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LA PATHOLOGIE AU THEAIRE

bilelé,Ie rôle du rnaf^istrat : on sent arriver f;:radaellemenl la crise finale ; le yrand arl, n'est-ce pas touj.iurs l'image fidèle de la vérité ? — Si l'auteur de cette « tranche de vie », M. Esquier, pratique avec une telle maîtrise l'angoisse tragique, M. Max IMaurey fait sortir, nouveau prestidigitateur, de sa Fiole magique, tout une cascade de propos humoristiques, qui mettent la salle en belle humeur. Le héros de sa pièce, un viveur quelque peu vanné, attend chez lui une femme mariée qu'il prétend subjuguer à la hussarde. Dans l'appréhension d'une de ces défaillances dont nos modernes fêtards ne sont que trop coutumiers, il s'est muni, chez un pharmacien (pourquoi n'en avoir pas donné l'adresse ?) d'un cordial qui permet à son consommateur de dépasser los exploita d'Hercule. Avant que notre homme ait eu le temps d'y poser les lèvres, sa future conquête est entrée dans lappartement. Elle est très émue et se dérobe de son mieux aux empressements de son hôte. Celuici la quitte un instant ; et la jeune femme aperçoit la précieuse fiole, maladroitement présentée d'ailleurs par son ami comme une potion calmante. Cette mixture ne saurait arriver plus à propos : la dame l'absorbe jusqu'à la dernière goutte pour apaiser son émotion. J'ignore si ce genre de spécifique produit toujours d'aussi foudroyants résultats ; mais, quand notre fêtard reparaît, la visiteuse sejetteàson cou, lui prodigue les caresses les plus tendres et il faudrait baisser le rideau, si, par un contraste des plus comiques, cet h(jmme qui vient de retrouver (avec quel désespoir !) la fiole vide, n'opposait à des démonstrations aussi incendiaires la plus piteuse attitude. Et la dame, furieuse de ce glacial accueil, sort en faisant claquer les portes derrière elle.

Le bruit courait dernièrement que la pièce lue et non jouée, de M. Brieux, les Avariés, avait enfin trouvé la censure moins inexorable, et qu'elle serait représentée incessamment. Or, nous découvrons dans nos notes, un document qui semble avoir inspiré le troisième acte du drame de M. Brieux.

L'illustre Greuze moralisait volontiers avec le pinceau, comme l'auteur des Remplaçantes moralise avec la plume. C'est ainsi qu'il conçut un « projet de tableau », dont il donnait cette esquisse :

A quinze ans.

Le jeune Basile est conduit par son père chez un chirurgien où il voit plusieurs malades— funeste reste de leurs débauches — défigurés par divers ulcères qui leur dévorent le visage. Il est saisi d'horreur et veut se retirer ; mais le père le retient par le bras et lui dit : C'est la suite des passions désordonnées ; il est bon que je vous instruise, puisque nous allons nous quitter, que, dans la vie, il y a des précipices affreux qui sont couverts de fleurs.

Il serait intéressant de savoir si jamais Greuze a exécuté son tableau. Paul d'EsxRÉE,

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