ying-chun-hwa,F . P. Smith, yu-lan-hoa, Debeaux.

Cette belle espèce, remarquable par ses Heurs nombreuses et précoces, fournit à la matière médicale ses fleurs et ses semences qui passent pour être de puissants fébrifuges.

On en recueille les boutons, cliun-hua, et les cônes, dans le Chen-si et le Tche-kiang , pour en faire une poudre sternutatoire excellente contre toutes les maladies des fosses nasales.

On les emploie aussi, en raison de leur saveur forte, aromatique et amère, dans toutes sortes de maladies, comme carminatif, céphalique, stimulant et diaphorétique. Les Chinois mangent les feuilles du yu-lan; ils les trempent dans la farine délayée avec de Feau, puis les font frire.

Magnolia hypoleuca, hao-po, Pen-tsao; heu~po, Cleyer, 200; chou-po , Tatarinov, 562; how-puh , Hanbury, 119; hau-poh,¥. P. Smith, 682.

Cet arbre, qui croît en Cochinchine, se trouve aussi dans le Sse-tchuen, le Chen-si, le Hou-nan et le Kiang-nan. On en emploie Técorce , qui est rude , grossière , enroulée en larges cylindres de sept à neuf pouces de long; l'extérieur est brun-gris et couvert de tubercules et de débris de lichens ; l'intérieur est uni , brun-rouge; sa saveur est aromatique amère; on s'en sert comme tonique et stomachique contre certaines fièvres; ce médicament pénètre la rate et l'estomac.

On emploie les semences et les cônes contre les fissures anales.

Magnolia rubra, tche-po; ch'ih-poh, F. P. Smith, 683. L'écorce est en fragments courts, épais, rouge-brun et amers.

Magnolia fuscata, han-siao-hoa ; han-t$in-hoa , Debeaux.

On en emploie les fleurs non épanouies en infusions contre les inflammations des muqueuses.

VEGETAUX. 209

Magnolia , mou-tan-chou.

Boutons à fleurs.

Michelia champaca, hoa-che-lan; tchin-po ; chen-poh, chenpo ,chen-po-kia, F. P. Smith, 720.

Cultivé pour ses fleurs jaunes, qui exhalent d'abord une odeur délicieuse , qu'elles perdent bientôt pour en prendre une repoussante , il fournit au commerce son écorce aromatique et amère , qui sert à falsifier la Cannelle et qui jouit de propriétés excitantes marquées.

Illicium anisatum, pa-kio-hoei-hiang ; ta-hoei, C. L. G.; pali-koh-liwui-hiang , ta-hwui-hiang , hway-hiang, F. P. Smith, 541 ^ pa-kieh , Debeaux.

Cette plante, qu'on rencontre dans le Fo-kien , le Kouang-si et le Chan-si, a l'odeur anisée dans son bois, ses feuilles et son écorce; les fruits, ta-lien-lsee , qui sont quelquefois employés comme condiment, ou mâchés après les repas, sont indiqués contre la colique, la constipation , le lumbago et les fièvres de toutes sortes.

On en distille une essence, pa-kio-yeou \> pour l'exportation.

Clematis vitalba, mou-tong; tong-Uao, ky-mou-tong , Pentsao; mu-tun, Tatarinov, 306; muh-tung , tung-tsau, F. P. Smith , 264.

Les médecins chinois donnent le nom de mou-tong à trois

plantes à tiges longues et sarmenteuses : 1° le Clematis Vitalba,

à feuilles quinées; 2° Akebia Quinata , à feuilles ternées; 3° une

plante indéterminée, à feuilles simples trilobées.

Les rameaux du Clematis Vitalba sont en morceaux longs d'un pied, jaunes, offrant des couches concentriques marquées.

De saveur douce et acre , le mou-ton g pénètre le cœur et les petits intestins , ouvre la bile , tue les vers , excite tous les sens et toutes les facultés.

Sa racine est préconisée contre le goitre.

Son fruit est tonique, stomachique et diurétique.

Thalictrum rubellum, chen-ma; sien-mao, Cleyer, 90; szenma, Tatarinov, 404; chong-ma; shing-ma,¥. P. Smith, 1143; shing-ma, Hanbury, 111.

Cette plante du Sse-tchuen, du Ghen-si et du Kan-sou , a des racines qu'en emploie utilement dans la leucorrhée, l'aménorrhée, la chute du rectum ; elles sont d'une saveur amère et se présentent en morceaux irréguliers, brun foncé, munis de radicules et portant encore des vestiges plus ou moins grands des tiges.

Thalictrum sinense, ho-hang-lin, Debeaux.

Anémone japonica , pe-teou-ong ; pe-to-hoang , Debeaux.

Ranunculus sceleratus, tclie-guen-tsao ; chg-lan-tsan ~, Debeaux.

Trollius chiivensis, kin-lierij F. P. Smith, 1206; tsin-lianchuctj Tatarinov, 421.

Aconitum, ou-teou; wu-t'u; tvu-tou, Tatarinov, 489.

Plusieurs espèces du genre Aconilum croissent en Chine et en Mongolie , et fournissent à la matière médicale des produits distincts, bien qu'il soit très-évident qu'on doit, au moins pour queU ques-uns, les rapporter à de mêmes espèces. On en fait usage comme stimulants, diurétiques, altérants, etc.

Aconitum ferox(?), tsao-ou-teou ; tsau-wu-t'u, F. P. S., 16.

Cette espèce , et probablement quelque autre voisine , fournit des racines de forme et de volume variables, ovoïdes, oblongues et pivotantes, ou bifides, ou arrondies à leurs deux extrémités; leur volume varie d'un à deux pouces ; leur surface est lisse ou ridée, foncée; elles sont fréquemment attaquées des vers; Tintérieur en est blanc, amylacé; leur odeur est très-faible, leur saveur acre et brûlante. Très-vénéneuse, cette racine sert à faire un extrait fort actif.

Aconitum, tou-po-tsao; tuh-poh-tsau.

Cette espèce, qu'on recueille dans la région ouest, sert à préparer les flèches empoisonnées.

Aconitum vamegutum, f ou- tsee; szen-fu-tsy , Tatarinov, 185, 401; fu-t s ze, heh-fu-tsze, F. P. Smith, 13.

Cette espèce paraît fournir plusieurs médicaments à la médecine chinoise; il semble qu'on soit arrivé dans le Sse-tchuen à obtenir par la culture une variété moins vénéneuse et caractérisée par le développement de ses racines tuberculeuses , qui ressemblent beaucoup à celles de Y Aconitum sinense, mais sont plus volumineuses ; on les prépare par la macération dans le vinaigre et par une salaison dont le nlode opératoire est un secret. On fait un grand usage de ces tubercules , et l'on estime principalement ceux qui portent beaucoup de radicules.

Le i'ien-hiang , F. P. Smith, 14, serait fourni par une variété stérile cultivée dans le Sse-tchuen et le Hou-pe ; ses racines sont ovoïdes , pivotantes , longues de près de deux pouces , noires à l'extérieur, qui offre souvent une sorte d'efflorescence ; tuberculeuses, surtout vers le haut; l'intérieur est assez mou, de couleur brun noirâtre, plus foncée dans les vieux échantillons. Sa saveur est salée et acre.

Lefu'-pien, F. P. Smith, 15, est fourni par les tubercules de V Aconitum variegatum, pelés, après avoir macéré dans le vinaigre,

séchés et coupés en tranches minces, fragiles, translucides, blanches et portant la trace des faisceaux concentriques. Il est moins acre, ce qui tient sans doute à son mode de préparation. Le tseh-tsze paraît formé des plus petits tubercules.

Aconitum sinense, kwang-wu , eh uen-wu-t \i , F. P. Smith,

Cette espèce donne des racines pivotantes, coniques, longues d'un pouce et demi environ , épaisses de six lignes , à extérieur raboteux, brun noir; elles portent toujours une assez grande quantité de radicules ; l'intérieur est amylacé , résistant et blanc sale; la saveur est amère, acre et brûlante.

Ces racines sont fréquemment attaquées par les vers.

Aconitum japonicum, tsao-vou-tou; çao-wu~tou, Tatarinov, 38; tsaou-woo, Hanbury, 104.

Les racines noirâtres de cette espèce ressemblent un peu à celles du chuen-woo, mais elles sont plus petites et moins régulières; leur volume varie beaucoup.

Filles sont ovoïdes ou oblongues, pointues ou arrondies à leurs extrémités, recouvertes dune pellicule lisse ou sillonnée; la partie interne est blanche et inodore.

Aconitum lycothonum (?), lang-luh,F. P. Smith, 32, 1268,

Sa racine, conique ou napiforme , large, féculente, très-souvent attaquée par les vers, est très-vénéneuse ; elle est quelquefois employée comme sédative.

Aconitum, tchuen-vou; chuen-ivoo, Hanbury, 103.

P/eonia albiflora, pe-cho-yo ; pe-tchou ; cho-yo; peh-chohyoh, F. P. Smith, 853; chy-yo , Debeaux. (Pœonia Moutan. )

Cette Pivoine croit dans le Hou-nan et le Ngan-hoey, où on en

VEGETAUX. 213

récolte les racines , qui se présentent sous forme de morceaux durs, lourds, gros comme le doigt, longs de quatre à six pouces, blanc rosé, marqués à l'extérieur de tubercules et de sillons blancs ou gris, et demi-translucides à l'intérieur.

Très-estimée des Chinois, qui pensent qu'elle pénètre l'estomac pour lui donner plus de force , la racine pe-cho-yo est employée contre la blennorrhagie et surtout contre les maladies des femmes ; elle est contre-indiquée dans la fièvre maligne.

P^onia moutan, ma- dan-pi , Tatarinov, 299; mou-tan, F. P.Smith, 854.

L'écorce de la racine , qu'on trouve en morceaux bruns à l'extérieur, rougeâtres en dedans et sur les cassures , longs de trois à quatre pouces, à saveur très-forte, est très-employée contre les maladies du sang, leshémorrhagies, les dérangements menstruels, et contre les vers.

PiEONiA rubra, czi-szo-iao, szao-iao, Tatarinov, 114, 396; Iche-tcho-yo ; ch'ih-choh-yoh , %iau-chi, cliuen-choh, F. P. Smith , 855.

On emploie comme carminative et altérante l'écorce de cette espèce, qui est en morceaux sillonnés longitudinalement, droits, et de couleur jaune rougeàtre.

BERBÉRIDÉE»,

Berberis lycium, ty-kou-py; ti-kuh-pi; di-gu-2Jy, Tatarinov, 158; kau-ki, F. P. Smith, 137.

Cet arbre, qui croît dans le Hou-nan, le Chen-si, le Kiang-sou et le Kan-sou , a une racine amère qui dissipe la chaleur interne , rafraîchit le sang, restaure l'humide radical, et qu'on administre comme fébrifuge, rhumatismale, tonique et vulnéraire.

On emploie aussi l'écorce de la racine ti-kuh-pi en morceaux jaune brun clair, roulés, à saveur et odeur faibles.

Le fruit, mélangé à l'écorce, sert à faire une teinture fébrifuge et tonique.

Berberis vulgaris (?) , tchang-yu, Debeaux. Le fruit est astringent.

Berberis chinensis, kau-hih, F. P. Smith, 138.

Employé, ainsi que le Berberis aquifolium, comme succédané du Berberis Lycium.

PAPAYÉRACÉEI.

Argemone mexicana, lao-chou-ly ; l-au-shu-lihj F. P. Smith,

Les semences de cette plante, qui est commune dans les provinces méridionales, passent pour sédatives et émollientes.

Chelidonium majus, tche-mou; chi-mu, F. P. Smith, 217. Employé comme émétique et expectorant.

Papa ver somniferum , yn-tsee-chou; yn-tchou-hoa; ouancheou-ko; yn-ly; yin-shu; in-su-chua, Tatarinov, 232; yn-chou-hoa; yang-yen, ying-sze'shu, F. P. Smith, 816,916.

Introduit en Chine au moins depuis la dynastie mongole, le Pavot est entré dans la thérapeutique ordinaire sous la dynastie des Ming, e.t le Pen-tsao l'indique, soit seul ou associé à d'autres substances, contre la leucorrhée, la dyssenterie, la diarrhée, la toux, la spermatorrhée , etc.

Aujourd'hui la médecine chinoise repousse l'emploi de ce médicament si utile, ayant déversé sur lui tout l'opprobre qui couvre l'habitude de fumer ou de manger de l'opium. Les capsules, yngchou-hoa, et les fleurs, sont usitées comme calmantes dans les

VEGETAUX. 215

phlegmasies internes ou externes ; les semences ^yng-chou-tze, empêchent, dit-on, les poulets de se développer. (Dabry de Thiersant.)

L'opium paraît avoir été cultivé il y a déjà de longues années (en 1736 dans une partie du Yun-nan) dans plusieurs provinces de la Chine , où il aurait été importé de l'Inde l ; mais ce n'est que dans ces dernières années que cette culture a pris une extension des plus fâcheuses et est devenue une des principales récoltes d'hiver dans le Yun-nan, le Hou-nan et le Tche-kiang. Les plantations se font dans des terres légères où l'eau trouve un écoulement facile, et cette culture est menée avec un tel soin que les plantes, et surtout les capsules, acquièrent un volume considérable. Au printemps, on fait sur les capsules presque mûres des entailles, qu'un lambeau d'épiderme recouvre pour prévenir la dessiccation trop rapide, et chaque matin les gouttelettes concrétées sont recueillies au moyen d'une lame de bambou et réunies dans un tube de bambou. On obtient actuellement deux récoltes annuelles, quelquefois trois, en alternant la culture du Pavot avec celle des plantes alimentaires. La graine du Pavot est employée comme aliment, la tige desséchée, comme combustible. Les débris des feuilles et des capsules servent à nourrir les porcs ; mais ces animaux maigrissent dès qu'on cesse cette nourriture et doivent être tués immédiatement. (Dr Thorel.)

Ce n'est pas sans une vive opposition du gouvernement que la culture du Pavot a pris cette extension en Chine; mais, malgré Fédit du 28 avril 1865, conGrmé par celui du 21 janvier 1869 , cette plante n'en continue pas moins à prendre la place du riz et des céréales; cependant, si on doit en croire un haut mandarin, le gouvernement ne tolérerait actuellement la production indigène que pour anéantir par la concurrence l'importation des Indes, et

1 Si cette culture de l'opium en Chine depuis un temps très-long peut servir à prouver qu'il y avait dans cette contrée des fumeurs d'opium avant les importations faites par les Anglais, il n'en est pas moins constant que ceux-ci ont une grande part de responsabilité dans la vulgarisation de cette funeste habitude, et qu'ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux des désordres produits par l'usage trop répandu de ce narcotique.

il espère, une fois ce résultat obtenu, détruire insensiblement la culture locale. Puisse -t-il réussir et faire ainsi disparaître un vice qui a une si fâcheuse influence sur la population ! L'action du Pavot n'a pas seulement été remarquée sur l'homme, mais aussi sur les animaux, car on a constaté que les abeilles, autrefois très-abondantes dans le Yun-nan , ont éprouvé une mortalité considérable depuis que la culture du Pavot y a été introduite.

Les fumeurs emploient un opium préparé, min-yang , et il en existe plusieurs qualités, depuis l'opium le plus fin jusqu'au résidu de pipe, lie-chan-lao , dont se servent les domestiques et les pauvres.

L'opium indigène, hi-tou, qui paraît être souvent adultéré avec des matières étrangères, telles que le suc glutineux du hoai-chou, est assez riche en morphine (6,94 pour 100, d'après le docteur Jamieson) et en narcotine (8,87), mais il n'est pas aussi recherché des fumeurs que celui de l'étranger, yang-ton. On a cependant constaté dans ces dernières années que son prix, moindre de moitié, l'avait fait entrer en sérieuse concurrence avec l'opium indien.

FUMARIACÉEI.

Corydalis ambigua, Pen - tsao ; yuen-hu-so; yen-hoo-suh , Hanbury, 99; yen-hii-soh, hiuen-hu-soh,¥. P. Smith,

L'identification de cette racine est due à M. Daniel Hanbury, qui l'a décrite ainsi : tubercules petits, durs, bruns, en forme de boule aplatie d'un demi-pouce de diamètre; l'extérieur offre une cuticule mince et ridée; l'intérieur est jaune clair, demi-transparent, et d'apparence cireuse. C'est une plante de Sibérie, du Kamtchatka et du fleuve Amour. On rencontre cependant cette plante dans diverses parties de la Chine , mais elle y fournit un médicament moins estimé.

VEGETAUX. 217

Fumaria officinalis (?) , ti-ting , Debeaux; tsee-hoa-ti-ting . Fraîche, elle est appliquée sur les tumeurs charbonneuses.

Fumaria racemosa, tsy-chua-di-din, Tatarinov, 468.

( III ( Il I IMS.

Sinapis alba, pe-ky ; pe-kiai; bay-tsie-tsy, Tatarinov, 17; peh-kai, hu-kai, F. P. Smith, 1055; pe-kiai-tze, Debeaux. (Sinapis brassicata.)

Importée de l'Asie centrale en Chine , cette Crucifère est surtout abondante dans le Sse-tchuen , où on la sème en automne pour s'en servir en hiver dans l'alimentation. La plante entière est slimulante, diaphorétique , stomachique et purgative.

La semence, pe-ky, acre, tiède, pénètre le poumon, agit comme sudorifique , chasse les phlegmes et renforce la bouche et l'estomac.

La racine, pe-kiai, acre, amère, tempérée, est anthelmintique, dissipe les tumeurs pestilentes et expulse le fœtus mort dans l'utérus.

Sinapis nigra, tsie-cay, Tatarinov, 444; tsz'e-kai, F. P. Smith, 1056; kiai-tsee, tsee-kiai.

La plante passe pour avoir une action utile sur les poumons , l'estomac et l'intestin , et pour être excellente contre les affections nerveuses, la paralysie, etc. On administre les semences contre l'aménorrhée.

Brassica sinensis, pe-song , Pen-tsao; pe-tsai; yun-t'ai, yuts'ai, peh-Csai, F. P. Smith, 157; yun-tai; yu-tsai; pe-tsai-tze , Debeaux.

Ce Brassica est une plante potagère très-estimée , dont les qua-

lités varient avec le climat (celui du nord est excellent) 7 la saison et le terrain; on préfère celui des terres marécageuses.

Les semences sont fortement huileuses et servent à fabriquer le ts'ai-yeou, huile épaisse, de couleur jaune foncé, à odeur agréable, à saveur forte, qu'on emploie pour l'éclairage et dans la cuisine. Prise à dose un peu élevée, elle est purgative ; on en fait des applications sur la peau dans quelques éruptions et sur les ulcérations.

Les semences sont usitées dans les affections puerpérales et contre les éruptions.

La plante entière est antiscorbutique, arthritique et résolutive; c'est le remède spécial de wu-hiun.

Raphanus sativus, lo-po; ta-lo-po , Mérat, Delens; hunglo-peh, F. P. Smith, 996* lo-pe , Debeaux.

Cette plante est employée dans l'alimentation, crue ou cuite, et joue un grand rôle dans la cuisine chinoise.

Les graines sont préconisées comme diurétiques et odontalgiques.

La racine est appliquée sur les tempes dans la céphalalgie.

Capsella bursa-pastoris, tsee-tsee; tsai-ts'ai, ti-mi-t$ai, F. P. Smith, 1043.

Elle entre sur une large échelle dans l'alimentation des pauvres; la racine est employée dans les ophthalmies.

Sisymbrium irio, choui-kiai-tsai , choui-kie; tien-kie.

Sisymbrium atrovirens, ting-ly-tse; tin-li-lsy> Tatarinov, 431 ; ting-lih, F. P. Smith, 1058.

Les semences de cette Crucifère , qui croît dans le Kiang-si , le Chan-si et le Chen-si, un peu amères et mucilagineuses , passent pour adoucissantes et laxatives; on les emploie dans l'hydropisie, la dysurie, l'aménorrhée et les fièvres.

Isatis tinctoria , lan-tsai.

On cultive en grande quantité cette plante pour en extraire le pastel. Les Chinois , qui la mangent, la considèrent comme trèssalutaire et très-nourrissante.

Euryale ferox(?), kien; ki-tou; kien-che; cian-sù, tsilou, Tatarinov, 86, 441 ; kien-shih, ki-t'tij F. P. Smith,

Sous ce nom impropre , on désigne une Nymphéacée dont les divers organes sont riches en fécule et sont comestibles. On prépare aussi avec la farine des semences une sorte de biscuits secs , kien-shih-kaii , qu'on fait manger aux enfants atteints de kan.

Nymphéa alba , pin-fong-tsao.

Le Pen-tsao l'indique comme provenant du centre de l'Asie.

néi/uhbiacées.

Nelumbium speciosum, lien-ngeou , Pen-tsao; lan-chua, Tatarinov, 257; lien-hou, Mérat, Delens; lien-tsze, Hanbury, 78; lien-ngau, F. P. Smith, 667; lien-hoa, Debeaux.

Les Chinois font le plus grand cas de cette plante , qu'ils cultivent dans des étangs , et dont ils se servent dans de nombreuses cérémonies du culte de Bouddha. Toutes les parties du végétal ont reçu d'eux des noms particuliers et ont leur usage spécial.

Les racines, ngeou, che-gen , Tatarinov, 44; ow-tsie, Tatar. , 316, fournissent, dans le Kiang-si et le Tche-kiang, une grande quantité de fécule, ngau-fen, Smith, gaou-fun, Hanb., aw-fyn , Tatar., 915, qui est l'Arrow-root chinois, et qu'on retire par le

ràpage et la lévigation. Cette fécule est en poudre rougeâtre, onctueuse, brillante, formant une excellente gelée recommandée contre la diarrhée et la dyssenterie ; elle fait la base du san-hofen, aliment des nouveau-nés. Très-fréquemment adultérée avec des farines de Légumineuses, cette fécule est, par suite, préparée dans les ménages pour l'usage domestique.

Les tiges rampantes des Nelumbium, coupées par morceaux et bouillies, sont très-recherchées des Chinois.

Les feuilles desséchées, che-ie, Tatarinov, 45, sont recommandées contre les fièvres, Thydropisie, les hémorrhagies.

Les pétioles, lien-lwa-kang , passent pour exercer une influence sur les mouvements du fœtus dans l'utérus.

Le pédoncule élargi, lien-ping, tien-lien-ize ; lan-fan, Tatarinov, 258, est un remède populaire de l'hémoptysie.

Les fleurs, lien-hoa, ornent fréquemment les appartements chinois. Un pétale sur lequel on a inscrit la nativité de la patiente est donné souvent aux femmes en couche pour triompher des difficultés du travail.

Les étamines, lien-siuy, Tatarinov, 259, sont employées comme astringentes et aussi pour la toilette.

Les semences, che-lien-lsee ; lien-tsze > Hanbury, 78, sont recueillies surtout dans le Fo-kien , le Kiang-si et le Pe-tchi-li , pour les desserts ou pour l'usage médical ; on les mange crues , bouillies ou grillées; elles sont souveraines, dit-on, contre la spermatorrhée et l'hématémèse.

VIOLARIÉES.

Viola, tse-hoa; chouan-tsao-hoa; tsze-kin-hwa, F. P. Smith,

Les Viola canina etodorata, qui croissent en Chine, ne paraissent pas y avoir d'emploi médical.

VEGETAUX. 22L

Gynocardia odorata, ta-fong-tsee , Pen-tsao; tafung-tsze , F. P. Smith, 668; ta-fung-tsze, Hanbury, 83; dafyntsy, Tatarinov, 143.

Les semences de Chaulmoogra, importées de Siam , sont longues d'un pouce au plus , oblongues , très-irrégulières par suite de la pression réciproque , gris foncé ; leur testa dur offre souvent des restes de matière pulpeuse desséchée , qui quelquefois soude ensemble plusieurs graines ; l'albumen huileux entoure deux cotylédons minces et cordiformes.

On les préconise contre la lèpre, la teigne, les éruptions syphilitiques; on les emploie concurremment avec le calomel et la racine de Robinia amara.

€IJCURBITA€EE!I.

Muricia cochinchinensis, jfaft-m^-p/tf, Pen-tsao; mo-pie-çu, Cleyer, 188; fan-mu- bie, my-bie-tsy, Tatarinov, 175, 298 ; fan-muh-pee ; muh-pee-tsze , Hanbury, 57; muhpieh-tsze, F, P. Smith, 745; mou-pie-tsee.

Le fruit de cette Cucurbitacée, qui croit dans le Tche-kiang, le Hou-nan et le Chan-tong , renferme de trente à quarante graines orbiculaires ou obscurément triangulaires, comprimées, garnies de tubercules sur leurs bords, recouvertes d'un testa brun foncé, fragile, rugueux, très -souvent réticulé par des empreintes en creux; leur diamètre varie de trois quarts de pouce à un pouce et demi; ces graines sont très-huileuses. On en fait grand usage contre les ulcères et les affections scrofuleuses ; on s'en sert également contre les bubons.

Les Chinois font quelquefois , à leur grand détriment, confu-

sion entre ces graines et celles du Strychnos nux vomica (moupie-tsee).

Bryonia cordifolia (?) , tien-koua-fen; chua-fyn, Tatarinov, 67; tien-hwa-fen , poh-yoh, t 'ien-hwa , F '. P. Smith, 160; hi-tong-houa, Debeaux

On emploie les racines d'un Bryonia du Kiang-si et du Hou-nan, que M. Debeaux rapporte avec doute au B. hastata, Lour., et qu'on trouve en morceaux longs de deux à trois pouces , de la grosseur du petit doigt ou du pouce, de couleur claire, blanc jaunâtre; l'extérieur est couvert de stries longitudinales irrégulières ; elles sont dures , blanches et amylacées à l'intérieur, avec des rayons jaunâtres ; elles sont attaquées très-fréquemment par les vers, et sont alors réduites en poussière et vendues sous le nom de tien-houa; elles sont très-purgatives.

On emploie aussi comme tonique et antidyssentérique les fruits, pour remplacer ceux du Trichosanthes dioica.

Bryonia, mou-koua.

Citrullus, si-houa; si-kua; han-kua; si-hwa, han-kwa, F. P. Smith, 255; si-gua-tsy, Tatarinov, 337; si-kouatze, Debeaux.

Les Chinois font une très-grande consommation des fruits rafraîchissants du melon d'eau.

Ils en mangent aussi en grande quantité les semences, kwa-tsze, dans les boutiques à thé, où on les leur offre desséchées; elles sont adoucissantes, pectorales et peptiques.

Momordica ralsamina, hou-houa , Pen-tsao ; hou-houa; hugua, Tatarinov, 249 (Momordica Charantia); tiu-hwa, lai-p'u-t'aUjF. P. Smith, 404, 733; hou-houa, Debeaux.

Les Chinois mangent , malgré leur amertume qui disparaît par la coction dans le vinaigre, et avant leur maturité , les fruits verts ,

VEGETAUX. 223

oblongs , acuminés et couverts de tubercules inégaux ; quand ils sont parvenus à maturité, et alors ils sont d'un beau rouge, ils en font usage comme de drastiques énergiques.

Momordica , lay-koua; lay-gua, Tatarinov, 273.

COLOCYNTHIS , koU-pCLO , ku-paU. Purgatif drastique.

Benincasa cerifera, tong-koua, Pen-tsao; tong-koua-py ; tung-ktva, peh-kwa, F. P. Smith, 134; dun-gua-tsy , Tatarinov, 168; tong-kwa, Mérat, Delens.

Cette espèce, dont les jardiniers chinois savent obtenir des fruits énormes, porte une couche cireuse autour du fruit; son principal usage est de fournir les graines , peh-kwa-Uze , qu'on mange comme friandises avec le thé.

Cucurbita maxima microcarpa , ma-houa.

Curieuse petite espèce cultivée par les Chinois.

Cucumis melo, sian-gua, Tatarinov, 347; tien-kwa, hiangkwa,¥m P. Smith, 328.

Les Chinois en ont plusieurs variétés , qu'ils recommandent comme rafraîchissantes et diurétiques ; ils en emploient le fruit et les semences.

Sous les noms de hu-kwa, hwang-hwa^ M. Porter Smith, 329, indique un concombre dont il vante l'emploi pour faire une conserve qu'on applique sur les eczémas et diverses autres éruptions. Cette espèce est alibile, mais détermine facilement de fortes diarrhées. (F. P. Smith.)

Cucumis, sian-gua, Tatarinov, 356; ijueh-hwa , shan-kwa , F. P. Smith, 326; yue-koua, chan-koua.

Espèce qu'on mange crue pendant l'été; longue d'un pied, d'un

vert foncé avec des lignes longitudinales plus pâles ; saveur douce se rapprochant de celle du melon. (Porter Smith.)

Cucumis longa, sse-koaa , Pen-tsao ; tsie-hwa, Mérat, Delens; sy-gua, Tatarinov, 384; sz'-kwa,man-kwa, F. P. Smith , 327.

On en mange le fruit jeune, qui est très-allongé et marqué de côtes longitudinales, quand il est âgé, on se sert du tissu fibreux comme d'une éponge. Il passe pour galactogogue, anthelmintique, et est recommandé dans la variole. (F. P. Smith.)

Lagenaria vulgaris, hou-lou, Pen-tsao; pou-lou-kwa^Mlévai, Delens; chu-lu, Tatarinov, 61 ; hu-lu, F. P. Smith, 599; ho-lo-tze, Debeaux.

La plante est alimentaire , rafraîchissante , laxative et antipierreuse; on mange aussi ses fruits, bien qu'ils soient très-purgatifs, mais leur principal usage est de servir à faire des gourdes.

Trichosanthes angmna , sse-koua; man-koua.

Trichosanthes dioica, koua-lo; ko-lau, F. P. Smith, 1201.

On fait usage de Técorce brune du fruit, qui est globuleux et a trois à quatre pouces de diamètre.

On en emploie les graines, koua-lo-tsse, larges, petites, brunes, comme émollientes et pectorales.

On tire du rhizome d'un Trichosanthes une poudre blanche, peh-yoh, t'ien-kwa-fen, qui passe pour Ionique, fébrifuge et vulnéraire.

Trichosanthes palmata, koua-lou ; gua-lou, Tatarinov, 207. On en emploie les graines comme émollientes.

Thladiantha dubia, hou-koua; houang-koua; czi-bao-czz,

wan-gua, Tatarinov, 111, 476; fu-kwa, wang-kwa, ch'ih-pau-tsze, F. P. Smith, 1202.

Est usitée comme diurétique et laxatif, et est surtout recommandée dans les cas d'irrégularité des règles.

BÉGONIACÉES.

Bégonia discolor, tchuen-hai-tang ; cliun-hai-t'ang , F. P. Smith, 131.

On en emploie les racines comme purgatives et astringentes. Bégonia grandis, tsieou-hai-tang.

i'ohb i lac ■:■:*.

Portulaca oleracea, ma-tche-hien ; ma-czi-sian , ma-szencay , Tatarinov, 284, 285; ma-cKi-hien, F. P. Smith, 918; ma-chih-sien ; ma-chi-ye, Debeaux.

D'après Li-shih-chen , les tiges et rameaux de cette plante fournissent un mercure végétal dont il indique avec les plus grands développements tout le mode de préparation.

CARYOPHYLLÉES.

Dianthus caryophyllus, Uien-tchun~lo ; tsien-ch'un-lo , F. P. Smith, 370.

On en cultive diverses variétés. Sous le nom de sgi-czzu, M. Tatarinov (411) indique un mélange de Dianthus et de Commelina.

Dianthus fischeri, kiu-me; ciuy~may, Tatarinov, 98; kù* meh, shih-chuh, F. P. Smith, 371; li-tsou-hoa, Debeaux. [Dianthus sinensis.)

La plante, qui croît dans toute la Chine, et que les Chinois

pensent avoir certains rapports avec le bambou , se vend en gros paquets jaunes qu'on emploie comme diurétiques, anthelmintiques et pour préparer des collyres. On en fait aussi usage pour obtenir J'avortement. C'est une herbe amère, froide, poussant à l'urine, résolvant les oppressions et rendant la clarté aux yeux.

Silène, ouang-pou-lieou-hing ; wan-bu-lu-sin , Tatarinov, 475; wang-puh-liu-hing , F. P. Smith, 1049.

On se sert beaucoup de ses semences brun-rouge, arrondies, semblables à celles de la moutarde, ainsi que des jeunes pousses, comme vulnéraires, styptiques, diurétiques, galactogogues et résolutives.

La plante entière renferme une grande quantité de saponine.

Gypsophila , tou-ho-tsao.

Sommités fleuries d'un Gypsophila très -voisin du G. panicu laLa, Ait. (Debeaux.)

PHYTOLACCACÉES.

Phytolacca octandra, chang-lou;chang-lu; szng-lu, Tatarinov, 388; shang-luh,F. P. Smith, 869.

Cette plante, qu'on trouve abondamment dans le Hou-pe, le Kiang-si et le Chen-si , où on la fait entrer dans l'alimentation , fournit à la médecine ses fleurs, qu'on recommande contre l'apoplexie , et ses racines , qui sont émétiques , hydragogues et antiarthritiques.

HALVACÉEII.

Altilea rosea , fou-seng ; fu sang, F. P. Smith, 42; fouyong-hoa, Debeaux; la-my-sou-ky.

C'est à YAlthœa rosea que M. F. P. Smith croit devoir rap-

VEGETAUX. 227

porter le fou-seng-hoa du Pen-tsao, que d'autres supposent être Y Hibiscus Rosa sinensis. On en emploie comme émollientcs les feuilles et les fleurs, qu'on mélange à du miel blane pour en faire des applications sur les furoncles et les glandes engorgées du cou. On se sert aussi de l'écorce, sous le nom defou-yong-pi.

Hibiscus umAmuSifou-yong-hoa; mu-fu-yung ,Y . P. Smith, 523; mou-fou-yong.

Les feuilles sont employées en applications sur les tumeurs; les fleurs sont données en infusions pectorales dans les affections pulmonaires.

( L'expression fou-yong s'applique aussi au Nelumbium et au Pavot. )

Hibiscus syriacus, mou-kin; muh-kin, F. P. Smith, 525; mou-hin-hoa , Debeaux.

On en mange les feuilles jeunes; les feuilles sèches passent pour pectorales, stomachiques et diurétiques; la racine est préconisée contre la dyssenterie et sert à faire des lotions contre la lèpre, l'eczéma, etc.

Hibiscus rosa sinensis , fou-seng-hoa; Ju-sang , fuh-sang , chù-lmi, F. P. Smith, 524.

On fait sur les furoncles des applications émollientes de ses feuilles et de ses fleurs, surtout de la variété blanche.

Hibiscus cannabinus, hiang-ma, peh-ma, ye-ma, F. P. Smith, 521 ; ma-ye, Debeaux. (Sida.)

Ses semences , noires , réniformes , sont antidyssentériques et employées contre les ophthalmies; sa racine a les mêmes propriétés.

Il fournit une grande quantité de fibres qui remplacent celles

du Chanvre.

Hibiscus abelmoschus , dun-kuy-tsy , Tatarinov, 169; t'unghwei-tsze,¥. P. Smith, 520.

Les semences, noires ou brunes, réniformes, mucilagineuses, sont utilisées comme émollientes.

Hibiscus esculentus, houang-chou-kouei ; hwang-shuh-kwei, F. P. Smith, 522.

On en emploie le fruit mucilagineux, comestible aussi bien que la racine , comme émollient : on pense qu' il active le travail de la parturition.

Hibiscus manihot, tou-kwei, shuh-kwet.

Mêmes usages que Y Hibiscus esculentus.

Sida tili^folia, tsing-ma; siang-ma; ts ingénia, F. P. Smith,

La fibre est employée comme substitut de celle du Boehmeria ; la racine en est sudorifique.

STERCUIilACÉES.

Sterculia platamfolia , ou-tong; wu-tung; clien; ou-tong-* chou; woo-tung-tsze, Hanbury, 85; wu-t'ung, F. P. Smith, 1101 ; ou-tong Achu , Debeaux.

Commun autour des temples et des habitations , qu il couvre d'une ombre épaisse. Il annonce les saisons; la veille du jour qui ouvre le printemps, une de ses feuilles tombe. Ses semences huileuses, de la grosseur d'un pois, entrent dans la confection des gâteaux de la fête d'Automne du huitième mois.

11 offre aussi cette particularité que chaque branche porte douze feuilles dans les années ordinaires et treize dans les bissextiles.

Les feuilles et l'écorce sont diurétiques et diaphorétiques.

Ses fleurs, jaunes, petites, sont en grappe.

Son bois est très-bon pour faire des instruments de musique.

Sterculia balanghas, pin-po; pin-po , F. P. Smith, 1100. On en emploie le fruit.

TILIACÉES.

Corchorus japonicus, tang-ti , F. P. Smith, 299; tang-tihoa, Debeaux.

On en emploie les fleurs desséchées et pulvérisées contre les hémorrhoïdes et Fépistaxis.

Il fournit une partie des fibres désignées par le commerce sous le nom de jute.

Corchorus capsularis , ho-ma; ta-ma , F. P. Smith, 298. Il fournit aussi ses fibres à l'industrie.

Triumfetta, po-lo-ma ; po-lo-ma , F. P. Smith, 1205.

Fournit, d'après M. F. P. Smith, les fibres textiles employées dans le commerce, et que quelques auteurs rapportent à un Corchorus.

Grewia elastica, tang-lij F. P. Smith, 492.

On en emploie les fruits , les fleurs et les jeunes branches contre la dyspepsie et la diarrhée.

l>IPTËRO€ARPÉ£!l.

Dryobalaivops aromatica, long-naou (cervelle de dragon parfumée), Pen-tsao; long-naou-hiang ; ping-pien, Itier; ping-peen, Hanbury, 130; lung-nmi-hiang ; ping-pien;

moi-wha-pien ; ho-p o-lo-hiancj , p'o-luh-hiang , F. P. Smith, 184

Recueillis dans les fentes des arbres par les indigènes de Sumatra et de Bornéo , les petits cristaux du Dryobalanops ont une valeur de 175 à 200 francs le kilogramme (Itier) en Chine, où ce camphre est infiniment plus estimé que celui du pays, et où on lui assigne les propriétés les plus fantastiques.

Vatica (Shorea) robusta, so-lo; t'ien-shi-li.

Vateria indica, pa-maryeou; pa-ma-yû, F. P. Smith,

Sa résine est importée de Bornéo et de Sumatra en Chine pour calfater les bateaux.

I lit Wlft 111 i \< ( i s.

Ternstr/emia japonica, choui-ny ; ping-pang-tsao ; shwuimuh-si, F. P. Smith, 1141} clioui-mou-si.

Il est très-probablement employé à parfumer le thé, et servait autrefois, d'après le Kouang-kiun-fung-pou, à teindre les ongles. (Porter Smith.)

Camellia oleifera, tcha-hoa; tcha-yeou , Debeaux.

Sous le nom de tcha-yeou, les Chinois emploient pour l'éclairage une huile jaune, moins odorante que celle du Brassica, et qu'ils fabriquent en grande quantité dans le Hou-nan et le Kiang-si. Cette huile est improprement désignée sous le nom d'huile de thé.

Camellia sasanqua, tcha-hoa, Debeaux.

Ses fleurs odorantes servent à parfumer lé thé.

Thea, tcha; bont-jaa, Mérat, Delens; ming , ch'a, k'u-t'u, hia, shih , ch'uen,F. P. Smith, 1135.

Le Thé est très-certainement fourni par plusieurs espèces différentes, bien que la majeure partie provienne du Thea viridis.

Le thé, en chinois tcha ou tcha-ye, feuilles de thé, se prononce à Amoy thé, d'où est venu le nom que les Européens lui ont donné.

Le mot tcha est appliqué par les Chinois à toutes les espèces de Camellia , aussi bien qu'à la plante du thé.

C'est une des marchandises d'exportation de la Chine qui a le plus de valeur et d'importance. Son infusion sert de breuvage ordinaire à ses habitants depuis des milliers d'années. La plante est maintenant cultivée pour ses feuilles en Chine , en Corée , au Japon , à Assam , où elle est indigène , et à Sunla , à Java et au Brésil, où son introduction a été tentée.

On n'a qu'à consulter les travaux de Baie, Rondot et Fortune, si l'on veut savoir en détail comment les feuilles de thé sont recueillies et manipulées pour l'usage domestique et pour l'exportation , et si l'on veut connaître les différents procédés employés pour manufacturer les nombreuses variétés qui sont livrées à la consommation .

Ces auteurs ont démontré que, quoiqu'il existe deux et même un plus grand nombre d'espèces de thé, l'une ou l'autre peut produire les thés noirs ou verts, et que l'état de la feuille, les qualités du sol , le degré de chaleur et les ingrédients étrangers dont on se sert pour la manipulation, ont une influence directe sur les différences que l'on remarque dans les thés du commerce. La vieille version d'après laquelle le thé vert devait son goût métallique et sa teinte de vert-de-gris à la manière dont on le faisait sécher sur des vases de cuivre (comme si le cuivre chauffé pouvait fournir assez d'oxyde pour affecter le thé) , ne peut plus avoir cours depuis que l'on a appris que cette teinte provient d'une couleur artificielle que les Chinois lui donnent pour imiter les thés verts si délicats qu'ils consomment dans leur intérieur.

Jj'arbusto est cultivé dans toutes les provinces situées au sud

du fleuve Jaune ; mais celles à Test de l'empire fournissent le meilleur thé et en totalité celui qui est exporté sur la côte. La chaîne de collines qui se trouvent par 28° latitude nord dans la partie nord-ouest du Fo-kien, et que Ton appelle les collines Vou-y ou Bohée, ont été longtemps célèbres pour l'excellent thé, principalement noir, quelles produisent. Sur un éperon de la même grande chaîne nommé Han-ling, et qui s'étend entre les provinces du Tche-kiang et du Ngan-hoey , par 35° de latitude nord, sont des collines, les Song-lo, qui sont également renommées pour leurs thés verts. Ces sortes de thés viennent en partie de Houeytcheou, dans le Ngan-hoey, et sont connues à Canton comme thés de Fy-tcheou ; d'autres proviennent de Tai-ping, dans la même province, et sont apportées par le Yang-tsee-kiang à Vou-hou; une troisième sorte est appelée ping-choui, et s'exporte de la ville de Chao-hing-fou , dans le Tche-kiang, à quarante milles environ à l'ouest de Ning-po. Les thés touan-kay ou tun-kay sont fournis par la ville de Tai-ping-fou . On trouve également dans les deux grandes provinces du Hou-nan et du Hou-pe (Oouan-oopak) une espèce particulière de thé; de même que les districts de Ngan-ky et de Ning-yang (Ankoi et Ning-yong) , dans la partie occidentale du Fo-kien , ont donné aussi leurs noms à deux autres sortes de thé apportées de ces pays. Les dénominations appliquées aux thés changent souvent suivant les localités où ils sont cultivés ou les qualités spéciales qu'ils présentent. Les termes dont font usage les Chinois sont habituellement descriptifs , tels que pe-koe, cheveux blancs; hy-son, printemps; tandis que les noms étrangers ne sont le plus souvent connus que dans le commerce et indiquent les lieux de production ou de vente de la marchandise , tels que ho-hao, sing-tchun-ky , kai-seou, etc. Voici maintenant quelques détails sur les principales espèces de thés noirs ou verts que l'on trouve dans le commerce.

Le thé dont la vente est la plus importante est appelé par les étrangers congou, mot dérivé de kong-hou (dialecte d'Amoy) ou de kong-fou, en langue mandarine, ce qui signifie thé du laboureur ou thé qui a été travaillé.

VEGETAUX. 233

Huit variétés de congou sont manufacturées pour les demandes des étrangers , et chacune d'elles présente une différence de qualité très-remarquable. Les meilleures espèces sont produites dans la province du Hou-pe, et sont divisées en trois classes distinctes, dont la première porte le nom de yang-lieou-tong , vallée du saule; la deuxième, yang-lieou-sze , commune de Yang-lieou; la troisième, hie-kia-che , marché de la famille Hie. Le congou du Hou-pe se distingue facilement par l'apparence de la feuille , qui est large , bien découpée , et noire , avec quelquefois une teinte pourpre; l'infusion en est d'une couleur rouge foncé. Le goût en est savoureux et agréable. Il est d'une nature si délicate qu'il ne peut supporter beaucoup de feu sans perdre son parfum , et qu'il se moisit plus vite que les autres espèces de congou.

Le congou du Hou-nan diffère essentiellement de celui du Hou-pe ; la feuille a une apparence noir grisâtre , quelquefois avec une teinte rougeàtre. Il n'a pas beaucoup de force , et son goût rappelle souvent celui du goudron; fait assez bizarre, que les Chinois attribuent à la nature du bois que l'on emploie pour le faire sécher. Il existe trois sortes de congou du Hou-nan. La première qualité est appelée tchang-chao-Mai , rue de la Longévité ; la deuxième , ping-hiang , village de pins ; enfin la troisième, qui est inférieure, porte le nom de siang-tan, du large dépôt de thé sur la rivière Siang, à 170 milles de Han-keou. De très-grandes quantités de ces espèces sont envoyées chaque année en Angleterre .

L'espèce de congou nommée mo-nang provient du district de Vou-ning, dans le nord-est de la province de Kiang-si. Elle est appelée également ning-tcheou par les marchands de thé de Foutcheou et de Chang-hai. Cette espèce ressemble beaucoup pour l'apparence aux espèces précédentes. Fréquemment elle a une odeur et un goût de terre produits par la nature du sol dans lequel pousse l'arbuste. La meilleure qualité est distinguée par le terme de song-hiang , c'est-à-dire, parfum de sapin. La feuille est généralement petite , uniforme et noire ; l'infusion en est forte et d'un goût agréable.

Une autre espèce de congou, qui fournit une large part à l'exportation , est appelée ho-keou, du nom d'un marché situé à l'embouchure du Kieou-kin , petite rivière venant de Sing-tsun et se jetant dans le lac Po-yang , d'où le thé est transporté à Changhaï par le Yang-tsee-kiang ou à Canton par Nan-tchang-fou, dans le Kiang-si. C'est la même sorte de thé qui, avec une très-légère différence dans sa préparation, était nommée bohee dans les premiers temps de la Compagnie des Indes orientales. La feuille est d'une couleur rouge foncé très -ouverte et grossière. L'infusion est d'un rouge pale qui augmente à mesure que la qualité diminue.

Le meilleur des thés noirs est appelé kiai-cheou et est apporté principalement sur le marché de Canton. Sa qualité et ses préparations sont telles qu'il peut se conserver de longues années dans un climat sec sans se détériorer. Il vient en quantités limitées à Chou-fang-kiai et se distingue des autres espèces par sa feuille, qui est petite, rouge, frisée, avec des pointes de pe-koe (c'est-àdire blanches ) ; l'infusion est pleine de feu , forte et richement aromatisée.

Il existe une variété nommée hia-meg , c'est-à-dire hong-mey inférieur, dont il est difficile de se procurer la feuille véritable. Une grande quantité de ce thé est envoyée à Sing-tsun-kiai , où les marchands l'achètent pour la mélanger avec d'autres thés pour les marchés étrangers. Son goût est léger et agréable. La feuille est noire et frisée.

Une autre sorte, appelée tsao-tun-kiai , croît également sur les monts Bohée ; elle a le goût particulier des thés d'Ankoi ; les feuilles sont de grandeurs diverses, mélangées, présentant une teinte verdàtre après l'infusion.

Dans ces dernières années, on a essayé dans la province du Kouang-tong de produire une imitation du vrai congou, qui est appelé tai-chan ou congou de Tai-chan. Il est très-fort, très-torréfié, a un goût de houblon, et il a souvent une plus belle apparence que les meilleurs nan-king.

Sou-tchong est une corruption de Siao-tchong , c'est-à-dire petite

VEGETAUX. 235

espèce, et présente presque autant de variétés que le congou. Les feuilles, ordinairement, ont une teinte rougeâtre, et l'infusion est de la même couleur, un peu pâle. Les meilleurs viennent de Choufang-kian, ceux de qualité inférieure sont apportés des mêmes districts que les congous hia-mey et ho-keou.

Pe-koe est une corruption de pe-hao, c'est-à-dire, extrémité blanche. Ce sont les premiers bourgeons, qui sont cueillis dès qu'ils apparaissent au printemps et lorsque le duvet n'a pas encore disparu. Les meilleurs sont ceux qui montrent le plus de duvet. C'est le plus délicat de tous les thés noirs, attendu que la torréfaction détruit le parfum. Quand on peut le choisir, il faut préférer celui dont la feuille est très-duveteuse. On exporte quatre variétés de pe-koe ; la meilleure est le vrai vou-y des monts Bohée, ensuite le ki-ling , qui a des feuilles noires, ouvertes, mélangées avec les bourgeons; le siao-tche, c'est-à-dire, petit étang, provenant de Tsao-tun-kiai , qui a des feuilles vertes mélangées avec les bourgeons et manque de parfum ; enfin le pe-koe à feuilles noires, qui est rarement exporté aujourd'hui. Il existe une autre variété appelée hyson-pe-koe , composée des bourgeons les plus tendres , et qui est donnée en présent par les Chinois ; par la moindre humidité , ce thé noircit , et il a été rarement exporté de Chine.

Le caper ou caper congou, ou tchou-lan, est un thé noir du district de Ngan-ky, dans l'ouest du Fo-kien. On le roule en petites boules rondes, les feuilles étant rendues adhérentes au moyen d'eau de riz très-légère. La feuille de ce thé est d'un brun rougeâtre , elle est frisée et souvent mêlée d'une grande quantité de poussière ; l'infusion est rouge pale et faible ; c'est le plus commun de tous les thés noirs.

An-koi sou-chong , aussi nommé, du même district de Ngan-ky, on-kye ou an-koi, est une autre espèce commune de thé , ayant des feuilles larges, de différentes dimensions, et d'une couleur très-brune ; l'infusion est claire et faible, avec un goût de brûlé. Il est souvent falsifié au moyen d'autres feuilles. Quand il est mis dans des sacs contenant environ une demi-livre , il porte le nom

de an-koi pou-tchong . Des imitations de ces espèces sont manufacturées à Canton.

Le plain orange pe-hoe , appelé chang-hiang , c'est-à-dire, parfum supérieur, est produit dans le même district et possède les mêmes caractères que les deux précédents. La feuille est petite, fermée, frisée et d'une teinte jaunâtre avec des pointes blanchâtres comme le pe-hoe. Il contient beaucoup de poussière, et les qualités inférieures ont des feuilles très-brunes mélangées ensemble. Il est exporté principalement aux Etats-Unis et très-peu en Angleterre.

Les thés noirs, connus sous le nom de ou-long, c'est-à-dire, dragon noir, sont cultivés dans le district de Nin-yang et les districts qui lui sont adjacents au nord-ouest d'Amoy, sur les frontières du Kiang-si. Le ko-kiao-ou-long , c'est-à-dire, ou-long du pont-haut, vient de la région nord, plus près des monts Bohée. Tous deux ressemblent au an-hoi-sou-chong , et sont très-parfumés. L'infusion est pâle et délicate. La meilleure espèce croît dans le district de Cha-hien, de la préfecture de Yen-ping (Fo-kien), d'où une petite quantité est apportée sur le marché. Sa feuille est très-longue, noire, frisée, avec une teinte pourpre. L'infusion est jaune pâle, hautement aromatisée et agréable. Il se vend quelquefois une piastre et demie la livre.

Le hong-mey , à fleur de prunier, rouge, est maintenant peu recherché et manufacturé en petites quantités. Il y a quatre espèces de hong-mey, savoir : siao-hou, c'est-à-dire, petit lac, qui renferme quelques feuilles vertes d'ou-long mélangées avec les siennes; le tsao-tun-kiai , dont le goût est le même que celui iïan-koi; le sing-tsun-kiai , qui est la meilleure espèce ; enfin le hing-tsee , qui est apporté des monts Bohée et est employé pour être mélangé avec le pe-koe commun , que l'on envoie aussi en Europe. Le nou-kouei se reconnaît à sa feuille large, ouverte, luxuriante, de couleur très-foncée; son infusion est désagréable et sans force. Les meilleures espèces ressemblent au sou-tchong, et les feuilles ont des pointes duveteuses.

Les thés verts sont appelés collectivement lou-tcha etsong-lo-tche,

VEGETAUX. 237

du nom des collines sur lesquelles ils poussent. Us se distinguent en trois classes, nommées vou-yuen, ping-choui et touan-ky, indiquant les pays d'où ils proviennent. Les thés de ces districts sont tous d'une qualité supérieure ; chacun de ces districts fournit six espèces de thé : \q hyson, le jeune hyson, le hyson-skin (peau hyson) y le touan-kai, l'impérial et la poudre à canon, qu'on obtient au moyen du van, du tamis et du triage à la main. Les plus communs, vouyuen, ou thés de Mo-yun, sont appelés tchang-hing-kong-ssetching-tcha , c'est-à-dire hyson commun de la Compagnie des Indes orientales. Les qualités moyennes portent le nom de tchong-yen, sang-tcha, c'est-à-dire, thés communs, beaux à l'œil; les qualités supérieures sont appelées tchun-y en-sang f-hy '- tchun-lcha / c'est-àdire, thés hyson supérieurs, beaux à la vue. Les thés connus sous le nom de houey-lcheou viennent de la préfecture de ce nom, qui a plusieurs mille milles d'étendue ; ils présentent beaucoup de qualités différentes. Quelques-uns étaient connus autrefois sous le nom de hin-ning , d'un des districts de la préfecture. Les trois variétés de Tai-ping sont très-inférieures aux autres ; elles sont dénommées : ickang-hing -tcha , thés communs; chang-lchanghing-tcha, communs supérieurs; les meilleures qualités, yenseng-tcha, thés naturels à l'œil. Quelques-uns des noms familiers autrefois aux goûteurs de thé pour désigner des classes de thés noirs ou verts, ont été changés en d'autres noms, mais presque tous sont des noms géographiques.

ho, jeune hyson, appelé aussi u-tchain, était autrefois la meilleure qualité des thés verts, et il était très-difficile de s'en procurer. Son nom dérivait de yu-isien, c'est-à-dire, avant les pluies, parce qu'il était cueilli avant le développement de la feuille. Quoique sa qualité ne soit pas la même aujourd'hui, il est encore un des thés verts dont la vente est la plus importante dans la province du Kouangtong. 11 est vendu la plupart du temps falsifié. Le bon mo-yun est généralement d'une couleur verdàtre, brillant ou grisâtre, donnant une infusion pâle, d'un jaune tendre, avec un goût de brûlé particulier à chaque variété de cette classe. Le thé de Hoey-tcheou ou de Fy-tcheou est plus sombre, et ses feuilles sont tachetées

de blanc. Le tai-ping est le plus commun des thés verts; ses feuilles sont aussi tachetées de blanc et ont une petite odeur désagréable de goudron.

Hysonest dérivé de hy-tchun, c'est-à-dire, printemps vigoureux, et est appelé également tching-tcha, ou vrai thé. Il présente une feuille bien mûrie, frisée et tortillée, d'une couleur verdàtre, souvent brillante comme la laque. La couleur naturelle en est jaune pâle tirant sur le vert, tandis que celle de l'infusion est d'un jaune paille pâle, devenant plus foncé suivant que la qualité est inférieure.

Hyson-sh'n oxxpy-tcha, c'est-à-dire, thé peau, est le rebut des thés verts. Les meilleurs échantillons sont sans poussière, avec une feuille large, inégale, tortillée, noueuse; l'infusion est comme celle des autres thés verts de moindre qualité. On en fabrique maintenant très-peu.

La désignation de touan-kai vient de la rivière Touan , dans le district de Tai-ping, province du Ngan-hoey. La feuille est frisée, ouverte et brillante; elle ressemble à ïhyson ; les meilleures qualités ne sont autres que du bon hyson.

Impérial et poudre à canon sont des désignations étrangères. Le premier de ces thés se nomme yuen-tchou, c'est-à-dire, perle ronde; le deuxième, tche-tchou, perle sésame, à cause de ses feuilles rondes. Hy-tchou, pao-tchou et ma-lchou sont d'autres espèces de ces thés qui sont vendues après les qualités précédentes. Toutes donnent une infusion pâle, et leurs feuilles sont rondes et luisantes.

Thé de Canton est un nom général appliqué aux imitations des thés précédents, noirs ou verts. Les meilleurs thés verts de Canton sont produits à Houang-ho et à San-to-tchou ; ils diminuent de valeur à mesure qu'ils proviennent des districts de Hoa-hien , Tan-chau , Kieou-lien , Ky-choui et Ghin-ky, qui^sont tous situés au nord de Canton. Ils sont généralement teints en vert, ce qu'on obtient en les roulant dans des bassins très-chauds et en jetant dessus un mélange de bleu de Prusse et de gypse en poudre. Les fleurs employées pour parfumer ces thés sont le hoey-hoa ou Oleafragrans,

l'Orange, le Jasmin, le Gardénia et YAglaia. Le scented orange pe-koe, appelé hoa-hiang , parfum des fleurs, et le scented-caper , hoa-hiang-tchou-lan, sont tous deux fabriqués avec des thés du Kouang-tong. Ils sont exportés en Angleterre, où leur consommation tend beaucoup à augmenter. Les premiers ont une feuille tortillée, noire, avec un goût de brûlé très-prononcé. Les derniers, formant l'impérial des thés noirs , sont souvent falsifiés avec des ingrédients dangereux.

En dehors des noms que nous avons énumérés, on en trouve quelques autres dans les ouvrages de vieille date et qui n'existent plus dans le commerce. Ainsi campoi, c'est-à-dire, choisi pour la torréfaction, est une espèce délicate de congou. Padre sou-chong était un nom donné à quelques beaux échantillons de sou-chong qui étaient cultivés et donnés en présent par les prêtres des monts Bohée. D'autres noms, tels que lien-tsee-sin , amande de graine de lotus, long-su, barbe de dragon, représentent des variétés de sou-chong et de pe-koe; son-chi, corruption de song-tche ou de la manufacture de Song-lo, est appelé maintenant caper sou-chong ; kiun-my, sourcils du prince, tsee-hao, cheveux rouges, sont appelés dans le commerce pe-koe fleuris . Tous ceux-ci sont des thés noirs. La liste ci-dessus contient tous les noms donnés communément aux thés verts, que les Chinois ne boivent pas, et qui sont préparés pour l'exportation. Le thé envoyé en Europe croît principalement dans le Sse-tchuen et le Hou-nan, d'où il est transporté à Kouei-hoa, dans lé" nord du Chan-si, avant d'être dirigé sur Kiakta. Les briques de thé, tchuen-tcha, employées dans le Birman septentrional , le Thibet , la Mongolie , et dans l'ouest jusqu'à Khiva, sont aussi préparées dans le Sse-tchuen, et vendues à Siuen, dans le Kan-sou, à Taly (Yun-nan), Ta-tsienlou (Sse-tchuen), et sur les autres marchés de la frontière. Les Chinois de la côte n'en font pas usage.

Les procédés pour parfumer les thés noirs ou verts varient un peu. Le principal but que l'on a en vue, c'est de communiquer le goût délicat du bon thé aux qualités communes. Lorsque les feuilles du thé vert ont été nettoyées et soumises à la chaleur, on

les met dans un panier de deux pouces de profondeur et on les couvre d'un lit de fleurs. On y ajoute ensuite un lit de feuilles et un lit de fleurs jusqu'à ce que le panier soit plein. On ferme le tout avec une couche de paille et on les laisse ainsi pendant un jour. Le lendemain, la masse entière est exposée au feu dans un tamis de fil, et les fleurs sont tamisées peu de temps avant de mettre le thé dans les boîtes de plomb. Fréquemment les thés très-parfumés sont mélangés sans apprêt avec des fleurs dans la proportion de 1 à 18 ou 20. Les thés noirs sont souvent parfumés avec les fleurs du tchou-lan (Aglaia) desséchées, dont on les saupoudre avant de les torréfier une dernière fois et de les empa quêter. Il n'en est pas de même quand on se sert des fleurs de Jasmin ou à'Olea fragrans. La culture de ces fleurs est une branche de commerce très-importante à Canton.

Le mot chop [hao ou tsee-hao), terme employé communément dans le commerce, signifie principalement une marque, et est donné par les courtiers qui recueillent le thé par lots dans le pays. C'est souvent le nom d'une ferme, ou quelquefois une appellation de chaque lot distinct de la même qualité et de la même origine, afin de pouvoir les distinguer. Un chop peut contenir aussi bien 2 ou 300 caisses que 1,200. Un chop de congou est ordinairement de 600 caisses. Les autres espèces de thé sont distinguées par paquets et non par chops; le nom du chop consiste en deux caractères, tels que yu-lan, Magnolia; huy-long, affluence qui augmente \jang-tcha, Sésame odorant, et se rapporte généralement à l'origine et à la qualité du thé. (W. Williams.)

Il existe une autre espèce de thé originaire de la province du Yun-nan , dans la préfecture de Pou-eul , et qui porte le nom de pou-eul-tcha . La première qualité porte le nom de man-tchuentchun-tsien: il est vendu sous forme de gàleaux ronds et plats. Il renferme, disent les Chinois, des propriétés médicinales et est regardé comme article de luxe dans tout l'empire. C'est un excellent thé vert, d'un goût très-fin, et qui vaut en Chine plus de 100 taêls les cent livres.

VEGETAUX. 241

CliUSIACÉES.

Garcinia mangostana, chan-tchou-tze ; shan-chuh-tsze, F. P. Smith, 466,692.

Le fruit passe pour un excellent astringent contre la dyssenterie et la diarrhée chronique, mais son usage principal est de servir de mordant aux teinturiers.

Garcinia morella, fang-houang, che-houang; tang-hwang , shie-hwang , F. P. Smith, 465; hoang-lo, Debeaux.

Le suc exsudé de cet arbre , importé autrefois de Cochinchine et du Cambodje, et aujourd'hui de Siam, est peu employé de nos jours par les médecins chinois, qui le prennent pour une sorte de bézoard ; on en fait surtout usage pour la peinture.

n\ pér il iv ■;■:*.

Hypericum chinense, kin-tsse-tsao ; hin-sin-tsao; làn-szetsau, /rin-sze-t'aUjF. P. Smith, 538.

On se sert de la plante entière comme astringente et styptiquc. Hypericum japonicum, siao-lien-kiao .

TAHARISCIMÉEI.

Tamarix sinensis, san-tchuen-lieou; san-czan-lu, Tatarinov, 399; san-ch un-liu , ch 'ih-yang , F. P. Smith, 1130; chou-nan-lieou , Debeaux; tche-yang, tche-tching.

Cet arbre , indiqué par Tatarinov, fournit une manne , cliingju, F. P. Smith, 694, qui est employée comme vulnéraire.

ALRAMIACEES.

Citrus aurantium, kan , kan-kiuh; kiu-kan-tze, Debeaux.

Les Chinois font usage d'un grand nombre d'espèces de Citrus, tsiuy } Tatarinov, 459.

Ils en emploient la pellicule et quelquefois les semences (limite; tsing-che, Tatarinov, 460; ki-uho, Debeaux), qu'ils ont soin de torréfier.

Citrus aurantium scabra, hoa-kiu-kong ; kiu-hong; tsiuychurij Tatarinov, 461; hwa-kiuh-hung , F. P. Smith, 257; kiu-kong, Debeaux.

Le kiu-kong est l'écorce du fruit d'une orange récoltée avant la maturité et qu'on prépare dans le Chan-tong en la découpant de façon qu'elle reste entière ; elle est en général d'un brun foncé ou noirâtre à l'extérieur et couverte d'un duvet jaunâtre à poils très -courts; la surface interne est blanc sale; elle se présente ordinairement sous la forme d'une étoile à six rayons, l'écorce ayant été découpée du sommet à la base et repliée sur elle-même, et deux fruits , ainsi préparés , ayant été appliqués l1un contre l'autre. Le kiu-kong , dont les dimensions varient de deux pouces et demi à quatre pouces de diamètre (les plus petits sont les plus estimés), ont une grande valeur dans la Chine centrale.

On en prépare une teinture très-estimée dans les provinces du riord et du centre, comme sédative, carminative et stomachique.

Citrus oliv^eformis , kin-kiu , Pen-tsao ; kin-kiuh, lu-kiuh, F. P. Smith, 262.

Ce fruit, rond, de la grosseur d'une cerise, dont on fait des conserves très-recherchées comme dessert, est le kum-qual des Cantonais.

Ses semences sont employées comme stimulantes, carminatives, antiphlogistiques et déodorisantes.

Citrus bigaradia , kao-hiu; hau-kiuh, F. P. Smith,

Les fruits sont administrés contre le molluscum et d'autres maladies de peau.

On se sert de la pellicule des fruits non mûrs, qui est trèsamère et très-fine.

Les feuilles sont données dans l'angine.

Les épines sont odontalgiques , les pépins antidyssentériques, et Técorce de l'arbre anti-apoplectique.

Citrus japonica, hin-hiû, kin-kan.

La peau du fruit a une saveur très-agréable *

CîTrus decumana , yu; czzi-cio , czzi-szi, czzi-szUj Tatarinov, 125, 127, 128; hiu, yu, F. P. Smith, 1041; kianyuen, Debeaux.

On en recherche les fruits, larges, très-odorants, à peau épaisse* dont on retire la pellicule, qui est amère et aromatique et sert à faire un excellent cordial que les Chinois emploient dans la dys*pepsie et contre la toux.

Les fleurs en sont aussi très-odorantes et très-aromatiques ;

Citrus fusca, tche-ko; chi-koh, F. P. Smith, 259; che-kuli} Hanbury, 74.

En tranches d'un à deux pouces de diamètre , desséchées au soleil, les fruits ont la peau très-épaisse et ferme, brun-rouge ou brun foncé, jaunâtres à l'intérieur; la racine est aromatique et un peu amère. Ils entrent dans un grand nombre de préparations comme rafraîchissants et stomachiques.

Le zeste, keith-pili, est coupé en lames très-minces et desséché;

Recueillis et séchés avant leur maturité, chi-shih } ils sont plus actifs encore.

L/écorce du fruit, Fécorce de la tige, de la racine, et les feuilles jeunes, servent à faire des infusions théiformes.

Citrus, tsin-py; cin-pi, Tatarinov, 94; ts'ing-kiuh-p'i, tsHng-p'i, F. P. Smith, 261 ; tsing-pe, Hanbury, 75.

Les fruits non mûrs de plusieurs Citrus, et peut-être du Citrus microcarpa } coupés en tranches minces, dune saveur très-marquée, surtout quand ils sont frais, sont employés comme stomachiques et toniques.

Sarcodactylis odorat a, fo-cheou-kan ; fo-shou-kan; siangyuan; lieou-yuen; hiang-yuen; ko-yuen; han-yuen, fuh-shau-kan, hiang-yuen, F. P. Smith, 253; fan- Mu, Debeaux.

Ce Citronnier, aux feuilles longues et pointues et aux rameaux munis d'épines , croît dans le Fo-kien , le Kouei-tcheou et la province de Canton, où on le cultive pour ses fruits monstrueux, par suite de la séparation des carpelles, que les Chinois comparent à la main du dieu Fo (Bouddha), ne renfermant pas de graines, très-gros, jaunes, dont le jus sert à nettoyer le linge fin, et dont on fait des conserves très-estimées ; on en importe beaucoup dans le Nord , où on le recherche à cause de son odeur parfumée pour le placer sur les tables ou le tenir à la main comme un parfum.

L'éeorce du fruit, fo-chao-pien, est découpée en lamelles minces qui se contractent par la dessiccation ; elles ont une odeur faible de citron, une saveur aromatique et amère; la cuticule, qui dépasse le blanc, qui est épais et inerte, est jaune verdàtre quand elle est récente, et prend une couleur brun foncé avec le temps; on en fait usage comme stomachique, tonique et stimulant.

On emploie quelquefois aussi la racine et les feuilles aux mêmes usages que l'écorce du fruit. .

Cookia punctata, houang-py-kouo ; hwang-p'i-kivo, F. P. Smith; houam-pi, Debeaux.

Le fruit, wham-pee, en est très-estimé ; on en fait des conserves fort recherchées.

MÉLIACÉES.

Melia, tchnen-lien-tse; chuen~lien~tsee ; xun-lien, Loureiro; ch 'uen-lien-tsze , lien-tsze, ku-lien-tsze , Mng-lingtsze, F. P. Smith, 706; chuen-lien-iszee , Hanbury, 82.

Le fruit, charnu, globuleux, couvert d'une écorce fine, osseuse, brune et brillante, offre une pulpe desséchée qui enveloppe un endocarpe osseux, à sept ou huit loges. Cette espèce, qui se distingue du Melia Azadirachta , qui n'a que trois à cinq loges à son endocarpe, et dont le fruit est plus petit, est très-commun dans le Hou-pe; on emploie ses fruits comme vermifuges, fébrifuges, et contre les affections des voies urinaires. Les racines, très-amères et émétiques, sont usitées dans les maladies cutanées.

Melia azadirachta, lien; lien-tsze, kon-lien-tsze , F. P. Smith, 707; tchang-mo, Debeaux.

Le fruit, amer, passe pour délétère et est employé contre les vers et dans les affections urinaires.

La racine est émétique, très-amère, et indiquée dans les affections de la peau.

Les feuilles servent aux teinturiers.

Aglaia odorata, san-ou-ye-lan\ san-yeh-larij F. P. Smith,

On en emploie les fleurs pour parfumer le thé; les feuilles jeunes sont mangées quelquefois en guise de légumes ; plus âgées , elles sont, ainsi que les racines, employées comme toniques.

CÉDRÉIiACÉES,

Cedrela sinensis, hiang-tchun; cKun; clïiin-shu, kiangch'un,F. P. Smith, 216.

Les Chinois en mangent les feuilles jeunes ; elles servent à faire une tisane antiscorbutique. L'écorce du tronc et de la racine est préconisée contre le han des enfants. Le fruit, astringent, est antiophthalmique .

SAPINDACÉES,

Sapijvdus chinensis, ou-houan-tze ; feih-chïï-tsze , wu-hwantsze.F. P. Smith, 1065.

L^s amandes , qui renferment un principe savonneux , sont préconisées contre les maladies cutanées; les Chinois les mangent grillées en dépit de leur âcreté.

Erioglossum (?), Nephelium (?), ta-hai-tze; tong-ta-hai; boatam-pai-jang, Guibourt; ta-hai-lsze, Hanbury, 67; fung-ta-haij ta-hai-tsz\ yang-kwo, F. P. Smith, 163.

Le Bungtalai des Siamois, qui a été essayé à l'hôpital Beaujon comme un spécifique certain contre la diarrhée et la dyssenterie, mais qui n'y a pas rendu les services qu'on en attendait, malgré son nom barbare, Boa-tam-pai-jang , et le haut prix auquel on le vendait, est le fruit d'un arbre du Cambodje encore indéterminé, mais qui appartient à une Sapindacée du genre Nephelium ou du genre voisin Erioglossum. Ces fruits, longs de trois quarts de pouce à un pouce un quart , ovoïdes et un peu plus allongés à l'extrémité inférieure, qui est terminée par une large cicatrice oblique, sont brun foncé , profondément ridés ; le péricarpe , assez épais , offre un épiderme mince et au-dessous une pulpe desséchée, noire, résjnoïde ; intérieurement , un noyau fragile avec une membrane

VEGETAUX. 247

blanchâtre. A l'intérieur du noyau sont deux cotylédons minces et concaves ; la radicule est infère , très-courte et recourbée ; macérés dans l'eau, ces fruits augmentent beaucoup de volume; leur pulpe forme une grande masse gélatineuse qui est très-recherchée des Chinois et des Siamois comme friandise.

Le Bungialai a été analysé par Guibourt , qui a trouvé dans le péricarpe une grande quantité de bassorine. (D. Hanbury.)

La gelée de ce fruit est appliquée à la thérapeutique comme rafraîchissante et laxative ; on dit qu'on le mêle à d'autres substances pour obtenir l'avortement; du reste, c'est une opinion généralement admise parmi les Chinois, que les femmes enceintes doivent s'abstenir de médecines émollientes, sous peine de perdre leur fœtus.

Nepheliumlongana, lun-ian, Tatarinov, 280; long-yen, Debeaux; lung-yen, F. P. Smith, 758.

Fruit à pulpe acide et à enveloppe jaunâtre, astringente, qui passe pour stomachique et anthelmintique ; on croit encore qu'il augmente la mémoire et active l'intelligence.

Le Pen-tsao en décrit aussi une variété ou espèce intermédiaire avec le li-tchi, le long-li.

Nephelium li-tchi, ly-tche-ko ; li-tchi, le-chy-as, Mérat, Delens; li-chi, tan-li, F. P. Smith, 757; li-czzi, Tatarinov, 263: li-tchi, Debeaux.

Cet excellent fruit, à pulpe douce et délicieuse, qui vient dans toute la Chine, même dans le Chin-kin, est l'objet d'un très-grand commerce pour le Fo-kien et le Kouang-tong, d'où on l'exporte en quantité après l'avoir desséché au soleil. Les Chinois en font une grande consommation pour les desserts de leurs fêtes , pour des présents de mariage, etc.

L'enveloppe extérieure du fruit, li-tchi-ho, est usitée en poudre ou décoction comme astringente.

On emploie les feuilles du li-tchi contre la morsure des animaux.

Xanthoceras sorbifolia , ouen - konang - kouo ; wen-kwangkwo,F. P. Smith, 1275; wan-wang-ktvo,Bvetschneidev.

Commun dans le Pe-tchi-li, cet arbre donne vers le cinquième mois un fruit se rapprochant de celui du ly-tche et qui a les mêmes propriétés.

HIPPOCASTANÉES.

^Esculus turbinata, so-lo-shu; so-lo-tzy , Tatarinov, 373; so-lo-tsz\ t'ien-sz-lihj F. P. Smith, 22; lo-lo-tze, Debeaux. {/Esculus Hippocastanum.)

Les graines, qui proviennent du Hou-pe et du Sse-tchuen, sont remarquables par la largeur de leur hile et la couleur brune foncée de leur enveloppe ; on leur attribue des qualités merveilleuses pour faire disparaître la contracture des membres consécutive de la paralysie ou du rhumatisme.

/ESCULUS HIPPOCASTANUM, SO-lo-JiO.

Originaire de la Chine , d'où elle a été introduite en Europe , cette espèce a les graines beaucoup moins développées que la précédente.

POLYGALÉES.

Polygala tenuifolia, yuen-tche , Pen-tsao ; juan-czzi, Tatarinov, 234; yuen-cht.F. P. Smith, 902.

La racine de cette espèce , qui pourrait être sans inconvénient substituée à la racine de Sénéka , est contournée sur elle-même , plus grosse qu'une plume , brun-jaune , avec des côtes transversales ; sa saveur est douceâtre et un peu acre ; on l'emploie contre les maux de gorge , les furoncles , les abcès du sein ; les feuilles sont indiquées dans le traitement de la spermatorrhée. On recueille ce Polygala dans le Chen-si et le Hou-nan.

VEGETAUX. 249

CÉLASTRINEES.

Evonymus japonicus , tou-tchong , Pen-tsao ; che-chuan, Tatarinov, 42 ; tu-chung, muh-mien,Y . P. S. , 424; mou-mien.

Cet arbre, qui croît dans le Hou-nan , le Chen-si et le Chan-si, sert à fabriquer des sabots , et fournit à l'alimentation ses feuilles jeunes qui passent pour prévenir la dyspepsie. La thérapeutique fait usage de son écorce comme pénétrant le foie et les reins et restaurant l'humide radical ; elle se présente en morceaux brun clair, plissés, de quatre à cinq pouces de long, à épiderme brun et rude, manquant souvent sur de larges places et laissant alors voir le tissu brun. Elle est très-employée contre la spermatorrhée, les sueurs excessives et les affections puerpérales. La paroi interne de Técorce qui recouvre des fibres très-soyeuses, réduite en poudre et donnée en infusion, passe pour un tonique des plus utiles à tous les âges; on l'administre soit seule, soit avec d'autres substances. On prépare avec les semences un onguent pour détruire les poux de la tête.

II/IC IXKE*.

Ilex, pin-oueij ; kau-ku, tsz-shu, F. P. S., 527; tsee-chou. Toutes les parties sont toniques.

RHAMNÉES.

Hovenia dulcis, ouan-tse-kiUj Pen-tsao; sie-ku, Kœmpfer; czzi-tsao, Tatarinov, 189; che-keu-tsze , Hanbury, 72; chih-kû, F. P. S., 534; che-kin-tze, Debeaux; tche-kiu.

Les fruits, petits, secs et gros comme des pois, sont portés par un pédoncule charnu, jaunâtre, qui prend un grand accroissement

au moment de la maturité , et que Ton mange ; il a , dit-on , la saveur de la poire. On le considère en Chine et au Japon comme très-salubre , et on en fait surtout un grand cas pour combattre les fumées de l'ivresse, qu'il dissipe avec une rapidité très-remarquable. L'écorce A'Hovenia est aussi officinale contre les maladies du rectum.

Zjzyphus, tsao; t'sau, F. P. Smith, 583; tsao-czz, Tatarinov, 434.

Plusieurs contrées de la Chine centrale fournissent des Jujubes; le Chan-tong donne le hung-tsau , Jujube à fruits rouges, ta-tsau, comme ceux d'Europe , qu'on emploie en pharmacie pour servir de véhicule à plusieurs médicaments; quand ils sont confits dans du sucre ou dans du miel, ils portent le nom de mih-t'sau; les meilleurs offrent très-peu de plis à la surface.

Les feuilles sont administrées contre les fièvres des enfants et dans la dyspepsie.

La racine et l'écorce sont également officinales.

Le ka-ka-ls'au est une variété inerme dont les fruits deviennent gros comme des prunes.

Le nan-t'sau (suan-tsau; suan-tzo-zen, Tatarinov, 379; swants'au, F. P. Smith, 161) est une variété inférieure provenant du Tche-kiang et dont la saveur n'est pas aussi douce. Les uns le rapportent à un Zizyphus, les autres à un Rhamnus.

Le Mn-tsao est une variété à beaux fruits jaune d'or.

Le liang-t'sau est le fruit non mûr d'un Zizyphus qu'on récolte avant la maturité; il est jaune verdàtre et a une saveur austère.

Le kung-t'sau est le Jujube des environs de Nan-kin.

M. Debeaux admet deux espèces, le Rhamnus Jujuha, kin-tsaotze, à fruits doux et sucrés, et le Rhamnus Zizyphus, kin-houantze, à fruits acides, d'une belle couleur jaune.

Sageretia theezans , Ma; Ma, F. P. Smith, 1135.

Ses feuilles sont employées par les pauvres en guise de thé;

c'est un arbrisseau qu'on trouve sur toutes les collines du pays à thé, dans un terrain rouge et sablonneux.

Rhamnus lineatus, che-lum, Debeaux.

Racines employées comme diurétiques, et qui passent pour avoir une grande vertu contre les hydropisies ; on les emploie en décoction.

Rhamnus, tong-lou-chou; lieou-lou-cliou; lo-kao; luh-kiau, luh-kaOj F. P. Smith, 1020; luli-chae, Hanbury,

Les recherches de M. Decaisne lui ont permis de distinguer deux espèces fournissant le vert de Chine : Tune, le Rhamnus chlorophorus (ha-hi-lo-za) ; l'autre, le Rhamnus utilis (lioni-bi-hza). On emploie les écorces de ces deux espèces , qu'on épuise par l'action de l'eau bouillante; puis on traite la décoction par du carbonate de soude ; on l'expose aux rayons solaires et on y plonge des tissus de coton, qui sont déposés sur l'herbe, où la lumière et l'humidité oxydent la matière brune et lui font prendre une couleur vert foncé. Par une série de trempages et d'expositions à l'air (avec la précaution d'éviter une lumière trop vive) , on charge le tissu d'une couche de matière colorante qu'on enlève ensuite et qui forme le lo-kao.

Le lo-kao, luh-kaou, se présente en écailles sèches, irrégulières, à peine plus épaisses qu'un fort papier, d'une belle couleur bleu foncé avec un reflet cuivré.

Rhamnus (?), ku-fsau, F. P. Smith, 583; souan-tsao.

Rhamnus (?), chung-sze-t'sau, F. P. Smith, 583; isan-tsao.

Sous ces noms, M. Porter Smith désigne, sans aucun détail, deux Rhamnées à écorce astringente et douées de propriétés médicales.

EUPHORBIACEES.

Euphorbia lunulata, miao-yen-tsao ; mao-ian-cao, Tatarinov, 290; miau-yen-tsaUj tseh-tih, F. P. Smith, 425.

Employé aux mêmes usages que le ta-kili.

On prétend que les jeunes pousses sont alimentaires. (Smith.)

Euphorbia, ta-hih, F. P. Smith, 425; ma-ky. Employé comme purgatif, hydragogue et émétique.

Euphorbia cham/esyce, da-tsi, wo-dan-cao ? di-tsin, Talarinov, 146, 160, 479; ty-kin; ti-kin, tsieh-rh-ngo-tan > F. P. Smith, 426; ta-ky,ouo-tan~tsao.

Le jus de cette espèce du Ngan-houei est employé comme purgatif faible; autrefois, on faisait usage de la plante entière contre les flux et en traitement local de Fimpétigo et de plusieurs autres maladies cutanées.

Stillingia sebifera, ou-hieou-mou ,1îiu-tze , Mérat, Delens; wu-k'iu-muh, yu-liiu, F. P. Smith, 1126; pi-mu-tze, ho-tien-tze , Debeaux.

Cette Euphorbiacée , à feuillage persistant, se trouve dans toute la Chine et à Formose ; elle est cultivée pour ses graines, qui fournissent un corps gras, pi-ma-tze-yeou , excellent pour la fabrication des chandelles , et utilisé dans la pharmacie pour faire des pommades et des onguents.

Le suif végétal, k'iu-yu, mah-yu, peh-yu, hiueh-yu, F. P. Smith, 1127, s'obtient parle traitement par Teau chaude des fruits mûrs concassés ; on filtre à travers des sacs de paille pour séparer les débris des graines au moyen d'une forte pression ; il est blanchâtre et sans goût.

VEGETAUX. 253

Il passe pour émétique, purgatif, hydragogue, et est fréquemment employé comme contre-poison.

Ses feuilles passent pour antiscorbutiques.

Aleurites triloba, che-ly, Pen-tsao; shih-leih, Hanbury, 59; shih-lih, F. P. Smith, 28.

Cet arbre , que le Pen-tsao indique comme croissant abondamment dans le sud de la Chine, porte des graines extrêmement oléagineuses, mais qui ne paraissent pas employées en médecine.

El^ococca verniciflua , siu-yu , (ong-tsee-chou^F . P. Smith. 1270; ytng-tsze-t'ung , yu-t'ung, F. P. Smith, 402.

VElœcocca vermcosa , ying-tse-tong , que l'on a confondu avec le Curcas purgans , et qui est sans doute le Dryandra cordata de Thunberg, croît en abondance dans la vallée du Yang-tsee-kiang , où Ton récolte ses fruits très-acres et éméto-cathartiques, pour en extraire une huile très-épaisse, foncée, qu'on extrait à chaud, siu-yu, et qu'on emploie alors pour vernir les bateaux; on en obtient encore à froid une huile plus pâle, plus fluide, peh-l'ungyuy qui sert à vernir les meubles et les ombrelles, ou à l'éclairage; il en existe une troisième sorte, rougeàtre, le hung-l'ang-yu.

Cette huile, tung-yu, a aussi un usage médical, par suite de ses propriétés drastiques et éméto-cathartiques; elle est indiquée contre les empoisonnements par les métaux et comme remède de la folie ; elle sert de base à des emplâtres qu'on recommande comme stimulants sur les furoncles et les ulcères.

Jatropha curcas, tong-chou; t'ung-chu, F. P. Smith, 579; pe-fo-tze, Debeaux.

Il croît dans les parties montagneuses du Hou-pe, et on en récolte les fruits pour en tirer par l'action de l'eau bouillante et par expression une huile très-purgative , qui entre dans la composition de divers emplâtres. On en fait aussi un grand usage pour vernir les bateaux.

Croton tiglium, pa-teou, Pen-tsao; pa-teu, Cleyer, 224; ba-dou, Tatarinov, 2; pa-tow, Hanbury, 55; pa-tau, F. P. Smith, 324 ; pa-teou-tze, Debeaux.

Les graines de Tilly passent, en raison de leur drasticité, pour très - vénéneuses , parmi les Chinois. Ils en emploient cependant toutes les parties comme remède , et en particulier comme révulsif dans la dyssenterie. Elles pénètrent, disent-ils, la rate, l'estomac et les grands intestins, tuent les vers ; leur huile vénéneuse, pa-teou-yu, teou-tze-yeou (Debeaux) , ne doit pas être administrée aux personnes faibles ; c'est un purgatif et un emménagogue énergique.

On les tire principalement du Sse-tchuen.

Ricinus commtjnis, py-ma , Pen-tsao; tien-ma; ta-ma; pema; pey-ma~tsee; ta-ma-tsee; bi-ma-tsy, Tatarinov, 19; p'i-ma,jF. P. Smith, 210; ta-ma-tze, Debeaux.

Cette Euphorbiacée sous-frutescente est cultivée dans le Hou-pe pour son ombrage ; elle atteint dix pieds de haut et a une tige ligneuse , qui ne supporte même pas le froid des nuits de la Chine centrale ; on en distingue deux variétés , Tune à tige très-rouge , l'autre à tige très-pâle. Le fruit, à trois coques monospermes, est recueilli pour en extraire une huile très-employée ; les semences ont une saveur douce , tempérée , sont un peu vénéneuses et expulsent les humeurs aqueuses. On dit qu'il en existe une variété iherme, et ce serait celle qui fournit l'huile employée aux usages culinaires.

On fait avec les feuilles des applications résolutives sur les tumeurs ; on les administre à l'intérieur pour faire évacuer les pituites. Il ne paraît pas que les Chinois aient connaissance de leurs vertus galactogogues.

Le po-lo-houi, Pen-tsao (poh-loh-hwui, F. P. Smith, 210), paraît avoir une grande analogie avec le Ricin commun , auprès duquel l'ouvrage chinois l'indique «

Phyllanthus urinaria , kou-tche ; fo-yong-tsao , Debeaux.

Les feuilles et les fruits sont diurétiques , sudoriflques et antisyphilitiques.

Emblica officinalis, tche-Jbng-pa; a-mo-loh-kia-kwo, F. P. Smith, 752; kin-ko-tze, Debeaux.

Les Myrobalans Emblics sont usités comme astringents.

Buxus , houang-yang-mou, Pen-tsao; hwang-yang-muh, F. P. Smith, 153.

On emploie dans les accouchements difficiles les feuilles du Buxus, qui croit dans le Hai-nan et le Koui-tcheou.

Juglans regia, he-iao-chou; che-tao, Tatarinov, 47; hutao; hoAao; hu-t'au,heh-tfau, kiang-t'au, F. P. Smith, 1244; ta-chang-ye , Debeaux*

On emploie comme astringents Técorce de la tige et de la raciiie et le brou de cet arbre, qui a été importé du Turkestan par Changkien, des Han, et qui croît abondamment aujourd'hui dans le Hounan , le Chen-si, et dans les provinces du nord de la Chine*

ANACARDIACÉES.

Rhus venenata, che-tchou-yu; shih-chu-iju , F. P. Smith,

Cette plante est une de celles qui fournissent le vernis de la Chine ; ses fruits, très-âcres, sont indiqués contre l'hydropisie et les flux.

Rhus semialata, yen-fou-tzee; yen-fu-tsze, F. P. S., 1256. Un des arbres à vernis ; le fruit passe pour sialagogue , astrin-

gent; il est vénéneux; l'écorce est prescrite contre la jaunisse et comme anthelmintique.

Rhus succedanea, nieou-tchin-tzee , Pen-tsao; niuy-czzen, Tatarinov, 314; nu-ching , F. P. Smith, 983, 1256; nin-tching , tsi-chu, Debeaux.

Le Rhus succedanea est un des arbres qui fournissent la cire végétale; pour l'obtenir, on fait bouillir les fruits dans l'eau, la cire surnage ; c'est une huile concrète volatile plutôt qu'une cire, qu'on trouve sous la peau du fruit en granules abondants , qui contiennent 14,6 pour 100 de cire. Examinée par le professeur Rogers, elle a été reconnue composée de trois substances : 1° une soluble dans l'alcool à la température ordinaire, 12 pour 100; 2° une soluble dans l'alcool chaud, 55 pour 100; 3° une insoluble dans l'alcool froid ou chaud, 33 pour 100; ces trois corps, qui se rapprochent par quelques-uns de leurs caractères de ceux retirés par Brodie de la cire d'abeille, sont : 1° la céroléine molle, ayant à peine la consistance d'une graisse solide , fusible à près de 106° (au lieu de 85°), à réaction acide très-prononcée; 2° X acide cèrotique, fusible, quand il est pur, à 4- 134°, complètement huileux à -f- 136°, entièrement soluble en toutes proportions dans l'alcool chaud ; n'a pas les réactions acides de* celui de cire d'abeille; 3° la myricine, bien desséchée, n'adhère que peu sur un papier buvard, fusible à environ 130° (au lieu de 147°), entièrement liquide à 132°. La cire de Rhus se saponifie très-vite et donne une lumière très-vive ; elle a la blancheur et l'apparence de pureté de la cire d'abeille blanchie, mais elle est plus fragile, moins ductile ; sa pesanteur spécifique est moindre , et son point de fusion est vers 120°.

Le Rhus succedanea, qui est encore une des espèces à vernis, est employé en médecine contre la débilité, le rhumatisme et le lumbago.

Le Vernis de Chine [gan-ci, Tatarinov, 191), au moyen duquel les Chinois et les Japonais fabriquent des objets très-remarquables,

de beaucoup supérieurs aux produits de l'industrie européenne, s'obtient par incisions pratiquées sur plusieurs Térébinthacées ; on en tire un suc visqueux , qu'on colore en noir ou en rouge , et dont l'emploi demande les précautions les plus grandes , en raison de ses vapeurs très-caustiques; pour prévenir l'irritation très-vive de la peau que détermine le vernis , les ouvriers enduisent leurs mains et leur visage d'une huile épaisse camphrée.

Diverses plantes fournissent le vernis : dans l'Inde, le vernis commun est obtenu par des incisions du Semecarpus Anacardium > du Stoligarna longifolia et du Melanorrhea usitalissimum .

En Chine et au Japon, on en obtient du Stagmaria verniciflua, de YAugia chinensis et des Rhus Vernix, verniciferum, succedaneum, venenatum et semtalatum.

On emploie surtout le vernis à la fabrication des laques; il entre aussi dans la composition de quelques emplâtres.

Spondias amarAjJ en-mien; ngan-mo-leh , yu-kan-tsze , F '. P. Smith , 1087.

Ses fruits , amers , passent pour toniques , pectoraux et alexipharmaques; le jus en est employé dans une foule de cosmétiques.

iti itsiit \< ■:■:*.

Botryceras (balsamodendron) myrrha , mou-yo ; mo-hio; moiao , Tatarinov, 296; muh-yoh, yang-muh-yoh, F. P. Smith, 753; mo-hio, Debeaux.

La Myrrhe chinoise, qui est importée de l'/isie centrale, est de qualité très-inférieure et salie de matières étrangères.

On emploie aussi comme tonique , astringent , carminatif et stomachique, la racine du Botryceras (mou-yoh, wu-yoh, F. P. Smith, 348; wu-iao, Tatarinov, 485), formée de lames minces desséchées, blanchâtres et aromatiques.

Canarium, kan-lan, Pen-tsao; kan-lan, tsing-kwo, F. P. Smith, 185; kan-lan, Hanbury, 81.

Les fruits , gris et ridés , sont longs d'un pouce à un pouce et demi; sous leur pulpe on trouve un noyau osseux triangulaire.

Ces fruits sont souvent conservés avec du vin ou du sel , ils sont stomachiques, sialagogues, alexipharmaques, et dissipent les fumées de l'ivresse.

Les amandes dissolvent les arêtes dégluties par accident.

L'arbre laisse exsuder une gomme-résine, lan-fang, qui .sert à calfater les bateaux.

Boswellia , jou-hiang; yun-hiang; iu-hiang, t'au-ju, hiunluh-hiang, F. P. Smith , 812; ha-lo-hiang, yun-hiang, Debeaux.

L'Oliban, que les Chinois tirent des pays étrangers, est employé comme stimulant et fait la base d'emplâtres appliqués sur les furoncles; on l'administre à l'intérieur contre la lèpre et la scrofule.

On dit que la Chine possède une espèce de Boswellia qui se trouve dans le Tche-kiang et le Chen-si, et fournit une résine très-usitée contre la spermatorrhée et certaines affections de la vessie et des reins.

ftUTACÉES,

Ruta angustifolia , tcheou-tsao; Meou-ty ; tsan-tsao, Debeaux.

Les sommités fleuries sont employées comme emménagogues et anti-épileptiques.

ZAMVHOXYLÉEi.

Zanthoxylum alatum, tsin-tsiao, Pen-tsao; chua-tsiao, Tata-

ririov, 69; hoa-tsiaOj Guibourt; hwa-tseaou, Hanbury, 53; tsHn-tsiâUj hiva-tsiau, cliuen-tsau, F. P. Smith,

Les fruits de ce petit arbre, qu'on récolte dans le Sse-tchuen et le Hou-pe , se présentent en général sous la forme de petits carpelles (quatre, deux par avortement) rouges, tubercules, le plus souvent déhiscents et vides, mais renfermant quelquefois une graine arrondie, noire et luisante.

Ils sont le plus souvent mêlés de pédoncules grêles; ils ont une odeur aromatique et particulière, une saveur piquante et térébenthinée , avec un arrière-goût acre; ils doivent sans doute leurs propriétés à un principe oléo-résineux renfermé dans les tubercules du péricarpe. Le docteur Stenhouse, qui en a fait l'analyse, y a trouvé, par distillation, une essence xanthoxylène et un stéaroptène , le xanthoxylin.

Ces fruits sont principalement employés comme condiment; on doit sans doute les rapporter au Fagara des anciens auteurs.

On fait aussi usage des feuilles comme stimulantes , carmina-» tives, sudorifiques , emménagogues , astringentes et anthelmin-* tiques.

Zanthoxylum hastile, chou-tsiao; shuh~t$iau, F. P. Smith,

M» F. P. Smith rapporte à cette espèce une variété de hoatsiao, qu'on récolte dans le Sse-tchuen.

Zanthoxylum piperitum, ou-tchou-yu; ou-tsou-yu; czuan-

tsiao, wu-czzu-iuy , Tatarinov, 120, 482; tvii-chû-yu,

F. P. Smith, 1277; Uan-hiai, hoang-liu, Debeaux.

Originaire du Japon , où ses fruits sont employés comme condiment, cet arbre se rencontre aussi dans le Hou-nan, le Koueitcheou, le Sse-tchuen et le Chan-tong. Il se distingue AuZanthoxy-

lum alatum par ses fruits noirs , généralement séparés de leurs

pédoncules, formés de cinq carpelles, soudés et mélangés d'une certaine quantité de pédoncules scabres; leur saveur est chaude, amère et aromatique ; on en fait usage comme carminatif , stimulant, stomachique, anthelmintique, etc., et on les administre avec succès contre le catarrhe, Tesquinancie et le rhumatisme. Ils sont aussi usités comme antidote.

Ailanthus foetida, tcheou- tchun-tchou ; chu; kao; cKoucli un; czun-zzu, Tatarinov, 121 , 122; ch'au-c/m,ch'auch'un, F. P. Smith, 27.

On en mange les feuilles quand elles sont jeunes; plus âgées, elles sont employées comme astringentes, anthelmintiques ; on les administre dans les affections pulmonaires, la dysurie, les irrégularités des règles, la spermatorrhée ; on en fait aussi des lotions dans diverses maladies cutanées et pour faire croître les cheveux.

On substitue quelquefois aux feuilles Técorce de la tige et de la racine.

KYUOPHVLLÉi:».

Tribulus terrestris , ky-ly, Pen-tsao; tsi-li, Tatarinov, 440, pe-cie-li, Cleyer, 28; pih-tseih-le , Hanbury, 54; pehtsih-li, F. P. Smith, 1199; kie-ly-tze, Debeaux.

Cette plante, qui se trouve dans toutes les provinces de la Chine, fournit à la médecine chinoise ses fruits épineux, légèrement astringents, qui passent pour toniques et très -efficaces contre la spermatorrhée ; on les donne aussi aux femmes anémiques ou en couche comme galactogogue et facilitant le travail; on leur reconnaît également une action salutaire dans les inflammations de la bouche et de la gorge. Il est essentiel de les recueillir à la neuvième lune.

Sous le nom de sha-yuen-tsze (1200), on vend à Han-keou les graines petites , plates , foncées , réniformes d'un Tribulus qu'on recueille dans le Hou-nan. (F. P. Smith.)

VEGETAUX. 261

Linum usitatissimum , hu-ma; chu-ma-tsy ', Tatarinov, 63; hu-ma-tsze,F. P. Sruith, 645; kou-ma-tze, Debeaux.

On en emploie les graines huileuses et mucilagineuses comme émollientes , arthritiques , anthelmintiques et alexipharmaques ; on en fait aussi des cataplasmes.

OVALIDÉEN,

Oxalis acetosella, sy-tsiang-tsao ; tche-tsiang-tsao ; tseekiang-hiang ; tseh-tsiang-ts }au , ts'au-mou , F. P. Smith, 830; tsian-tsao-ye, Debeaux. [Oxalis corniculata).

Très-abondant en Chine, YOxalis acetosella est employé comme emménagogue, lithontriptique , et comme antidote du mercure et de l'arsenic; on en fait aussi des applications sur les brûlures, les morsures et les éruptions.

Averrhoa carambola, yang-tao-hoa ; wu-lien-Uze, wu-lingtsze, yang-t'au, F. P. Smith, 283.

Le fruit passe pour rafraîchissant, sialagogue et antiphlogistique.

BALS AMINÉES.

Balsamina , fong-sien-hoa ; fyn-sian-chua , Tatarinov, 188; Jung-sien, kih-sing-tsze,yen-chi-kiah-ts au, F. P. Smith, 114; ky-sing-tsee.

Plusieurs espèces de Balsamina, qui fournissent un grand nombre de variétés , sont cultivées par les Chinois ; ils les emploient en médecine pour faciliter l'accouchement, et pensent qu'elles exercent une action corrosive sur les dents.

COIIBBGTACGEI.

Termimlia. chebula, ho-tsee; ke-tsy, Tatarinov, 247; hotsze, koh-lih~le, Hanbury, 62; ho-tsze, ho-li-leh, F. P. Smith, 1140.

Bien que l'arbre croisse dans la province de Canton, les fruits sont généralement importés de Cochinchine et de Perse; leur longueur varie d'un pouce à un pouce et demi ; leur couleur est rougeâtre ou jaune verdàtre ; leur saveur est amère ; on les emploie fréquemment contre la diarrhée des enfants; on en fait aussi usage comme toniques , soit seuls , soit combinés à d'autres substances. On les emploie aussi fréquemment pour teindre les cheveux en noir; ils servent également de charmes pour toutes sortes de maladies.

Quisqualis indica , che-k'iun-tsee , Pen-lsao ; lieou-kieou-Uee, szi-ts'inn-tsy; Tatarinov, 417; she-keun-tsze , Hanbury, 61; sze-kiun-tsze , F. P. Smith, 965.

Les fruits du Quisqualis, longs d'environ un pouce , ovales ou oblongs, sont appointés aux extrémités et présentent une coupe pentagonale ; ils sont recouverts d'un péricarpe mince , cassant , couleur acajou, et renferment une semence huileuse. On les emploie comme un excellent vermifuge à la dose de quatre ou cinq semences, prises à jeun le premier jour du mois. Il résulte des observations faites par notre ami M. le docteur Waring, que ces graines sont surtout efficaces contre les lombrics des enfants. On doit rejeter les fruits attaqués par les vers et ceux qui ont commencé à s'entr'ouvrir. Ce fruit a l'inconvénient de provoquer le hoquet.

Le Quisqualis indica croît abondamment dans l'Annam , et se trouve aujourd'hui dans la province de Canton, le Fo-kien, le Ssetchuen, etc.

VEGETAUX. 263

imi i/ornoitiis.

Rhizophora, kao-py ; k'au-pi,Y. P. Smith, 693.

On en importe de très-grandes quantités de Siam et de Singapour à Ning-po pour la teinture et le tannage des voiles et filets, pour les préserver de la destruction par l'humidité et la vase. On lui substitue quelquefois lecorce de Mimosa. Cette écorce, plus claire que celle de VAilanthus, avec laquelle on la confond, est employée en matière médicale aux mêmes usages que le tan, et sert en particulier à préparer les eaux de lavage des ulcères indolents ; un peu d'alun augmente de beaucoup son action,

HALORAGÉES.

Myriophyllum spicatum, choui-tsao; czza-cao, szuy-tsao, Tatarinov, 123, 423; fou-j oing -tse, Debeaux.

TBAPÉEI.

Trapa bicornis , lin-kio, Pen-tsao; Un-Uiao, Tatarinov, 266; ling , Hanbury, 79; ling-hoh, F. P. Smith, 1193; lin- Mo , Debeaux.

Cette plante croît spontanément et en abondance dans les lacs et étangs du Hou-pe, où on la récolte pour en manger les fruits, après les avoir fait griller. On en fait quelquefois une sorte de farine.

Trapa tricornis, ky-che; hi; M-shih, F. P. Smith,

On en mange également les fruits \ les fleurs , qui sont astrinjgentes, entrent dans la composition^ de teintures pour la barbe.

TRAPANAWws,feou-ling;fau-ling,F. P. Smith, 1195.

On en mange les fruits après les avoir fait cuire. Cette plante est identique à l'espèce européenne.

On emploie à la nourriture, dans les viviers, des poissons domestiques, Hypophthalmichthys et Leuciscus, les Trapa, ainsi que le Vallisneria spiralis, des Ranunculus de la section Balrachium, et des Chara.

i vniitutiii s.

Lawsonia alba, tche-kia-hoa ; yen-chi-kiah , chi-kiah-hwa, F. P. Smith, 517,611.

Dans les provinces du sud, on se sert des feuilles pour teindre les ongles, et quelquefois le tour des yeux des filles.

MEii %s i <mi u ■;■;*.

Melastoma macrocarpum, pe-je-hong ; pe-hye-hong , De beaux.

Les feuilles et sommités fleuries sont usitées comme astringentes dans la leucorrhée et les gastro-entérites.

MYRTACEES.

Psidium pyriferum, fan-che-lieou ; fan-nien, fan-shih-liu , F. P. Smith, 495.

Eugenia jambos, pen-fan-tsee ; chen-fau-shu, F. P. Smith,

Le fruit est alimentaire.

Caryophyllus aromaticus, tin-hiang; din-siang , gun-dinsian, Tatarinov, 161, 212; ting-hiang, ting-tsze-hiang, kih-sheh-hiang , F. P. Smith, 265; han-ting-hiang, Debeaux.

Les Clous de cette Myrtacée, qui croît dans la province de Canton, sont très-employés comme carminatifs, stimulants, stomachiques , toniques et anthelmintiques , dans les diarrhées et les maladies d'estomac des enfants.

On fait usage de Fécorce contre la rage des dents.

Les rameaux et la racine sont également officinaux.

On emploie aussi en poudre les antophles et les fruits, mouhiang , mou-tong-hiang ; mu-dia-cian , Tatarinov, 300; mu-tinghiang , F. P. Smith, 736; mou-ling-hian, Debeaux.

Punica granatum, ngan-tsee-lieou , Pen-tsao; che-lieonpg ; che-lieou; szi-lu, Tatarinov, 415; shih-liu-pH, ngan-shih-liu, F. P. Smith, 911; han-lieou-pi, Debeaux.

Le Grenadier, importé du Caboul en Chine par Chan-kien, de la dynastie des Han , est aujourd'hui cultivé sur une très-grande échelle dans le Céleste Empire, et y présente de nombreuses variétés. On fait une ample consommation de ses fruits.

On emploie ses fleurs, han-lieou-hoa , mêlées à du fer, pour teindre les cheveux en noir; réduites en poudre, elles sont insufflées dans les narines pour arrêter les crachements de sang ; elles mitigent la chaleur du cœur.

La racine, che-lieou-pij , est donnée comme tonique, astringente, emménagogue et anthelmintique.

On emploie le péricarpe, han-lieou-pi , desséché, comme astringent , tonique , antirhumatismal et vermifuge ; on s'en sert aussi pour faire des lotions anti-ophthalmiques ; mais son principal

usage est contre la dyssenterie et contre la chute du rectum. Il a, d'après les Chinois, une saveur acerbe, pénètre les reins et les grands intestins, guérit les douleurs des pieds, des genoux, des nerfs, tue les vers, apaise la soif, teint les cheveux, etc.

< IL1C *\TIIÉE*

Chimomothus fragrans , la-mey, Tatarinov, 270; lah-mei, hwang-mei-hwa , F. P. Smith, 238.

Ses fleurs , blanches , très-odorantes , passent pour rafraîchissantes et sialagogues ; elles servent surtout d'ornement pour les femmes chinoises.

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