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LA PRUDENCE DU SERPENT

Max Simon écrit en sa Déontologie :

« Pendant que les médecins les plus instruits montrent une excessive réserve dans leur conduite, les médecins les plus ignorants sont en même temps ceux qui usent le plus hardiment des médications perturbatrices les plus énergiques. D'oîi vient cette différence ? C'est que les premiers ont compris la science et savent dans quelles limites elle doit se circonscrire pour être efficace, et que les seconds, scribes éternels de formules médicales, comme les appelle Franck, ne conçoivent pas que l'abstention seule est un moyen de modifier puissamment l'organisme en proie à la maladie » .

Un ancien avait formulé le même précopte en ces trois mots :

Primo non nocrrc.

Donc, qu'on le lui dise en latin ou en français, le bon médecin doit être prudent.

Faut-il qu'il possède, comme le veut le proverbe, « la prudence du serpent » 'i Tout le monde en est convaincu : le serpent n'estil pas le symbole de la médecine. Le sceau delà faculté l'atteste et les collets rouges du Val-de-Grâf-e l'affirment.

D'autre part, les peintres et les sculpteurs ne croiraient-ils pas manquer aux règles sacro-saintes de la tradition s'ils oubliaient de mettre quelque serpent à toutes leurs prudences allégoriques, de toile, de marbre ou de bronze '?

En personnifiant ainsi par un reptile toujours rampant, souvent venimeux, la qualité des gens ultra-précaiitionnés, les savants et les artistes ont-ils une heureuse inspiration ":' M'est avis qu'il est permis d'en douter.

Evidemment on m'a appris, au collège, que le vieil Esculape avait, comme son compère Mercure, toujours une paire d'ophidiens enroulés autour de son bâton caducéen ; je sais que les Egyptiens représentaient la mère de la sûreté par un serpent à triple tète de chien, de lion et de loup ; je n'ignore pas que les plus anciens

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