CONVERSION DE M. FISH
Saint-Louis (Etats-Unis).
Un protestant, nommé Fish, fut apporté à l'hôpital, atteint d'une maladie de poitrine incurable déjà très-avancée. Il détestait sincèrement la religion catholique et ne recevait les services des sœurs qu'avec une répugnance extrême. Ses forces physiques diminuaient sensiblement, mais son esprit
gardait toute son énergie et sa lucidité. Peu à peu, l'odeur infecte qui s'échappait de ses poumons gangrenés devint si insupportable, qu'il se vit abandonné de tout le monde ; les sœurs et M. Burke, missionnaire, avaient seuls le courage de rapprocher et de lui rendre leurs services. Toutefois, ni le prêtre, ni les sœurs ne pouvaient lui parler de religion. Ils se contentèrent de mettre une médaille miraculeuse sous ses oreillers, en invoquant avec grande confiance Celle qui daigne si souvent faire éclater sa puissance en faveur de ceux mêmes qui nient son pouvoir. Elle ne tarda pas à exaucer ces prières. Quelques jours après, comme le ministre protestant quittait la salle, après avoir fait sa distribution habituelle de brochures, le malade appela une sœur : « Ma sœur, lui dit-il, c'est fait, je suis converti. » « Bien, se dit la sœur intérieurement, notre bonne Mère a fait son œuvre. » Cela était vrai, car le malade demanda un prêtre, se fit instruire et reçut, après peu de jours, les sacrements de baptême et d'extrême-onction, ainsi que le saint viatique, avec des sentiments de piété qu'il serait difficile d'exprimer. Sa figure avait même changé d'expression, tant ses traits portaient l'empreinte de la joie sainte dont son cœur débordait. « Ah ! disait-il ensuite, je souffre beaucoup, mais j'ai la conviction que j'irai au ciel ; la vérité m'a donné la liberté. » Il expira dans ces heureuses dispositions, en promettant de prier au ciel pour tous ceux qui avaient été les instruments de son bonheur.
3l2 GRACES EXTRAORDINAIRES
CONVERSION d'un malade non baptisé.
Saint-Louis (Etats-Unis).
Un malade, apporté à l'hôpital dans un état désespéré, manifesta ouvertement sa haine profonde pour le catholicisme. Cependant, comme le danger devint sérieux, la sœur, profitant d'un moment où il paraissait un peu mieux disposé qu'à l'ordinaire, se hasarda à lui demander s'il avait été baptisé ; il répondit d'un ton très-dur que non, qu'il ne croyait guère au baptême et pas du tout au baptême catholique, que s'il guérissait, il pourrait peut-être recevoir le baptême par immersion, et devenir membre d'une église quelconque, mais jamais de l'Église catholique. « En tout cas, ajouta-t-il, ce n'est pas à cette heure que je vais me tourmenter de ces choses-là. » La pauvre sœur, n'ayant plus de ressource que dans la sainte Vierge et voyant que le jeune homme touchait à sa fin, glissa une médaille sous son oreiller. Le lendemain, la médaille fut ramassée par l'infirmier qui, pensant que la sœur l'avait laissée tomber, voulut la prendre pour la lui remettre ; mais le malade s'y opposa : la petite image lui plut, et il fallut, pour le contenter, que l'infirmier allât demander à la sœur s'il pouvait la garder, ce qui lui fut accordé Vers le soir, on vint dire à la sœur que le malade la demandait : «Ma sœur, lui dit-il, vous m'avez dit que je ne pourrais pas être
sauvé sans le baptême, donc je veux être baptisé, car je veux être sauvé. » Remplie de joie à cette nouvelle, la sœur se mit de suite à l'instruire et à le préparer pour la cérémonie qui eut lieu le lendemain matin. Dans le courant de la journée, cette âme, devenue reniant de Dieu, alla reposer dans le sein de son Père céleste, pour le bénir à jamais de ses miséricordes.
GUÉRISON