‹ La médecine à travers les siècles, histoire, philosophieChapitre 11 sur 53 · III. — Période de transition · texte numérisé non relu

III. — Période de transition

On le voit par ce qui précède : tout est obscur, incertain, fabuleux dans cette première période, que l’on peut diviser en primilüve ou^’em^iirisme instinctif, en mythique ou théologiquêT"^ lAv .

1Cîvrée*^xclusivement aux prêtres et à quelques empiriques qui ne valaient guère mieux, la médecine s’agite dans un cercle étroit jusqu’au sixième siècle environ avant l’ère chrétienne.

Avant cette époque, elle n’avance pas notablement. Elle i

avait, il est vrai, un certain éclat dès les temps de la guerre * ; H* ' de Troie, période où les traditions deviennent plus certai-F i ^ nés; mais elle présentait alors un caracteFé“pùrëmenOBi rurgical, c’est-à-dire très-primitif : elle se bornait au traitement des plaies, coups et blessures. En ces temps héroïques, on était loin de songer à la future union de la médecine interne et de la chirurgie. Il né faut que relire dans Homère certains passages de V Iliade, et les piquantes réflexions qu’ils ont inspirées à Platon, pour se convaincre que l’art exercé par les enfants d’Esculape, Machaon et Pjgr ^ ff dalire, était encore au maillot. ^

L’influence sacerdotale, prépondérante dès cette époque, prolongea indéfiniment cet état rudimentaire.

Que devint la médecine du onzième au sixième siècle avant Père chrétienne? L’histoire n’en dit mot, et Pline n’a pas trop exagéré, selon sa coutume, en disant que la suite Xc- CA i>i4'

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histoire.

de l’art, à partir de ces temps primitifs, reste cachée dans la nuit la plus profonde jusqu’à la guerre du Péloponèse.

Sans doute il existait dès avant cette époque un nombre considérable d’observations et de faits, et l’intelligence avait travaillé sur ces matériaux de l’art. Avant Hérodote, les médecins grecs du continent et des îles étaient déjà célèbres : Démocède en est un exemple.

Malgré ces efforts et ces premiers essais, la tradition et V^4À^1^expérience personnelle étaient à peu près

■ mentde Fart- Les oBsêrvations'^arses restaient sans°explication, sans signification utile, et nul n’avait encore songé, à les rassembler avec ordre pour en tirer tout le profit qu’elles pouvaient rendre et quelques idées générales, quelques règles plus certaines que l’empirisme.

L’expérimentation et la routine marchaient de concert; leur influence souveraine se retrouve encore plus tard dans l’enseignement tout à fait matériel et purement empirique de l’école de Cnide, rivale de l’école de Gos. L’art se réduisait à la pratique, et celle-ci n’était que l’empirisme appliqué.

Les prêtres du paganisme, bien placés pour observer, laissaient perdre les occasions fréquentes qu’ils avaient de s’instruire, et laissaient périr les matériaux qu’ils pouvaient amasser sans se donner beaucoup de peine.

Quant aux empiriques, plus avancés que les prêtres, tous les efforts de leur intelligence n’allaient pas au delà d’une grossière analogie, d’un commencement d’induction. La plupart se contentaient d’observer la nature, d’imiter tant bien que mal ses procédés, sans se rendre rigou^eug^ment compte des phénomènes ni des circonstances qui précèdent, annoncent, accompagnent et suivent leur manifestation. Dans le fait, leur éducation médicale, si imparfaite, ne pouvait guère les mettre en état de se livrer à ces opérations de 1 esprit, à ce travail de difficile interprétation, qui associe le raisonnement à l’observation, et communique la vie

de l’intelligence aux faits acquis, perçus par les sen^.

Qui interprétera le langage mystérieux de la nature? Qui donnera un sens aux phénomènes, une valeur aux symptômes? A qui appartenait-il de comprendre que l’homme n’est connu qu’à moitié s’il n"est observé qu’à l’état de santé, et que la maladie doit compter aussi bien dans son existence morale que dans son existence physique?

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