TRAIT DE PROTECTION ( TEXAS
Voici ce que nous écrivait Mgr Odin, vicaire apostolique du Texas, dans une lettre du n avril 1841 : « J'eus occasion de voir dans la ville de Nacogdo-
ches combien Marie Immaculée aime à exaucer ceux qui mettent leur confiance en elle. Une dame du Maryland reçut, en quittant son pays pour venir se fixer au Texas, une médaille miraculeuse; son confesseur, en la lui donnant, l'engagea à ne jamais manquer de réciter la petite prière : O Marie conçue sans péché, etc., et lui dit que cette bonne Mère ne permettrait pas qu'elle mourût sans recevoir les derniers secours de la religion. Elle fut fidèle à suivre l'avis qu'on lui donnait. Depuis quatre ans elle était au lit, souvent on l'avait crue à la dernière extrémité; mais sa confiance en Marie Immaculée lui faisait toujours espérer qu'elle aurait le bonheur, avant de quitter la vie, de recevoir les derniers sacrements. A peine eut-elle appris notre arrivée, qu1elle s'empressa de nous faire appeler; elle reçut le saint viatique et l1 extrême-onction, et expira quelques jours après, pleine de reconnaissance envers sa bienfaitrice. »
GÙERISONS ET PROTECTION
(chine)
Dans une lettre du mois de juillet t 838, Mgr Rameaux, vicaire apostolique des provinces du Kiang-Si et du Tché-Kiang, en nous envoyant l'invocation de la médaille, traduite en chinois, nous disait que les chrétiens de la Chine y avaient une grande dévotion, et qu'ils ne récitaient jamais VÂVe Maria sans y
ajouter cette petite prière. Il nous annonçait aussi que Mgr de Bézy, vicaire apostolique du Hou- Kouang, et M. Perboyre, missionnaire apostolique, avaient quelques traits de protection à nous transmettre. Nous en reçûmes, en effet, la relation quelques mois après, telle que nous la donnons ici.
« i° Dans la province du Hou-Kouang, un chrétien qui depuis deux mois était travaillé d'une horrible fièvre, toujours accompagnée de délire, avait été traité par trois médecins, et tous leurs remèdes étaient restés sans effet. Se trouvant réduit à toute extrémité, il me fit appeler et me demanda à être administré. Je lui donnai le saint viatique et différai l'extrêmeonction, vu que mon ministère me retenait encore là pour quelque temps. Je lui donnai la médaille et lui conseillai une neuvaine, l'assurant que, si c1était expédient pour le bien de son âme, il recouvrerait la santé. Le malade commença donc la neuvaine. Le septième jour, la fièvre le quitta, et le lendemain il avait repris toutes ses forces. Le neuvième jour il vint me trouver, m'assurant qu'il était parfaitement guéri. Je lui prescrivis de remercier la sainte Vierge d'un tel bienfait, l'engageant à réciter en son honneur le Rosaire avec ses amis. Mais notre chrétien, préoccupé de diverses affaires que sa maladie lui avait fait interrompre, oublia de s'en acquitter. Cinq jours après il retomba dans la même maladie. Cette rechute lui fit vivement sentir sa faute; il s'approcha de nouveau des sacrements et commença une autre
neuvaine. Le mal empirait de jour en jour; cependant je conservais pour lui une grande confiance dans l'Immaculée Marie, et je l'assurais de sa guérison avant la fin de sa neuvaine. Ma confiance ne fut pas trompée : le malade fut entièrement guéri, au grand étonnement de tous les chrétiens. Cette fois sa reconnaissance fut effective, et la fièvre ne revint plus.
« 20 Dans un village de la même province, qu'on appelle Tien-Men, les chrétiens, qui sont au nombre de deux cents, se distinguent par leur piété et par une grande dévotion envers la très-sainte Vierge. Depuis huit ans, les inondations avaient réduit ces chrétiens à la plus grande misère ; mais cette année, en voyant recommencer les débordements, ils eurent recours à Marie Immaculée, à l'occasion de la médaille, et aussitôt les eaux se retirèrent sans faire aucun ravage dans les terres des chrétiens, bien qu'elles eussent dévasté celles des païens. Aussi nos chrétiens se plaisent-ils à reconnaître, avec actions de grâces, devoir à leur bonne Mère l'abondante moisson qu'ils viennent de faire. »
« 3° Le fait suivant nous a été transmis par M. Pcrboyre, dans une lettre du 10 août i83q. On apprendra avec intérêt que c'est ce même missionnaire qui, arrêté un mois après, en haine de la religion, confessa si généreusement la foi pendant un an, au milieu des plus affreuses tortures, et qui eut le bonheur de consommer son glorieux martyre le 11 septembre 1840.
<•< Comme j'étais à faire la mission dans une chré-
tienté du Honan, en novembre 1837, les chrétiens de l'endroit me présentèrent une jeune femme, atteinte d'aliénation mentale depuis environ huit mois, me disant qu'elle désirait ardemment se confesser, et que, quelque incapable qu'elle fût d'une pareille action, ils me suppliaient de ne pas lui refuser une consolation qu'elle avait tant à cœur. Le triste état où elle était réduite ôtait toute apparence d'utilité dans l'exercice de mon ministère auprès d'elle. Cependant je l'entendis par pure compassion. En la congédiant, je la mis sous la protection spéciale de la sainte Vierge, c'est-à-dire que je lui donnai une médaille de l'Immaculée-Conception. Elle ne comprenait pas alors le prix du saint remède qu'elle recevait ; mais elle commença dès ce moment à en ressentir la vertu, en éprouvant un mieux qui alla se développant au point que, quatre ou cinq jours après, elle était entièrement changée. A un désordre complet d'idées, à des appréhensions qui la tenaient continuellement dans des angoisses mortelles, où je crois que le démon était pour beaucoup, succédèrent le bon sens, le calme et le bonheur. Elle se confessa de nouveau et fit la sainte communion, avec les sentiments les plus vifs de joie et de ferveur. Ce trait particulier de bonté de la Mère de miséricorde vous surprendra sans doute peu, vous qui savez si bien que toute la terre est remplie de la miséricorde de Marie ; mais votre bon cœur sera ravi d'avoir cette nouvelle occasion de lui en rendre des actions de grâces particulières;
et c'est là le principal motif qui m'a engagé à porter ce fait à votre connaissance. »
i° Lettre d'un missionnaire de Macao, du 25 août
« Une veuve qui n'avait qu'un fils, élevé, comme elle, dans le paganisme, le vit tomber tout à coup sous l'empire du démon ; il était tellement possédé, que tout le monde se sauvait devant lui et qu'il courait dans les champs, jetant des cris lamentables. Si quelqu'un se trouvait assez hardi pour vouloir l'arrêter, il était aussitôt saisi et renversé par terre. La pauvre mère était au désespoir et se mourait de chagrin ; mais la divine Providence daigna jeter des regards de bonté sur cette malheureuse famille. Un jour que ce jeune homme était plus que jamais tourmenté, il fuyait de tous côtés comme un vagabond, ne sachant où il allait; chacun voulait courir après lui pour l'arrêter, mais il repoussait brutalement tous ceux qui le saisissaient. Le Dieu de toute bonté permit qu'il se trouvât un chrétien qui, animé d'une foi vive et voyant le démon maltraiter ce malheureux d'une manière aussi tyrannique, dit à tous ceux qui couraient après lui de se retirer, qu'il se faisait fort de l'arrêter seul, de le calmer et de le ramener tranquillement à sa mère Ce langage parut étonner tous les païens; cependant ils le laissèrent aller, quoiqu'il y eût selon eux un grand danger. Ce bon chrétien portait la médaille miraculeuse de l'Im-
maculée Marie; il la prit dans sa main, et dès qu'il se fut approché du possédé, il la lui montra en commandant au démon de le laisser en repos et de s'enfuir; ce qu'il lit à l'instant même. Ce jeune homme, voyant le chrétien tenir sa médaille, se jeta à terre humblement prosterné devant cette image miraculeuse, sans savoir ce que c'était. Les païens, qui examinaient de loin ce qui se passait, étaient dans le plus grand étonnement. Cependant le chrétien lui dit de se relever et de le suivre, et, tenant toujours en main sa médaille, qui était devenue comme une pierre d'aimant pour le jeune païen, il le conduisit à sa mère. A peine fut-il auprès d'elle, qu'il la consola en lui disant : « Ne pleurez plus, je suis parfaitement a délivré. Le démon m'a quitté dès qu'il a aperçu a cette médaille. » Pensez quelle fut la joie de cette pauvre mère, en entendant son fils parler ainsi ! Elle ne savait si c'était un songe ou une réalité. Le chrétien la rassura et lui raconta tout ce qui s'était passé, lui ajoutant que son fils ne serait plus possédé à l'avenir si elle voulait renoncer aux idoles et se faire chrétienne. Elle le promit bien sincèrement, et tous deux commencèrent à descendre leurs faux dieux de dessus l'autel. Alors le chrétien, dans la certitude qu'ils seraient fidèles dès qu'ils seraient instruits des vérités de la foi, se retira tout comblé des remercîments de la mère et du fils pour le service inappréciable qu'il venait de leur rendre »
2° Extrait d'une lettre de M. Faivre, prêtre de la Mission dans la province de Nankin, du G mai
« Les deux grands moyens dont le bon Dieu s'est servi pour faire le bien dans cette Mission, sont la protection de Marie Immaculée et la croix de notre Sauveur. Pour la protection très-puissante de Marie conçue sans péché, nous l'avons éprouvée si souvent et d'une manière si spéciale, soit en ce qui concerne nos personnes, soit en ce qui regarde le bien qui s'est fait dans la Mission, que je serais trop long si je voulais rapporter en détail tous les bienfaits que nous avons reçus de sa main maternelle.
« Voyant les bontés de la très-sainte Vierge si grandes envers nous et envers nos chrétiens, nous avons fait tout ce que nous avons pu pour l'honorer et la faire honorer par les chrétiens, auxquels nous avons cherché à inspirer la plus vive confiance en cette bonne et excellente Mère. Le jour de l'Assomption 1839, nous lui avons consacré très-spécialement cette Mission, que depuis ce temps-là nous avons appelée le Diocèse de Marie. Nous avons donné pour règle aux vierges d'honorer d'une manière toute particulière rimmaculée-Conception de Marie. Nous avons établi Marie Immaculée patronne du séminaire que la Providence a créé dans cette Mission, où il y a maintenant six élèves qui vivent avec régularité et édification, et font des progrès rapides dans l'étude
de la langue latine. Une de nos vierges déjà avancée en âge, était depuis plusieurs années retenue dans son lit, sans aucun espoir de guérison : car les treize médecins qu'elle avait successivement consultés avaient déclaré sa maladie incurable. Voyant sa fin approcher, elle demanda le missionnaire pour l'administrer. Celui-ci tétant rendu auprès d'elle, lui donna le sacrement des mourants et l'exhorta à accepter la mort en esprit de conformité à la volonté de Dieu ; elle répondit qu'elle était bien résignée à sa volonté sainte, qu'elle savait très-bien que les hommes ne pouvaient la guérir; mais qu'elle avait la ferme conliance que, si elle avait une médaille miraculeuse, elle la guérirait. Le missionnaire, voyant tant de foi et de confiance, lui donna celle qu'il portait, n'en ayant pas d'autre pour le moment, et lui recommanda de faire une neuvaine en l'honneur de l'Immaculée- Conception de la très-sainte Vierge. Elle la fit avec toute la famille, et dès le cinquième jour elle se trouva entièrement guérie. Le médecin païen qui la traitait alors, étant venu la voir sur la fin de la neuvaine, fut tout surpris de la trouver en bonne santé, et lui demanda bien vite quel remède extraordinaire elle avait employé pour obtenir sa guérison. Elle répondit qu'elle n'avait pris aucun remède, mais que c'était le Seigneur du ciel qui lui avait rendu la santé. Le médecin s'en retourna plein de vénération pour le Seigneur du ciel qui a une si grande puissance; et la vierge, pour témoigner sa reconnaissance envers
rimmaculée Marie, son auguste bienfaitrice, donna une somme de 3oo piastres pour réparer une chapelle dédiée en son honneur.