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L'AMANT DE CŒUR, LE CADRE, AFFAIRE DE MŒURS, ETC

Il est aujourd'hui bien peu d'œuvres théâtrales qui ne touchent par quelquepoint au domaine de la pathologie. Serait-ce par hasard que les phénomènes morbides sont plus fréquents à notre époque, ou bien que l'homme malade — ce qui serait plus vraisemblable — offre autrement d'intérêt à l'auteur dramatique que l'homme en état de santé parfaite ?

Toujours est-il (lue voici quatre nouvelles pièces où »ous trouvons une ample récolte d'observations médicales.

A l'Ambiofu, dans Amant de Cœur, un demi-savant, à la fois un paresseux et un raté, qui abandonne sa femme et son enfant pour faire la fête avec une demi-mondaine insolente et cupide, ne gagne à ce joli métier que la misère et la tuberculose. Le dernier acte est presque entièrement consacré à l'agonie du phtisique rentré sous le toit conjugal. Or. par une de ces co'incldences fort rares à la scène, l'acteur chargé du rôle, M. Etiévant, d'ailleurs comédien degrandavenir,étaittellementenrhuméetenroué,lejoui do la première, que jamais jeu ne sembla plus naturel. Mais la mort du personnage laisse peut-être à désirer au point de vue de 1 exactitude et de l'observation : l'agonisant reste assis sur une chaise, la tète à peine infléchie en avant et read ainsi le dernier soupir : il paraît plutôt dormir d'un calme et doux sommeil.

A l'Athénée, le Cadre, de M. Pierre Wolff, une comédie d'une psj^chologie singulièrement quintessenciée, mais d'exquise ciselure, expose un portrait de névrosée d'aspect peu banal. Autant cette femme apparaît à l'amant, qui la reçue dans sa garçonnière, charmante et désirable en ce cadre de délicieuse intimité, autant elle lui devient insupportable chez elle, où, sous l'influence du milieu déplorable qui exacerbe sa nervosité, elle n'est plus qu'une agitée que guette la maison de santé. Mme Valdey compose avec autant de vérité que d'intelligence ce type de détraquée que nous fait aujourd'hui la vie à outrance des nouvelles couches sociales.

Deux actes très courts, mais très suggestifs, obtiennent chaque soir au Grand Guignol le plus vif succès ; et ce succès, ils le doivent à une interprétation exacte et saisissante de phénomènes nosologiques. Dans une AIJaire de mœurs, un magistrat, en goguette au Chat-Mort, se voit menacé, par une belle de nuit, de révélations scandaleuses qui le conduiront tout droit en Cour d'assises. Subi, tement dégrisé, il veut parer le coup. La femme, qui poursuit une œuvre de vengeance, reste insensible aux menaces comme aux supplications de sa victime. La commotion est trop intense : le magistrat tombe frappé d'une apoplexie foudroyante ; et c'est son fils, étudiant en médecine, un habitué de la maison, qui vient constater le décès. M. Hirsch joue et nuance avec une merveilleuse ha-

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