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CLASSIFICATION DES ÉCRITS HIPPOCRATIQUES

Hippocrate a-t-il écrit? Nous possédons sous le nom de ce médecin un recueil considérable d'œuvres médicales et de pièces d'autre nature. Mais la question de légitimité et même d'authenticité de ces écrits n'est pas facile à résoudre. Nous avons toutefois des preuves indirectes, mais à peu près certaines qu'Hippocrate est l'auteur de quelquesuns des traités qui portent son nom. L'authencité du traité des Articulations et des Aphorismes repose sur les témoignages contemporains de Gtésias et de Dioclès de Caryste, témoignages précis et incontestables, conservés et transmis par Celse et Galien.

Quant aux autres écrits, que la plupart des critiques s'accordent à regarder comme appartenant à peu près certainement à Hippocrate, on ne peut rien affirmer de positif. Faute d'une base solide et d'une méthode sûre, il n'est permis de procéder dans cette question ardue que par voie de déduc^ tion et de comparaison.

Les idées contradictoires et une vérilable polémique entre les différents écrits de la collection hippocratique démontrent la multiplicité et la diversité des sources d'où émanent ces écrits. On a dit avec raison que la conservation de ce recueil est un phénomène sans exemple dans l'histoire littéraire de l'antiquité. La rédaction première de la plupart des pièces qui le composent ne paraît pas, en effet, avoir subi d'altération sensible. Nous possédons, ou peu s'en faut, presque tout ce qu'ont écrit Hippocrate et ses disciples; nous avons môme leurs notes et leurs papiers, dans leur état primitif d'imperfection et d'incohérence.

Tout porte à penser, après un examen sérieux, que la plupart de ces écrits remontent bien au delà de l'école d'Alexandrie. Une preuve qu'ils sont antérieurs à celle époque, c'est que dès la première fondation des bibliothèques, la critique essaya de remédier au désordre visible qui règne dans ce recueil, en s'efforçant de distinguer les mains diverses qui ont concouru à sa formation. Malheureusement nous n*avons plus aujourd'hui les travaux des médecins et des grammairiens qui avaient commenté les écrits hippocratiques : ils nous auraient fourni d'autres éléments de critique. Il est vrai que la liste d'Érolien et les indications que fournit Galien permettent de recomposer un canon de ces écrits, qui ne s'écarte pas notablement de celui des Alexandrins.

Les écrits hippocratiques étaient très-recherchés à Alexandrie: ils y furent payés au poids de l'or, comme les principaux chefs-d'œuvre du génie grec. On disputait sur les doctrines de Gos, on les commentait librement, c'est un fait certain, et cela dès les premiers temps de l'ouverture des bibliothèques. Est-il croyable que les médecins célèbres qui représentaient alors à Alexandrie les écoles médicales ne connussent pas quelques-u,ns des écrits d'Hippocrate? Et, s'ils les connaissaient avant leur arrivée en Égypte, comme il est probable, pouvaient-ils accepter sans contestation un nombre considérable d'ouvrages faussement attribués à Hippocrale ? Ou les livres qu'ils acceptèrent comme appartenant à ce médecin étaient véritablement de lui, ou bien ils passaient depuis longtemps pour lui appartenir. Il répugne de croire que des livres obscurs ou inconnus jusque-là eussent pu passer sous le nom d'un auteur dont la réputation était déjà grande et dont les opinions circulaient de longue date dans les écoles. Ou ces écrits n'existaient pas, et il a fallu les improviser, ou ils existaient sous d'autres noms qu'on aurait effacés pour y substituer celui d'Hippocrate : supercherie trop grossière

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