DOCUMENTS POUR 'L'HISTOIRE DE LART
OU refroidi par l’âge (n’en déplaise aux partisans de ce qu’on appelle à XqmI V iméne&cence du sens intime), nous comprenons que par ce côté seulement le disciple devait rappeler le maître. Mais Barthez, qui dans l’art si difficile d’enseigner surpassait peut-être Boerhaave, Barthez avait en outre un savoir encyclopédique et cette force de tête qui dispensent un homme de combiner ingénieusement les artifices de la rhétorique.
M. Ribes, comme professeur, ressemblait beaucoup plus à M. Lordat qu’à Barthez, contre lequel il nourrissait des préventions exagérées, parce qu’il le jugeait plus que de raison d’après son disciple, avec lequel il savait parfaitement d’ailleurs que Barthez n’avait rien de commun pour ce qui est du génie et des doctrines.
Son admiration pour Delpech était bien raisonnée et sans réserves. Dans cet homme de bien, qui n’eut jamais d’autre passion que l’avancement de son art, et qui, tout au rebours deDupuytren, fut d’un désintéressement absolu, M. Ribes admirait le grand clinicien, et l’esprit sagace,, pénétrant et prompt qu’aucune difficulté imprévue ne troubla, n’arrêta jamais, soit dans une longue cure, , soit au milieu d’une opération. Les ressources de son génie étaient prodigieuses : ce n’était point un de ces opérateurs d’une rare habileté ; mieux que cela, Delpech était un vrai médecin, et il l’a bien prouvé dans ce bel ouvrage que nos chirurgiens lisent peu, et qui porte ce titre significatif : Traité des maladies réputées chirurgicales. Depuis les grands maîtres, dont la tradition est perdue, on n’avait rien vu de plus beau que la partie de cet ouvrage qui traite de la thérapeutique. La bonté de Delpech ajoutait un charme infini à ses leçons. Lui aussi avait eu des commencements difficiles; il était parti de bien bas, et se souvenait de son origine; mais dans ses jours de prospérité, et quand il lui fut donné de parler en maître, il n’écrasa jamais personne de sa superbe, et ne prit point de ces airs et allures de des-