ETATS-UNIS
Extraits de lettres écrites par les Filles de la Charité, pendant la guerre de sécession de 1861 à 186S.
Hôpital militaire, dit Maison de Refuge, à Saint-Louis (Missouri).
« Beaucoup de nos pauvres soldats ignoraient presque l'existence de Dieu, et n'avaient jamais même entendu parler du baptême; mais quand les sœurs leur expliquaient la nécessité de ce sacrement, et la bonté de Dieu qui, par ce moyen, nous lavait de la tache originelle et nous adoptait pour ses enfants, nos paroles les pénétraient d'émotion, et leur faisaient verser parfois des larmes d'attendrissement. L'un d'entre eux dit un jour à une de nos sœurs : « Ma « sœur, ne me quittez pas; restez, je vous en prie, et « parlez-moi encore de ce Dieu que je devrais aimer. « Comment se fait-il que j'aie vécu si longtemps, et « que je n'aie jamais entendu parler de lui, comme « vous Venez de le faire? Que faut-il donc que je fasse « pour devenir l'enfant de Dieu? — Il faut, répondit « la sœur, croire et être baptisé. — Eh bien ! répli- « qua-t-il, baptisez-moi. » Elle l'engagea à attendre jusqu'au matin la venue de M. Burke, car il n'était point en danger de mort. Le malade y consentit avec
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« Un soldat, nommé Nichols, tomba dangereusement malade; en quelques jours, il se trouva à la dernière extrémité. En vain essayait-on de toucher son cœur, et de réveiller en lui des sentiments de religion. Il souffrait horriblement ; il Savait pas une minute de repos, ni jour ni nuit, et pouvait à peine rester quelques instants dans la même position. Son état faisait pitié. Plusieurs de ses compagnons sachant qu'il Savait jamais été baptisé, et ayant vu le bon effet que le baptême avait produit sur d'autres, vinrent prier les sœurs de lui proposer de recevoir ce sacrement ; ils pensaient que cela le calmerait, ignorant tout ce qui avait déjà été fait pour l'y engager. Enfin, nos prières furent redoublées, et une médaille fut mise sous son oreiller. Ses camarades regardaient sa maladie comme un châtiment visible de son impiété. On ne pouvait pas lui faire prononcer le nom de Dieu ; mais il suppliait le médecin avec des accents déchirants de ne pas le laisser mourir. Quatre jours s'étaient écoulés de cette manière, sans le moindre changement, quand un de ses compagnons, qui paraissait lui porter plus d'intérêt que les autres, lui dit, avec les larmes aux yeux, combien il regrettait
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