‹ La médaille miraculeuseChapitre 40 sur 65 · D'UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

D'UNE JEUNE FILLE

Buft'alo (Etats-Unis).

Une jeune fille protestante, d'une vingtaine d'années, vint à Thôpital couverte, de la tête aux pieds, d'une gale dégoûtante que les médecins déclarèrent incurable. La sœur, qui pansait ses plaies, lui dit une fois que la sainte Vierge avait le pouvoir de la guérir et que, si elle voulait porter sa médaille et lui demander la guérison, elle l'obtiendrait. La pauvre fille, sachant que les médecins jugeaient son mal sans remède, répondit brusquement : « Je ne crois pas à votre sainte Vierge et je ne veux pas de médaille. — Très-bien, dit la sœur, alors vous pouvez garder vos plaies. » Quelques jours après, elle demanda d'ellemême une médaille, la mit à son cou, se fit instruire et baptiser, et, très-peu de temps après, elle quitta l'hôpital parfaitement guérie, au grand étonnement

des médecins qui avaient tous été d'accord sur la nature irrémédiable de son mal.

CONVERSION d'un pécheur.

Hôpital de Gratz (Autriche).

Un artiste peintre dont la conduite laissait beaucoup à désirer, se trouvait à l'hôpital; un matin, la sœur de service fut toute surprise qu'il lui exprimât le désir de se confesser. Elle laissa voir son étonnement; mais il lui dit : « Ce matin, ma sœur, la porte de la chapelle était entr'ouverte et j'ai aperçu de mon lit la statue de la sainte Vierge (c'était celle de l'Immaculée- Conception). Elle me parla fortement au cœur; je n'ai plus de repos, il faut que je mette ordre à mes affaires ! » Il se confessa plusieurs fois, et répéta souvent : « Ah ! quelle vie j'ai menée et à quel point Marie est venue à mon aide ! » On lui demanda ce qu'il croyait avoir attiré sur lui le regard de Marie, et il répondit : « Je n'ai fait que considérer la statue sans réfléchir, et mon cœur s'est gonflé subitement en pensant à ma viepassée, jemesuis senti glacé defrayeur, et en même temps Marie me remettait tout en mémoire et changeait entièrement mon cœur ! » Le repentir et la réparation y étaient entrés à la suite du regard miséricordieux et maternel de Marie Immaculée!

CONVERSION

d'un grec schismatique.

Hôpital de Gratz (Autriche).

Un jeune grec schismatique, atteint d'une maladie mortelle, fut amené à l'hôpital. Il déclarait vouloir mourir dans ses erreurs; les sœurs, voyant sa persistance, chargèrent la sainte Vierge de ce pauvre moribond, et le lui consacrèrent en posant sous son oreiller une médaille, qui pour lui allait devenir miraculeuse. Un jour qu'un Père franciscain visitait les malades, le jeune homme pria la sœur de le lui conduire. Il s'entretint longtemps avec le Père, mais ne manifesta aucune intention de se faire catholique. Cependant le mal s'aggrava considérablement ; le malade, surpris par un vomissement de sang, réclama de nouveau le Père parce que, disait-il, il voulait embrasser la religion catholique. Le religieux fut surpris, car il n'avait nullement provoqué cette démarche du jeune schismatique; mais la sainte Vierge avait travaillé sans lui. Le malade se confessa et fit son abjuration, il voulut même que le révérend Père fit connaître à haute voix aux autres malades que c'était de son libre choix qu'il entrait dans le sein de l'Eglise. On hésitait à lui donner le saint viatique à cause de ses vomissements, mais il insista si fortement pour recevoir la sainte communion, il en avait un si vif désir que le bon Dieu permit que les accidents de-

vinssent moins fréquents, et qu'il pût faire à la fois sa première et sa dernière communion avec une ferveur et une consolation inexprimables. Interrogé au sujet de sa conversion, il répondit : « Depuis longtemps, je sentais que tout est néant ici-bas, et je cherchais ce qui est véritable et durable. » Pendant le délire de ses derniers moments, il parlait toujours d'une robe blanche. La grâce du baptême en avait revêtu son âme, et c'est Marie sans doute qui la lui avait procurée.

CONVERSION d'un apostat.

Autriche. — 1866.

Dans une prison confiée aux soins des Filles de la Charité, se trouvait un jeune homme appartenant à une famille catholique et respectable dont il avait fait le déshonneur. Après quelque temps de séjour, il tomba malade; son état exigea qu'il fût transporté à l'infirmerie, mais, fidèle à ses principes, il refusa absolument tout secours religieux; s'il voyait passer l'un des aumôniers il détournait la tête ou se cachait sous ses couvertures. Toutes les sœurs prièrent la supérieure de tenter un dernier effort. Le malade accueillit assez poliment la supérieure; mais pour se délivrer de ses instances, il lui dit qu'il était protestant et lui raconta comment il était arrivé à abjurer sa rc-

OBTENUES PAR LA MEDAILLE MIRACULEUSF . DlJ

ligion après avoir fait la connaissance de quelques mauvais sujets avec lesquels il avait commis grand nombre d'impiétés, et qui lui avaient conseillé de se faire protestant. La supérieure le questionna sur les remords qu'il avait dû éprouver-, mais il s'emporta et s'écria à haute voix : « Je suis protestant et je veux vivre et mourir en protestant. » La sœur comprit qu'il n'y avait rien à faire auprès de ce malheureux; mais du fond de son cœur, elle le recommanda à Celle qui est le refuge des pécheurs, et le pria seulement de ne pas refuser la médaille qu'elle lui offrait, de la porter et de la baiser quelquefois. Il parut tout heureux de se tirer de l'entretien à si bon compte, et la sœur le quitta en mettant son espérance en Marie.

Le pauvre malade passa la nuit sans repos, la sainte Vierge remuait son âme, et le lendemain, de grand matin, il lit appeler la sœur et la pria de lui amener le prêtre pour faire entre ses mains une profession de foi solennelle qui réparât les scandales de son apostasie et de ses impiétés. Mais sa réputation était telle que l'aumônier de la prison ne put croire à la sincérité de ce désir; il ne se décida à se rendre auprès du malade qu'après les pressantes sollicitations de la supérieure; son émotion fut grande en voyant le changement que la grâce avait opéré ; et la componction avec laquelle le jeune homme fit l'aveu de ses fautes le toucha profondément. Le moribond fit ensuite publiquement l'abjuration de

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ses erreurs et mourut quelques instants après dans la grâce de Dieu, sous le regard protecteur et sauveur de Marie.

CONVERSION d'un militaire a l'hôpital de cava.

Cava (Italie). — 1866.

Un jeune militaire, atteint d'une maladie de poitrine, fut conduit à l'hôpital militaire de Cava. Sa première question fut de s'informer s'il allait être soigné par des sœurs. Sur la réponse affirmative, il se dit à lui-même : « Elles vont me parler de confession, je vais dire que je suis israélite afin qu'on me laisse tranquille » ; et cette déclaration fut portée sur la carte d'admission. Le voyant sérieusement malade, les sœurs de son service le visitaient le plus souvent possible, et un jour Tune d'elles lui offrit une médaille de rimmaculée-Conception; il la regarda avec un sourire de pitié : « Je vais pourtant la prendre, dit-il, la refuser ne serait pas poli, mais croyez que pour moi c'est un jouet d'enfant, et rien de plus. »

Chaque fois que l'aumônier traversait la salle pour porter une parole de consolation à l'un ou à l'autre, le pauvre israélite se couvrait la tête avec son drap. La sœur essaya de dire quelques mots du bon Dieu ; mais le malade ne répondit rien, et aux visites suivantes, dès que la sœur l'approchait, il faisait sem-

blant de dormir. Un soir qu'il se trouvait plus mal qu'à l'ordinaire, deux sœurs voulurent le voir avant d'aller prendre leur repos, et dès que le malade les entendit dans la salle, il s'écria : « Ma sœur, un prêtre ! » L'aumônier fut appelé immédiatement, et en attendant son arrivée, le pauvre moribond répétait : « Un prêtre! un prêtre ! » Quand l'aumônier fut près de lui, il lui fit faire sa profession de foi d'une voix très-intelligible ; puis il le confessa, et comme il en était à la deuxième onction du sacrement des mourants, le nouveau converti rendait son âme à Dieu dans des conditions tout à lait consolantes.

CONVERSION

d'un blessé.

Palerme (Italie). — 1866.

En 1866, à l'hôpital militaire de Palerme, se trouvait un pauvre blessé qui venait de subir l'amputation du bras gauche. Il était tellement impie, que la sœur de service fut obligée d'enlever un Christ placé près de son lit, pour le soustraire à ses invectives. Ce malheureux était dans un état désespéré pour le corps comme pour l'âme, et cependant il n'y avait pas à lui faire entendre un mot du bon Dieu. Que faire en cette extrémité ? La sœur était pleine d'angoisse quand, au moment du pansement, elle fut inspirée de glisser une médaille de l'Immaculée-Con-

ception entre les bandes qui entouraient le moignon du pauvre amputé. Le lendemain, de grand matin, elle fut plus heureuse qu'étonnée de trouver le blessé tout changé, car elle avait compté fortement sur la sainte Vierge. 11 demandait un prêtre qui lui fut amené aussitôt; il se confessa, répara publiquement les scandales de sa vie passée et reçut avec piété le saint viatique et l'extrême-onction. Les quelques jours qu'il vécut encore furent employés à bénir Dieu qui s'était montré si miséricordieux à son égard. Il répétait sans cesse à ses camarades : « Voyez comme Dieu est bon, j'ai commis tant de péchés et il m'a tout pardonné ! »

GUÉRISON d'un officier autrichien.

Hôpital de Gratz (Autriche). — 1867.

Un officier, en garnison à Gratz, souffrait d'une grave blessure au bras droit ; il se fit porter à l'hôpital général afin d'être à même de recevoir plus facilement les soins de M. Rzehazeh, chirurgien très-éminent. Ce digne chirurgien épuisa toutes les ressources de son art, mais inutilement. Après quelques semaines de traitement, il se vit dans la nécessité d'en venir à l'amputation du membre malade pour conserver la vie de l'officier. Celui-ci, en apprenant la décision du docteur, tomba dans une

profonde tristesse ; mais ce sentiment pénible tourna son cœur du côté de la piété. Lui qui n'avait jamais voulu entendre parler de Dieu, qui n'avait accepté que par bienséance une médaille qu'on lui avait donnée , laissait paraître alors une satisfaction réelle quand les sœurs qui le soignaient lui promettaient de prier la sainte Vierge de lui venir en aide. Durant les derniers jours qui précédèrent le jour de l'opération, le pauvre blessé sentit naître en son cœur une grande confiance dans sa médaille; il répétait souvent l'invocation qui s'y trouvait gravée : « O Marie conçue sans péché. » Cependant le danger devenait imminent et ne permettait plus de différer l'amputation ; elle fut fixée au lendemain. Une sœur, s'apercevant que la confiance du jeune officier lui inspirait une prière incessante, lui proposa, le soir, de poser la médaille sur l'endroit malade, et de l'y laisser toute la nuit, ce qu'il accueillit avec joie. Dès le matin, elle accourut auprès du blessé pour s'informer de son état, et retirer la médaille. La nuit avait été calme, les souffrances moins grandes, et la sœur, tout en attribuant le bien-être présent aux calmants qui avaient été prescrits, comprenait bien que la précieuse médaille avait ajouté sa puissance ci la leur, et que la sainte Vierge n'était pas étrangère à l'état du blessé; mais elle ne soupçonnait pas encore la grandeur du bien. Le chirurgien vint quelques heures après visiter l'officier, et en attendant ses aides, il examina attentivement le bras malade, le

palpa, le sonda et, à son grand étonnement, il reconnut que l'amputation devenait inutile. Les autres médecins étant survenus, il leur fit constater le changement qui le surprenait lui-même. L'officier était muet de bonheur ; demeuré seul avec le chirurgien en chef, il lui fit une communication qui resta sous le secret; mais en le quittant, le chirurgien alla trouver la sœur : « Je crois, leur dit-il, que les sœurs de charité ont encore mis le bon Dieu de leur côté dans le cas présent. »

Le bras de l'officier acheva de se rétablir ; quelques semaines après, il quittait l'hôpital, emportant avec sa précieuse médaille de vifs sentiments de reconnaissance et d'amour pour Marie Immaculée.

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