‹ La Médecine à Grenoble: notes pour servir à l'histoire de l'École de médecine et de pharmacieChapitre 43 sur 45 · A. BORDIER · texte numérisé non relu

A. BORDIER

I/éWvationliabiliielledesoiiespril (ionriaitAtousIesIravaiisfl'A.Charvet unP tournure sociologique, témoin sa belle étude sur le crétinisme dans l'arrundissement de Grenoble (1).

Dans ce travail remarquable, A. Cbarvet constate la diminution progressive de cette endiimie, dans les vingt dernières années ; t An cflmmpnwment de ce siècle, dll-il, le tiers et, dans certains villages, la moitié peutêtre des habitants «Haient porteurs de goitres volumineux. Des crétin» aux formes et aus allures caractéristiques vaguaient dans les rues et sur les chemins, ou étaient assis dans la maison immobiles ou se balan<;ant machinalement sur leurs chaises ». Dans des considérations intéressantes sur le rftle de la misère comme facteur c-apable d'accroître la réceptivité de l'organisme vis-à-vis la rause encore inrx)nnue de l'endémie crétinogoltreuse, il elle des faits curieux, qui montrent la complexité des questions de milieu : A Saint-Paul-de-Varces, le goitre était très fréquent ; à une époque oi*! les vignobles de la contrée tout entière furent ravagés par Voïdium, la commune do St-Paul, si pauvre habituellement, fut épargnée . Elle seulecul en effet du vin e!, comme le vin fut très cher celte année-la ainsi que les suivantes, elle vit une prospérité relative remplacer chez elle ranclenne misère et l'endémie diminuer. La commune de Vaulnaveys vit de même sa richesse s'accroître et l'endémie diminuer avec le percement do la route d'Uriage à Vizille, avec la création de rétablissement dTriage et avec l'introduction des métiers à tisser la soie, qui amenèrent l'aisance. Charvet cile même telle commune voisine qui, après avoir été assainie par les métiers, vit l'endémie revenir avec la misère, le jour où les métiers disparurent pour une cause quelconque.

Si les derniurs travaux de Charvet contribuèrent à illustrer l'Ecole de médecine, celle-ci pouvait a\cc raison se montrer llattée des recherches de sou nouveau professeur de chimie, M. Raoult, professeur de chimie à la Faculté des sciences (3).

Société de alatiitique, 1863). L'auteur si^ale notamment la présence, aui environs de Grenoble, de plantes mêridiouales : cenlaurea ioUtitùilis et asclepian ayriaca.

En 1871, il publie une ôludc sur Ir phyllorera vasiairix. H al heureusement ses prévieionB oiir la marche du phylloxérn ne se aont [ihb réalisées. Il pensait en elfet que le plateau des terres froides, ait lu vigne n'est pas cultivée et où le phylloxéra, xi l<^ vent l'ameniiit, ne trouverdll pns i*i vivre, mettrait la vallée du GraiaivauHan A l'abri du panisite.

Kn 1874, il tmbliu une nulv intitulée : T^bociiphalie avec adhérente du plarenla au nrinr et lï lu fiico Hur un telus butnain,

(1) Exposé sur l'exlinclion progressive du crétinisme et du goitre endémique, daiu ruTondiasement de Grenoble. T. iSlI.

(2) Parmi les publications de M. Raoult je signalerai les suivantes

Malgré les précieuses recrues faites par le personnel enseignant, malgré Taccroissement du nombre des élèves, les bâtiments de

Recherches sur les fprces électromatrices des éléments voltatques.

Recherches sur la chaleur chimique et la chaleur voUaique. {Comptes rendus de V Académie des Sciences, 14 septembre 1863.)

Chaleur dégagée par Vunité de Force éledi omotrice dans Vunité de résistance, fibid., 11 janvier 1864.)

Mesure directe de la chaleur dégagée lors de la combinaison du cuivre avec le chlore et le brome fibid., 4 juillet 1864.)

Recherches thermiques sur les voltamètres et mesure des quantités de chaleur dégagées dans les actions chimiques, flbid., 19 septembre 1864.)

Influence de la température sur VÈlectrolyse. flbùl., 9 novembre 1868.)

Influence du changement d'état des métaux sur la force électromotrice des éléments voltaiques. flbid., 15 mars 1869.)

Influence du changement d'état les sels sur la force électromotrice des éléments voUaiquesl fIbid., 11 octobre 1869.)

Condensation de Vhydroçène dans le nickel. fIbid., 11 octobre 1869.)

Action d'un couple cuivre- cadmium sur le sulfate de cadmium, fibid.y 4 novembre 1872).

Sur la réduction apparente des sels par leurs métaux. ^/6td., 20 janvier 1873.)

Recherches sur les forces électromotrices et les quantités de chaleur dégagées dans les combinaisons chimiques. (I'* Partie ; Annales de Chimie et de Physique, série 4, T. II, 1864. - 2^ Partie : Ibid.. T. IV, 1865.)

Comparaison des coefficients colorifiques des courants thermoélectriques et hydroélectriques. (Annales de Chimie et de Physique, juillet et août 1871.)

Sur les causes de la différence entre la chaleur chimiqtie et la chaleur voltalque. (Bulletin de la Société chimique de V Isère, 1870.)

Analyse des gaz de la Fontaine ardente, [Comptes rendus de V Académie des Sciences, 16 mai 1870.)

Transformation d'une dissolution de sucre de canne en glucose, sous l'influence des rayons solaires. (Ibid., 30 octobre 1871.)

A bsorptionde l'ammoniaque par le nitrate d'ammoniaque. (Ibid,,i9 mai1873.)

Absorption de l'ammoniaque par les dissolutions salines. (Ibid., 10 novembre 1873.)

Emploi de charbon de cornues pour la distillation de l'acide sulfurique,

(Ibid., 1874.)

Appareil simple pour l'analyse des mélanges gazeux par les liqucurn absorbantes. (Ibid,, 10 avril 876.)

Influence de l'acide carbonique sur la respiration des animaux. (Ibid.,

8 mai 1876.)

Sur la présence du cuim*e et du zinc dans le corps des animaux. (Ibid., 2 juillet 1877.)

Action de l'acide carbonique sec sur la chaux pure. (Ibid., 24 janvier 1881.; Action de l'acide carbonique sur la baryte et la strontiane. (Ibid.,

9 mai 1881.)

Sur les carbonates basiques de chaux, (Ibid., 20 juin 1881.)

Nouveau réactif de la strychnine. (Bulletin de la Société de statistique de l Isère, 3e série T. IV.)

Moyen de traiter directement le sulfure d'arsenic dans l'appareil de Marsh. (Ibid.J.

Les acides de la série sulfurique, (Ibid.)

LA MÉDECINE A GHENOBI.E. — 0' A. BOBDIER.

l'Ecole étaient instirilsanis. Un décret ministériel allait donner le

signal du lent exode, qui devait, après bien des pourparlers, après

Recherches »ur l'ab»orpt\on de (Annalts de Chimie et de Physique, 5' aérie, '

Influence de l'acide carbonique sur la rvmiraiio» des animaux. (Annale», ibid., T. IX, 1886.)

Lee recherches de M. Riioult sur le cryoscopie et la tonométrie sont Riiriout célèbres. Je cilenii :

Sur Ui teniion de vapeur et mur te point de congtilalio» des distidutiiinr' laUnet. fComples rendits de l'Académie des Scienees, ?2 juillet 1878.)

Sur te poirU de congélation tlet tnétange» alccoliques. (IbiH., 12 avril 1880.)

Loi de congélation det solutions aqueuses des matière» organitineii. ilhiil., Sjuia 1882).

Loi de congélation des solutions bcniéniques des Kunblancen neutre», (Ibid., 24 juillet 188à.]

Loi générale de conf/ëlation des dissolvant». (Ibid., 27 novembre 1fW2.]

lieelierches sur le partage des acidrs et des bote» par la méthoile de congélotion des diKi'olvanI». flhid.. SU février 1883.)

Sur le poinl de congélation des dissolution acides, flbîd., i Juin 1883.)

Sur le point de congélalion des dissolutions alcalines. (ïbid., 2!) octobre 1R^3,)

Sur l'abaissement du point de eongélalion des dissolutions de sels alcalins. {Ihid. 25 février 18fl.)

Sur l'abaissement du point de congélnliim des dissolutions des tels est mélaua: bialomiquea. (Ihid., 28 avrU 1884.)

Sur le point de congélalion des dissolutions salines, j'ibid., i8 aoùl 1884.)

Action de l'eau sur'les seU doubles. fJbui., 34 novembre IH)<4.J

Influence de ta dilution sur le coefficient d'abaissement du point df cnigélatùm des corps dissous dans l'eau. [Ibid., 13 avril 1865.)

Sur les abaissements moléculaires limites de congélation des rurps dissous dans l'eau, fibid., 22.juin igib.)

Applioation de la crgoacopie à Ut déCerminaiion des poids moléculaire*. (Ibid., S3 novembre 188^.)

Beekerchcs sur la température de congélation ries dissolutions. (U" partie — Journal de Physique, janvier 1884 ; 2" partie — Journal dr Physique, Kvrier 188G.)

Sur le point de congélation des liqueui's alcooliques. {Annales de Chimie et de Physique. 5" eérie, T. XX, 1880.)

Loi de congélation de» solutions aqueuses des maliires organiques. /Ibid., 5» série., T. XXVIII, 1883.) ■ loi générale de congélation des dissolvants. \Ibùl., &• Eérie, T II, 1884.)

Recherches sur le partage des .acides et des bases par la méthode de congélation des dissolvant». [An»., ibid.)

Sur le piiinl de congélation des dissolulions acides. fAnn., ibid.)

Sur le point de congélation de» dûisolulions alealities. /Ann., ibid.)

Sur le point de eongétation des dissolution» salines. {Annales de Chimie et de Physique, B- eérie, T. IV, 1885.;

Influence du degré de concentration sur le point de congélation des dissolution». {Annales do Chimie et de Physirjue, 6° série, T. VIU, juillet 1884.)

Véthode universelle pour la détermination des poiiU moléculaire». {Ibid.]

Extension de la loi génifralo de solidification au Ihjfmol et à la naphtaixne. (Comptes rettdut de l'Académie îles Scicncrti, 7 juin 1886.)

Kryoskopinelie Studicn ûber Traubcmamre und Irauliensaiure Sabr. {Zeitsehrip fur physikalirehc Chimie, I, 4.|

Sur la composition de» permanganate» ateatïn». {Bulletins de la Société dtimique, T. XLVl, p. 805, 1886,)

bien du temps perdu et après de trop longues étapes dans des [conditions mauvaises, amener l'Ecole de médecine à remplacement qu'elle occupe aujourd'hui.

Le 14 juillet 4875, un décret modifiait le régime des études de pharmacie et précisait : Art. 3. — J^ travaux pratiques sont obligatoires. Chaque période annuelle de ces travaux est fixée à huit mois (1).

Les manipulations allaient devenir absolument nécessaires ; il fallait un laboratoire complet, sous peine de voir les élèves cherchei' ail-

Conférence sur la Cryoscopie, faite à la Société chimique de Paris. (Bulletin de la Société chimique et Revue scientifique du 29 mai 1886.)

Sur les progrès de la Cryoscopie, (Bulletin de la Société de statistique de VIsère, 1888.)

Détermination du point de congélation des dissolutions aqueuses très diluées, — Application au Sucre de canne. (Comptes rendus de V Académie d£S Sciences, 8 février 1892.)

Sur les tensions de vapeur des dissolutiotis faites dans VEther, {Comptes rendus de V Académie des Sciences, 6 décembre 1886.)

Influence du degré de concentration sur la tension de la vapeur des dissolutions faites dans Véther. (Ibid., 4 avril 1887.)

Loi générale des tensions de vapeur des dissolvants. {Ibid., 23 mai 18S7.)

Remarque sur un calcul de M. Van t'Hoff relatif à la tension de vapeur des dissolutions. (Ibid., 7 novembre 1887.)

Sur la tension de vapeur des dissolutions faites dans l*alcooL {Ibid., 13 août 1888.)

Sur les tensions des dissolutions faites dans Véther. {Annales de Chimie et Physique, 6* série, tome XV ; novembre 1888.)

Sur la tension de vapeur des dissolutions faites dans Vadde acétique (en commun avec M. Recoura). {Comptes rendus de V Académie des Sciences ^ 24 février 1890.)

Sur les tensions de vapeur des dissolutions. (Ann. de Chimie,^ et Physique^ 6e série, t. XX; juillet 1890.)

Détermination des poids moléculaires par la cryoscopie et la tonométrie. (Conférence faite à la Société chimique de Paris, le 18 mai 1894. — Revue scien" tifique du 15 septembre 1894.)

Sur les phénomènes osmotiques qui se produisent entre Véther et Valcoo l méthylique, à travers différents diaphragmes. (Comptes rendus de V Académie des Sciences, du 22 juiUet 1895.)

Sur les tensions de vapeur des dissolutions faites dans Vacide formique, (Comptes rendus de V Académie des Sciences, 26 mai 1896.)

Influence de la température du réfrigérant sur les mesures cryoscopiques. {Comptes rendus de V Académie des Sciences, 8 juin 1896.)

(1) Voici le décret du 14 juillet:

Art 1er. — x^s études pour obtenir le diplôme de pharmacien de 2* classe dureront six années, dont trois ans de stage officinal et trois années de cours suivis dans une Ecole supérieure de pharmacie ou dans une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie.

Art. 2. —

Les élèves ne seront admis

à prendre la 5^ et la 9» inscription qu'après avoir subi, avec succès, un examen de fin d'année.

Art. 3. — Les travaux pratiques sont obligatoires.

Ce décret complétait d'une manière utile l'organisation des Ecoles préparatoires qui, depuis 1854, instruisaient et recevaient les pharmaciens de 2^ classe.

LA MÉDECINE A ORF.NOHLK. — D' A. BORDIEH.

2flfl

leurs une instruction que l'Ecole de Grenoble était alors dans Tiuipossibilité matérielle lie leur donner.

On songea à construire ponr l'Ecole iin bâtiment neuf; on parlait d'une surface de WO mètres environ, sur remplacement d'ancien» moulins, pri^s de l'ilApital ; mais les démarcbes, rétablissement d'un devis, le temps de lu construction portaient l'inslallation  4 on 5 ans; la dépende était estimée 80.000 fr.

Aribert-Dnfresne, le directeur, insistait avec raison ponr nnc inslallatJon immédiate, qui put permettre anx élèves de travailler de suite. Un rapport, fait au conseil municipal par M. Flaiidrin, pliarmacien. Ht adopter l'urgence d'un laboratoire (tj. Où allait-on le faire?Tout le monde était d'accord pour installer l'Bcole agrandie dans un bâtiment de l'Ilûpital, désigné sous le nom de bâtiment des épidémies; mais le conseil d'adnii- DistratioD refuse de consentir et prend la résolution suivante :

Extrait du regùtrg des d^Ubérution* dt l'adminii'tralion Jea Ihtyic*» de Grenoble (2).

Du 23 mai 1876,

L.a commission, assemblée dnns !« lieu ordinaire de ses séances, où étsient présents: HM. Gâché, maire de Grenoble, présideat ; Gautier, vice président, de Si-Ferriol, Vical et Sestier,

A délibéré ce qui suit :

Sar la demande renouvelée par M. le maire, du liàtinieat des épidémies pour l'installalion des cours de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie, ta commission, rappelant la délibération prise dans la séance du 25 février dernier, et qui fut adressée à M le premier adjoint faisant fonctions de maire, pour être communiquée à la commission académique, déclare y persister, savoir : conserver la libre disposition du bâtiment des épidémies, céder à l'Ecole préparatoire le hàtxment de la conciergerie, auquel on pourrait annexer ultérieurement le bAtiment de la meunerie L.a ville de Urenotile prendrait à sa charge les dépenses d'appropriation, et les Hospices relies de l'établissement de l'amphithéâtre, considéré comme une dépendance de l'Hdpital lui-môme. Les Hospices resleraient propriét*irea des locaux sans pouvoir en clianger la destlnalioD, si ùe n'est aveu l'assentiment préalable de la ville.

Après diverses observations échangées entra MM, les membres de la commission, lesquels font ressortir d'une part la convenance et la nécessité pour les Hospices de conserver le baiimont des épidémies et d'autre part les avantages cpie présente, pour l'Ecole te bi)timent de la conciergerie, H. le maii-fi reconnaissant en elTet que l'emplacement oITert par la commission réunit les conditions désirables d'accès, d'isolement, d'indépendance et de proximité des Hospiœs, déclare salisfaieanle la proposition de la commission ; il fait connaître qu'il va faire étudier un projet d'ensemble, dâs lors surtout que lii commission offre de prendre ii sa charge la construction de l'nmphLlhéaire.

Dès le lendemain Aribert-Dufresne envoie à la ville la délibération de

TEcole, qui conclut à rappropriation do premier étage de la pour le laboratoire de chimie et de pharmacie.

Les professeors désignés par leurs collègues pour former la commission chargée d'étudier un projet de réinstallai ion de l'Ecole de médecine, réunis »ous la présidence de M. le Recteur, vu la délibération des Hospices, qui rejettent en principe l'idée de céder le t>âtiment des épidémieê^ dans lequel il eut été possible d'installer d*une manière convenable tous les services de l'Ecole, sont d'avis de se borner pour le moment :

l'' A installer provisoirement les manipulations chimiques et pharmaceutiques dans le bâtiment de la conciergerie;

z^ L'ancien lal>oratoire sera converti en une salle destinée à recevoir les collections de l'Ecole;

3<» La question d'une installation définitive sera réservée pour le moment •

4^' On accepte l'olTre des hospices de reconstruire à ses frais la salle de dissection et l'amphithé&tre.

Le devis de la conciergerie fut de 4.000 francs. Il suffit de se souyenir de la façon dont était installée TEcole dans cette trop célèbre conciergerie, pour rendre justice à la modestie des prétentions de TEcole ainsi qu'à Ténergie qu'elle a développée pour instruire et faire manipuler, proviêoirement^ les élèves pendant vingt ans!

Pendant qu'on faisait les travaux d'installation, un changement survient dans la direction de l'Ecole, et Âribert-Dufresne est remplacé par le D' Berger comme directeur, le 5 octobre 4876. Le D»" Berlioz est nommé suppléant d'anatomie et de physiologie.

Pour liâter notre évolution, provisoirement arrêtée à la conciergerie, il fallait qu'un autre décret rendit plus difficiles encore et plus impérieuses les conditions de milieu, où nous avions à vivre, à moins que, vaincus dans la lutte, nous ne fussions destinés à disparaître.

Un décret du 10 août 4877 fixait à nouveau les conditions sine qua non de l'enseignement et du traitement des professeurs dans les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie (4). On aurait tort de s'étonner de voir figurer sur le même pied les questions d'enseignement et de traitement ; elles sont solidaires. Il ne faut pas se dissimuler que dans les Ecoles et même dans les Facultés de médecine, ce qui fait tort au professeur, c'est la clientèle; plus que tout autre, le professeur médecin

(l) Voici lo clôcret du 40 avril 1877:

A HT. Ici*. — L(» tniitomeiit minimum des professeurs titulaires, dans les Ecoles

LA MftOEr.INiî A r.RENoni.K - D-- A. BOHniER. 271

forcé lie négliger sa clientèle iloil donc trouver dans la rémunération de l'enseignement une compensation éiiullahle et nécessaire.

Le décret de 1877 allait rendre encore plus impérieuse la nécessité de s'agrandir et l'Ecule nomade allait encore songer à déménager. Déjà l'HApital avait refusé de nous recevoir, dans le bâtiment des épidémies; notre destinée voulut ijue les Facultés refusassent aussi de noUs admettre dans le palais que la ville leur faisait construire. Il est des échecs lieureiix: nous n'avons pas en elTet aujourd'hui à regretter celui-là. Toujours est-il que, snimé d'intentions qui nous faisaient honneur, le conseil municipal (1) avait émis le vœuque l'Erflle de médecine fut installée dans le nouvel édîlice qu'on construisait alors pour les Facultés; M. Durand-Savoyat, rapporteur devant le conseil, avait fait valoir les inconvénients de l'établissement de l'Ecole dans les bâtiments de l'Hôpital; il était à craindre, disait-il, que le local qu'elle occupait lui soit, quelque jour, retiré; les salles de l'Ëcole sont d'ailleurs sur des points différents de rilôpital, etc. M. Duraud'Savoyat formulait, en passant, une excellente idée: Parmi les avantages de l'établissement de l'Ëcote dans le palais des Facultés, il voyait la possibilité (d'ouvrir les cours au public », liabitude qui avait été déjà prise à Grenoble, on s'en souvient, et qu'il ne dépend aujourd'hui que du public, sous réserves de certaîDCs formalités, de faire revivre. La proposition de M. Durand-

préparatoiri fraocs par 9

aéilecioe et de pharmacie, cet fixé à deux mille cinq ccnU » par an.

Le traileraent anouul des euppJêaDts attachés à cee mêmes étoblisBemeols est fixé à un minimum di' mille francs.

Art. 2. — Le litre de professe ur-adjoiat est supprimé.

Art. 3. — L'enseiguement dans les Ecoles préparatoires de médecine et di' pharmacie doit lître diatribué entre onze professeurs au moins, savoir: Un pi'ofesBcur d'auatûiuiej

— de physiologie:

— d'hy^éue et de Ihéraiieulique;

^ de pharmacie et de matière médicale ;

— de pathologie externe et de médecine optTJloire ;

— de pathologie interne;

— d'accouctiemente, maladies 4^ feinrues et des enfants;

— de clinique externe;

— de clinique interne;

— d'iiistoire naturelle;

— de chimie et de toxicologie.

tl y a, en outre, un chef des travaux aualomiqucs et un chef des travaux chi-

Ces derniers emplois pourront ^(re cumuléa bvi>c ceux Le trailemeni de ces fonctiounaires est Ilxê A mille francs ai Art. 1.— Il sera inscrit au budget annuel de cliaque Ecole un crédit n

de deux mille cinq cf^nls francs destiné à lairu face aux dé|>ensea t

par lus Irais de coure.

ipplûants.

Savoyat, soumise à une commission composée de MM. les Doyens, du Directeur de l'Ecole et de l'architecte, fut repoussée. Le fait est qu'il y avait impossibilité matérielle. Les Facultés sont aujourd'hui à l'étroit dans leur palais. Que serait-ce si, par malheur, on nous eut acceptés comme voisins !

La ville montrait d'ailleurs le plus grand désir de voir l'enseignement de la médecine à Grenoble sur un pied digne d'elle-même et des professeurs : le 13 mars 1878, elle votait l'augmentation de leur traitement. Mais les décrets se succèdent, de plus en plus exigents pour la bonne installation des Ecoles et un conseil moins éclairé eut pu aisément se décourager.

Le décret du 20 juin 1878, développant les travaux de laboratoire, rend plus impérieuse encore l'obligation de s'agrandir. Ce décret nous accordait en effet 12 inscriptions, ce qui était un avantage considérable ; ces inscriptions comptaient toutes, pour toute leur valeur dans une Fkculté ; mais une réforme qui était loin d'être heureuse, c'était la suppression des examens de fin d'année, qui enlevait toute sanction à l'assiduité des élèves aux cours.

Pour développer les travaux pratiques, un crédit de 3.000 fr., destinée l'achat d'instruments, est demandé et obtenu par le D** Berger, mais malgré son bon vouloir le conseil hésite à se lancer dans la voie des dépenses plus considérables. Il fallut que le ministre fit de ces sacrifices une question de vie ou de mort pour l'Ecole, pour le décider à satisfaire aux exigences du décret du 10 août 1877.

Jules Ferry exige en «effet l'intégralité de toutes les réformes prescrites par le décret de 1877. 11 fait valoir que le règlement du 20 juin 1878 « modifie profondément le régime des examens du doctorat. Désormais dit-il la scolarité des aspirants à ce titre conservera sa valeur intégrale pour les trois premières années passées dans les Ecoles. Ils n'ont plus à renouveller leur 3"^ examen de fin d'année quand ils passent dans la Faculté. Il faut donc des moyens d'instruction plus complets que par le passé, sous peine de placer les élèves des Ecoles dans un état d'infériorité vis-à-vis ceux des Facultés ».

« Cette mesure, écrit de son côté le Recteur au maire (1), a pour but de conserver à la scolarité des aspirants au doctorat en médecine sa valeur intégrale pour les trois premières années passées dans les Ecoles préparatoires : elle a donc pour notre Ecole une importance qui n'échappera pas à MM. les membres du conseil municipal. C'est une question

(1) Archives municipales, 9, F.

. LA MÉDECINE A CRENOBLE. - il' A. RfinDIEtl. 273

ld'exigtenc« I Si l<^s riiformcs demandées ne sont pas faite;^, les randilions Ifaites aux élèves puur leur passage dans les Facultés et pour leurs exnmens Ide doctorat ne peuvent être maintenues, et les inscriptions prises cesse- Iront d'être valatijes li partir du I"- novembre 1879 ».

Lti Conseil semblait devoir résister. Jult-s Ferry écrit une seconde fois \aa Recteur : « Sans méconnaître lessacrillt^s considérables consentis par lia ville pour les établissements d'enseignement supérieur et le bon KVouloir de la municipalité, je ne puis oublier que le refus du conseil I porterait atteinte au principe méuie du décret précité et 3uppnmer.iit les Igaranties, qui doivent établir une corrélation nécessaire entre les études liles Facultés et celles des Ecoles. Il serait impossible au gouvernement de l maintenir à ces derniers établissements, qui ne pourraient compléter leur I eawignement, les conditions faites à leurs élèves pour leur passage dans I les Facultés e[ pour les esamens de doctorat >.

Le rapporteur du conseil. M. Petit (1), nesedissimulepasl'iraportance des I dépenses déjà faites pour l'édifice des Facultés réunies dedroit, des sciences I et des lettres; t cependant, ajoute-t-il, il yapournotre cité un devoir d'hon> i uetjr à maintenir dans leur intégrité les établissements de baut enseigne- L ment.audévcloppementdesquels elle a largement contribué Jusqu'àce jour. I Dans la faisceau des hautes études qu'il faut bien se garder de rompre, I l'Ecole de médecines naturellement sa place dans l'intérêt delà santé gêné- I rale.Je pense en outre quel'Hôpital civil de Grenoble, recevant un secoui-s [ incessant de l'Ecole préparatoire de médecine, dont les élèves lui four- ' nissent des internes zélés et d'utiles auxiliaires, il n'hésitera pas A prendre

sa part des nouveaux sacrifices réclamés » « Il espère également que

le conseil général voudra venir aussi en aide à la ville, en augmentant

l'allocation de 2,000 fr. votée précédemment par lui pour l'Ecole, car la

plupart des départements qui poss<>dent une Ecole préparatoire n'ont pas

' hésité à Ini donner, chaque année, 1.000. 5.000, 7.000 et môme 12.000

' francs ». Relativement à la onzième chaire et au chef des travaux chimi-

I ques, H. Gâché « se demande, dans le cas d'une solution favorable, qu'il

t souhaite et qu'il espère, si l'Hospice et le département ne devraient pas être

appelés à augmenter les subventions accordées jusqu'à ce jour ù une des

I institutions les plus dignes d'intérêt ».

Cette insistance, ces menaces officielles, décidèrent enfin le Conseil qui vota, en avril 1879, la création de la onzième chaire (1) demandée

m Arehioet munieipaUa, 3, F.

(î) Arehioen mumûipalo, 9, F,

Par Jt^cr^t ilu li niai J87!), la chiiri^ dii Iht'rupeiilhi'liiit el •nit„lmre

par le ministre, ainsi que la création d'un emploi de chef des travaux chimiques.

En même temps, la subvention départementale est portée à i.OOO fr.

De nouvelles recrues viennent encore fortifier le personnel enseignant: la Faculté des sciences, à qui nous devions déjà Leroy, Charvet, H. Raoult, nous donne, pour la chaire d'histoire naturelle, C09*^/(l), esprit distingué, naturaliste émineut de TEcole moderne, enlevé brusquement par la mort à un enseignement qui lui avait valu Testime et Taffection des élèves. En 1881, le D^ Pegoud est nommé suppléant, puis professeur de pathologie interne. Le D^ Genevey-Montaz (2) remplace Corcellet à la chaire de physiologie ; enfin le D' Nicolas est nommé, en 1882, suppléant d'anatomie et de physiologie et, en 1885, H. Gagneu^ suppléant d'histoire naturelle.

Le D^ Berlioz^ déjà professeur suppléant d'anatomie et de physiologie et chef des travaux anatomiques, en remplacement du D** Satre^ nommé en 1875 et démissionnaire en 1877, est nommé, en 1882, professeur titulaire d'hygiène et de thérapeutique (3).

Une réforme importante est faite en 1882 dans l'organisation de la

naturelle médicale prend le titre de chaire d'hygiène et de thérapeutique.

La chaire de paUwlogie externe prend le titre de chaire de pathologie externe et de médecine opératoire.

Il est créé une chaire d'histoire naturelle.

(1) Le professeur Garlet a laissé d'importants travaux. Je me bornerai à citer ses recherches sur les hirudinées, sur 1 appareil musical de la cigale et son Traité de zoologie médicale.

{^) M. Montaz a fait de nombreuses publications sur la chirurgie. Je citerai ses travaux principaux: Sur les lymphadénomes du phyrynx; Ventérostomie^ la résection du coude, la désarticulation du genou; la chirurgie de Vestomac; la chirurgie des reins; les exostoses de croissance; sur Vorganisation antiseptique simplifiée^ etc., etc. — M. Montaz, démissionnaire en 1895, est mort depuis (|ue ces lignes ont été écrites. Son nom restera dans le souvenir de ses contemporains comme celui d'un chirurgien de premier ordre.

(3) Le D^ Berlioz a fait de nombreux travaux, parmi lesquels je citerai :

Manuel de thérapeutique (3® édition),

Etude sur les diathèses et les dermatoses.

Manuel des maladies de la peau (3«» édition).

Etude expérimentale sur V action physiologique des eaux d*Uriage (Acad. de

médecine).

Recherches expérimentales sur la tuberculose.

Etude sur la microcidine (Acad. de médecine).

Etude sur le formol (Acad. des sciences).

Etude sur le stéresol (Acad. de médecine).

Découverte d'un bacille pathogène produisant la WoncJio-pneumonie et la pleurésie hémorrhagique (Acad. de médecine).

Annuaire du bureau d'hygiène (1890, 1891, 1892, 1893, 1894).

M. Berlioz est, en outre, inspecteur déparmental de travail dans l'industrie, directeur du bureau d'hygiène et directeur du laboratoire de sérothérapie de Grenoble, lequel, placé sous le patronage de la Ville et de l'Ecole^ est ouvert à renseignement de celle dernière. (Procès-verbal du conseil municipal, l*»* juillet 1895.)

lAh

DECDŒ A GRENOBLE.

Page 1