‹ La médecine à travers les sièclesChapitre 3 sur 59 · AVANT-PROPOS. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VII

l'histoire. De là cette ressemblance entre les ouvrages dogmatiques sur le passé de l'art médical ; analogues par le fond et la matière, ils ne diffèrent que par l'étendue et la portée.

Les dogmatiques suivent, autant qu'ils le peuvent, la ligne droite ; mais, en parcourant sans dévier le chemin le plus court entre le point de départ et le but poursuivi, ils n'aperçoivent pas tout ce qu'il faut voir pour se faire une juste idée de l'ensemble. L'erreur générale a été de croire que l'histoire devait être l'humble servante de la philosophie; mais l'histoire a son autonomie, et, en dépit de toutes les tentatives que l'on continue de faire pour l'asservir, elle reste hors d'atteinte. Ceux-là l'ont le moins comprise qui ont prétendu s'en faire un auxiliaire docile et complaisant, et qui, de bonne foi ou non, n'ontvu dans la suite des siècles qu'une chaîne d'arguments au bout de laquelle il fallait placer leurs doctrines. Traitée et travestie de la sorte, l'histoire de notre art n'a guère produit jusqu'ici que des enseignements négatifs.

L'étude des systèmes, des théories, des méthodes et des pratiques dont le souvenir s'est conservé nous révèle les variations et les révolutions de la médecine; mais une telle étude est insuffisante, car il s'agit avant tout de suivre les lois de progrès et de développement, de les déterminer, et de saisir dans son unité toute l'évolution de l'art.

Y a-t-il une tradition médicale ? Telle est la question à laquelle il faut répondre, lorsque dans les investigations historiques on se propose autre chose que la satisfaction d'une vaine curiosité.

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