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CE QUE M. BROUARDEL A COUTE A SA FAMILLE

Nous avons rendu compte, dans notre n" du 12 octobre, d'une conférence de M. Chaillyset qui, faisant ressortir combien sont maigres les gains des médecins comparés aux dépenses nécessitées parleur instruction, citait comme exemple M. le professeur Brouardel, qui, à l'âge de 2(S ans, avait déjà coûté 50.000 francs à sa famille pour son éducation.

Cet entrefilet, assez intéressant,a fait le tour de la presse médicale et plusieurs confrères avaient insinué, non sans malveillance, que notre ancien doyen avait dû avoir une jeunesse assez scabreuse pour engloutir 50,000 francs eu quelques années, alors que les autres étudiants étaient généralement plus économes des deniers de leurs parents.

Un de nos lecteurs, mieux informé que M. Chaillyset et qui a suivi M. Brouardel depuis son enfance, nous adresse sur cette question une lettre qui rétablit exactement les faits.

Nous la publions, dût la modestie de l'illustre professeur en souffrir quelque peu ; M, Brouardel appartient presque à l'histoire ; il ajoué un rôle considérable dans l'évolution de la médecine contemporaine, il aoccupé et occupe les plus hauts emplois ; le documentque nous mettons sous les yeux de nos lecteurs viendra fort à point pour rectifier une erreur qui s'était fâcheusement accréditée et servira à nos successeurs qui auront la tâche difficile d'écrire l'histoire des hommes célèbres du XIX'= siècle.

Voici celte lettre :

Mon clier Confrère,

Il s'est établi depuis quelque temps, dans certains journaux médicaux, une légende sur le professeur Brouardel, légende qu'il est bon de réfuter au point de vue de la vérité historique.

M. Brouardel a assez de choses contre lui pour qu'il en ait au moins quelques-unes en sa faveur.

Non, M. Brouardel n'a jamais été cet étudiant fortuné, gaspillant ses deniers aux quatre vents du quartier latin, ni ayant coûté cinquante mille francs à sa famille pour subvenir à ses frais d'études médicales.

Suivons-le dans sa carrière ab ortu, et il nous sera facile de démontrer que peu d'étudiants ont coûté aussi peu pour s'élever aussi haut.

Pour sa prodigieuse ascension, il lui a fallu simplement du travail, du savoir, et aussi du savoir- faire.

Né le l:! octobre 1837 à Saint-Quentin (Aisne), où son père était

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