MOYENS EMPLOYES PAS LES FORÇATS POUR SE DONNER DES MALADIES
Les Archives de médecine navale donnent une série de recettes curieuses usitées par les forçats pour arriver à tronmper le médecin, au prix souvent d'accidents des plus graves ; en voici quelques-unes, d'après un cahier de recettes trouvé sur l'un d'eux.
La syphilis, — On prend deux ou trois morceaux d'amande de la grosseur d'une tête d'épingle que l'on place sous la calotte de la verge, on les laisse environ trois ou quatre heures, on les retire après ce laps de temps ; il faut laisser le mal sans nettoyage, c'està-dire sans propreté pendant vingt-quatre heures. Vous avez réussi de ce fait à avoir un beau chancre rongeur.
Autre procédé . On place une cigarette allumée sous la calotte de la verge, que vous laissez brûler tout le temps que vous pouvez l'endurer ; ensuite vous passez un morceau d'alun dessus la partie brûlée ; cela forme une petite peau blanche que l'on enlève avec une épingle; la plaie qui vous reste imite parfaitement le chancre.
Pour obtenir un écoulement. On frotte les testicules avec la sève d'une amande, ce qui les fait enfler ; la peau s'en va, et ils sont à vif, c'est-à-dire ne forment qu'une plaie ; puis vous prenez un morceau d'écorce de saint bois^qne vous introduisez dans le canal de la verge, qui s'enfle d'abord, et forme ensuite de petits boutons dans l'intérieur delà verge. De ces boutons coule une matière purulente, ce qui fait supposer au médecin qu'il se trouve en présence d'un malade atteint de ce que l'on nomme vulgairement chaudepisse.
Autre procédé . On peut, avec une cigarette allumée, en suivant les même procédés énoncés d'autre part, faire venir des plaques muqueuses dans la bouche, aux doigts de pied, ainsi qu'au posté- ' rieur.
Le médecin en présence de tout cela est convaincu que l'individu est atteint d'une vérole carabinée .
Dysenterie. — On introduit dans l'anus un morceau d'alun que l'on garde environ 6 heures et puis on le retire. La première matière sortie, on.remet un nouveau morceau d'alun qu'on laisse seu-
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lement environ une heure ; la matière qui sort après n'est que graisse et sang.
Autre système. Boire de l'eau de savon pendant deux ou trois jours : au bout de ce temps, vous avez comme précédemment une matière composée de graisse mélangée avec du sang.
D'autres boivent du lait de chaux ; alors la dysenterie devient plus mauvaise et souvent le malade est atteint d'une façon chronique. Aussi bien peu emploient ce système reconnu comme étant très dangereux.
RÉTRÉCISSEMENT DU CANAL. — On coupe deux petits morceaux de liège ayant une forme triangulaire et de la grosseur d'un petit pois vert. On les introduit dans le canal jusqu'aux testicules, ensuite on a le soin de boire quatre ou cinq litres d'eau ou autre boisson quelconque. En se présentant à la visite, le malade se plaint qu'il ne peut urinei' depuis deux ou trois jours ; lorsque le médecin passe la sonde dans la verge, celle-ci rencontre un corps dur qui n'est autre qu'un des morceaux de liège. Le médecin croit à un rétrécissement. Une fois la visite passée, le malade va uriner et en se forçant un peu, les morceaux de liège sortent et le tour est joué.
Oreilles . — On prend un ver de terre que l'on coupe en deux, on en introduit dans l'oreille un morceau et vous bouchez votre oreille avec du coton (ouate). On laisse dans l'intérieur de l'oreille le morceau dever jusqu'à ce que la viande soit pourrie. Lorsqu'on se présente à la visite, le médecin sent l'odeur et neuf sur dix trompé, il envoie le plaignant à l'hôpital.
Autre système. On prend du gras de viande de bœuf que l'on met avec de l'herbe verte, cette dernière écrasée et ne formant que jus. Ce jus mélangé avec le gras de bœuf forme une matière jaune que l'on introduit dans l'intérieur de l'oreille. En se présentant à la visite, le malade se plaint que son oreille coule constamment et qu'il en sort une matière purulente ; le médecin veut s'assurer et effectivement il voit la fameuse matière et il est encore trompé.
lia ]V[édeeitie comique
Extraits des journaux amusants
Naissance dans la loge.
Le Docteur a LA Sage-femme. — Allons, madame, vite, coupez le cordon. La Voisine complaisante. — Voilà, docteur!
Le pharmacien et le médecin :
Il perd beaucoup de malades ?
Je n'en sais rien ! mais ses ordonnances ne me font pas de gain!
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