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rables; il invoquait de tout son cœur la sainte, la douce Vierge Marie. A côté de lui était placé un Russe protestant, blessé aussi, et atteint d'une dyssenterie violente. Il répandait une odeur si insupportable que tout le monde s'en plaignait, malades et infirmiers. Il paraissait ne faire aucun cas des actes de religion. La sœur passait et repassait sans qu'il daignât lui parler, ni même la regarder. Le jeune Polonais, au contraire, rappelait souvent et recevait avec joie et reconnaissance ses soins et ses consolations. Un soir, notre jeune catholique souffrait plus que de coutume; ses larmes ne tarissaient pas ; ses cris se prolongeaient comme sa douleur. Il appelle la sœur, la conjure de venir à son aide ; il sent que la patience lui échappe, que le désespoir va s'emparer de lui. Ses souffrances sont horribles, atroces. La sœur polonaise l'encourage, le console, lui dit d'avoir confiance et de poser sur la plaie la médaille miraculeuse qu'elle lui donne. Le jeune malade y consent tout de suite, laisse sa main sur la plaie pour soutenir la médaille, et dans cette position s'endort... Notre protestant n'avait voulu rien voir, et cependant il avait tout examiné, tout vu. Quelques jours après il appelle auprès de lui notre sœur polonaise, qui seule pouvait le comprendre, et lui dit : « Ma sœur, donnez-moi « aussi ce que vous avez donné à ce jeune homme, « qui lui a fait tant de bien; je souffre tant!... — « Mon ami, je ne demande pas mieux . mais vous « n'avez pas ce qui guérit, la foi et la confiance..
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« nous trompe, nous, malheureux protestants ! Que « de mensonges on nous débite ! Que Dieu est bon « de m'avoir sauvé de Terreur ! Que la sainte et douce «c Vierge Marie soit connue et aimée toujours... toute jours... et partout !... » Et il expira l. »
« Un sergent, assez âgé, atteint depuis trois mois d'une dyssenterie violente, fut trouvé un matin, par la sœur qui faisait la tournée des malades, tout noyé dans ses larmes. « — Hé ! qu'avez-vous donc, mon a brave, lui dit-elle, pour vous laisser aller à un tel « excès de douleur ? — Ah ! ma sœur, s'écria-t-il, « donnez-moi de la patience, car je n'en ai plus; « je suis désespéré. Je ne puis plus endurer mes te souffrances. Je me sens mourir au moment d'avoir ce ma retraite, au moment où j'espérais rentrer dans a ma patrie avec honneur et revoir ma famille. Il me ee faudra donc laisser mes os dans ce pays et mourir ce seul?... * Et, en disant ces mots, il sanglotait et se tordait les bras avec une désespérante violence. Et la sœur qui raconte ce fait nous disait, il n'y a pas longtemps : et A la vue des pleurs de ce brave soldat, ee de ses cheveux blancs et de ses nombreuses cicaee trices, je sentis mon cœur se briser. Cependant a comme mes larmes n'auraient pas tari les siennes, ee je tâchai, par d'autres moyens, de relever son coûte rage, et je lui promis une entière guérison s'il vou-
i. Lettre de sœur M., 9 juillet 1857.