‹ La médecine à travers les sièclesChapitre 2 sur 59 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

s'en servent bien plus qu'ils ne la servent ; en autres termes, ils ne l'étudient point de bonne foi et avec le ' désir de profiter de ses leçons, lis font exactement comme ces théoriciens entêtés qui plient sans façon les faits aux exigences de leurs théories, et prétendent que l'observation s'accommode à leurs idées préconçues. Quiconque a beaucoup vu et beaucoup lu en médecine sait à quoi s'en tenir sur la probité scientifique d'un très-grand nombre d'observateurs. Les prêtres d'Esculape chassaient les moribonds de leurs temples, et de tout temps ce procédé a eu des imitateurs.

Les systèmes philosophiques ont le plus souvent dominé les historiens de la médecine jusqu'à les distraire de la droite voie. Au lieu d'observer et de méditer^, la plupart ont pris seulement la peine de disposer les faits dans un certain ordre et de les interpréter d'une certaine façon. Telle a été la préoccupation de la majorité. La trame étant donnée, chacun a fait son dessin et sa broderie ; autrement, chacun a répété ce qu'on savait avant lui, en s'efforçant, non pas d'étendre le domaine des connaissances historiques, mais uniquement de philosopher selon ses tendances. Faut-il s'étonner de la stériUté d'une méthode aussi vicieuse ? Celui-ci aboutit à l'empirisme, celui-là au rationalisme, cet autre au scepticisme, un quatrième à l'éclectisme. Il y a des issues pour tous les ^oûts ; et chacun trouve à la fin de sa démonstration les conclusions qui lui agréent. Tout le travail se réduit à choisir et à éliminer des arguments, suivant qu'ils sont favorables ou contraires à la thèse qu'on veut soutenir. Le but qu'on se propose, c'est une démonstration par

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