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MA BELLE-MERE

Le Docteur. — Je vous ai fait venir pour vous prévenir que l'état de votre belle- mère m'inquiète.

Le Gendre. — Oii ! docteur, soignez-la comme si c'était l.j vôtre.

LA MEDECINE DES HOMMES Le docteur rencontre un de ses amiî.

— Eh bien, comment va le malade pour qui vous nous avez quittés hier soir à diner ?

— Comment il va ?... Figurez-vous que le matin il allait beaur-oup mieux ; je lui administre une potion, je vais le voir, comme vous savez, j'arrive et. ..

— La médecine des hommes était satisfaite !

Variétés

Etat mental des mendiants. —

L'examen a porté sur loO sujets ilc la ville de Breslau : 70 p. 100 d'eiilre eux avaient été déclares impropres au service mililairc. On a relevé dans la moitié des cas l'existence chez les ascendants de tares liérédidaires nerveuses : alcoolisme (29 p.

100) épilepsie, hystérie ol psyciioscs.

Le niveau inlellectuei est très bas :

53 p. 100 n'ont pu terminer leur ins- Irucliou primaire. Dans un tiers des cas, on a noté des arrêts de développement, congénitaux ou postérieurs à la naissance, imbécillité, épilepsie.

Les maladies mentales acquises s(jiit dans la proportion de Ù p. 100 ; il s'aj^nt surtout de paralysie générale.

La plufiart des sujets e.xaminés sont des buveurs d'habitude ; dans 00 p. lOi) des cas, on a constaté l'alcoolisme chronique.

Le plus souvent, l'alcoolisme s'est développé sur un terrain psychopathique préexistant. Les époques de la vie auxquelles les sujets ont commencé à se livrer au vagabondage et à la mendicité sont, en premier iieu ;1° la période de seize à vingt ans à laquelle l'homme doit seul subvenir à ses besoins ; 2° période de la plus grande concurrence (de vingt-cinq à trente ans, d'après la statistique de l'iùnpire allemand) ; 3" la période de trente-cinq à quarante ans, à laquelle l'intoxication par l'alcool fait le plus sentir ses eflets. Enfin, à la période plus tardive, prennent place les individus immigrés.

Certaines ditTérences existent entre les sujets, suivant la période à laquelle ils ont adopté leur genre de vie, les défectuosités psychiques congénitales sont plus fréquentes (4.") p.

lOOj chez les vagabonds précoces, que chez ceux qui le sont devenus tardivement (25 p. 100). Dans cette dernière catégorie, prédominent les psychopa- Ihies acquises et l'alcoolisme. Tandis que, dans la première catégorie, c'est la faiblesse intellectuelle congénitale qui lient la première place parmi les facteurs étiologiques,dans la seconde c'est surtout l'inlluence du milieu qui se fait sentir.

Les aliments artificiels. — La

presse danoise a célèbre récemment la fête de la presse civilisée. A celle occasion, le président du (Conseil des

ministres du Danemark a adresse une lettre personnelle à M. Berthelot, en le priant de traiter la question de la fabrication chimique des aliments.

L'illustre savant s'est exécuté, et dans un article magistral , a déclaré que de même que « nous préparons aujourd'hui une multitude de couleurs végétales, nous obtiendrons des matières alimentaires plus rapides, plus parfumées, d'une digestion et d'une assimilation plus promptes et plus faciles que les aliments naturels». Et il a ajouté. « La fabrication des aliments pourra être entreprise, sur tous les points du globe et dans tous les climats, même les plus déshérités, au lieu d être localisée, comme aujourd'hui, dans les localités favorables à notre agriculture. »

Le Cochon Arsenical. — Le gouverneur Morriss, qui fut allachêà la légation des Etats-Unis auprès du gouver nement français pendant les dernières années du xyill" siècle, et f|ui a laissé dans un Journal des plus intéressants de cui-ieux souvenirs sur son séjour à Paris, y consignait, à la date du 25 décembre 1780, l'anecdote suivante :

« Après souper, la conversation tomba sur le Daupliin, père de Louis XVI et sur le duc de Choiseul, ce qui nous amena à parler de poison.

M. de Labordemenlionna une sorte de poison bien extraordinaire qui serait très connue et détaillée dans les dictionnaires de médecine. Elle consiste à engraisser un porc avec des portions d'arsenic, puis à en dislil- 1er la chair, ce qui donne une eauempoisonnée d'effet l-nt mais sur. lien appela au comte de Thiardde ce fait extraordinaire :

« Une dame delà cour demanda un verre d'eau. On le lui apporta et elle le but. Tout aussitôt elle fondit en larmes, se déclarant empoisonnée et dit au Roi :

— C'est ce misérable (indi(juant quelqu'un de sa suite) qui a fait cela.

« Le Roi la railla ù ce sujet, mais elle s'en alla profondément inquiète et mourut dans la huitaine. Dans 1 intervalle, la personne qu'elle avait désignée demanda la permission d'aller s'occuper de ses affaires en Savoie ; elle partit et l'on n'en entendit [dus jamais parler. »

VARIETES

Expliquons tout d'abord le rapprochement énigmatique fait par le gouverneur Morrin entre le Dauphin et le duc de Choiseul d'une part et les poisons de l'autre. Quand le fils de Louis XV mourut à Versailles, le bruit se répandit à la Cour et à la Ville que le malheureux prince avait été empoisonné par le duc de Choiseul à l'instifîationdu Roi. L'histoire a fai t depuis longtemps raison de ce tte odieuse calomnie. Le Dauphin fui emporté par une phtisie des mieux caractérisées.

Quant à l'anecdote du coclion, elle n'était déjà plus d'une extrême fraîcheur. Elle datait d'environ cinq ans.

Je ne sais si l'on découvrira jamais dans les dictionnaires de médecine du temps passé la formule de l'Hydrolat de Cochon arsenical.

Mais ce qui est indiscutable, c'est que la recette en fut indiquée dans \e Courrier de V Europe Ac M'èb par Théveneau de Morande. Ce terrible pamphlétaire, qui fut en même temps le plus méprisable des maitres-chanteurs, usa de cette arme empoisonnée (c'est bien le cas de le dire) contre Cagliostro, dont il fut le premier à démolir la fantastique légende. Il prétendit en eflet que le célèbre charlatan, qui se piquaitde connaissances médicales, avait connu et pratiqué en Arabie la distillation du cochon gavé d'arsenic.

Autre côté non moins piquant de l'historiette : le banquier Laborde, qui la contait, avait contribué plus que personne à l'apothéose de Cagliostro : n'avait-il pas écrit dansses Lettres sur la Suisse que ce prestigieux aventurier était le plus grand philanthrope du siècle et le plus glorieux apôtre de l'humanité ?

Paul d'Estrée

La fréquence des psychoses dans la race juive.— D'après Kru-plin. les Juifs sont plus sujets aux maladies nerveuses et mentales que les Allemands, et il explique le fait parla plus grande fréquence des unions consano^uines parmi les Israélites.

Sur 100 cas de paralysie, Hirslil en trouve 20 cliez des Juifs. De même Beadles compte une proportion anormale de Juifs parmi ses observations de paralysie générale — 25 pour 100.

D'après son expérience personnelle à la clinique psychiatrique de Vienne, Pilez donne la statistique .«uivanle :

Sur 1.219 malades atteints d'aliénation mentale, 134 étaient juifs, soit une proportion de 10,9 pour 100. Les

Juifs représentent 8,8 pour 100 de la population de Vienne.

Ces chiffres montrent la prédominance excessive des .Juifs parmi les malades atteints de psychoses, au moins à Vienne.

Bien que la folie alcoolique constitue la plus forte proportion dans le total général, on n'en trouve pas un cas parmi les Juifs. Les psychoses ((u'on observe chez eux sont celles dont la constitution psychopatique congénitale forme le principal facteur étiologique, celles du type dit « hérédo-dégénératif ».

La forte proportion de paralysies générales progressives observées chez les Juifs, amène Pilez à conclure que rt la lutte pour l'existence»

est la principale cause de cette prédominance.

Il n'y a plus de différence entre les Juifs et les autres races pour les psychoses qui reconnaissent comme étiologie les hétéro ou auto-intoxications, les lésions vasculaires ou cérébrales.

La traite des blanches. — Les

journaux de la Suisse allemande racontent qu'une annonce, publiée à diverses reprises à Lucerne, demandait une jeune fdle pour tenir le ménage d'un médecin veuf et âgé du grand-duché de Bade. Les gages étaient superbes, le travail peu fatigant, la situation sociale enviable.

IJne jeune Lucernoise se laissa tenter et écrivit à l'adresse indiquée. En réponse, cette personne reçut une coupure de journal, sur laquelle était imprimé un corset. En marge, le « docteur» avait écrit quelques notes priant la jeunefiUe d'indiquer, sur ce corset, ses mesures personnelles. Ce bizarre questionnaire étonna quelque peu la postulante, et ses parents, soupçonnant quelque vilaine aventure, firent prendre des renseignements sur son auteur. Ce fut heureux, l'enquête aboutit à des détails peu édifiants :

le soi-disant docteur avait été plusieurs fois déjà condamné pour attentats aux mœiirs et se livrait depuis longtemps à la traite des blanches.

Le Testament de SchenI*. — Le

D"' Schenk, ancien professeur d'embryologie à la Faculté de Vienne, vient de mourir. Parmi les nombreux travaux qu'il a publiés, il convient de signaler ceux qui ont trait à la détermination du sexe de l'enfant à volonté, en soumettant la mère à un régime spécial.

On sait que sa méthode n'a guère

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eu de succès, spécialement à la Cour de Russie.

On parle beaucoup du testament de ce moiiomane.

l.e professeur viennois a, paraîl-il, laissé deiTière lui des manuscrits curieux relativement à sa théorie de la détermination des sexes.

Dans ce testament scientifique, il ne prétend pas seulement qu'on peut s'arranarer de façon à choisir le sexe des enfants qu'on aura. Il prétend aussi que, moyennant un certain régime imposé à la mère, on peut déterminer d'avance aussi la vocation et les dispositions morales de l'enfant à naître et décider, par exemple, qu'on va donner le jour à un peintre, à un musicien, à un boxeur, à un militaire, à un philanthrope, à un criminel, etc. etc.

Les manuscrits de Schenk, développant celle étrange théorie, seront publiés prochainenient. Nous les attendons sans impatience.

La femme médecin et professeur. — La Faculté de médecine de Milan vient de nommer Mme Rena Mastio à la chaire d'analomie.

On voit que les Italiens sont plus avancés que nous en matière féministe.

L'appendicite et la mode. — De

même que la fistule de Louis XIV mit à la mode cette infirmité, l'appendicite d'Edouard Vil paraît créer nombre d'émulés parmi les impérialistes. En efTet, la fréquence de l'appendicite a considérablement augmenté dans ces derniers temps en Angleterre. En Amérique, on s'attend à la nr.ème recrudescence de l'épidémie appendicitaire parmi lesAnglomanes de New-Port et de New- York [Journal of tiie Amer, médic.

Assoc.,e\. Lyoyi médical).

Les embaumements dans l'ancienne Egypte. — Nous avons maintes fois signalé la perfection avec laquelle les anciens Egyptiens embaumaient les corps.

Nous avons vu des momies dont on pourrait reconnaître les traits, en comparant la figure de la momie et le portrait peint sur le cercueil.

Tout récemment, en faisant des fouilles à Girga, on a découvert une série de corps humains datant d'au moins huit mille ans : ils sont si bien conservés, grâce à la pureté de l'atmosphère de celle région et aussi aux soins qui avaient présidé à leur ensevelissemeiil, qi^i'ils ont gardé non seulement leurs cheveux, leurs ongles.

leurs ligaments, mais encore leurs muscles et leurs nerfs.

Presque tous ces cadavres possèdent encore leur cerveau, et deux d'entre euxont encore leurs yeux dont la pupille semble intacte.

On a retrouvé également de nombreux tombeaux qui appartiennent les uns aux cinq premières, les autres à la dix-huitieme dynastie.

La tuberculose. — La Compagnie générale des allumettes de la iiépubliiiue Argentine aurait mis en circulation, dit la Presse médicale., une série de 3.500.000 boîtes d'allumettes portant imprimées des instructions contre la propagation de la tuberculose, en même temps ([ue des portraits de médecins qui se sont spécialement occupés de cette maladie.

C'est moins gai que les images gaudriolesques qu'on voit sur nos boites d'allumettes. C'est peut être plus utile.

Au Hammam. — Dernièrement, notre confrère X.. prend un bain de vapeur. Le bain pris, le garçon le frotte, le niasse, l'essuie, et quand il est bien séché, que tout est terminé, il reçoit trois claques aussi violentes que sonores.

— Ah çà, ! pourquoi me frappezvous ainsi ?

— Oh ! que monsieur ne fasse pas attention ; j'avertis mou camarade que j'ai fiai avec monsieur et qu'il peut m'envoyer un autre baigneur !

Le lendemain, notre confrère retournait au bain h.^mmam. mais il s'était muni d'un timbre qu'il s'empressa d'offrir au garçon.

Les ordonnances. — A i'hopital de *'*, le chef arrive grave et compassé.

— Combien avons-nous de morts ce malin ?demande-t-il à l'infirmier.

— Neuf, monsieur.

— Diable ! J'avais fait dix ordonnances hier, n'est-ce pas ?

— Oui, monsieur, mais il y en a un qui n'a pas voulu la prendre.

Médecins civils et militaires. —

Un confiit très curieux vient de se produire entre la Société des médecins 4e Metz et le docteur Herzer, médecin en chef du 16' corps d'armée. On sait que depuis l'augmentation des garnisons allemandes de Metz et des alentours, le typhus existe dans la vieille cité à l'état endémique et y cause de nombreux ravages.

Le docteur Herzer, dans un rapport confidentiel récemment adressé

VARIETES

au conseil général d'iiyglène de l'armée, aurait accusé les médecins ci- A'ils de favoriser le typhus dans un but de lucre, c'est-à-dire dans des conditions indélicates.

La Société civile des médecins de Metz, justement émue d'une telle accusation, a protesté immédiatement par une lettre ouverte et a mis en demeure le docteur Iler/.er de prouver cette accusation par des i'ails et par des noms.

Le médecin militaire cita alors quelques cas tout à fait isoles, dans lequel certains médecins civils ne se seraient pas conformés à la déclaration obligatoire de l'épidémie, mais il ne put fournir la preuve que ces médecins eussent ag;i dans un but intéressé. Nouvelle mise en demeure des médecins civils d'avoirà préciser les accusations, ou à les retirer avant le 15 octobre.

Le docteur Ilerzer répond à cet ultimatum qu'il refuse de modifier ses appréciaiions ; il se retranche, au surplus, derrière le secret professionnel.

A la suite de ce refus, les médecins civils vont porter l'all'aire devant les tribunaux, malgré les cil'orts que font l'administration militaire et le gouvernemsntpour l'étouirer.

Echelle de l'envie professionnelle.— Un philosophe italien, signor l'ciriani. s'est amusé à dresser une sorte d'échelle de l'envie suivant les professions.

Pas n'est besoin de dire que les médecins tiennent h; haut de celte échelle. Ils ne sont dépassés que par les comédiens.

Les degrés étant comptés de 1 à 10, Ferriani place au bas de l'échelle les architectes avec le chiirre 1 ; puis viennent les prêtres, les avocats et les militaires avec le numéro i.

Les professeurs de sciences et de littérature occupent l'échelon 4 : les journalistes, le 5 ; les auteurs, le 8 ; les médecins, le 9 ; les comédiens, le 10.

Si l'envie est peu développée chez les architectes, cela tiendrait à la précision et à la sévérité de leurs études. Do même pour les avocats.

Dans le clergé, l'envie ne s'observe guère que chez les prédicateurs.

Chez les militaires, l'envie sommeille

en temps de paix, mais elle peut devenir algue en temps de guerre. Elle rend les hommes de science ou les g'ens de lettres solitaires et défiants. Quant aux médecins, l'envie les porte à médire les uns des autres et à se traiter réciproquement de charlatans. Enfin, dans le monde des théâtres, l'envie, d'après le philosophe italien, atteint sa forme la plus aiguë, la vanité étant le princijial facteur de cette acuité. {Mcd.

moderne.)

Une belle opération. — Les lecteurs de El //a.f(7cî, journal tunisien, n» G99 (mardi 3 juin 1902), ont pu se délecler dans le récit d'une bien belle opération :

« Nous apprenons que le D' X. .., médecin en chef de l'Iiopilal Sadiki, ne cesse de faire des opérations ciiirurgicales et de délivrer des tï''''^'-"''' de la mort, ce qui témoigne de sa parfaite habileté et ce qui indique .-(^n intérêt toujours croissant pour le progrès de cette maison médicale dans la voie de la guérison et de l'huinanilé. Ainsi, se présenta à ses mains dans le milieu du mois courant, un homme de la Irlbu des Oulad-Ayar, nommé Mahmoud ben Belkasseni, la tète fracassée d'un coup de maira- (pie {hai-oiia), prêt à mourir. Le médecin sortit la cervelle an blessé en dehors de ses membranes et chans^ea Venveloppe. 11 assembla les os do la tète fracassée, dans un ordre tel el de telle sorte, qu'elle devint comme elle était avant. Et avec l'aide de Dieu et l'habileté de ce médecin adroit, ce malheureux obtint les bienfaits de la guérison, et il ne larda pas à rentrer dans son pays. Puisse Dieu multiplier l'espèce de ce savant el laire, par sa main, le bien de tous. »

El Hadira ne dit pas par quoi on a bien pu remplacer l'enveloppe de la cervelle, ce qui serait cependant Intéressant à connaître.

Mot de la fin — L'avocat Y .. est le plus Intarissable bavard connu. Il va hier consullcr son médecin.

— Docteur, je suis malade.

— Que ressentez-vous 'i -^ \]n ennui mortel.

— Vous vous écoulez trop. [Lyon médical.)

Etudes sociales

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